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Auguste FLACHÈRE (1885-1948)

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    Auguste Flachère vit le jour à Lavoûte-Chilhac, au diocèse du Puy, le 15 septembre 1885, en la fête de Notre-Dame des Sept Douleurs. La Sainte Vierge, qui le prenait ainsi sous sa protection à son entrée dans la vie, devait, sur la fin, l’associer en quelque sorte à son calvaire, car alors M. Flachère aura beaucoup à souffrir physiquement.

     

    Son père était venu des environs de Montélimar où son éducation avait reçu l’empreinte monacale d’Aiguebelle ; d’une foi inébranlable, chrétien modèle, fidèle jusqu’à la mort à la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus et à la communion du premier vendredi du mois, il s’honorait de compter plusieurs prêtres dans sa parenté, dont l’un est devenu abbé d’une Trappe. Du côté maternel, des vocations religieuses s’étaient également épanouies chez les Jésuites, les Trappistes, les Trinitaires, et Mme Flachère était la sœur de M. Voisin, missionnaire au Siam, mort dans sa Mission à Pétriou, en 1915, du chanoine Voisin, décédé à Blacons (Drôme), en 1940, et de la Révérende Mère Marie-Auguste, assistante générale des Sœurs de Saint-Joseph. C’est dire combien l’influence de tels parents a marqué l’enfance et l’adolescence de M. Flachère, formé par eux à l’esprit de sacrifice et à la pratique de la charité ; notre missionnaire racontait que chaque jour, les quatre enfants étaient envoyés à tour de rôle par leur mère porter de la nourriture aux indigents du voisinage.

     

    La pensée des missions lointaines remonte à la petite enfance du futur apôtre. Parfois, Mme FIachère l’emmenait jouer sur les bords de l’Allier ; il faisait alors de petits bateaux en papier, les plaçait sur l’eau et s’écriait tout content : « Tu vois maman, quand je partirai en Chine, je partirai là-dessus ! » À la maison, il aimait à se coiffer de l’abat-jour de la lampe et, plein de joie, il répétait : « Quand je serai chez les Chinois, j’aurai un chapeau comme ça ! »

     

    Le séminariste. — D’abord élève des Frères des Écoles chrétiennes, il fut chez eux un écolier modèle. Le jour de sa première communion, c’est avec toute la ferveur de son âme qu’il se promet d’être missionnaire. Après avoir appris quelques rudiments de latin chez son curé, M. l’abbé Urbain, il est admis en 1898 au petit séminaire de la Chartreuse. Il y était allé tout confiant et cependant son cœur souffrit beaucoup d’une discipline qu’il jugeait trop sévère : il voulait s’entraîner pour plus tard, il triompha, mais ce fut au détriment de sa santé... Un de ses anciens condisciples et amis apprécie ainsi Auguste Flachère : « Il travaillait fort, mais cherchait aussi à jouer des tours toutes les fois qu’il le pouvait aux élèves et surtout aux autorités. Il était bon condisciple, toujours avenant malgré les caprices d’un estomac qui le fit souffrir toute sa vie. D’un caractère gai, plein d’entrain, il avait une imagination toujours en activité. En 1903, il avait passé avec succès la première partie du baccalauréat, mais l’année suivante, cet état maladif le contraignit à retourner chez lui, et il ne se présenta pas à l’examen.

     

    En juillet 1904, pendant les vacances qu’il a commencées plus tôt que ses condisciples, Auguste Flachère fait sa demande d’admission au Séminaire des Missions-Étrangères : elle est appuyée par d’excellentes notes de son Supérieur de la Chartreuse ; aussi ne tarde-t-il pas à recevoir de Paris une bonne réponse qui lui annonce son admission parmi les aspirants-missionnaires de la rue du Bac. Il est heureux, mais en même temps son cœur de fils très aimant ne se sent pas le courage de briser celui de ses chers parents. Le 8 septembre, fête de la Nativité de la Sainte Vierge, il prétexte une visite à un ami de Brioude pour quitter Lavoûte ; le voilà donc parti pour voir son ami, mais de là il continue sur Paris, d’où il écrit aussitôt pour expliquer à ses bien-aimés parents les raisons de sa détermination. M. et Mme Flachère étaient trop bons chrétiens pour ne pas les comprendre ; ils donnèrent de bon cœur leur assentiment.

     

    Jusqu’en 1909, à Bièvres d’abord, puis à la rue du Bac, à Paris, le jeune abbé Flachère est tout entier à sa tâche de formation : années fécondes, années heureuses dans la paix du devoir accompli, années saintes passées tout à la préparation de l’apostolat futur, avec cependant parfois l’épreuve crucifiante de l’incertitude qui pèse sur cet avenir. L’aspirant aux missions gardait en effet une santé assez délicate ; des migraines persistantes l’empêchaient, à certains jours, de travailler et parmi les directeurs du Séminaire, il s’en trouvait, paraît-il qui, craignant pour lui de ne pouvoir supporter la vie en pays de mission, le dissuadaient de continuer dans cette voie et l’engageaient à retourner dans son diocèse, où la vie pastorale serait mieux à sa portée. Cette épreuve dura longtemps ; M. Flachère en sortit vainqueur.

     

    Le missionnaire. — Ordonné prêtre le 26 septembre 1909, sa destination est pour le Setchoan occidental, un tiers de l’immense province du Setchoan, la Mission, que l’on nomme aujourd’hui, diocèse de Chengtu. C’était la Chine, cette Chine à laquelle M. Flachère avait songé depuis sa plus tendre enfance.

     

    Le 17 novembre 1909, M. Flachère part pour la Chine en compagnie de onze autres jeunes apôtres, dont deux sont aujourd’hui archevêques : Mgr Jantzen, à Chungking, et Mgr Larrart, à Kweiyang, et un troisième, M. Davenas, aura quelques années plus tard l’honneur de confesser sa foi dans une lamaserie thibétaine, avant de s’en aller mourir prématurément, à la suite de ses blessures, auprès de son évêque de Tatsienlu. M. Flachère a publié, en 1937, le récit de son voyage de Paris à Chengtu, sous le titre En route vers les idoles, récit écrit d’un style vif, imagé et avec une note apostolique très prononcée qui a plu aux jeunes Français de tous les milieux.

     

    Le 8 mars 1910, notre missionnaire arrive à Chengtu après onze jours de voyage. Mgr Dunand l’emmène aussitôt avec lui en tournée pastorale ; il veut lui donner une leçon de choses sur la Chine et les Chinois : rien de tel que plusieurs semaines de voyages en milieu chinois. A son retour à la capitale, il ne tarde pas à être envoyé dans un presbytère de campagne, sous la direction d’un prêtre autochtone avec un jeune séminariste pour lui servir d’interprète ; c’est là qu’il va apprendre la langue de Confucius. Il travaille d’arrache-pied, prend des notes, compulse son dictionnaire, il écoute, il essaie de comprendre et de se faire comprendre... Au bout de quelques mois, frissons, sueurs froides, chaleur interne extraordinaire, c’est une crise de malaria, le paludisme auquel échappent très peu d’étrangers en Chine. Quelques jours de détente chez M. Bouchard ont vite raison de ce malaise d’acclimatation. Il revient auprès du prêtre chinois chargé de son instruction sinologique, mais pas pour longtemps ; en août, il est rappelé à l’évêché et se voit nommé à l’extrémité nord-ouest de sa Mission, en bordure d’un pays peuplé de tribus thibétaines. Depuis lors, il sera tout à fait sous la menace des idoles, comme il a intitulé son second ouvrage, où il raconte son travail apostolique en Chine de 1910 à 1924.

     

    Sous la menace des idoles. — Quinze jours de voyage, huit en plaine sous une pluie torrentielle et autant par des sentiers de montagne bordés de précipices, et M. Flachère arrive chez M. Laurent, un missionnaire lyonnais dont il devient vicaire. Il a 25 ans ; le voilà déjà à pied d’œuvre pour travailler à la conversion des Setchoanais.

     

    Vicaire à Tou-chen-tse, Yang-lieou-pa et autres lieux plus ou moins proches de son curé, il continue l’étude de la langue, administre les chrétientés, prêche, sans être bien compris d’abord, puis avec fruit au bout de quelques mois, il confesse, catéchise, il observe, prend des notes, bref, le jeune missionnaire se forme peu à peu, jour par jour, mois par mois, année par année, en tenant compte des conseils judicieux de M. Laurent qu’il voit le plus souvent possible afin de se modeler sur son aîné dans l’apostolat. Quand il est davantage maître de la langue chinoise, le travail apostolique l’absorbe tout entier : visite générale des chrétiens dispersés, organisation des écoles, mise en chantier d’une église et d’une résidence, administration des malades, bref, voyages succédant aux voyages...

     

    Pendant ce temps, c’est la chute de l’empire millénaire et l’établissement de la République en Chine. Ailleurs, en multiples endroits, la révolution cause des soubresauts inévitables et parfois des persécutions locales plus ou moins étendues. La région où travaille M. Flachère, trop éloignée des centres révolutionnaires, paraît plus tranquille : des soldats deviennent bandits, des bandits se font soldats, mais rien de plus, et n’est-ce pas chose assez commune dans le pays même en temps normal ?

     

    Puis voici 1914 : mobilisation des jeunes missionnaires, départ de M. Flachère ; les chrétiens et les catéchumènes n’y comprennent pas grand’chose, et pour finir, notre confrère est réformé par le médecin français de Chengtu. Il est alors chargé du district de Sieou-choui-ho, non loin de la capitale, et M. Laurent reste son voisin. Il visite toutes ses sept chrétientés, dont une à la sous-préfecture de Gan-hien, et il est heureux à la pensée d’une belle moisson à récolter dans le cours des années futures. Là aussi, il faut qu’il bâtisse comme dans son district précédent.

     

    En août 1915, Mgr Dunand, Vicaire apostolique de Chengtu, meurt, et quelques mois plus tard M. Rouchouse, procureur de la Mission, est désigné par le Saint-Siège pour lui succéder. Cette circonstance vaut à M. Flachère d’être appelé par Mgr Rouchouse à prendre la charge de la procure de Chengtu. Désormais, il sera donc commissionnaire de ses confrères, comptable, homme de bureau, agent de liaison entre les divers organismes que comporte un immense Vicariat. Ce ne sera pas pour longtemps. Bientôt il tombe malade ; on est forcé de l’évacuer sur Shanghai. Il part de Chengtu le 1er novembre 1916 et y revient guéri un an plus tard.

     

    Son évêque lui confie alors les principales œuvres de la ville épiscopale : hôpital, dispensaire, pensionnat, orphelinat, toutes dirigées par des religieuses. Pendant sept ans, il est donc aumônier, il fait le bien, encourage, il assiste même le médecin de l’hôpital ; ce sont des années d’un consolant ministère : nombreux baptêmes d’enfants à l’article de la mort, et parfois de païens adultes, confessions beaucoup plus nombreuses encore.

     

    Mais la maladie réapparaît : migraines persistantes, maux d’estomac et d’entrailles, malaria, entérite. En juin 1924, M. Flachère se voit obligé de quitter de nouveau sa Mission de Chengtu, et cette fois, c’est pour revenir en France. Il a fini d’être « sous la menace des idoles » ; la Providence le conduit comme Elle veut, il garde confiance. Son ministère, pour être changé, n’en restera pas moins missionnaire ; il n’abdiquera jamais : il veut se dévouer jusqu’à la fin pour la Chine et les Chinois.

     

    Aumônier d’escadre. — Au pays natal, M. Flachère se remit peu à peu, tout en aidant à l’occasion ses anciens condisciples du séminaire de la Chartreuse devenus prêtres au diocèse du Puy, et son oncle, le frère de M. Voisin, curé de Blacons au diocèse de Valence. Les soins dont il fut entouré par cet oncle maternel, par sa sœur et son beau-frère, M. et Mme Servant, lui rendirent vite assez de forces pour songer à repartir.

     

    Cependant Mgr de Guébriant, Supérieur général, ne lui trouve pas encore une santé suffisamment remise pour retourner au Setchoan ; il lui propose alors de devenir l’aumônier de l’escadre française d’Extrême-Orient, dont l’amiral demande un missionnaire qui pourrait servir d’interprète à l’occasion. M. Flachère n’avait jamais songé à un tel poste ; aussi appréhendait-il d’en assumer les fonctions. Il réfléchit donc : Mgr de Guébriant insiste, et notre missionnaire finit par accepter.

     

    De 1927 à 1934, les circonstances lai valent ainsi de faire croisières sur croisières. La Chine, le Japon, les diverses régions d’Indochine, les îles Philippines, l’Indonésie, la Malaisie, le Siam le verront tour à tour et toujours il sera heureux de présenter sa paroisse navigante aux nombreux missionnaires des diverses Sociétés religieuses qu’il aura l’occasion de rencontrer. Il faut avoir lu ses Croisières jaunes avec les Cols bleus, livre que l’on parcourt comme un roman d’aventures, aventures vécues, pour comprendre tout le bien qu’a pu faire M. Flachère pendant ses sept années d’aumônerie de marine, tant parmi les officiers de tout grade, que parmi les petits marins. C’est que notre missionnaire savait s’adapter à tous les milieux : esprit cultivé, il pouvait prendre part à n’importe quelle conversation. Les officiers supérieurs l’estimaient pour l’intérêt qu’il montrait aux questions qui les intéressaient eux-mêmes, et les marins avaient confiance en leur aumônier toujours en quête de ce qui pouvait leur faire plaisir, les récréer tout en élevant leurs âmes.

     

    C’est grâce à M. Flachère que bon nombre de « cols bleus » et même d’officiers ont « découvert » les missions et les missionnaires; ceux-ci n’étaient connus en effet, de la plupart, que comme une sorte de « légion étrangère » ecclésiastique créée pour les aventuriers de l’Eglise.

     

    La dernière année qu’il passa avec l’escadre d’Extrême-Orient fut une année de souffrances. Le missionnaire était atteint de diphtérie : il fut rapatrié et cette fois, ce devait être définitif. Quand il arriva en France en 1934, il avait la Croix de chevalier de la Légion d’Honneur, indépendamment d’autres décorations orientales.

     

    Les dernières années. — Bien doué au point de vue intellectuel, excellent orateur et conférencier intéressant, dès qu’il se sentit en état de travailler encore, il mit tout de suite au service de la Société des Missions-Étrangères les talents que le Bon Dieu lui avait donnés. Ne pouvant plus songer à se dévouer au service direct de la Chine et des Chinois, il voulait du moins faire aimer ceux pour lesquels il eût été heureux de mourir, au milieu de ses confrères sur le front d’Asie. Les diocèses du centre de la France n’ont pas oublié ce missionnaire qui savait si bien enthousiasmer la jeunesse pour la cause du Christ et susciter des vocations apostoliques. Et, quand il ne put plus sortir si souvent, par suite de ses infirmités, l’apostolat de la plume prit tout naturellement la place de celui de la parole, et c’est alors que parurent successivement les trois livres dont il a été fait mention plus haut.

     

    À partir de 1939, la guerre, puis l’occupation allemande l’avaient beaucoup ému. Ensuite, pendant les opérations de résistance locale à l’envahisseur, des maquisards communisants l’avaient désigné, ainsi que la famille de sa sœur chez laquelle il habitait à Blacons, à la vindicte de soi-disant patriotes ; de nombreuses vexations affectèrent énormément son sens patriotique particulièrement affiné.

     

    Cependant, il continuait de travailler. C’est de tout cœur qu’à partir de 1944 il s’était attelé, sur la proposition de ses Supérieurs de Paris, à la composition de la Vie de Mgr de Guébriant, dont le premier volume parut en 1946.

     

    Puis ce fut le déclin. Une terrible maladie le mine dès lors ; il subit des traitements pénibles et épuisants aux Rayons X. Un séjour prolongé chez un spécialiste de Genève le remet cependant suffisamment pour qu’il puisse rédiger la seconde partie de la biographie de son ancien Supérieur général. Il reprend donc espoir, mais il remarque qu’il n’a plus la même facilité qu’auparavant pour travailler. Il espère, malgré tout son pouvoir, tenir assez de temps pour terminer sa tâche, et en effet, il y est arrivé. Il n’avait plus qu’à y mettre la dernière main quand, brusquement, il est arrêté le 21 juillet 1948. Quatre jours de maladie, et le cher missionnaire s’éteint le 25 entre les bras de sa sœur bien-aimée et de ses deux nièces si dévouées pour lui.

     

    Les funérailles furent d’une solennité inaccoutumée dans un petit village comme Blacons. Un Vicaire général de Valence y prit la parole au nom de l’évêque du diocèse. Beaucoup de prêtres réguliers et séculiers, des missionnaires, parmi lesquels M. Prouvost, envoyé de Paris pour représenter Mgr Lemaire, Supérieur général, et M. Samson, procureur de la Société des Missions-Étrangères à Genève, étaient venus apporter, avec le secours de leurs prières, leurs sentiments de respectueuse sympathie à la famille.

     

    Bien doué, parfait comme éducation, prêtre pieux et apôtre par toutes les fibres de son âme, M. Flachère pouvait aller partout, et de ce fait, il ne se sentait dépaysé nulle part. Rien d’étonnant qu’il ait réussi dans les divers milieux où il a été appelé à exercer son ministère. Il n’était toutefois, pas exempt de défauts. Sensible aux compliments, il paraissait heureux quand il en recevait de la presse ou d’ailleurs ; certains pouvaient peut-être prendre pour de la naïveté ce qui, chez lui, n’était autre chose que de la simplicité. C’est que notre missionnaire n’avait pas une âme compliquée, il était franc avec tout le monde et il aurait voulu que tous le soient également en toute occasion. Son cœur aimant ne voulait contrister personne ; il savait excuser son prochain, même celui qu’on aurait pu accuser d’animosité à son égard, et il avait un véritable culte pour sa famille. Et la Chine, il l’aima jusqu’à la fin ; aussi une de ses dernières joies, l’avant-veille de sa mort, fut de recevoir de Chengtu une lettre de son évêque, Mgr Rouchouse, qui devait mourir moins de six mois plus tard.

     

    La souffrance fut son partage toujours. Plus sensible que beaucoup d’autres, il souffrit davantage : sa foi et sa confiance inébranlables en la divine Providence ont sanctifié cette souffrance, elles ont purifié son âme et l’ont unie plus intimement au Christ. Il continue là-haut, auprès de Notre-Dame des Sept Douleurs, patronne de sa naissance, à intercéder pour ceux qu’il a tant aimés ici-bas, ses parents et amis, et ses chers Chinois.

     

    Puisse-t-il avoir des successeurs nombreux dans l’œuvre pour laquelle il a travaillé pendant trente-neuf années de sacerdoce et d’apostolat !

     

     

    • Numéro : 3021
    • Pays : Chine
    • Année : 1909