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Antoine FOURQUET (1872-1952)

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    Né à Eus, Pyrénées-Orientales, en 1872, Antoine Fourquet, après avoir accompli le cercle des études classiques, se destina à  l’Œuvre des Missions à l’étranger. Il rentra donc au séminaire des Missions Étrangères, 128 rue du Bac, et y fit ses études théologiques. Il fut ordonné prêtre le 29 Février 1896. Et après quinze jours passés dans sa famille, pour lui faire ses adieux, il s’embarquait à Marseille pour la Mission du KWANG-TUNG dont Canton est la capitale, dans le sud de la Chine, mission qui lui avait été assignée par ses supérieurs, comme champ de son apostolat.

     

    Personne n’ignore, dans le monde missionnaire, que le Sud de la Chine, spécialement Canton, sa capitale, a toujours très justement été réputé pour être le centre de presque tous les mouvements révolutionnaires, qui si souvent ont réduit la Chine, à un état squellettique. Le Père Fourquet arrivait en Chine, quelques années seulement avant l’insurrection des Boxers. Ainsi que la plupart des missionnaires qui y vinrent après lui, il ne devait pas attendre longtemps, pour voir que la réputation de cette partie de la Chine, n’était pas fausse.

     

    Cependant, l’œuvre d’apostolat devait continuer comme si rien ne menaçait ; les missionnaires devaient continuer à s’attacher à ces populations changeant d’humeur et d’attachement, comme si le ciel qui était sur leurs têtes, devait rester toujours serein ! Le Père Fourquet fut envoyé dans la partie excentrique du district de Tungkun, entre Canton et Hongkong, Dans cette région où devait passer plus tard, le chemin de fer Canton-Hongkong. On ne trouvait que quelques familles chrétiennes dans cette région ; mais, — chrétiens de vieille souche, qui se serait fait écharper, plutôt que de renier leur foi... Ils étaient batteurs de fer ambulants. Ils visitaient périodiquement certains villages, pour remettre à neuf, les pauvres ustensiles primitifs, dont tout le monde se contentait alors. Par eux, il sut les villages où il pouvait s’adresser, avec quelques chances de succès. Et bientôt, on vit s’élever çà et là, à Cheung-Shan-Hao, à Tsouk-Yun-Tao, à Nga-You surtout, des résidences et de vastes chapelles, laissant espérer de très nombreuses conversions. Ayant été chargé de cette région, il y a une vingtaine d’années, je dois dire de suite, que les espérances de cette époque, étaient les mêmes que celles de la fin du siècle dernier ; les bâtiments inhabités, étaient une grosse charge pour le missionnaire responsable. Et celà, sans que le missionnaire de l’autre siècle, le Père Fourquet, ait aucune responsabilité. CAR :

     

    A peine le Père Fourquet avait-il terminé ses constructions, à peine avait-il recruté les auxiliaires indispensables, et dressé son plan d’évangélisation, que l’insurrection des Boxers se déclancha, dans toute la province, suivant le mouvement de la Chine entière. Tous les missionnaires durent gagner rapidement la capitale, s’ils ne voulaient être écorchés vifs et sur place, par des légions de malandrins. Biographe rapide du Père Fourquet, il ne rentre pas dans mon rôle de raconter le siège de Pékin, et l’héroïque défense du Pétang (mission catholique). Je n’y fais allusion que pour mémoire et en glorifier les auteurs défenseurs. Quand un calme relatif fut revenu, le Père Fourquet fut nommé interprète, sur une des deux canonnières françaises, qui sillonnaient les différents bras du delta, et de la rivière des Perles, pour veiller à la tranquillité des chrétientés situées dans cette région, et à l’éloignement des pirates. Le Père Fourquet eut l’occasion de s’édifier, durant les quelques mois que dura sa mission sur les canonnières, sur la mentalité et l’honnêteté de certains chefs de l’ancien régime, et celles de certains de leurs représentants ! Cela a dû lui servir plus tard.

     

    Sa mission d’interprère terminée, le Père Fourquet est nommé au district de Shan-Seung, Macao et Koung-Moun. Il édifie encore une chapelle. Il fait de fréquentes visites à Canton. Car, pendant le temps que durèrent les négociations de Pékin, il avait commencé à Canton, avec le recours d’une religieuse française, sœur Angéline, et d’un confrère, le Père Fleureau, l’installation d’une communauté de vierges-catéchistes chinoises : “Les Sœurs de l’Immaculée-Conception de Canton”. Comme presque toute sa vie va se passer à Canton, il sera à tour de rôle, leur conseiller, leur directeur, leur bienfaiteur. Si bien, que les autres disparaissant assez vite, ces filles le considèreronnt comme leur unique fondateur et bienfaiteur.

     

    On aurait pu croire qu’après la répression, la défaite du mouvement des Boxers, la Chine devait jouir d’un moment d’accalmie, de tranquillités, achetées assez cher. La Chine n’en fut pas totalement privée ; mais ceux qui sont habitués à certains milieux, savent que quand une trop grande accalmie y règne,on est très près de l’orage ! Cependant la Chine n’était pas encore prête, pour les grands et nouveaux soulèvements : il lui fallait panser trop de plaies. Mais un œil averti n’avait aucune peine à voir qu’après l’humiliation de 1900, la Chine était prête à se séparer de la formation millénaire de ses sujets, formation stagnante, déjà mise heureusement de côté, par l’adversaire voisin : le Japon.

     

    Le nouveau Vicaire Apostolique que Rome donna à la Mission du KWANGTUNG, dans la personne de Monseigneur Jean-Marie Mérel, comprit très bien la situation. Il se rendit compte, que toutes les fois que cela était compatible avec sa mission divine, la Mission catholique devait prendre l’initiative de certains mouvements, de certaines nouveautés. Un misisonnaire jeune, actif, intelligent, décidé, lui était nécessaire pour arriver à son but. C’est ainsi que quand j’arrivai dans la Mission du KWANGTUNG, en 1904, je trouvai le Père Fourquet installé à Canton, centre de la mission. Il y remplissait officiellement les fonctions de procureur, avec l’aide d’un très vénérable prêtre chinois, le Père YANG, aimé et estimé par tout le monde, tant chinois qu’étranger. Des confrères éclairés et charitables, ne tardèrent pas à me faire savoir, que le Père Fourquet jouissait de la confiance absolue de son évêque ; et que peu de décisions étaient prises et exécutées à la mission, sans que le Père Fourquet n’en ait été prévenu, et n’ait donné son consentement. Je trouvai la chose très normale, puisque son évêque avait besoin d’un conseiller jeune, sage, élairé et bien décidé ! Je savais que la Chine était un pays mystérieux ; et arrivant encore tout frais moulu, je trouvais naturel que ce besoin du mystère se soit glissé dans toutes les administrations !

     

    Je n’avais pas remarqué d’une manière spéciale la tenue chinoise du Père Fourquet ; car tous les missionnaires étrangers étaient habillés à la chinoise. Elle est quelque peu différente selon qu’on adopte la tenue de ville, la tenue de voyage, ou la tenue de l’intérieur. Le Père Fourquet était toujours d’une tenue remarquable, voire même distinguée. Il aurait voulu avoir une tenue qui permit à ceux qui ne le connaissaient pas, de le prendre pour un chinois. Mais comment, pour y réussir, aurait-il pu se mettre les lèvres en cœur, les yeux en amendes, brunir sa jolie peau blanche ? Il aurait également dû avoir une tresse assez fournie ! Mais hélas, la nature l’avait fait chauve ! On pouvait remédier à cette carence ou rareté des cheveux. C’était chose courante parmi les chinois au cuir chevelu luisant. On s’efforce de rassembler quelques cheveux encore solides ; on y adapte avec précautions, une jolie tresse en soie noire... et on est très présentable dans la haute société. Ou mieux on choisit une calotte juste à votre tête ; on y fixe une tresse en soie noire ou autre matière ; et de nouveau, le tour est joué, et on est très présentable en haute société, même ailleurs. Je crois me souvenir que le Père Fourquet avait adopté simultanément les deux suppléances ; il avait moins de risques et rester en panne de tresse... Mais il avait en plus, la barbe la plus longue et la plus fournie, que je n’ai jamais vue, d’un magnifique noir d’ébène. Elle lui descendait plus bas que les genoux. Elle lui envahissait toute la figure ; il devait en raser une partie journellement, pour dégager un peu les pommettes des joues.

     

    Il m’arrivait de faire quelques voyages et quelques séjours à la mission de Canton, dans les premières années de mon apostolat. Il me semble que je vois encore le Père Fourquet, en grande tenue, attendant sa chaise, tous les matins, à 9 h. Son chef était orné de  sa calotte, à laquelle était fixé la tresse rapportée, luisante et remise en état tous les matins. Il portait de larges bottes mandarinales chinoises, où le cuir ne rentra que pour une minime part, confectionnées surtout avec des étoffes de toutes couleurs, de toutes qualités. Son pied de chaussettes en étoffes, y rentrait avec la plus grande aisance. Sa longue robe, ouverte sur les côtés laissait voir des lottes en soie de couleur autre que la longue robe. Par-desssus, un manteau aux larges manches, appelé “ma kwa”, de couleur encore différente au reste. Puis pendant à son côté, sur son manteau, suspendus par une une chaînette d’argent : un étui à lunettes vide, car les lunettes étaient sur son nez ; puis, un cure-dent en argent, un cure-oreille, une lamelle d’argent pour râcler la langue ; peut-être d’autres choses encore ; puis, qu’il pleuve ou qu’il vente, un éventail à la main ; et sur son bras gauche, son inséparable parapluie. Ainsi harnaché il montait dans sa chaise à porteurs, seul moyen de locomotion à l’époque, pour les gens se respectant, et qui voulaient être respectés. Peu nous importait de savoir où il allait ; nous savions qu’il était en ordre commandé, et qu’au retour, il rendrait compte de sa mission ; le reste nous importait peu.

     

    Pourtant, certaines œuvres de la mission catholique, œuvres nouvelles, pour l’époque, dont le Père Fourquet était l’un des animateurs, devaient se manifester, et se manifestaient très ostensiblement. Ainsi le Collège du Sacré-Cœur, dans l’enclos même de la cathédrale, où avec les sciences chinoises, dont l’enseignement était mieux adapté, les élèves pouvaient s’initier aux sciences mathématiques, géographiques, historiques, chimiques et autres, dont on ne parlait que pour mémoire, dans la plupart des écoles chinoises. On y enseignait aussi, toute la gamme des langues vivantes, que les chinois apprennent très facilement. On y traitait aussi des rudiments de droit international ; il y avait des cours de morale, et, pour ceux qui le désiraient, des cours de religion. J’en oublie peut-être, j’allais justement oublier les sports, qui devront un jour, jouer un si grand rôle dans l’enseignement, chez les garçons et chez les filles!

     

    Ce sont les Petits Frères Maristes du Bienheureux Père Champagna qui, sous la direction de la mission, acceptèrent la responsabilité et la direction de l’école. Ils ne dédaignent pas de défiler dans les rues étroites de la ville, fanfare en tête, chaque fois qu’on le leur demande. Et ils sont sûrs que là où ils vont, ils rencontreront le Père Fourquet... Les jeunes filles chinoises ne sont pas négligées ; on pense à elles. Mais leur tour n’arrivera que plus tard, quand la proclamation de la République aura aplani certaines difficultés. Pour le moment, le Père Fourquet est suffisamment occupé par ses différentes charges dans la mission. Il a une correspondance considérable. Il cherche à se renseigner un peu partout. Et on lui écrit d’un peu partout, pour avoir des renseignements ! Il a été désigné par l’évêque de Canton, pour servir de trait d’union entre les missions du Sud de la Chine, et le gouvernement provincial. Ce n’est pas une sinécure ; car c’est à Canton que se débrouillent et se règlent finalement tous les cas litigieux du Sud.

     

    L’honnêteté du chinois ne fait de doute pour personne. Nul n’ignore aussi, que le mot “chinoiserie” n’a pas été inventé de toutes pièces ; et qu’il a une signification assez embrouillée. Je me demande si j’aurai étonné, que mon cuisinier vint me dire que, la vieille du coin, qui lui vendait mes œufs, venait de lui dire que lui vendant mes œufs, elle ne prétendait lui vendre que le contenu, et non, le contenant ? Cela n’arrive jamais. Mais si cela était arrivé, je crois facilement qu’elle aurait trouvé un juge consentant à considérer l’affaire. Il aurait fallu savoir si l’œuf était frais ou cuit, couvé ou non... et ensuite, si pour avoir le contenu, on avait le droit de briser le contenant ! Parmi les cas que le Père Fourquet eut à trancher avec les autorités locales, il dut très probablement y en avoir qui n’avaient pas plus d’importance ! Non seulement le Père devait avoir une grande dose de patience, mais il devait avoir encore, le sourire aux lèvres !

     

    Les temps évoluaient avec une très grande rapidité. Les esprits devaient évoluer eux aussi. Les complots contre la vieille impératrice douairière se multipliaient ; elle n’arrivait à se maintenir au pouvoir, que par la force, n’hésitant jamais à faire décapiter les victimes du moindre soupçon de révolte. Mais cela n’empêcha pas cette autocrate et sanguinaire impératrice, de mourir de sa bonne mort, en 1908 ! L’Assemblée qu’elle avait promise depuis si longtemps, fut élue alors au vote restreint. C’était un bluff dont les révolutionnaires ne reçurent aucune satisfaction. Les complots avaient beau être découverts et punis, ils ne laissaient de succéder les uns aux autres. C’est ainsi, qu’au début de Mai 1910, on put voir à la porte du yamen du gouverneur de Canton, 74 cadavres bien alignés, ayant leur tête entre leurs jambes ! La révolution les défiera plus tard, et les leur élèvera un monument, les déclarant “Martyrs de la Patrie !” La vraie révolution devait éclater peu de temps après. Le Père Fourquet qui l’avait appelée si souvent dans le fond de son cœur, ne put que se soumettre aux conséquences extérieures de la Révolution, et se séparer de cette tresse, signe extérieur de la soumission à la dynastie mandchoue, cette tresse, ailleurs, objer de risée, qui tenait beaucoup moins à lui, que lui à elle. Inutile d’employer le ciseau pour cela ; il n’avait qu’à aller chez un marchand et changer de calotte !

     

    Cependant, la Chine venait de tourner une page de son histoire. A part une nuée de naïfs, d’emballés et de profiteurs sans scrupule, tout chinois, surtout moyen, mais réfléchi, constatant que la Chine venait de brûler ces institutions millénaires, sans avoir rien pour les remplacer, voyait bien que la Patrie allait traverser une période très houleuse, où elle subirait échecs sur échecs pour vivre en paix avec ses voisins ; et être acculée aux pires concessions, aux pires avanies, pour avoir la paix intérieure avec ses enfants, sous la forme de généraux ambitieux et malandrins de toutes sortes ! Dans ces conditions, le Père Fourquet, porte-parole de la mission recommandait à tous, en général et en particulier, la prudence, la neutralité et autres vertus élémentaires, dans ces situations compliquées, où on se demande si c’est le civil qui empiète sur le domaine ecclésiastique ; ou si c’est le contraire qui se produit.

     

    Sun-Yat-Sen avait été nommé Président de la République chinoise, le 1 Janvier 1911, je crois. Il ne m’appartient pas de dire pourquoi il démissionna peu après. D’ailleurs je l’ignore, et ignorerai toujours. Mais il ne resta pas inactif. Il parcourut les principaux centres du Sud, acceptant volontiers les invitations dans le clubs ou comités d’écoles. C’est ainsi qu’il accepta de rendre visite à l’école du Sacré-Cœur, et d’y prononcer un discours. Durant cette visite, il devait ignorer la Mission et ceux qui y vivaient : donc, Monseigneur Mérel, et le Père Fourquet ! Le père Fourquet n’en dormait pas ! Je ne sais comment il s’y prit ; ce qui est certain, c’est qu’au bout de trois jours de démarches personnelles, ou par intermédiaires, Sun-Yat-Sen consentait à traverser la cathédrale avec toute son escorte, pour se rendre au Collège du Sacré-Cœur. Quand il y fut, on le fit asseoir ainsi que sa suite. Monseigneur Méral parut alors dans le chœur, mître en tête, crosse en mains et chape d’or ; et il entonna le “TE DEUM”. Ce geste osé pouvait être critiqué ; il le fut copieusement. Monsiegneur Mérel en assuma toute la responsabilité. Mais, pour tous ceux qui étaient sur les lieux, et connaissaient les hommes, leurs démarches, le véritable instigateur du geste sinon de l’âme, fut le Père Fourquet.

     

    Ceux qui s’intéressant à l’histoire de la Chine, ont voulu pénétrer la mentalité du personnage qu’était Sun-Yat-Sen, tant au point de vue patriotique, stratégique, philosophique, démographique ou religieux, ont dû éprouver certaine déception, car il est de ceux dont on sait plus quoi penser, alors qu’on s’est figuré le comprendre. D’ailleurs sa vie fut très mouvementée, même alors qu’il croyait être arrivé à l’apogée de sa vie. Il dut séjourner assez souvent à Canton, après 1911. C’est à cette époque de sa vie qu’il écrivit son Triple Démisme, ouvrage qui fit beaucoup parler. Il était nécessaire en effet, que les initiés de ces grandes questions le scrutent, pour le faire comprendre aux esprits plus primitifs. Le Père Fourquet avait l’occasion de fréquenter parfois ces bureaux où Sun-Yat-Sen régnait en maître. Nous avons essayé de connaître l’impression que remportait de ces visites. Je ne sais pas si quelqu’un a réussi à en savoir quelque chose. Moi, je n’ai rien obtenu. Si ce n’est cette réponse banale qu’on supposait à savoir que Sun-yat-Sen était un grand homme, sortant de l’ordinaire ; ayant des idées très profondes... souffrant de ne pas être parfaitement compris... Finalement, je crois que nous n’avons rien perdu au mutisme du Père Fourquet, sur les idées de Sun-Yat-Sen. Ce grand homme, père de la révolution et de la république, a voulu tirer son pays de l’ornière ; il l’a mis dans le bourbier. Et ses sympathies avec les communistes ne sont peut-être pas pour rien, dans le sort néfaste de la pauvre Chine d’aujourd’hui !

     

    Le Père Fourquet avait assez à faire au point de vue missionnaire à la mission catholique, sans chercher à comprendre les théories philosophiques des dirigeants du jour. Le changement de régime avait créé de multiples misères. Les premiers à en souffrir, furent tous ces mandchoux, qui vivaient au râtelier du vice-roi mandchou, dans toutes les provinces. Ils se trouvèrent du jour au lendemain, dans la plus grande indigence. Canton étant le centre d’une province assez riche, en avait un contingent assez important. Les œuvres chrétiennes se développèrent, qui les prirent sous leur tutelle, leur assurant l’indispensable.

     

    Il n’y as pas de missionnaire catholique, même blanchi sous le harnais, qui ne redevienne un peu enfant, chaque fois qu’il entrevoit des conversions sur lesquelles il n’avait pas compté ! Ce fut le cas du Père Fourquet quand il vit des milliers et des milliers de manchoux, hommes, femmes et enfants, venir se ranger sous la houlette de la Mission catholique et lui demander la nourriture de l’âme et du corps ! Il fut entretenu dans ses illusions, par de jeunes religieuses fraîchement débarquées du Canada, dont c’était le premier contact avec la gente chinoise. Toutes les ressources de la mission catholique, en prêtres, catéchistes des deux sexes, fut mobilisé. On quêta, sans grand succès ; on acheta des habits, des vivres, des casseroles et autres instruments indispensables ; et quand tout fut à pied d’œuvre, et que l’éducation chrétienne allait commencer, ces masses d’hommes et de femmes, et d’enfants, craignait qu’on ne les fasse disparaître plus ou moins élégamment, disparurent d’elles-mêmes, sans élégance, sans même tirer une révérence à leurs bienfaiteurs qu’elles laissaient quoi !

     

    Le Père Fourquet fut plus heureux avec d’autres misères, dont on lui confia le soulagement. C’est ainsi qu’il devint administrateur des “Sam Yun”, trois hôpitaux de vieillards, de sourds-muets et d’aveugles. C’est dans ce milieu qu’on avait trouvé moyen d’installer une maternité. Le personnel entier était nommé par le Père, et dépendait de lui. Tous ceux qui avaient l’occasion de les visiter, louaient le fonctionnement de ces hôpitaux. Une léproserie installée dans une île du fleuve de l’Est, recevait les lépreux dont le gouvernement devait se débarrasser. A l’époque la “plus prospère”, on y compte jusqu’à 1.100 hospitalisés. Onze cents !

     

    Nous sommes en 1915. Monseigneur Mérel ayant donné sa démission, c’est le Père Fourquet qui était responsable de la marche de la Misison. Nous étions en guerre. Plusieurs confrères avaient été mobilisés, on ne sait pourquoi, à Shanghai, à Tienstin, ou Pékin ; puis envoyé en France. Cela compliqua l’administration de la Mission. Et pourtant, le Père Fourquet, avec l’aide de ceux qui restaient, se tira très bien d’affaires, pour rendre service à tout le monde.

     

    La Chine du Sud a toujours été le rendez-vous préféré des globe-trotteurs, des chercheurs de nouvelles sensationnelles, des envoyés spéciaux des journaus qui veulent améliorer leur tirage ; des prophètes qui viennent ausculter le pouls de certaines nations, pour découvrir et révéler le mal dont elles souffrent. Nul reporter digne de ce nom, ne serait venu jusqu’à Hongkong, sans continuer jusqu’à Canton : l’objectif presqu’unique, était le Père Fourquet. On savait que les soucis de ses charges missionnaires, lui permettaient parfois d’aller fouiner assez loin dans certains bureaux ; que parlant très élégamment plusieurs dialectes chinois, il pouvait converser directement avec ses inetrlocuteurs. Un interview du Père Fourquet était toujours marqué au coin d’une grande valeur. J’ai eu l’occasion de lire plusieurs de ces interviews. Je regrette de ne savoir où les retrouver, car il y en avait de très constructifs. Ces reporters commencent tous, par nous donner l’opinion, l’impresion que leur a donné le Père Fourquet. On nous le représente jeune, habillé à la chinoise, avec sa longue barbe, son embryon de tresse, ses yeux malicieux, brillant derrière ses lunettes. On nous le représente très lancé, ayant des idées très avancées, ayant une confiance absolue dans l’âme chinoise, qui sous peu allait remuer les riches matérielles et spirituelles, encore inconnues et inexploitées, de cet immense pays, qui allait faire l’étonnement et l’admiration de l’univers entier. La bouche parlait alors, de l’abondance, du cœur. On ne pouvait pas le lui reprocher. Mais ceux d’entre nous qui étions ses contemporains, aurions désiré qu’il se souvint davantage, de Perrette et du pot au lait ! Il est vrai que les mêmes reporters sont revenus en Chine quelques vingt ans plus tard. Ils ont interviewé de nouveau le Père Fourquet. L’un d’eux le trouva très fatigué, et désabusé. Les yeux étaient toujours brillants ; mais la flamme n’était pas la même, et ne réchauffait rien. Il pensait encore à l’âme de la Chine ; mais on sentait que plus elle lui échappait, plus elle le désabusait plus la sienne étit en émoi !

     

    Malgré ces déceptions qui devaient le faire d’autant plus souffrir, qu’il avait la sagesse de n’en rien dire à personne, il continuait son rôle bienfaisant et apostolique, à la tête de la Mission de Canton. Les difficultés n’étaient pas sans consolations. Grâce au concours des sœurs de l’Immaculée-Conception de Montréal, il avait pu fonder l’Académie du Saint-Esprit, où les jeunes filles chinoises de la classe élevé, recevaient une éducation de choix. Toutes les jeunes chinoises y étaient reçus, pourvu qu’elles soient de bonnes mœurs, travailleuses, et soumises au règlement. C’est sous son supériorat intérimaire que la Misison commença à essaimer. Et il eut la consolation de voir un de ses amis, en être nommé premier Vicaire Apostolique.

     

    Quand Monseigneur de Guébriant, en 1916 fut nommé Vicaire Apostolique de Canton, par le Saint-Siège, son Excellence sentit fort bien que le Père Fourquet devait garder toutes ses charges, et jouir de sa confiance. Cependant la personnalité du Père Fourquet fut un peu plus effacée. Les visites des personnages influants, ecclésiastiques ou autres à la Misison de Canton, se multipliaient plus que jamais. Mais il est juste de dire que c’était Monseigneur de Guébriant qui les attiraient surtout. Ne m’étant trouvé qu’assez rarement à Canton, à l’époque de ces assises, je ne saurais dire quel rôle y jouait le Père Fourquet. Mais je suis certain que Monseigneur de Guébriant faisait grand cas de sa personne et de ses opinions.

     

    Je crois que c’est à cette époque que le Père Fourquet fit la connaissance d’une personnalité assez mystérieuse. Il s’agit d`un bonze, chef de bonzeries, qui ne se prodiguait que dans certains milieux. Nous n’en avons su que le Père Fourquet a bien voulu nous en dire. Il avait des idées politiques et sociales très avancées, qui devaient cadrer avec celles du Père Fourquet, puisqu’ils se voyaient. Confiant peut-être trop, dans l’importance de sa personnalité, il devait manquer de prudence. Car on a chuchoté un jour, qu’on l’avait supprimé ! Ce sont des choses qui arrivent parfois. C’était aussi un mystique, prêchant la pénitence, la mortification. Le Père Fourquet abondait dans ce sens. On a raconté qu’un jour ils étaient engagés réciproquement par une espèce de vœu laïc, à renoncer à la viande, au poisson, au vin, à l’alcool, au tabac... Je ne sais ce qu’il en est de ce vœu. Mais il est certain qu’il n’usait ni de vin, ni d’alcool, ni de tabac, ni de viande... etc... etc... etc ! Même dans les repas officiels chinois, il faisait l’impossible pour ne pas user des choses dont il avait promis de ne pas user. Les fameux nids d’hirondelles, les ailerons de requins, les viandes lapées, les œufs de pigeons baignant dans une sauce sucrée, les plus beaux poissons mijotant au milieu de piments, de graines de nénuphars ou jujubes, pas même les œufs fermentés dans l’eau de chaux, ou sous une poule ne purent avoir raison de son ferme propos !

     

    Monseigneur de Guébriant ne resta pas longtemps à la tête de la Mission de KWANGTUNG, qui s’appelait désormais mission de Canton ; car, ... il fut nommé Supérieur Général de sa Société des Missions Étrangères de Paris. Le Saint-Siège avait eu besoin de ses services, durant son Supériorat de la Mission de Canton, il dut faire d’assez longues absences, et ce fut toujours le Père qui remplit les intérims. Il était donc tout naturel, qu’après le départ définitif de Monseigneur de Guébriant, Rome le nomme également définitivement Supérieur de la Mission, lui conférant le titre de Vicaire Apostolique de Canton auquel s’ajoutait un titre épiscopal.

     

    Nous étions en 1922. Le premier souci de Monseigneur Fourquet fut d’accélérer la formation du clergé indigène, en vue du prompt établissement de diocèses indigènes, se gérant par eux-mêmes. Ce souci, il l’avait partagé toute sa vie avec ses supérieurs et avec tous les autres missionnaires, qui savaient fort bien que la formation du clergé indigène devait être la principale occupation de leur apostolat. D’ailleurs, à cette même époque, le Saint-Siège envoyait un Délégué en Chine, ayant pour mission principale d’orienter de plus en plus dans ce sens, les efforts de toutes les congrégations missionnaires. Et peu de temps après, les six premiers évêques chinois étaient sacrés à Rome, par Sa Sainteté, le Pape Pie XI. Le mouvement ne devait plus connaître aucun ralentissement. Les statistiques données par les journaux et revues missionnaires, le prouvent amplement.

     

    Monseigneur Fourquet aida de tous les moyens à sa disposition, Son Excellence Monseigneur Coste Constantini, dans sa mission de représentant du Saint-Siège. Il se distingua spécialement, lors du premier concile chinois, tenu à Shanghai ; et aussi, lors d’une mission spéciale, dont il fut chargé par le Délégué Apostolique, près de quelques évêques du Nord. Cela ne l’empêchait pas de veiller aux progrès des œuvres missionnaires, dans sa mission. Avec l’aide puissante de Son Eminence, le Cardinal Préfet de la Propagande, il essaya d’attacher à sa  Mission, les Pères Rédemptoristes. Mais, au bout de peu de temps, leur Supérieur les dirigea sur le Nord. Il désira aussi établir à Canton un couvent de carmélites. Ce genre de vie comtemplative et de renoncement complet, cadrait à merveille avec la mentalité de quelques mystiques au moins. Mais, installer dans ce milieu, toujours bouillonnant, toujours en effervescence et révolutions, un couvent de comtemplatives, séparées du monde par une clôture stricte, était-ce poursuivre malgré tout, un rêve sage et viable ? Ce couvent ne tarda pas à prendre la route de Hongkong, où il est très prospère ; et bien lui en prit ! Ceux-là le comprendront, qui sont au courant des récents incidents du carmel de Shanghai !

     

    Monseigneur Fourquet aurait à cœur de partager sa Mission avec un évêque chinois. Rome consent d’élever un de ses prêtres indigènes, à l’honneur de l’épiscopat. Il obtient Monseigneur Boniface Yeug Fuk-tseuk, comme auxiliaire d’abord, espérant bien lui donner un jour, sa juridiction propre. Mais l’homme propose, et Dieu dispose. Monseigneur YEUG mourra avant que le rêve de Monseigneur Fourquet ne se réalise. Il n’hésite pas cependant à accepter les vues des congrégations missionnaires, qui avec l’approbation de Rome, lui demandent des parcelles, parfois assez grandes, de son territoire. C’est ainsi que cette Mission, initialement “du KWANGTUNG” se voit partagée en trois missions françaises, MEP, une italienne, deux américaines, une préfecture apostolique des Pères d’Issoudun, une enclave indépendante aux Jésuites de Macao. Les Pères Jésuites irlandais ont installé un juvénat à Canton ; les Pères Salésiens s’y seraient installés aussi, s’ils en avaient eu le temps. Les sœurs de l’Immaculée-Conception d’Outremont (Montréal) tiennent une Académie pour les jeunes filles chinoises ; elles ont deux orphelinats, plusieurs dispensaires, une léproserie. Les sœurs américaines des Saints-Anges ont quleques écoles, des dispensaires, et désirent fonder une école professionnelle. Les Pères américains de Maryknoll ont une procure à Canton, et un grand distric, aux portes mêmes de la ville.

     

    Avec un tel appareil missionnaire doué de tant de bonnes volontés, le Sud de la Chine aurait dû progresser à pas de géants, dans la voie des conversions. Il y eut de fait, des progrès très intéressants. Mais il est impossible qu’un étranger vivant dans son pays, se figure la chaos qui régna en Chine, après l’établissement de la République. Le chinois était assez turbulent par nature. Il n’avait pas besoin des mauvais exemples qui lui vinrent de l’étranger,, à l’occasion des deux qu’il dut subir. A mesure que les puissances armaient la Chine, des agents connus leur apprenaient à les tourner contre leurs bienfaiteurs. Qui n’a une certaine idée de la fameuse lutte des “tochuns” entr’eux, qui ruinaient les populations, auxquelles ils s’imposaient. N’a-t-on pas vu Borodine régner à Canton ! Nous nous trouvions réunis pour une retraite à Canton en 1926 ou 1927, quand les communistes essayèrent de brûler la ville toute entière. Le feu était à cinq minutes de la cathédrale : nous nous demandions avec quel bois nous allions être rôtis, et à quelle sauce nous serions mangés, tartare, aux piments, ou plus noblement béarnaise ? La vue de flammes proches, est sûrement la belle méditation sur les fins dernières de l’homme, qu’on puisse conseiller ! Monseigneur Fourquet restait toujours calme au milieu de toutes ces tribulations, et le faisait partager avec autres.

     

    Lors de la dernière grande guerre, la Mission de Canton, sous la direction de Monseigneur Fourquet, fut la providence de celles qui n’avaient pas été suffisamment prévoyantes. Ce fut surtout lors de l’occupation japonaise. Ils occupèrent en effet la presque totalité de notre province. Du fait-même les Missions se trouvant sous leur occupation, étaient séparées du reste du monde. Il fallut pourvoir discrètement à leur ravitaillement, en farine, en vin de messe, en argent, et en toutes autres choses. Monseigneur Fourquet sut entretenir d’excellentes relations avec les occupants. Il les employa à obtenir de pouvoir ravitailler sans risques, ses frères dans l’apostolat. Grâce à lui, de nombreux bâtiments de Missions, convertis par l’occupant, en casernes, hôpitaux, ou écuries, furent peu à peu rendus à leur destination primitive. Sa longue barbe était connue et respectée dans tous les bureaux. Directement ou indirectement par ses missionnaires, il soulagea de nombreuses missions. La Mission catholique était le centre où tout indigent trouvait les secours spirituels et matériels.

     

    En 1946 le Souverain Pontife crut bon de créer la hiérarchie en Chine. Du même coup, Monseigneur Fourquet devenait archevêque de Canton. Ce n’est qu’en Mars 1947, qu’il fut confirmé et installé dans cette fonction, par le pro-nonce apostolique, Son Excellence Monseigneur Ribéri. Toute la ville de Canton était en liesse, surtout la chrétienté. Monseigneur Fourquet se demandait l’avantage que sa Mission allait tirer de cette nomination. Il n’osait en tirer aucune conséquence, ni faire aucun plan ; car il se sentait vieillir ; et les événements qui venaient de prendre fin, l’avaient visiblement fatigué. Je m’en rendais compte aussi bien que lui ; mais je n’étais pas chargé de le lui dire. J’avoue que je fus quand même surpris un matin, quand je l’entendis me dire qu’il avait l’intention de donner sa démission ! Je fis comme le sage : je tournai sept fois ma langue dans ma bouche, mais pas plus, et je le félicitai de sa décision, qui était une des plus sages, qu’il put prendre ! Je lui conseillai même, puisqu’il avait mûrement réfléchi à toutes les conséquences de son acte, et pour ne pas se fatiguer à ruminer davantage ce qu’il avait à faire, d’envoyer sa démission le jour même. Il m’assura le soir même, que c’était chose faite. J’en remerciai la Providence ; car il était réellement déprimé par la fatigue des événements passés !

     

    La réponse arriva dans les délais normaux. Elle n’était pas ce qu’on pouvait espérer. J’ignore les termes dans lesquels Monseigneur Fourquet avait rédigé sa démission. J’ignore si on crut Monseigneur Fourquet gravement fatigué. J’ignore la conduite que Rome s’était décidé à tenir en Chine, en prévision de tant et de si graves ennuis que les Missions allaient avoir à supporter en Chine, en face de l’orage communiste devenu très prévisible à court terme, pour toute la Chine. Toujours est-il que Monseigneur Fourquet recevait l’ordre de laisser immédiatement l’administration de son diocèse, à un prélat ami, de la même Société, auquel devait succéder sous peu, un prélat chinois. Monseigneur Fourquet n’avait qu’à obéir. Mais, pour prendre l’avion ou le bateau, il lui fallait attendre quatre mois, toues les places étnt retenues. Ce temps d’attente lui parut très long !

     

    Nous ne devrions jamais oublier, surtout quand nous le comprenons que c’est la Providence qui conduit les hommes et les événements. En le faisant rentrer en France plus tôt qu’il n’aurait voulu, la Providence lui accordait une des plus grandes grâces de sa vie ! Peu importe qu’elle la lui xxx payer un peu cher. Nous étions encore à une époque où la vieille Chine, à  peine régénérée par le système républicain, allait tourner la dernière page de son histoire. On aimait à se persuader que le communisme, bien qu’il se démène partout, dans tous les milieux, resterait confiné au nord du Fleuve Bleu. Monseigneur Fourquet qui avait si grande confiance dans l’âme chinoise, n’aurait pu admettre qu’un chinois pu vendre ses propres frères, et que des troupes nationales et loyalistes, qui s’étaient couvertes ailleurs de si glorieux lauriers, ayant à leur disposition, arsenaux et munitions, puissent se rendre lâchement, et cesser le feu ! C’est pourtant ce qui arriva !

     

    Je ne prétends pas que Monseigneur Fourquet aurait été de ces naïfs incorrigibles, qui se figuraient qu’on pouvait engager le dialogue avec les communistes. Mais, connaissant à fond le dialecte de Canton, ayant très grande confiance dans sa dialectique, et ses facultés d’hynotisme, il était persuadé qu’il aurait pu aborder les dirigeants communistes chinois, dont la loyauté aurait dû céder devant ses arguments. Il était persuadé qu’il aurait pu convertir Mao-Tsé-Tong, et sa clique. Çà été la marotte de la fin de sa vie. Or, que serait-il arrivé ? Monseigneur Fourquet se donnant de l’importance, aurait été arrêté parmi les premiers, sans aucun honneur. On aurait essayé la rééducation mentale. Comme elle aurait échouée, il est possible qu’on lui y mit alors une pelle en mains avec ordre de creuser la terre. Peut-être aurait-on eu la gentillesse de lui recommander de faire la fosse assez longue, assez large, pour qu’il n’y soit pas gêné. Car c’est pour lui qu’il travaillait... Même chose est arrivée rarement, arrivée quand même. On l’y aurait laissé bien tranquille. On lui aurait permis d’en sortir plus tard, de lui-même, quand sa rééducation mentale aurait été suffisante et complète!

     

    Monseigneur Fourquet avait déjà reçu une décoration chinoise : l’Epis d’Or. Au moment où il quittait la Chine, la municipalité de canton, pour le remercier de cinquante années de bons services, lui décernait, ainsi que les deux autres étrangers, le titre de “Citoyen d’Honneur” de Canton. Une clé en or lui fut offerte à cette occasion. Elle est actuellement dans le musée des Missions Étrangères à Paris, symbole des vertus indélébiles, qui animaient sa vie en Chine : La Foi, l’Espérance, la Charité !

     

    • Numéro : 2213
    • Pays : Chine
    • Année : 1896