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Fleury FUMA (1900-1974)

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    Un milieu profondément chrétien

     

    Grâce à l’obligeance de ses sœurs, nous avons quelques renseignements sur la famille et la jeunesse du Père Fuma. « Né à Lyon. Joseph, dernier-né d’une famille de sept enfants (dont un prêtre et une religieuse cistercienne) fut d’abord engagé volontaire dans la marine. Il en sortit chef-mécanicien et, par la suite, devint inspecteur-contrôleur d’appareils à vapeur. A 26 ans, il épousait Jeanne Morel, également d’un milieu profondément chrétien. Père et mère d’une grande famille, ils eurent la générosité de donner à  Dieu quatre de leurs enfants : l’aîné, Fleury, aux Missions Etrangères, un moine cistercien et deux religieuses cisterciennes. »

     

    Fleury FUMA, après ses études primaires dans une petite école paroissiale privée, devint pensionnaire de l’Institution Leirade, alors petit séminaire, sans qu’il manifestât le moindre désir de devenir prêtre. Il en sortit pour suivre un cours préparatoire à l’Ecole de la Salle. Il prit là un goût prononcé pour le calcul et se perfectionna en mathématiques et dessin industriel. Mais la guerre de 1914 était là. Fleury ne voulut pas se contenter d’assurer son avenir en prolongeant des études qu’il aimait pourtant. Dans le souci d’un aîné qui veut aider ses parents, il entra à l’usine d’aviation Robert Esnault-Pelleterie comme aide-mécanicien. Là naquit son amour pour les « ailes ». Tous ceux qui l’ont connu témoignent l’avoir entendu parler pendant des heures interminables quand il était question d’aviation. Aussi est-ce dans l’aviation qu’il voulut faire son service militaire. C’est au Maroc, à Kasbah-Tadla, que désormais se situèrent ses récits. Mais là, près du désert souvent parcouru, il entendit un autre appel et décida d’entrer aux Missions Etrangères de Paris. Il avait 22 ans. »

     

     

    Les études à Rome le destinent au professorat

     

    À Bièvres, il fit ses études de philosophie et la première année de théologie. En 1925, il fut envoyé à Rome en compagnie du Père Destombes. Ses trois années d’études à Rome furent couronnées par le doctorat en théologie. Profondément marqué par ce séjour à Rome, il en garda toute sa vie un vif attachement à l’Eglise, au Souverain Pontife, à tout ce qui est contenu dans ce mot de « romanité ». Ordonné prêtre le 7 avril 1928, il reçut sa destination pour la mission du Cambodge. Après une étude sommaire de la langue vietnamienne, il fut affecté au grand séminaire de Phnom-Penh où il devait enseigner jusqu’en 1936.

     

    Comme on le voit, son séjour en mission fut de courte durée. Mais cela se comprend. Si les supérieurs envoyaient à Rome des aspirants pour y prendre leurs grades, c’était, bien sûr, pour le service des diverses missions, mais surtout en vue de préparer des professeurs compétents pour nos séminaires de Bièvres et de Paris. En 1936, le Père Fuma dut quitter le Cambodge pour venir enseigner à Bièvres. Mais il resta toujours très attaché à la mission du Cambodge.

     

    Il se donna tout entier à son enseignement au profit des aspirants, d’abord à Bièvres, puis à Paris de 1940 à 1946 (période de guerre), puis de 1946 à 1955 de nouveau à Bièvres, quand le séminaire de Bièvres fut rouvert en 1946 sous la direction du Père Alazard. Il enseigne surtout la morale fondamentale et secondairement quelques autres cours. Un de ses anciens élèves de cette époque se souvient que le Père Fuma avait « le génie du tableau synoptique » : de sa fine écriture, il l’établissait au tableau noir pour mettre en lumière toutes les articulations d’une leçon ; des exemples concrets, très gradués, illustraient la leçon et éclairaient le degré de culpabilité de l’acte peccamineux. Ces exemples faisaient la joie des auditeurs, car l’enseignement, très précis, manquait un peu de chaleur. Sans doute, le professeur était-il handicapé par une certaine timidité.

     

     

    L’aumônier

     

    En 1955, il quitta le professorat et fut nommé assistant-procureur à …. Il n’y resta que deux ans. Le couvent des Sœurs des Missions Etrangères à la Motte avait alors besoin d’un aumônier ; le Père Fuma fut nommé à ce poste. Il devait y rester jusqu’à Pâques 1972. Une des religieuses de la Motte écrit à son sujet : « Les sœurs françaises ou originaires des pays de mission qui l’ont connu eurent, à des degrés divers, recours à son ministère. Chacune peut se rappeler ce qu’elle lui doit. Il laisse l’exemple d’un homme de prière, dévot serviteur de Marie ». En plus du service liturgique, des confessions et directions pour celles qui le désiraient, il donnait aussi des cours aux novices de l’Institut.

     

    En 1972, le Père Ollier, aumônier de la clinique St-Jean à Toulouse, sentit sa vue tellement baisser qu’il ne pouvait plus facilement assurer son ministère. Aussi les supérieurs demandèrent-ils au Père Fuma de prendre ce poste et, à la Motte, il fut remplacé par le Père Moisson, que la maladie empêchait de retourner en mission. A la clinique, le Père Fuma se dévoua avec assiduité et délicatesse auprès des malades, se désolant si l’un ou l’autre était moins accueillant à son ministère.

     

    Avec les années, il sentait baisser sa santé et, à plusieurs reprises, il avait présenté sa démission. Il était entendu qu’il devait se retirer à Montbeton à la fin de janvier 1975. Mais, presque subitement, le Seigneur le rappela à Lui le jour de Noël 1974.

     

     

    Une dernière cérémonie romaine

     

    Il avait célébré la messe du soir à la paroisse. A 11 h 30, il suivit à la télévision avec les Sœurs de la clinique l’ouverture de la Porte Sainte, commentant toutes les cérémonies au fur et à mesure qu’elles se déroulaient sur l’écran. Au témoignage des Sœurs, il était littéralement bouleversé, car c’était la troisième fois qu’il assistait à l’ouverture d’une Année Sainte. Il devait célébrer la messe à la clinique à 9 h. A 9 h moins 1/4, les Sœurs le voient arriver. Il avait fait l’effort de s’habiller et il venait s’excuser auprès des Sœurs de ne pouvoir célébrer la messe de 9 h car il se sentait mal. Tout de suite, on entreprit les soins que demandait son état, mais ce fut sans succès : peu de temps après, il rendit le dernier soupir. Son corps fut ramené à Montbeton où eurent lieu les obsèques, le vendredi, 27 décembre. La messe fut célébrée par le Père Paillet et concélébrée par le Père Ladougne, vicaire général de la Société. Ses deux sœurs venues de Lyon, des amis, des Sœurs des communautés de la Motte, Toulouse et Pau, ainsi que la Sœur Marie Maurice, ancienne supérieure générale qui se trouvait dans la région, étaient venus se joindre aux Pères de la Maison de St-Raphaël et prier pour le repos de son âme. Le Père Fuma est inhumé à Montbeton, au milieu des confrères.

     

     

    « Resté fidèle »

     

    Une des Sœurs des Missions Etrangères qui l’a bien connu a rassemblé sur lui quelques souvenirs sous le titre « Resté fidèle ». C’est bien caractériser le Père Fuma. Elle écrit : « Il se voulait prompt à répondre présent quand ses supérieurs avaient besoin de lui ». Son curriculum vitae montre la justesse de cette appréciation. Dans la même ligne, une de ses sœurs écrit : « Fleury fut toujours le frère appliqué à son devoir… jusqu’au scrupule. Très affectueux, la famille tenait une grande place dans sa vie ; ce qui pour tous força l’admiration quand il dut la quitter pour l’Extrême-Orient ». Et elle note : « Il n’était pas assez hardi à notre gré, dans la crainte de ne pas réussir un engagement ». Ces appréciations fraternelles nous semblent justes. Une certaine timidité, alliée à des grandes qualités d’intelligence et de cœur, à une grande délicatesse le faisait passer avec effacement dans tous les milieux où il se trouvait. En ce jour de Noël 1974, l’Enfant Jésus et la Vierge Marie qui ont connu l’effacement de Bethléem ont bien accueilli leur dévot serviteur.

     

     

    • Numéro : 3364
    • Pays : Cambodge
    • Année : 1928