Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Clément FONTENEAU (1913-2001)

Add this

    Clément, Joseph, Marie FONTENEAU, fils de Henri Clément et de Marie Julie Gautier vint au monde le 23 septembre 1913, au lieu dit La Triboire Neuve, Commune de Torfou, Arrondissement de Cholet, département du Maine-et-Loire. Il fut baptisé dans l'église paroissiale de Saint Martin de Torfou, diocèse d'Angers, le 25 Septembre 1913. Son père qui était cultivateur, mourut pendant la guerre de 1914-18. La famille comptait deux enfants : un garçon et une fille.

     

    Clément fit ses études primaires dans son village natal ; celles-ci terminées, il poursuivit le cycle des études secondaires au Collège diocésain de Beaupréau, cursus couronné par l'obtention du Baccalauréat 1ère partie. En octobre 1931, il se dirigea vers le Grand séminaire d'Angers où, sous la direction des "Messieurs de Saint Sulpice", il fit ses études ecclésiastiques de philosophie, de théologie et autres, ainsi que sa formation à la vie sacerdotale. Appelé sous les drapeaux en 1934-35, il effectua son service militaire à Courbevoie. (92). De retour au grand séminaire d'Angers, il fut ordonné sous-diacre le 29 juin 1936.

     

    Dans sa lettre du 23 juin 1936, écrite pendant la retraite préparatoire à son ordination prochaine -.."Dans quelques jours je recevrai le sous-diaconat…," dit il –et adressée au Supérieur général des Missions Étrangères, il présentait ainsi sa demande d'admission au séminaire des Missions Étrangères . "…Dieu m'a fait l'immense grâce, écrit –il, de me donner la vocation missionnaire. Depuis cinq ans, j'ai prié et scruté le cœur du Maître ; maintenant, je ne puis plus résister , faire autrement serait une lâcheté. Aussi, ayant reçu de mon évêque la permission de partir, je viens vous demander humblement de m'admettre comme aspirant missionnaire dans votre Société des Missions Étrangères. Ce sera une grande joie pour moi de réaliser l'idéal que le Christ a mis en mon âme, et de le réaliser là où il semble que m'envoie l'Esprit Saint…"

     

    A cette demande de son séminariste, le Supérieur du Grand Séminaire d'Angers, dans sa lettre du 27 juin 1936, adressée au Supérieur Général de la Société, joint son témoignage : .."…. M. Clément Fonteneau –écrit-il- est de tous points recommandable. Pieux, docile, aimable, d'une bonne intelligence moyenne, d'une santé résistante, il ne nous a donné que des consolations pendant ses quatre années de séminaire. Il nous quittera avec l'estime affectueux de ses maîtres et de ses condisciples. Il appartient à l'une de nos meilleures paroisses, et n'a plus que sa mère, son père ayant été victime de la guerre….Mgr. l'Évêque l'autorise à entrer dans votre Société. J'en suis heureux, tout en le voyant avec regret s'éloigner du diocèse auquel il eût certainement rendu de bons services…."

    Admis le 28 juin 1934, M. Clément Fonteneau arriva au séminaire des Missions Étrangères, le 7 novembre 1936.  Diacre le 19 décembre 1936, il fut ordonné prêtre avec 16 de ses confrères, le 4 juillet 1937, dans la chapelle du séminaire des Missions Étrangères, par Mgr. De Jonghe, vicaire apostolique de Yunnanfu. Le soir de ce même jour, le R.P. Léon Robert, Supérieur Général de la Société des Missions Étrangères lui donna sa destination pour le Japon, le mettant au service de l'archidiocèse de Tokyo. Le mardi 14 septembre 1937 eût lieu la cérémonie traditionnelle du départ de 19 jeunes missionnaires. L'allocution d'adieu fut prononcée par l'Abbé Camille Risser, vicaire à la paroisse St. Séverin de Paris. M. Clément Fonteneau faisait partie du nombre des ces partants. Le vendredi 17 septembre 1937, il s'embarquait à Marseille pour rejoindre sa mission.

     

    Le 25 octobre 1937, M. Clément Fonteneau arrivait à Tokyo, où il était accueilli par son Archevêque Mgr. Jean-Baptiste Chambon. Il se mit rapidement à l'étude de la langue japonaise, d'abord à Tokyo, d'octobre à décembre 1937, puis à Yokohama, élevé au rang de diocèse, où, tout en continuant l'étude du japonais, et sa formation missionnaire, il apporta son aide à la paroisse de Yokohama-Yamate, en 1938-39.

     

    En effet, une Bulle du Saint siège, en date du 9 novembre 1937, créait le nouveau diocèse de Yokohama, né du démembrement de l'immense archidiocèse de Tokyo. Cette heureuse nouvelle fut officiellement rendue publique à Tokyo, le 3 décembre 1937. A vrai dire, ce ne fut pas une surprise, car depuis un certain temps , on s'y attendrait et on s'y préparait. Mgr. Jean-Baptiste Chambon, conservant le titre d'archevêque était nommé premier évêque de Yokohama et Assistant au Trône Pontifical. Il remettait le nouvel archidiocèse de Tokyo comprenant les préfectures de Tokyo et de Chiba, entre les mains du clergé autochtone, sous la responsabilité du premier archevêque japonais Mgr. Petrus Doi Celui-ci, était né le 22 décembre 1892, à Sendai ; envoyé continuer ses études au séminaire de la Propagande à Rome, il en était revenu avec deux licences ; ordonné prêtre à Sendai le 23 mai 1921, il avait travaillé durant plusieurs années, dans son diocèse de Hakodaté-Sendai. Puis, en 1934, Mgr. Marella, Délégué Apostolique au Japon, l'avait choisi comme secrétaire. C'est là que Rome était venu l'appeler.

     

    L'installation officielle de Mgr. Jean-Baptiste Chambon sur le siège épiscopal de Yokohama eût lieu le 20 février 1938. Cependant six confrères Mep placés à la tête d'œuvres ou de paroisses qui eussent souffert de leur départ, restèrent à Tokyo ; quant aux autres, ils se mirent au service du nouveau diocèse. Ainsi en fut il pour M. Clément Fonteneau. Son temps de préparation au ministère pastoral achevé à Yokohama, il fut nommé curé de la paroisse Sainte Anne à Fujieda, non loin de Shizuoka, en avril 1939.

     

    Entre temps, le 17 janvier 1939, la Congrégation de la Propagande détachait du diocèse de Yokohama, les départements de Saltama, de Gumma, de Tochigi, d'Ibaraki, situés au nord de Tokyo, pour former la Préfecture Apostolique d'Urawa qui fut confiée aux Pères Franciscains de la Province de Saint Joseph du Canada., Le P. Ambroise Leblanc, Supérieur de la Mission Canadienne au Japon était nommé Préfet Apostolique de cette nouvelle circonscription ecclésiastique.

     

    Mais, le 3 septembre 1939, éclatait en Europe, la Seconde Guerre Mondiale. Le 4 septembre 1939, M. Clément Fonteneau ainsi que plusieurs de ses confrères étaient touchés par l'ordre de mobilisation. Le 20 septembre 1939, -était ce une mesure provisoire ou définitive, personne ne savait- l'Ambassade de France à Tokyo informait les mobilisés qu'ils pouvaient rentrer dans leurs foyers.

     

    Quelques mois plus tard, rappelé sous les drapeaux avec plusieurs de ses confrères, M. Clément Fonteneau quittait Yokohama, le 19 avril 1940. Il s'embarquait à Kobé, à destination de Hanoï, en Indochine. L'Autorité militaire l'affecta d'abord à Hué. En garnison dans cette ville impériale, il écrivait à son évêque, à la date du 3 juin 1940 : …"J'ai traversé des missions qui comptent un grand nombre de chrétiens ; cependant, c'est encore au Japon que je désire retourner. Combien de temps resterai-je à Hué, je n'en sais rien. J'ai demandé à partir pour la France, mais ce sera sans doute retardé. Ma santé est bonne, bien que la chaleur me fatigue un peu" … plus tard, dans une lettre datée du 9 août 1940, envoyée par avion, il informait son évêque et ses confrères qu'il était envoyé à Langson, au Tonkin. Il servait comme interprète en français-japonais pour le compte de la Commission Militaire Française auprès de la Mission de contrôle Japonaise en Indochine. Toujours dans le même service au Tonkin, il fut muté successivement à Bac-ninh, puis à Haiphong. Après le coup de force japonais du 9 mars 1945, rendu à la vie civile, il fut nommé vicaire à la paroisse de Haiphong où il s'occupa principalement de la communauté chrétienne francophone de cette ville. Il y connut et y vécut les bouleversements, les évènements dramatiques des dernières années de guerre, ainsi que le chaos consécutif au coup de force japonais du 9 mars 1945 , et à la capitulation nippone du 15 août 1945.

     

    En mars 1946, alors que se mettait en place un fragile "modus vivendi" entre Ho-chi-Minh et le Gouvernement Français, il fut appelé à Saïgon pour y remplir les fonctions d' assistant-procureur, auprès de M. Pierre Moreau, procureur Mep en cette ville. En avril 1947, il s'embarqua pour la France où il arriva le 14 mai 1947. Il prit son premier congé régulier.

     

    Le 30 avril 1947, après huit ans de séjour en Indochine, M. Clément Fonteneau reprit le bateau pour rejoindre Yokohama, sa mission de première destination. Il emmenait avec lui quatre jeunes missionnaires destinés au Japon ; c'étaient : MM.Henri Milcent, Henri Augmard, Lucien Meyer, et Henri Jachet. Leur paquebot, ayant été mis en quarantaine à Shanghai, ils prirent la malle américaine qui les débarqua à Yokohama le 18 juin 1947. Tandis que les quatre nouveaux missionnaires regagnaient rapidement Tokyo pour commencer l'étude de la langue japonaise, M. Clément Fonteneau arrivait, le 25 juin 1947, à Shizuoka, centre du vicariat forain, qu'on appelait aussi à cette époque "Mission de Shizuoka". En effet, suite à un accord passé entre la Société Mep et Mgr. Wakida, évêque japonais de Yokohama, sacré au mois de juin 1947, l'évangélisation de ce territoire, depuis le 10 décembre 1947, était confiée aux Missions Étrangères.

     

    En 1549, St. François-Xavier avait introduit le christianisme au Japon. Cette religion nouvelle se développa d'abord dans l'île méridionale de Kyûshû, puis dans la région d'Osaka. Au début du XVIIème siècle, des artisans et des guerriers chrétiens avaient participé à la construction et au service du château de Sumpu, ancien nom de Shizuoka. A la cour, il y avait quelques chrétiennes telles Lucie et Claire "illustres dames". En 1611, le P.Jeronimo de Angelis, s.j. était autorisé à établir une résidence à Sumpu, où deux églises auraient été construites. La chrétienté, parait il, comptait deux mille baptisés. Mais un peu plus tard, le shogoun Tokugawa Ieyasu interdisait la religion chrétienne et persécutait les fidèles. Il en fut ainsi pendant deux siècles et demi, jusqu'à l'époque Meiji (1868). Commença alors le temps des "missionnaires itinérants" .Vers 1870, ceux-ci fondèrent des centres chrétiens, futures paroisses,  dans la région de Shizuoka.

     

    A son retour au Japon en 1947, M. Clément Fonteneau retrouva Fujieda, son ancien et premier poste curial d'avant guerre. Il y remplaça M. Joseph Devisse qui venait d'être nommé curé de Shizuoka. Quelques mois après, M. Henri Augmard, tout en se perfectionnant en langue japonaise, était placé à la tête de la paroisse de Fujieda. Mais M. Lucien Delahaye partait en congé en octobre 1947. A Shimizu, ville portuaire importante, il laissait vacante la paroisse de Notre Dame de Boulogne qu'il avait fondée vers 1933, et où, deux ans plus tard, il avait construit une petite église. Pour succéder au partant, on fit appel à M. Clément Fonteneau qui, dès le mois de novembre 1947, prit ses fonctions de curé de Shimizu.

     

    Convaincu que par les enfants, il était possible de toucher les parents, il ouvrit des écoles du dimanche. Ensuite, le nombre de demandes d'inscriptions ne cessant d'augmenter, il construisit, agrandit et embellit son école maternelle. Son jardin d'enfant paroissial jouissait d'une excellente réputation, en conséquence, les effectifs ne cessaient de croître pour atteindre, en 1951, le chiffre de 260 bambins. Lui-même donnait des cours de langue française dans diverses écoles. Attentif aux jeunes de sa paroisse, il mit sur pied une modeste section jociste, composée de huit membres. C'était la première à voir le jour dans la préfecture. Puis, il se lança dans le scoutisme. D'abord, une petite troupe de jeunes garçons, non chrétiens pour la plupart, puis, en septembre 1949, des "girl scout" en majorité non chrétiennes. En 1950, en vue d'aider les pauvres, il établit dans sa paroisse une conférence de Saint Vincent de Paul. En 1951, il était heureux d'annoncer la naissance à Shimizu, d'une section J.O.C.F, avec deux militantes chrétiennes et cinq catéchumènes.

     

    Le dimanche de la Pentecôte, en 1951, il eût la joie de baptiser le fils d'un bonze, devenu professeur à l'université de Shimizu. Ce dernier avait pris contact avec la philosophie chrétienne, pendant ses études universitaires à Tokyo ; il avait suivi des cours de religion à l'université catholique des Jésuites de Tokyo, et maintenant, malgré quelques difficultés venant de sa famille, il demandait à recevoir le baptême.

     

    Le Supérieur de la Mission de Shizuoka, M. Fernand Delbos, fit appel à M. Clément Fonteneau, dont il devint le bras droit. La nouvelle organisation du diocèse de Yokohama nécessitait, en effet, la création d'une maison de Société Mep à Shizuoka. Elle serait destinée à l'accueil, aux rencontres et aux réunions mensuelles des missionnaires. Elle servirait aussi de centre d'étude de langue japonaise, et de formation missionnaire pour les jeunes arrivant en mission. Dans ce but, on transforma une grande "boutique" servant jusqu'alors de bureau, en une maison avenante et gaie. Dans ces aménagements, M. Clément Fonteneau apporta son aide, ses idées et son expérience à son Supérieur. Puis, comme ce dernier prenait l'avion à destination de la France, le 24 juin 1950, pour participer a l'Assemblée Générale de la Société qui s'ouvrait à Bièvres le 1er Août 1950, il laissa à son "bras droit" M. Clément Fonteneau, le soin d'assurer l'intérim.

     

    Le 28 octobre 1951, six jeunes missionnaires arrivaient à Shizuoka, six nouveaux étudiants en japonais. Pour la durée de leurs études de langue, on les installa dans la maison commune Mep, à Shizuoka. En suite de quoi, le Supérieur Mep fit appel à Mr. Clément Fonteneau. Celui-ci remit alors sa paroisse de Shimizu entre les mains de M. Henri Jachet et alla s'installer à la maison commune Mep, avec mission de diriger les jeunes arrivants dans l'étude de la langue, et de veiller à leur formation apostolique. Au dire du chroniqueur de la mission, dans cette maison commune Mep, "  on y étudiait la langue du matin au soir;  on se chamaillait aux heures des repas ; on s'essayait à l'écriture des caractères sur le tableau noir ; les habiles étaient implacables pour les inexpérimentés ; les couloirs , à certaines heures retentissaient des épellations maladroites. D'une façon générale, c'était le labeur âpre et interminable …Car, de 1951 à 1955, on n'allait pas encore à Tokyo pour l'étude du japonais.. "

     

    A la fin du mois de février 1952, quatre confrères expulsés de Chine : MM. André Danion, Albert Presse, Jean Barbier et Henri Malin, furent affectés au Japon ; pour s'initier à la langue, ils vinrent augmenter le nombre des résidents étudiants à la maison commune de Shizuoka. Leur expérience acquise en Chine et la connaissance des caractères chinois leur rendirent plus facile et plus rapide l'étude du japonais ainsi que leur adaptation à leur nouveau pays d'accueil.

     

    Petit à petit, les jeunes missionnaires, estimés connaître suffisamment la langue japonaise, partirent en poste. Peu à peu, la maison commune se vida. De ce fait, M. Clément Fonteneau, rendu libre, fut nommé d'abord conseiller du Supérieur régional le 2 février 1952, -charge qui lui fut renouvelée le 27 janvier 1955- et en même temps curé de la paroisse de Yawata, au sud de Shizuoka, dont l'église était dédiée à Marie, Mère de Dieu. Il y prit la succession de M. Fernand Delbos. A la date du 25 février 1952, Mgr. Luc Arai , ancien élève du séminaire de Saint Sulpice à Paris, et à présent, évêque de Yokohama, approuvait cette nomination.

     

    Dès son arrivée à la tête de cette nouvelle paroisse, il la divisait en douze quartiers et se lançait dans une nouvelle forme d'évangélisation : Annoncer et diffuser le message chrétien par le cinéma, et à l'aide de tracts. Sur une période d'une année, il organisait une séance de projection mensuelle, dans chacun des quartiers de la paroisse. Après avoir fait l'ouverture de la séance par un petit mot court et simple, il donnait la parole à un militant chrétien. La projection du film terminée, alors que les assistants allaient rentrer chez eux, il faisait distribuer aux familles présentes des tracts à sensibilité religieuse et éducative.

     

    Il encouragea et développa des activités pastorales plus ordinaires. Vers la fin de l'année 1952, il établit un nouveau groupe de la Légion de Marie ; il organisa les réunions de quartiers les confiant à des militants responsables de leur secteur respectif. Il construisit un nouveau jardin d'enfant, qui, dès le premier jour de son ouverture, compta plus d'une centaine de bambins. Se préoccupant de la vie spirituelle de sa communauté chrétienne, il fit donner des retraites paroissiales. Pour l'aider dans ce travail paroissial, Il eût comme vicaire le P.Iwanaga, originaire de Nagasaki qui fut le premier prêtre japonais à venir travailler dans le district de Shizuoka avec les confrères des Missions Étrangères. Au mois d'avril 1953, son évêque, Mgr. Arai, le nomma aumônier régional des étudiants et lycéens catholiques de son diocèse.

     

    M. Clément Fonteneau voulait une paroisse vivante. Pour cela, il entendait faire participer activement ses chrétiens aux cérémonies et aux chants liturgiques. Bien avant les directives conciliaires de Vatican II, lors de certaines grandes fêtes, des acolytes apportaient processionnellement la pierre d'autel, les nappes, les canons d'autel et tout le nécessaire pour la célébration de la messe. Il forma deux lecteurs pour proclamer clairement les lectures liturgiques, face au peuple, devant un pupitre, et pour diriger le chant de l'assemblée. "ce qui est beaucoup mieux, écrit-il, que de lire les prières depuis le milieu de la foule.." En 1956, avec l'autorisation de son évêque, il célébrait une messe communautaire, face au peuple, dont le commun était chanté en japonais.

    Chaque soir des dimanches et des fêtes, il invitait sa communauté à prendre part à l'office de Complies, en langue japonaise. Il remarque, dans son compte-rendu : .." Évidemment pour les oreilles occidentales, il y a, peut - être, quelque chose de choquant. Mais, si j'en juge par le nombre de ceux qui y assistent et aussi par ce qu'ils me disent-les chrétiens aiment beaucoup cette réunion du soir. Ils y viennent actuellement une trentaine, en plus des religieuses du Couvent de Notre Dame des Anges. Tous sont maintenant habitués à la mélodie et chantent de tout leur cœur …"

     

    Pour soutenir efficacement l'action caritative des membres de la Conférence de Saint Vincent de Paul, il organisa, un dimanche par mois, une offrande de dons divers en nature préférables à de l'argent…"Je n'ai pas encore osé faire faire cette offrande au cours de la Messe, explique-t-il, ni faire apporter ces dons, devant l'autel, à l'Offertoire… Mais cela viendra. Il faut toujours préparer l'opinion.." En 1954, il réfléchit au problème de l'accueil et de l'intégration des catéchumènes au sein de la communauté paroissiale ; il y intéressa des pères et des mères de famille, en organisant des réunions mensuelles au cours desquelles on discutait de cette question. En 1957, il mit sur pied une recollection pour les fiancés.

     

    Le 28 septembre 1955, décédait à Tokyo, M. Sauveur Candau, Vice-Supérieur Régional pour le Japon. En 1956, comme successeur dans cette charge,  M. Fernand Delbos, Supérieur Régional, fit choix de M. Clément Fonteneau. Afin que celui-ci puisse le conseiller, en connaissance de cause, le Supérieur Régional l'envoya visiter les différents districts confiés aux Missions Étrangères. Ainsi à Kobé, le nouveau vice supérieur entretint ses confrères des méthodes et des formes d'apostolat dans sa propre paroisse.

     

    Délicatement, M. Clément Fonteneau était attentif à la vie spirituelle de ses confrères. Le 5 décembre 1957, il se rendit à Yatsu, auprès de son confrère, M. Lucien Delahaye, âgé et malade, auquel il donna, en présence de ses chrétiens réunis, le Viatique et le sacrement des malades.

     

    Pendant six ans, M. Joseph Devisse avait été supérieur local de la Communauté Missionnaire Mep de Shizuoka. Son mandat arrivant à expiration, il passa la houlette, le 3 mai 1958 et pour une durée de trois ans, à M. Clément Fonteneau. Celui-ci déjà vice supérieur Régional, ajoutait cette nouvelle responsabilité, à celle de pasteur de la paroisse "Marie, Mère de Dieu" à Shizuoka –Yawata qui lui restait confiée.

     

    Dix années s'étaient écoulées depuis son retour au Japon. En octobre 1958, pour quelques mois, il remit sa communauté paroissiale entre les mains de MM. Jean Chapuis et Jules  Raud, et il partit par avion, en congé en France, où il arriva le 25 octobre 1958 ; le 13 mars 1959, par la voie des airs, il regagnait le Japon, retrouvait sa paroisse de Yawata, "toujours souriant et un peu engraissé". La mission était heureuse de voir revenir son père, qui l'avait quittée à peine nommé supérieur local, et les chrétiens leur pasteur.

    Dès son retour, il reprit donc ses nombreuses activités paroissiales; il modernisa son jardin d'enfant. Supérieur local, il mit en route, à Shizuoka, la construction, en ciment armé, d'une nouvelle maison commune Mep plus fonctionnelle ; l'ancienne présentait de sérieux signes de fatigue et d'usure. En 1960, M. Joseph Devisse, curé d'Otemachi, était élu par ses confrères pour être leur délégué à l'Assemblée Générale de la Société des Missions Étrangères qui se tint à Bièvres. Pendant la durée du séjour en France du délégué, M. Clément Fonteneau laissa sa propre communauté chrétienne entre les main de M. Jules Raud, son vicaire. Il partit s'installer à Otemachi. Il dirigea parfaitement les diverses oeuvres établies sans pour autant bouleverser les façons de faire du curé titulaire.

     

    Le 8 novembre 1960, M. Joseph Devisse était de retour à Shizuoka. M. Clément Fonteneau, curé par intérim, était heureux de remettre entre ses mains la paroisse d'Otemachi qu'il avait gardé durant quelques mois. Selon le chroniqueur de la Mission, une brave petite sœur aurait déclaré ingénument à cette occasion : …"les chrétiens d'Otemachi perdent un Père, et retrouvent un Chef.." … mais, ne voulant pas faire dire à cette religieuse ce qu'elle n'avait sans doute pas voulu dire, d'expliquer :.." Ce qu'on a voulu dire et qui est d'ailleurs vrai, c'est que ce qui transparaît le plus chez le curé d'Otemachi, c'est le chef et l'organisateur, tandis que chez le supérieur local, c'est plutôt la bonté qui domine. Le nom de notre supérieur actuel, d'ailleurs, d'après la prononciation japonaise, signifie "le vrai Père" ; c'est là une appellation flatteuse , et il semble bien que le P. Fonteneau la mérite pleinement.."

    L'humour et la joie ne faisaient pas défaut dans le groupe missionnaire de Shizuoka ; Quand on se retrouvait en famille, chaque semaine, à la maison commune, le supérieur local aimait les traits d'esprit et appréciait les histoires intéressantes où ne manquaient ni sel ni saveur.  .." Le Supérieur local, nous dit le chroniqueur, pique de temps en temps des fous - rires, montrant par là combien il sait goûter la plaisanterie et les bons mots ; les mouvements montants et descendants de son "œuf colonial" font parfois penser à des secousses sismiques de moyenne importance…" Et chaque année, le 23 novembre, toute la communauté missionnaire était présente pour célébrer la Saint Clément. .." En pareille occasion, relate le chroniqueur, on se fait une douce obligation de l'entourer autour d'une grande table bien garnie au centre de laquelle trônent un bouquet de circonstance et un énorme gâteau dont la taille et la beauté reflètent assez bien le prestige dont jouit le Père auprès de ceux et de celles qui les ont fabriqués. Le gâteau acquiert de l'importance d'année en année. Une chanson où s'étalent les qualités de celui qui est l'âme et la tête de notre groupe et composée l'année dernière par celui qui, à ce moment là, n'était pas chroniqueur, mais devait le devenir, compare le supérieur à nos bons vieux pères qui, dit-on, faisaient fi de tous les tracas et surmontaient toutes les difficultés. La chanson se termine par ces mots et ceux-ci, je le pense, peuvent servir de conclusion à tout ce qui vient d'être dit : Ce que nos pères avaient de meilleur / Était sans doute leur bonne humeur ./ En cela nous ne sommes guère / Bien différents de nos aïeux/ Qui nous léguèrent ce bien précieux.."

     

    Le 3 mai 1961, le mandat de trois ans du Supérieur Local, arrivait à expiration. M.Clément Fonteneau, préférant s'occuper uniquement de sa paroisse, fit savoir qu'il ne désirait pas sa réélection. Le groupe missionnaire présenta ses félicitations à son successeur en cette charge, sans oublier de mentionner la bonhomie paternelle qui caractérisait la direction de son prédécesseur. M.Clément Fonteneau sera élu de nouveau supérieur local puis reconduit dans cette fonction du 25 avril 1977 à avril 1983.

     

    Pendant dix ans, il avait dirigé la paroisse de Shizuoka -Yawata ; M. Clément Fonteneau estima que le moment était venu de remettre la responsabilité de cette communauté chrétienne entre les mains de M. Jules Raud, l'un de ses anciens vicaires. En juin 1961, il s'en alla à Hamamatsu, une ville d'environ 600.000 habitants, située à 80 Kms à l'ouest de Shizuoka. Il y avait là environ 500 chrétiens ; il prit en main la direction de cette paroisse vaste et déjà ancienne, la plus ancienne du district forain. Placée sous le vocable de Saint François d'Assise, elle avait été fondée en 1878, comme station, par le P. François Vigroux, au temps des "Missionnaires itinérants".

     

    Au début, M. Clément Fonteneau était seul. Outre le ministère pastoral ordinaire, il avait à assurer l'aumônerie de la communauté des religieuses Bernardines ainsi que des cours de religion à leurs grandes élèves en dernière année d'étude. Les effectifs de cette école supérieure de filles, ouverte en 1956, augmentaient régulièrement, en raison de la qualité de l'enseignement et de la formation qui y étaient donnés. Cet établissement était installé à environ quatre kms du centre paroissial. En 1962, un vicaire, M. Michel Baudot, vint lui prêter main forte. Par la suite, des prêtres japonais firent leur formation pastorale sous sa direction. Un peu plus tard, un auxiliaire laïc japonais s'adjoignit à eux ; ensemble, ils formèrent une équipe pastorale.

     

    En 1963, Hamamatsu était en importance, la seconde paroisse du district forain de Shizuoka. Elle était bien vivante. Elle comptait alors 487 catholiques et 20 catéchumènes. L'Action catholique, avec ses diverses branches, et la Légion de Marie y étaient actives. C'était là de précieux auxiliaires pour le travail des missionnaires. De nombreuses œuvres et associations diverses et variées y étaient présentes : telle l'œuvre des séminaires, plus connue sous sa dénomination "le sou pour les séminaires". Y existait encore Une Association des Médecins Catholiques qui comptait 15 membres. En raison de la demande, les Dames Bernardines agrandirent leur école, ouvrirent 'un "baby home", et créèrent une école maternelle dans une cité en construction au nord de la ville .Un superbe bâtiment en béton armé allait leur permettre de recevoir 120 élèves de plus chaque année. En août 1965, Mgr. Araï vint bénir une nouvelle chapelle bâtie sur ce terrain pour le service des religieuses et de la communauté chrétienne des alentours. Quant à M. Clément Fonteneau, le curé, qui s'était fait la main dans la remise à neuf de l'église de Yawata, il terminait la rénovation de son église paroissiale.

     

    Après un rapide passage en France du 16 décembre 1964 au 27 janvier 1965, M. Clément Fonteneau retrouva son champ d'apostolat à Hamamatsu ; à ses activités pastorales déjà nombreuses, il ajouta celle de directeur spirituel des Sœurs de la Visitation, une congrégation japonaise fondée canoniquement en 1926, par Mgr Albert Henri Breton, Mep, ancien évêque de Fukuoka.

     

    Dans son compte-rendu de 1966, M. Clément Fonteneau nous dit que sa paroisse compte 630 baptisés ; au cours de l'année, 26 adultes ont reçu le baptême ; 48 chrétiens, attirés par Hamamatsu, ville industrielle (textiles, pianos, motocyclettes Yamaha, Suzuki), sont arrivés d'ailleurs, tandis qu'une cinquantaine ont quitté la paroisse. C'est le phénomène de migration intérieure, dit il, une des plaies des paroisses japonaises. "

     

    Il nous fait part de ses projets missionnaires. Le centre de Saginomiya, au cœur d'une nouvelle cité,- au nord de la ville de Hamamatsu- prend peu à peu figure de paroisse. La messe y est célébrée dans une salle du jardin d'enfants tenu par les Sœurs Bernardines. Pour se développer, ce centre attend le renfort d'un vicaire et la construction d'une chapelle qu'il dédiera à Notre Dame du Rosaire. Plus tard, ce centre sera érigé en paroisse le dimanche de la Pentecôte 1976. Un de ses confrères rapporte qu'"un dimanche soir, en revenant de faire le catéchisme dans une famille de Saginomiya, il [M.Clément Fonteneau] eût un accident d'auto. Éjecté par la portière, il fut retrouvé deux heures plus tard, étendu sans connaissance, dans le fossé bordant la route. Appelé à cinq heures du matin, un prêtre lui donna le sacrement des malades, mais sa forte constitution lui permit de sortir de l'hôpital au bout d'un mois. "

     

    Il reprit la coutume ancienne d'aller célébrer l'eucharistie à Masaika,  pour une communauté chrétienne d'une quinzaine de fidèles, dans l'espoir qu'elle se développe. Enfin, à l'est de Hamamatsu, au bord de la mer va s'élever une nouvelle cité de 15.000 habitants. Il serait de bonne pastorale, dit il,  d'ouvrir là un centre chrétien.

     

    En 1967, M. Clément Fonteneau fut nommé vicaire forain du district de Shizuoka, confié aux Missions Étrangères, depuis 1948. A ce titre, avec les neuf autres vicaires forains chefs de districts, il participa aux réunions organisées par son évêque, deux ou trois par an, et dans lesquelles chacun faisait le point sur les diverses activités missionnaires de son groupe et sur la vie des communautés chrétiennes de son district. Expériences et difficultés pastorales étaient mises en commun. Puis, le chef du diocèse donnait ses directives.

     

    Au printemps de 1967, M. Clément Fonteneau remit sa paroisse, pour quelques mois, entre les mains de MM. André Danion et Paul Renaud. Quant à lui, ayant achevé la construction de sa troisième église sur son immense territoire, il partit en congé en France où il arriva le 29 avril 1967. Le 11 novembre 1967, il reprenait la route du Japon où il retrouvait sa charge curiale à la tête de sa paroisse. Une nouvelle étape de sa vie missionnaire commençait. Au Japon, s'ouvre un temps de mutation en bien des domaines. A l'intérieur de l'Eglise, c'est le temps de l'après Concile qui amène réflexion, changements et renouveau. Au plan ecclésial, dans les diocèses, les évêques mettent en place et en application les orientations du Concile de Vatican II.

     

    Ainsi, dès 1967, répondant au désir de Mgr. Luc Arai évêque du diocèse de Yokohama, une collaboration plus étroite s'établit avec le clergé japonais, à l'intérieur même du district forain de Shizuoka. Une ou deux paroisses de cette ville ainsi que d'autres responsabilités importantes furent entièrement confiées à des prêtres japonais . Dans son ensemble, dans le passé, et pour diverses raisons, les rencontres avec le clergé japonais n'étaient pas tellement fréquentes. Dans son diocèse, l'évêque désirait une coopération plus étroite au plan pastoral, entre les divers Instituts Missionnaires, les religieux et le clergé autochtone. Dans ce but, il mit sur pied un conseil presbytéral qui réunissait autour de lui, les chefs des différents districts et des prêtres délégués par leurs confrères. En 1969, il créa un "Conseil pour l'évangélisation", invitant chaque paroisse, avec ses prêtres, religieux, religieuses, et chrétiens, à réfléchir, à s'exprimer, à présenter des propositions sur ce sujet, et à en rendre compte en assemblée au chef du diocèse.

     

    En mai 1976, c'est entre les mains d'un prêtre japonais, le P. Matsui, que M. Clément Fonteneau remit sa paroisse de Hamamatsu. Il en avait le curé pendant une quinzaine d'années ; ses paroissiens, ainsi que ceux de nombreuses autres paroisses avaient apprécié son zèle apostolique et sa haute spiritualité. Beaucoup de chrétiens allaient le trouver pour se faire diriger personnellement. Il avait fondé une association de malades dont il assurait la direction spirituelle. Chaque mois, il leur consacrait une journée de retraite. Il avait développé la Légion de Marie. A son départ, trois praesidia étaient en place. Il avait établi une crèche pour venir en aide aux familles les plus pauvres. Il était heureux de continuer ailleurs un nouveau travail missionnaire. Il fut nommé aumônier du couvent des Sœurs Bernardines de Umi no hishi dont chapelle servait déjà de lieu de culte pour les chrétiens des alentours. Il se mit au service de cette petite communauté d'environ une centaine de fidèles. En se développant, ce noyau chrétien était appelé à devenir un jour une nouvelle paroisse.

     

    Mais en 1977, M. Claude Bermon,vicaire à Shimada, partait en congé en France. Pour le remplacer à Shimada, les supérieurs s'adressèrent à M. Clément Fonteneau, qui, en octobre 1977, s'installa en cette ville, située dans le secteur du Shizuoka central (Chûbu). Il prit donc en charge cette modeste paroisse qui comptait une centaine de chrétiens ainsi que la desserte de Tokuyama dans la montagne. C'est en ce dernier lieu qu'il se retirait un ou deux jours par semaine, pour approfondir son union à Dieu, car il aimait à répéter que, selon lui, les quatre piliers spirituels d'un missionnaire sont la messe, le bréviaire, la visite au St. Sacrement et le chapelet.

     

    A la charge pastorale de ces petites communautés chrétiennes, à celle de directeur spirituel, il ajouta celle de vicaire forain. Puis, à partir du 25 avril 1977 jusqu'en avril 1983, celle de supérieur local du groupe missionnaire Mep de Shizuoka. Modèle de "douceur angevine", il élevait peu la voix. Au bout de six ans, il passa la main à un plus jeune, ou mieux, selon lui, "à un moins vieux". Déchargé du supériorat, il eut davantage de temps pour se livrer à ses activités extra paroissiales, comme les retraites aux religieuses ou à divers groupes de femmes chrétiennes.

     

    En avril 1984, le P. Bruno Faure ayant quitté Shimizu, il fallut trouver un prêtre à la hauteur pour le remplacer : on fit appel à un vétéran, un missionnaire zélé et expérimenté, M..Clément Fonteneau. Celui-ci quitta Shimada pour reprendre du service, dans le Chûbu, à la tête de la paroisse de Shimizu qu'il connaissait bien. Ses anciens fidèles eurent grande joie de retrouver celui qui avait été leur curé de 1948 à 1951. En plus de sa paroisse, il eût en charge deux dessertes ; il était directeur de la garderie d'enfants et assumait la responsabilité de l'association des sept garderies du district.

     

    .Le 10 novembre 1985, la paroisse de Shimizu fêta son cinquantenaire dans la petite église construite en 1935 par M. Lucien Delahaye, fondateur de la paroisse. A cette belle fête participaient Mgr. Etienne Fumio Hamao , évêque de Yokohama, son prédécesseur Mgr. Luc Katsusaburô Araï, ainsi que M. Jean-Paul Bayzelon, supérieur général de la société des Missions Étrangères, en visite à Shizuoka, à ce moment là.

     

    Après un congé de quelques mois en France où il arriva le 7 octobre 1987, M. Clément Fonteneau reprit son travail pastoral à Shimizu. En septembre 1988, il avait 75 ans. Atteint par la limite d'âge, il présenta à son évêque sa démission de curé, et. en mars 1989, il reçut sa nomination d'aumônier des Frères de l'Instruction Chrétienne de Ploërmel, à Shizuoka. Père spirituel au service de la communauté des Frères, il le fut aussi pour de nombreux chrétiens des alentours.

     

    Après un congé en France où il était arrivé le 9 juin 1990, M. Clément Fonteneau de retour au Japon, devint, à Pâques 1991,aumônier des Sœurs de la Visitation, qu'il connaissait bien pour en avoir été le directeur spirituel. Cette congrégation religieuse japonaise avait été fondée, en 1926, par Mgr. Breton, Mep, ancien évêque de Fukuoka. Il établit sa résidence à leur maison mère, à Montana, près de de Kamakura, non loin de Yokohama. Les sœurs profitèrent largement de ses conseils, de ses bons mots et de son humour. Profondément estimé, aumônier zélé, il traduisit du français au japonais les lettres du fondateur, sur les commencements de cette congrégation .Ce travail était achevé, et un ouvrage devait paraître en avril 2001. L'homme propose !... En mai 2001, la paroisse de Hamamatsu, où il avait laissé tant de bons souvenirs, se préparait à célébrer avec solennité ses 60 ans de présence au Japon. Dans la joie, et l'action de grâce, il avait formé le projet de fêter, à Kamakura, en septembre 2001, ses 88 ans.

     

    Malheureusement, la maladie, -un infarctus du myocarde- vint le frapper le dimanche soir 4 mars 2001. Le 7 mars, au troisième jour de son hospitalisation, il demanda à recevoir le sacrement de la réconciliation , et ostensiblement, il tendit les mains pour recevoir l'onction des malades. Le 8 mars 2001, vers 5h30, un coup de téléphone des Sœurs de la Visitation annonçait au Supérieur Régional que le Doyen Mep du Japon venait de s'endormir dans le Seigneur.

     

    "Contemplatif très actif, homme toujours joyeux, la plaisanterie aux lèvres, d'accueil très chaud, luttant avec succès contre la sénilité, il s'est éteint avec ses facultés intellectuelles et surtout, cette profondeur spirituelle d'un prêtre qui accompagna de nombreux prêtres, religieuses et laïques sur la route de la sainteté au cours de ses 62 ans au service de la Mission en Asie". En résumé, tel fut M. Clément Joseph Marie Fonteneau.

     

    Le dimanche 11 mars 2001, à 19 heures, une veillée funèbre se déroula en la cathédrale de Yokohama. Le lendemain, à 11 heures, en cette même cathédrale, Mgr. Raphaël Masahiro Umemura, évêque de Yokohama, présida la messe des funérailles. Notre confrère défunt repose au cimetière de Shichirigahama.

     

     

    • Numéro : 3594
    • Pays : Japon
    • Année : 1937