Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Edmond FOUCAUD (1920-1994)

Add this

    Foucaud, Edmond, Eugène, Paul, né le 12 juin 1920 à Monsireigne (Vendée), diocèse de Luçon  ; entré au séminaire des Missions Étrangères le 30 septembre 1946, ordonné prêtre le 29 juin 1948 ; parti le 15 décembre 1948 pour la mission de Chengtu en Chine ; rentré en France pour raisons de  santé le 7 novembre 1949, prend du service en aumônerie le 3 octobre 1952, se retire à la maison de repos de Lauris le 10 mars 1967, décédé à Lauris  le 2 mai 1944.

     

    Fils d’Alfred Foucaud et d’Hélène Coutant, Edmond naquit le 12 juin 1920 à Monsireigne dans une famille protestante. Il se convertit au catholicisme à l’âge de 18 ans et fut baptisé sous condition le 31 mars 1938, dans la chapelle Sainte-Marie de Chantonnay, par le curé de sa paroisse, M. Baradivin. Il attira dans son sillage sa mère, sa sœur et son frère, qui furent baptisés de la même façon, le 29 septembre de la même année, par le même curé.

     

    Edmond avait commencé ses études secondaires à Saint-Michel-Mont-Mercure. Mais il pensait déjà au sacerdoce. Par suite, à partir du mois d’octobre 1939, il alla les poursuivre au séminaire des vocations tardives, à Chaillé-les-Marais. Il était donc déjà séminariste lorsqu’il reçut le sacrement de confirmation, le 17 novembre 1939, des mains du vicaire général, le chanoine Charles Massé. Il entra au grand séminaire de Luçon au mois d’octobre 1943.

     

    Peu après, commençait la longue série d’épreuves que dut affronter Edmond tout au long de sa vie. Il y eut d’abord la maladie et la mort de sa sœur, puis celle de sa mère. Ensuite, lui-même eut de sérieux ennuis avec sa colonne vertébrale. Il poursuit néanmoins ses études de séminariste et, le 23 mars 1945, il est appelé à la tonsure par Mgr Antoine-Marie Cazaux, évêque de Luçon.

     

    L’année suivante, le 15 mai 1946, Edmond demande à rejoindre le séminaire des Missions Étrangères de Paris. Le supérieur du grand séminaire de Luçon approuve cette demande et recommande ce séminariste, lequel, écrit-il, « peut devenir un bon prêtre et un missionnaire utile ». Son curé le recommande plus chaleureusement encore : « Je n’ai eu qu’à me louer de la conduite de M. Foucaud au cours de ses vacances. Il a toujours montré le bon exemple aux paroissiens et s’est toujours trouvé plein de prévenances et de complaisance pou rendre les services que je pouvais lui demander ». Il est donc  admis sans difficulté au séminaire des Missions Étrangères où il arrive le 30 septembre 1946. Il est ordonné prêtre le 29 juin 1948..

     

    Destiné à la mission de Chengtu, le P. Edmond Foucaud s’embarque le 15 décembre sur le « Champollion » et rejoint Chungking. Il continue seul son voyage jusqu’à Chengtu sur un camion militaire. Sa connaissance de l’anglais lui rend grand service. Le voyage est néanmoins fatigant et fertile en émotions diverses.

     

    Arrivé à Chengtu le 24 février 1949, il est accueilli par le P. Armand Poisson, qui est administrateur du diocèse depuis la mort de Mgr jacques Rouchouse. Il loge temporairement à l’évêché et se met aussitôt à l’étude de la langue du pays par ses propres moyens. Peu après cependant, il rejoint le .P. Jean Jacquemin à Kiunglai et continue l’étude du chinois avec l’aide d’un professeur, un jeune Chinois très dévoué, baptisé depuis peu, qui avait dû interrompre ses études pour raisons de santé.

     

    Mais l’acclimatation s’avère fort difficile. Le P. Foucaud a de sérieux problèmes de santé. Après un séjour à l’hôpital du lieu, il est décidé de l’envoyer à HongKong pour un changement d’air et des soins appropriés. Il quitte donc Chengtu le 2 mai, avec l’espoir qu’il pourra rapidement rejoindre sa mission. Hélas, en dépit des soins énergiques à l’aide de streptomycine, son état de santé ne s’améliore pas, et il est jugé préférable de le renvoyer en France, par avion. Dès son arrivée à Paris le 7 novembre, il est hospitalisé à Saint-Joseph. Moins d’un an après son départ, il était de retour en France ! Il n’en repartira pas.

     

    Il se confirme que le P. Edmond Foucaud est atteint de tuberculose pulmonaire. Il aura besoin d’un long séjour dans un sanatorium. On demande aussitôt son admission dans celui «du clergé », à Thorenc, dans les Alpes Maritimes. Il n’y a malheureusement pas de pla    ce. En attendant qu’on puisse l’y accueillir, au début de l’année 1950, il part se reposer dans la maison Saint-Raphaël de Montbeton. Il peut enfin rejoindre Thorenc le 25 mars. Il y reçoit des soins appropriés avec pneumothorax du côté gauche. Le 3 octobre 1952, son état de santé s’étant amélioré, il est jugé apte à suivre une réadaptation pour laquelle il est  envoyé au centre Hélios d ’Osséja, dans les Pyrénées-Orientales, où il est à la fois patient et aumônier jusqu’au 25 mai 1953.

     

    Il est alors nommé aumônier de l’école Notre-Dame à Masseube, dans le Gers. La tâche qu’on lui confie n’est pas très lourde. On espère qu’il retrouvera peu à peu une santé normale et pourra par la suite assurer un ministère plus important. Hélas, le 23 décembre, il est de nouveau hospitalisé, à Toulouse cette fois, à l’hôpital Purpan. Il souffre de malaria et d’une amibiase intestinale. Un traitement énergique lui permet de quitter l’hôpital, le 5 février 1954, et il peut reprendre pour un temps son travail d’aumônier à Masseube.

     

    L’année suivante, alors qu’il prenait un congé dans une maison de Société à Voreppe, il est atteint d’une grande dépression. Jusqu’à la fin de sa vie, il gardera un souvenir très pénible de son long séjour à l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu de Lyon. En revanche, il apprécie bien le séjour qu’il fait, à partir de 1965, chez les Frères de Saint-Jean-de-Dieu à Villetertre, dans l’Oise. La bonté du supérieur à son égard et l’ambiance fraternelle de la maison lui conviennent parfaitement. Il passe beaucoup de temps à écouter de la musique, et sa correspondance avec  ses supérieurs de Paris montre qu’il a retrouvé une certaine paix. Malheureusement, en octobre 1966, une surveillance médicale s’avère de nouveau indispensable. Les Frères le dirigent vers l’une de leurs maisons à Léhon, près de Dinan, dans les Côtes-du-Nord. Pendant quelques mois, il souffre de nouveau d’une dépression extrêmement pénible. Mais, grâce à des soins énergiques, dès le mois de mars 1967, il peut de nouveau songer à quitter l’hôpital. Les Frères de Saint-Jean-de-Dieu ne pouvant l’accueillir à Villetertre, il est décidé qu’il rejoindra la maison MEP de Lauris.

     

    Il y restera jusqu’à la fin de sa vie. Il aime bien la lumière de Provence, le climat de  Lauris, l’ambiance de la maison. Dès le 1’ avril, il écrit aux supérieurs de Paris : « Je suis heureux. Les Pères sont gentils (…). Je me repose très bien en travaillant de mon mieux à être charitable. J’écoute la radio et j’ai assez de courrier. Je suis heureux enfin, après tant de si grandes souffrances. Je voudrais, dans la douceur, oublier et aimer .. »

     

    Le P. E. Foucaud a effectivement beaucoup souffert dans sa vie. Sa correspondance est parfois émouvante. Il parle de l’ »isolement » dont il a fait l’expérience dans les hôpitaux, des « humiliations » qu’il a subies, des « plaies profondes et des « blessures » qu’il a ressenties lorsqu’il avait l’impression de « ne pas avoir droit à sa dignité d’homme »..

     

    En octobre 1966, il écrivait de Dinan : « J’en pleure d’être encore à l’hôpital.  Je n’ai pas envie de me suicider, mais je comprends ceux qui le font ! Quelle vie ! Quelle existence ! On a beau avoir la foi, vous savez, mon Père, quand on en a marre, eh bien, on en a marre .. » .

     

    En septembre 1980, il écrivait au supérieur général : « Oh ! pour ma part, j’aurais aimé rester en Mission ou même, en France, être dans le ministère actif. Hélas pour moi, il en fut autrement ! depuis 1948, je compte 18 années d’hospitalisation ». Jusqu’à la fin de sa vie, il aura la phobie des hôpitaux .

     

    Fort heureusement, à partir de 1967, tout long séjour à l’hôpital lui fut épargné. À Lauris, il avait trouvé un milieu de vie qui lui convenait. Il restait certes très vulnérable. Le simple rappel de ses expériences passées lui faisait verser des larmes. Une nouvelle quelque peu inquiétante, une remarque maladroite de tel ou tel confrère, etc.. suffisaient à le bouleverser et à le remplir d’appréhensions. Mais il allait aussitôt – parfois plusieurs fois par jour  ! – soumettre ses inquiétudes à ses supérieurs. Une écoute sympathique suffisait à le rassurer. Il eut plusieurs supérieurs au cours des 27 années qu’il passa à Lauris. Chacun d’eux devint tour à tour son confident. Il redoutait tout changement de supérieur, mais quelques semaines lui suffisaient pour apprécier le nouveau supérieur et lui faire une confiance totale.

     

    L’une de ses dernières grandes appréhensions fut la perspective d’un déménagement, à la suite de la construction d’une nouvelle maison de retraite non loin de l’ancienne. Cette dernière épreuve lui fut heureusement épargnée. Il mourut le 2 mai 1994, à l’heure de son repas,  un mois avant la date prévue pour son déménagement.

     

    Le P. Edmond Foucaud a certainement beaucoup souffert pendant sa vie en ce monde. Il eut cependant des moments de grande paix et éprouva des joies certaines. Outre qu’il aimait beaucoup la musique et prenait grand plaisir à écouter des enregistrements, il avait manifestement une vie spirituelle profonde. Il suffisait de l’écouter attentivement pour se rendre compte qu’il vivait de belles chose s dans ses relations avec Dieu. Ce fut sa façon à lui d’être missionnaire : Accueillir en lui l’action mystérieuse de Dieu et, sans doute, aussi  comme saint Paul, « achever dans sa chair ce qui manque aux détresses du Christ, en faveur de son corps qui est l’Église » (Col 1,24).

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    • Numéro : 3849
    • Pays : Chine
    • Année : 1948