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Célestin FORT (1882-1913)

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    Célestin-Aimé-Jean Fort naquit aux Essarts (Luçon, Vendée), d’une famille très chrétienne. L’éducation qu’il reçut au foyer domestique, jointe aux grâces que le bon Dieu se plut à répandre dans son âme, fit naître en lui, de très bonne heure, les sentiments d’une foi vive et l’amour du devoir.

    Ses parents, qui avaient de nombreux enfants à élever, n’hésitèrent pas néanmoins à s’imposer les sacrifices nécessaires pour que Célestin, leur fils de prédilection, pût entrer au séminaire et devenir prêtre un jour.

    En 1900, M. Fort achevait sa rhétorique. Espérant trouver dans les missions un champ plus vaste pour exercer son zèle, et brûlant du désir de marcher sur les traces des martyrs, dont la Société des Missions-Etrangères venait de célébrer la béatification, il entra au Séminaire de la rue du Bac le 10 septembre de la même année.

    Les charges qui lui furent confiées, pendant son séjour dans cette maison, prouvent que les Directeurs surent apprécier les qualités de l’aspirant et lui donnèrent toute leur confiance.

    Ordonné prêtre le 29 juin 1905, M. Fort reçut sa destination pour le Tonkin méridional, et après avoir dit un dernier adieu à ceux qui lui étaient chers ici-bas, il partit pour l’Extrême-Orient, le 2 du mois d’août. Six semaines plus tard, le nouveau missionnaire arrivait à Xa Doai, chef-lieu du vicariat apostolique. Après un séjour de quelques semailles à Xa Doai, il fut envoyé par son évêque à Dong Trang, poste situé sur les rives du Ngan Pho, dans la province de Hatinh, pour étudier l’annamite et sa familiariser avec les us et coutumes du pays.

    Dès son arrivée à Dong Trang, le jeune apôtre se mit résolument au travail et triompha vite des difficultés qu’offre la langue annamite à tout commençant. Il arriva à parler cette langue avec clarté et même avec distinction.

    Animé d’une piété solide et d’un zèle éclairé ; doué, par ailleurs, d’une volonté de fer et d’un caractère plein d’entrain, M. Fort promettait de rendre de grands services à la mission du Tonkin méridional. Malheureusement, ses forces physiques n’étaient pas en rapport avec les élans de son cœur. Quelques semaines à peine après son arrivée au Tonkin, il commença à payer son tribut à la fièvre ; des douleurs d’estomac ne tardèrent pas à se faire sentir. Pendant les huit années que notre confrère passa en mission, il eut presque toujours à souffrir. Malgré le soin que mirent ses supérieurs à lui confier des postes en rapport avec sa faible santé, malgré un séjour de plusieurs mois au sanatorium de Béthanie, il n’y eut jamais d’amélioration notable dans son état. Notre confrère n’était pas homme à se laisser abattre par la maladie ; son caractère ardent et le désir d’accomplir son devoir jusqu’au bout lui interdisaient les ménagements et le repos.

    Après qu’il eut passé cinq ans à Dong Trang, il fut nommé professeur au petit séminaire de Xa Doai ; mais, au bout de quelques mois, il dut abandonner sa classe pour aller prendre un peu de repos à HongKong.

    À son retour au Tonkin, il fut chargé du petit district de Nam Huan, et se remit au travail avec une nouvelle ardeur. Son séjour à Nam Huan ne fut guère que d’une année. Au mois d’août 1913, le vicaire apostolique le rappelait de nouveau à Xa Doai comme professeur au petit séminaire. Quelques semaines après la rentrée des classes, une épidémie de fièvre typhoïde se déclara parmi les élèves ; le mal était relativement bénin, très peu en moururent. M. Fort contracta la maladie, et comme il était déjà très affaibli par la fièvre et les douleurs d’estomac, il ne put lui résister.

    Dès que la présence du mal fut constatée, ses confrères le firent transporter à Vinh d’abord, et ensuite à Hanoi, espérant qu’un traitement approprié aurait raison de la maladie. Tout ce qu’il était possible de faire fut fait, et notre confrère reçut tous les soins dont dispose la science moderne. Malgré cela, la fièvre suivit son cours, affaiblissant de plus en plus le cher malade. Au bout de quatre semaines, une complication survint : des hémorragies intestinales se déclarèrent et mirent le malade dans un état à peu près désespéré. Il vécut encore une douzaine de jours, soutenu par des injections de caféine ; et, le 12 décembre 1913, après avoir reçu les derniers sacrements, il rendit paisiblement son âme à Dieu.

    Pendant toute sa maladie, M. Fort garda sa pleine connaissance, et fit preuve de beaucoup de patience. La mort ne l’effrayait pas ; sa résignation à la volonté de Dieu était parfaite et il faisait l’édification de tous ceux qui l’approchaient. Notre confrère n’avait pas attendu cette maladie pour se préparer à paraître devant Dieu ; comme le bon serviteur, il était toujours prêt à recevoir son maître. Aussi, avons-nous la douce confiance qu’il nous a quittés pour aller jouir de la récompense promise au bon et fidèle serviteur.

     

     

     

     

    • Numéro : 2834
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1905