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Jean Baptiste HÉRIN (1862-1944)

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    Jean-Baptiste, Victor, Emmanuel HÉRIN naquit le 6 novembre 1862, à Valtournanche, diocèse d'Aoste, (Piémont), province de Turin, Italie.

     

    Le 28 octobre 1884, il entra, laïque, au séminaire des Missions Etrangères. Tonsuré le 26 septembre 1885, minoré le 26 septembre 1886, sous-diacre le 17 décembre 1887, diacre le 25 février 1888, ordonné prêtre le 22 septembre 1888, il reçut sa destination pour le vicariat apostolique de la Mandchourie (Moukden) qu'il partit rejoindre le 12 décembre 1888.

     

    En 1894, M. Herin administrait les deux districts de Notre-Dame des Neiges (Tcha-keou) et  la Passe des Cerfs réunis momentanément, situés au sud de Ing-tze. Visiter ces chrétientés très éloignées l'une de l'autre était source de fatigue, mais il fit onze baptêmes d'adultes et quatre cents d'enfants "in articulo mortis", durant cette année là.

     

    En 1897, mis à la tête du district de Kai-iuen, de création récente au nord-est de Moukden, M.Hérin, aidé d'un prêtre autochtone, le P.Thaddée Tchao, célébra 252 baptêmes d'adultes, et instruisait plus de trois mille catéchumènes.  Mais la persécution ne tarda pas à entraver et à retarder la formation spirituelle des catéchumènes.

     

    Le 16 mai 1898, le vicariat apostolique de Mandchourie fut divisé en deux et donna naissance à celui de la Mandchourie méridionale (Moukden) confié à Mgr. Guillon, et à celui de la Mandchourie septentrionale (Ghirin) remis à son coadjuteur Mgr.Lalouyer. Suite à cette division, M. Hérin fut agrégé au vicariat apostolique de la Mandchourie méridionale.

     

    En juin 1900, les "Boxeurs" se jetèrent sur les provinces de Moukden, de Ghirin et de Tsi-tsi-kar. La Mandchourie se transforma en volcan. A Moukden, le 2 juillet 1900, Mgr. Laurent Guillon fut assassiné au pied du maitre-autel de sa cathédrale dans l'incendie de laquelle périrent M. Noël Emonet, le P. Jean Ly, soeur Sainte Croix, soeur Albertine de la Providence de Portieux, et de très nombreux chrétiens. La tête de l'évêque, telle celle d'un malfaiteur, fut exposée en public, plantée sur un mât, devant une des principales pagodes de la ville. Plusieurs missionnaires connurent le même sort.

     

    Ayant appris ces évènements de Moukden, le 7 juillet 1900, MM. Louis Perreau de Fa-kou-men, et Laurent Hia (Sia) son vicaire, arrivèrent chez M. Herin, à Kao-tchan-toun, chrétienté au nord de Moukden, située au fond des montagnes et où l'on pouvait encore vivre dans une paix relative. Mais les villages voisins achetèrent des mandarins et obtinrent l'envoi de 1.500 hommes de troupes chinoises, avec trois canons, pour détruire la chrétienté. Missionnaires et chrétiens fuirent dans les bois et se rendirent dans la petite chrétienté de Tcha-kou, sise dans les montagnes à une vingtaine de kms au sud de Kao-chan-toun. Les missionnaires se firent ermites dans les montagnes de Pei-tcha-kou, jusqu'au 15 août 1900, jour où sortis de leur cachette, ils célébrèrent avec ferveur, la fête de l'Assomption. Le 13 octobre 1900, un courrier russe leur parvint, demandant: "Existez vous encore ?" Le 18 octobre 1900, missionnaires et chrétiens rentrèrent à Kao-tchan-toun où deux cents soldats russes les attendaient. C'était la délivrance.

     

    En 1902, M. Hérin, à la tête de son district de Kao-tchan-toun releva l'oratoire et sa résidence brulés en 1900. A Eul-pa-tan, son vicaire, le P.Joseph Ouang, encore aux prises avec les anciens Boxers, se construisit une habitation toute provisoire. Pendant quelques années encore, M. Hérin continua à administrer son district. Il bâtit une assez vaste résidence, commença la construction de l'église puis remit le soin d'achever cet édifice à un jeune missionnaire M.Blois; vers 1909, il s'enfonça lui même plus avant dans la montagne pour essayer d'ouvrir au christianisme la région de Ha-ma-heu-tzé, sur les frontières de la province de Ghirin.

     

    En 1912, M.Hérin céda son district à M. Darles pour aller administrer la vieille chrétienté de Cha-ling, un des centres les plus importants de la mission, au sud de Moukden et à trente lys à l'ouest de Leao-yang. Là furent sacrés Mgr.Berneux, en 1854, Mgr.Dubail, en 1879 et le séminaire de la mission y resta de 1879 à 1906. Il dirigea avec plein succès cette communauté chrétienne réputée difficile.

     

    En avril 1930, une paralysie du côté droit frappa M.Hérin, devenu doyen de la mission. Mais il arpenta les allées de son jardin et quelques semaines plus tard, tout était redevenu normal. Mais, en 1935, retenu par la maladie, il ne put assister à la retraite annuelle des missionnaires préchée à Moukden par le P.Mateo Crawley, S.C. de Picpus, du 17 au 25 mai. Le 22 septembre 1938, il fêta ses noces d'or sacerdotales; ce fut l'occasion de rappeler qu'il avait été ordonné prêtre en même temps que M.Léon Robert, Supérieur Général de la Société des Missions Etrangères..

     

    C'est en pleine guerre, à l'âge de 82 ans, et d'après une lettre de Moukden, que M. Hérin décéda en cette ville, le 6 août 1944.

    Références bio-bibliographiques

    AME 1889 p. 36. 1900 p. 268. 1901 p. 12(6). 139sq. 1902 p. 17. 59. 61. 1910 p. 100. 101. 174. 175. 1924 p. 128. 129.

    CR 1888 p. 208. 1894 p. 14. 1897 p. 15. 1898 p. 18. 1900 p. 431. 1902 p. 81. 1909 p. 58. 59. 63. 68. 1912 p. 73. 1921 p. 35. 1923 p. 39. 196. 197. 1939 p. 32. 1947 p. 360.

    BME 1923 p. 49. 509. 1929 p. 49. 1930 p. 481. 567. 1931 p. 670. 1933 photo p. 727. 1935 p. 500. 1938 p. 832. 1948 p. 8.

    MC 1923 p. 373.

    EC1 N°  358. 368. 439.

     

     

     

    • Numéro : 1823
    • Pays : Chine
    • Année : 1888