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Jean-Baptiste FOUILLAT (1876-1950)

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    Le P. Jean-Baptiste Fouillat s’est éteint doucement à l’hôpital Saint-Paul à Hongkong, dans la nuit du 9 janvier 1950, dans sa soixante-quatorzième année, après avoir reçu en pleine connaissance et avec le plus entier abandon à la divine Providence, les sacrements et indulgences de notre Mère, la sainte Eglise.

     

    Né le 15 janvier 1876 au bourg de Violay (arrondissement de Roanne-Loire), il fit ses études dans son diocèse jusqu’à son service militaire. Nous savons peu de choses de cette longue période, car il ne parlait presque jamais ni de lui-même ni des siens. Il avait pourtant une sœur cadette qui était sa filleule et qu’il affectionnait tout particulièrement ; il restera avec elle en correspondance suivie jusqu’à sa mort.

     

    C’est au début de l’automne 1898 que Jean-Baptiste entra au Séminaire de Bièvres. L’année suivante, à la même époque, il vint à celui de la rue du Bac parfaire ses études en vue du sacerdoce. Aussitôt il y fut nommé sacristain. Cette fonction dut lui plaire, car elle convenait mieux que toute autre à son tempérament, à son calme et surtout à sa piété exemplaire. Durant ces années préparatoires aux Ordres majeurs, il se montra constamment fidèle à l’observation du règlement, très studieux, d’un abord agréable et toujours prêt à rendre service. Il fut ordonné prêtre avec quarante-trois de ses condisciples de cours le 23 juin 1901 par S. Exc. Mgr Lorenzelli, alors Nonce à Paris. Le soir même de l’ordination il reçut sa destination pour la Mission du Siam.

     

    Le P. Fouillat y arriva en septembre 1901 et devait y rester jusqu’en septembre 1934. — « Durant ces nombreuses années, a dit de lui quelqu’un qui l’a bien connu, il employa toutes ses forces surtout à l’évangélisation des Chinois. Excellent confrère, très réservé dans ses paroles et sa correspondance, il ne causa jamais la moindre peine à personne. Prière et solitude au moins relative étaient ses dominantes d’âme, et nous savons pertinemment qu’il n’oubliera jamais sa chère Mission de Siam devant Dieu. »

     

    En 1933, il vint à la Maison de Nazareth pour y prendre un peu de repos et y faire une retraite. A cette occasion il put entrer en contact avec le petit groupe de missionnaires qui y mènent une vie de prière et de travail ; et sans doute ce court séjour en ce lieu choisi fit-il sur son âme une impression profonde. Toujours est-il que l’année suivante, il y revenait, cette fois pour tout de bon.

     

    Sa vie à Nazareth n’a pas d’histoire. Nommé économe de la Maison dès 1935, il le resta jusqu’à la fin et remplit cette charge de son mieux. Toujours avenant, de parfaite égalité d’humeur, très charitable, il faisait bon vivre avec lui. Humble, un peu timide, il ne savait guère discuter, émettre une opinion en public, encore moins contredire ; il se contentait d’écouter avec attention et bienveillance. S’il partageait l’avis qu’on formulait devant lui, sa réponse consistait d’ordinaire en un ou deux « Ah ! oui » accompagnés d’un fin sourire. Dans le cas contraire, il se taisait tout simplement, à moins qu’il n’esquissât un geste bien à lui, suggestif et qui faisait la joie des témoins. Malheureusement, sur la fin de sa vie surtout, il était devenu lent, routinier et apparemment du moins, presque impossible à émouvoir, et ce défaut — car c’en était un — l’empêchait de donner toute sa mesure. Autrement il était intelligent, cultivé et de jugement très droit. Mais ce qu’il y avait d’admirable chez lui c’était la piété ; tous ceux qui l’ont connu peuvent en rendre témoignage. Lecteur assidu de l’Evangile qu’il méditait très souvent en chambre au cours de la journée, il y avait puisé une solide et profonde dévotion envers l’Eucharistie et la Sainte Vierge. Quotidiennement à plusieurs reprises et à des heures précises, il se rendait devant le tabernacle pour y adorer l’Hôte divin, Lui demander et en obtenir consolation et force. A Lui seul il confiait les peines et les besoins de son âme, ses misères et ses souffrances physiques qu’il acceptait de la main de Dieu sans se plaindre jamais, et qu’ainsi il cachait à son entourage. Il y restait longtemps dans une attitude pleine de recueillement et de foi. Le chemin de se chambre à la chapelle et de la chapelle à sa chambre était assurément celui qu’il aimait à faire de préférence et qu’il connaissait le mieux.

     

    Trois semaines avant sa mort, en voyant son teint frais, sa mine florissante, son accueil toujours doux et souriant, qui aurait pu prévoir que la fin du cher P. Fouillat était si proche ? La première alerte se produisit dans la nuit du 23 au 24 décembre 1949. Le Père fut pris d’une indigestion assez grave qui le laissa sans force. Le 26 on le conduisit à l’hôpital Saint-Paul. Les soins dévoués qui lui furent donnés parurent le rétablir ; il revint à Nazareth le 30 et reprit aussitôt ses occupations ordinaires. Mais dans la nuit du 4 au 5 janvier une seconde crise se déclarait, beaucoup plus grave que la première. On le reconduisit d’urgence à l’hôpital où le chirurgien, après un examen sérieux, jugea qu’une opération était nécessaire. Elle eut lieu vers quatorze heures et révéla l’existence d’une occlusion intestinale avec péritonite et abcès ; dès lors tout espoir de guérison était perdu, et nous étions avertis que le malade pouvait mourir dans la nuit même. Ramené dans sa chambre, le Père, qui s’était confessé avant l’opération, reçut l’extrême-onction et l’indulgence de la bonne mort avec une grande piété, offrant sa vie et se mort en union avec Jésus et tout le Corps mystique pour la paix et le salut du monde. A partir de huit heures du soir, les souffrances devinrent plus vives et occasionnèrent plusieurs syncopes. Puis ce fut le demi coma. A dix heures on pratiqua une transfusion de sang, mais il ne semble pas qu’il s’en soit rendu compte. Peu après ce fut l’agonie, et quand le confrère qui le veil­lait eut prononcé les paroles : Proficiscere, anima christiana, il s’aperçut que l’âme du bon P. Fouillat s’était envolée.

     

    Dès le lendemain matin le corps fût transporté à la Maison de Nazareth et il resta exposé jusqu’au mercredi 11 janvier. Ce même jour à neuf heures eut lieu la messe des funérailles que chanta le P. Biotteau, Supérieur de la Maison, et à laquelle assistèrent, avec tous les confrères de la Société présents à Hongkong, S. Exc. Mgr Valtorta, plusieurs Pères étrangers, une imposante délégation de prêtres chinois hébergés à Béthanie et un grand nombre de Religieuses. Après quoi ce fut la descente au cimetière, et la cérémonie s’acheva au pied de la tombe où reposera le P. Fouillat en attendant la résurrection.

     

    • Numéro : 2578
    • Pays : Thaïlande
    • Année : 1901