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Joseph FRICAUD (1802-1880)

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    Nous n’avons que très peu de détails sur la longue carrière de M.Fricaud. Mais Dieu, nous en avons l’espoir, en a déjà récompensé les travaux et les mérites.

    M. Joseph Fricaud naquit à Guémené-Pinto, au diocèse de Nantes le 9 novembre 1802. Ordonné prêtre en 1829, il exerça le saint ministère dans son pays jusqu’à la fin de 1835. Se sentant depuis longtemps appelé à l’apostolat, il put enfin mettre son projet à exécution et il arriva au Séminaire des Missions Étrangères le 12 décembre 1835. Le 4 mars de l’année suivante il quitta Paris et alla s’embarquer à Bordeaux pour la Mission de Pondichéry .

    M. Fricaud fut chargé successivement de l’administration des districts d’Attipakam et de Darmaboury. En 1850, nous le trouvons à la procure de Pondichéry , qu’il géra pendant plusieurs années. Rentré dans le ministère actif, il fut en 1861 envoyé dans le district d’Akkravaram pres de Salem. C’est dans ce dernier poste qu’il a passé les 20 dernières années de sa vie, entouré de l’affection des chrétiens dont il était le père, l’ami et le bienfaiteur. Malgré son âge déjà avancé et ses infirmités croissantes, jusqu’à la fin, il donna tous ses soins à cette chrétienté, il réussit à inspirer à ses chers néophytes une piété vive et le désir de recevoir souvent les Sacrements. Aujourd’hui Akkravaram est une paroisse modèle.

    Dieu lui accorda une faveur, bien rare partout, mais surtout en Mission, celle de célébrer le cinquantième anniversaire de son ordination sacerdotale. Ses Confrères se réunirent, pour la circonstance, autour du vénérable vieillard pour le féliciter et l’assister à l’autel ; ce jour-là il y eut fête de famille à Akkravaram.

    Mais déjà M. Fricaud allait s’affaiblissant. A Pâques, sa faiblesse devint extrême et on commença à craindre pour sa vie.

    « Il fut alors, écrit Mgr Laouënan, transporté à la ville voisine de Salem où il y a un médecin. Celui-ci ayant été appelé et ayant examiné le malade avec beaucoup de soin, constata que l’estomac était entièrement usé et ne remplissait plus ses fonctions . Il prescrivit divers remèdes qu’on s’empressa de procurer à M. Fricaud, mais sans résultat sensible. Je me trouvai alors sur une montagne voisine où je m’étais rendu pour assister dans ses derniers moments Mgr Et. Fennelly, Vicaire Apostolique de Madras . Ayant été informé de l’état de M. Fricaud, je descendis pour le voir, et après avoir conféré avec lui, je le fis partir pour Pondichéry , accompagné d’un autre Missionnaire.

    « Nous espérions que l’air de la mer, les soins dont le cher malade serait l’objet et la nourriture qu’on pourrait lui préparer, lui feraient du bien. Mais nos espérances furent déçues ; et, au bout de deux mois, M. Fricaud, voyant qu’il ne pourrait échapper à la mort, désira au moins mourir auprès de ses chers chrétiens d’Akkravaram. Je lui permis donc s’y retourner, et lui donnai un Missionnaire pour l’assister et le soigner.

    « Il vécut encore deux mois, ne pouvant rien prendre de solide, ni rien garder, mais entouré de soins affectueux ; ses chrétiens ne le quittaient ni jour ni nuit. Il mourut le 18 septembre , après s’être longuement et saintement préparé, et muni  de tous les secours et de toutes les consolations de la Religion. »

    M. Fricaud était dans la 78e année de son âge, il était prêtre depuis 51 ans et en avait passé plus de 44 en Mission.

    Il a été enterré tout à côté de l’église. Les chrétiens ont construit sur sa tombe un petit monument provisoire. Comme leur église n’a qu’une nef, leur désir serait d’y ajouter des bas côtés , dont l’un renfermerait le tombeau de leur bien-aimé Père.

     

     

    • Numéro : 427
    • Pays : Inde
    • Année : 1836