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René HANS (1910-2008)

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    René Hans,  né le 20 décembre 1910 à La Bresse, dans les Vosges, fut privé très tôt de l’affection de ses parents.  Son père, Louis Hans,  mourut à la guerre en décembre 1914, et sa mère, Eugénie Mansuy,  devait décéder en 1923, alors qu’il n’avait encore que treize ans. Avec sa soeur, qui était un peu plus jeune que lui, Il fut ensuite élevé par une de ses tantes, qui renonça à se marier pour se consacrer à leur éducation. Après ses études à l’école primaire de La Bresse, de 1916 à 1924, et ses études secondaires au petit séminaire de Mattaincourt, dans les Vosges, en 1929 il entra au grand séminaire de Saint-Dié, où il suivit le cursus de philosophie et une partie du cursus de théologie. Il était déjà tonsuré quand il demanda à être admis au séminaire des Missions Étrangères, et c’est seulement après deux années passées comme surveillant  au petit séminaire de Saucy-sur-Meurthe qu’il put effectivement rejoindre Paris le 14 septembre 1934. Entre temps il avait fait son service militaire dans l’aviation à Nancy. Ordonné prêtre le 21 décembre 1935, il reçut sa destination pour la mission du Cambodge en janvier 1936 et  partit effectivement pour l’Extrême Orient le 14 avril de la même année.

     

    À l’époque le Vicariat Apostolique du Cambodge s’étend sur plusieurs provinces du Vietnam,  et c’est en territoire vietnamien, à Culaogieng, sur une île du Mekong, que se trouve le petit séminaire du Vicariat. Dès son arrivée en mission, René Hans est envoyé comme professeur à ce petit séminaire, où il enseignera sans discontinuer pendant des années. Les  élèves sont des enfants de familles vietnamiennes. Les cours sont donnés  en français, si bien que le Père Hans n’eut ni le temps ni guère l’occasion d’apprendre une langue locale.  Il s’acquitta consciencieusement de son travail jusqu’au mois d’août 1945, où ’il fut fait prisonnier par les Vietminh. Il resta détenu par ces derniers  jusqu’au mois d’octobre et fut alors délivré  par les Japonais qui avaient envahi le pays. Il put alors rejoindre Cantho et y rester jusqu’à l’arrivée des Français, et en novembre 1945 il s’engagea  pour servir comme aumônier volontaire des forces françaises, ministère qu’il exerça pendant plusieurs mois.  En février 1946, chargé de rapatrier des civils et militaires, blessés ou malades,  il embarqua avec eux sur un navire-hôpital, le  “Cap Saint-Jacques”, où il fut traité par l’équipage anglais, a-t-il dit plus tard,   “comme un personnage officiel”, et regagna ainsi  la France.  Il put passer ainsi quelque temps de congé à La Bresse, qu’il trouva en grande partie détruite pendant les années de guerre.

     

    En février 1947, toujours reconnu comme personnage officiel, il put repartir pour le Cambodge sur le porte-avions Dixmude,  dont c’était le premier voyage pour l’Indochine.

    À son retour il est de nouveau affecté au séminaire,  lequel a été transféré à  Phnom Penh. Il reprend ses cours comme précédemment, puis il succèdera au Père Raballand comme supérieur du séminaire, quand ce dernier deviendra évêque  de Phnom Penh.

    En 1956 René Hans, atteint du typhus, se trouve obligé d’aller se soigner en France pendant plusieurs mois. En février 1957 il doit subir une intervention chirurgicale à Paris et, après un temps de convalescence,  se croit suffisamment remis pour regagner sa mission mais il se heurte à l’opposition des médecins, qui ne l’estiment plus capable de supporter le climat du Cambodge et le dissuadent de donner suite à son projet.

     

    Condamné à rester en France, en septembre 1957 il est envoyé comme professeur au petit séminaire des Missions Étrangères, l’école missionnaire Augustin Schoeffler à  Ménil- Flin, dont il deviendra ensuite le supérieur, après le départ du Père Louison. Ayant remis sa démission en juillet 1960, de septembre 1961 à juillet 1962 il sera à Genève, aumônier dans un institut international fondé par les soeurs de saint Joseph de Chambéry. À partir de septembre 1962 il devient aumônier du Pensionnat Notre-Dame à Toulon. Puis en septembre 1964 il se remet à enseigner le grec et le latin, au séminaire de Hyères et au collège catholique Maintenon, dont il assurera un peu plus tard l’aumônerie, et cela jusqu’à sa retraite en 1985.

     

    Prendre sa retraite, pour le Père Hans ce n’était pas se résigner à l’inaction. Il continuera à vivre à Hyères, où il prend pension dans une résidence pour personnes âgées, et de là il va tous les jours célébrer  la messe au collège Maintenon. Il rend des services à la paroisse voisine où, pendant longtemps, il prêchera chaque dimanche. Il a de nombreux contacts avec ses anciens élèves et s’efforce aussi par ailleurs de visiter des vieillards isolés. “ J’essaye d’être utile autant que je le peux  “,  répondra-t-il à un visiteur qui lui pose des questions sur son emploi du temps. Il vivra donc à Hyères pendant des années, longtemps en assez bonne forme physique pour être autonome, faisant preuve d’une jeunesse d’esprit et d’une attention à l’actualité étonnantes. Son sens de l’humour et sa gaieté communicative lui attiraient la sympathie de tous.

     

    Resté très attaché à la Société des Missions Étrangères, il n’avait rien perdu du zèle missionnaire qui l’avait poussé autrefois à partir au loin.  Au supérieur général qui lui avait adressé des voeux à l’occasion de ses cinquante ans de prêtrise, il avait répondu par une lettre qui le montre bien. “ Cinquante ans de sacerdoce...un parcours, un chemin à la suite du Seigneur : chemin, au départ, que je pensais suivre jusqu’au bout en pays de mission. Mais la maladie et la défense de retourner en Asie après mon deuxième congé en France m’en ont empêché. La volonté de Dieu est souvent différente de la nôtre. Pour moi, elle le fut déjà quand j’us l’idée d’être missionnaire : je voulais aller en Afrique mais une rencontre avec Monseigneur de Guébriant me fit rentrer aux Missions Étrangères, ce dont je remercie Dieu. À cause de la maladie je dus renoncer à retourner au Cambodge, la volonté de Dieu étant autre. Un autre champ d’action m’attendait en France qui, après Ménil-Flin et  Genève, fut le diocèse de Toulon : le séminaire puis l’aumônerie du collège catholique d’Hyères (1.700 élèves) où, jusqu’à ma retraite, je faisais six ou sept heures de catéchèse par jour. Quand je pris ma retraite, je confiai la catéchèse aux professeurs et aux parents mais je conservai  le ministère sacramentel, celui de la Réconciliation  -- avant Noël j’ai encore entendu, un à un,  en confession plus de 400 jeunes --, celui de l’Eucharistie et de la prédication. Je suis également à la disposition des jeunes pour les recevoir, les écouter, et remettre sur pieds ceux qui ont des problèmes. Je m’occupe aussi de personnes âgées, celles sui sont seules, isolées en ville, qui attendent la visite d’un prêtre. Ma façon d’être missionnaire n’est pas celle que j’avais envisagée, mais on est missionnaire partout si on travaille à la croissance et à l’extension de l’Église, si on proclame l’Évangile.”

     

    Le moment vint pourtant où, en décembre 2015,  il dut se résoudre à demander asile à la maison de retraite des Missions Étrangères, à Lauris, où il mourra le 17 avril 2008.

     

    • Numéro : 3557
    • Pays : Cambodge
    • Année : 1936