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Joseph FOUCHER (1854-1906)

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    Nous avons eu la douleur de perdre ces deux précieux auxiliaires, que la bonne Providence nous avait donnés et qui ont fait preuve, jusqu’à la fin, du dévouement le plus absolu envers notre Séminaire et notre Société. Leur mort nous a causé une peine très vive, car l’un et l’autre nous rendaient d’éminents services. Dieu les a jugés mûrs pour le ciel et les a rappelés à Lui, à six mois d’intervalle. Nous n’avons qu’à nous incliner devant sa sainté volonté, et à Le conjurer de susciter de dignes remplaçants aux chers défunts que nous pleurons.

     

    M. Foucher a passé plus de trente et un ans au séminaire. Il serait difficile, croyons-nous, de trouver un homme mieux doué que ne l’était le « frère Henri », pour s’occuper du matériel, dans une maison comme la nôtre. En effet, il exerçait indifféremment presque tous les métiers. On l’a vu, tour à tour, charpentier, menuisier, serrurier, horloger, physicien, chimiste, électricien... etc. Il faisait preuve, en tout genre d’industrie, d’une adresse et d’une habileté que l’on ne pouvait s’empêcher d’admirer. Il inventa même un appareil automatique à chute de carbure pour l’éclairage à l’acétylène, qu’il appela « Le Rotatif », et qui a été adopté dans plusieurs établissements, après avoir très bien réussi au Séminaire.

    D’une piété réelle et solide, sous des dehors plutôt froids, M. Foucher accomplissait ses exercices spirituels tout bonnement, tout simplement, comme il faisait chaque chose.

    Le soin qu’il prenait des intérêts de la maison, le rendait, par exception, vif et brusque, quand il les voyait tant soit peu compromis. Dans ces circonstances, d’ailleurs assez rares, sa voix atteignait un diapason extraordinaire.

    Bras droit de l’économe, il savait au besoin rappeler les fournisseurs à l’ordre, quand le pain, la viande ou les autres denrées n’étaient pas de la qualité voulue.

    Chargé de surveiller le service des domestiques, il se montrait aussi ferme que bienveillant à leur égard, et s’appliquait à maintenir la bonne harmonie entre eux ; ce en quoi il échoua rarement, car « ses hommes », comme il les nommait, ne craignaient rien tant que de lui faire de la peine.

    Pour tout dire en un mot, à Paris et à Meudon, à Bièvres et à Sainte-Mesme, le « frère Henri » nous a rendu des services inappréciables.

     

    M. Paul Morton avait vingt-cinq ans et venait d’achever son service militaire, quand il fut admis en qualité de frère coadjuteur. Il était alors sergent de l’armée active. Tous ceux qui l’ont connu, pendant les vingt-six ans qu’il a passés chez nous, ont pu remarquer qu’il était resté en quelque sorte soldat. Il y avait dans sa démarche, sa physionomie, ses manières, sa façon de parler, son caractère, quelque chose qui rappelait le sous-officier français : actif, intelligent, poli, franc, loyal et bon camarade.

    Vif comme la poudre, il n’arrivait pas toujours à dominer son tempérament un peu trop bouillant, quand lui survenait une contrariété. De là, certaines saillies d’humeur qui lui échappaient parfois et qu’il regrettait sincèrement lui-même, après un moment de réflexion.

    Il remplissait l’office, peu attrayant et très assujettissant de « frère concierge », avec une assiduité toute militaire, ne connaissant qu’une chose : la consigne. A l’heure marquée, il était à son poste et y restait aussi longtemps que le voulait le règlement.

    Fidèle à ses exercices spirituels, il n’en négligeait aucun sans raison grave, car il était vraiment pieux et vivait uni à Dieu.

     

    Nos deux regrettés auxiliaires ont beaucoup souffert avant de mourir. Le « frère Henri », atteint d’albuminurie, a enduré un véritable martyr pendant deux ans ; le « frère Paul » atteint d’une affection de l’estomac, s’est affaibli peu à peu, sous l’influence de la maladie qui, à la fin, ne lui laissait de repos ni jour ni nuit. Tous les deux ont supporté courageusement leurs souffrances et se sont endormis dans la paix du Seigneur, après avoir reçu avec un grand esprit de foi les secours de notre sainte religion.

    Ils ont été inhumés dans le caveau des Directeurs, au cimetière Montparnasse. C’est là qu’ils attendent, avec leurs pères, le jour de la bienheureuse résurrection.

     

     

    Redemptorem suum

    facie ad faciem videant,

    et prœsentes semper assistentes

    manifestissimam

    beatis oculis adspiciant veritatem !

     

    • Numéro : 1480
    • Pays : France
    • Année : None