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René FEUGA (1886-1964)

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    « Mon Dieu, je renouvelle ma consécration à votre service et je ne désire que l’accomplissement de votre sainte volonté. Oui, faites de moi ce que vous voulez, mais souvenez-vous de ma faiblesse et donnez-moi la patience dont j’ai besoin. Marie, ma bonne mère, je mets ma confiance en votre aide ; et vous, grand saint Joseph, intercédez pour moi. » (26/1/1964)

     

    Telle est la dernière note du journal de Mgr FEUGA, écrite la veille même de sa mort. La volonté de Dieu le rappela 27 janvier 1964.

     

    Voici un exemple qui doit attirer notre attention, notre réflexion, notre admiration sur la richesse spirituelle qui se cachait derrière la dignité épiscopale. Cette note, providentiellement inspirée et spontanément transcrite, met en lumière des faits peu connus d’une vie de profonde union à Dieu, une vie de devoir avec une pointe d’austérité, une vie de complète soumission à la volonté divine, à travers tout, tout au long d’une vie et jusque dans la mort elle-même. « Faites de moi ce que vous voulez » et la réponse du Maître fut immédiate : « Fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Seigneur. »

     

     

    Contacts variés avec les âmes.

     

    Né à Goutz, diocèse d’Auch, le 24 septembre 1886, ordonné prêtre le 29 juin 1910 après des études au grand séminaire de son diocèse, ce grand missionnaire entra aux Missions Etrangères de Paris le 18 septembre 1912 et arriva en Inde, en 1913, à l’âge de 27 ans. Il était affecté, à la Mission de Mysore. Il entreprit avec ardeur l’étude préliminaire du tamoul et de l’anglais dont la connaissance était absolument nécessaire pour son ministère futur.

     

    Alors arriva le moment si longtemps attendu d’entrer en contact direct avec les âmes : en 1914, il fut nommé vicaire du Père Servanton, à l’église St-François-Xavier de Bangalore.

     

    En 1918, il fut attaché à un autre champ d’apostolat qui ne convenait peut-être pas très bien à un vrai missionnaire : l’aumônerie du couvent du Bon Pasteur de Bangalore. Sentant le besoin d’une presse catholique pour attirer les conversions, le Père Feuga fut pour beaucoup dans l’établissement de la presse du Bon Pasteur. Considérant aussi les faiblesses de la nature humaine, avec son cœur généreux il travailla encore à la fondation de l’Asile St-Michel, qui serait un refuge, une maison pour les jeunes filles-mères et leurs enfants.

     

    Selon les plans de la Providence, le Père Feuga ne devait pas être seulement missionnaire, mais encore formateur de futurs missionnaires. En 1922, il fut nommé supérieur du petit séminaire qui se trouvait près de la cathédrale St-Patrick de Bangalore. Il travailla beaucoup à moderniser cette institution et, en même temps, il trouva le temps suffisant pour occuper la chaire de français au collège St-Joseph et au collège gouvernemental de Bangalore, ce qui ne l’empêchait pas également, pendant ses temps libres, de travailler « ad paganos » à Robinsonpet, avec le Père Lobo. Il lança encore, à cette époque, la revue « Sainte Thérèse », en anglais et en tamoul.

     

    Grandissant ainsi en expérience, il devint, en 1929, curé de la paroisse Ste-Thérèse, au sud de la ville de Mysore. Ses brillantes qualités ne pouvaient rester cachées : le collège du Maharaja le demanda comme professeur de français, et en même temps il devint le précepteur de son excellence le jeune Maharaja, gouverneur de l’Etat de Mysore.

     

     

    Notre-Dame et Ste-Philomène.

     

    Les desseins de Dieu sur le Père Feuga deviennent de plus en plus précis. En 1931, il fut transféré à l’église St-Joseph de Mysore, comme curé. L’évêque de ce diocèse était alors Mgr Despatures. Ici, le jeune prêtre se laissa gagner par la dévotion de son évêque pour sainte Philomène, « la petite princesse du Ciel ». Il donna tout son temps à propager cette dévotion et à élever ce monument qu’est la basilique de Ste-Philomène, (maintenant la cathédrale) avec son admirable catacombe.

     

    En 1940, alors qu’il était retenu en Europe par la deuxième guerre mondiale, Mgr Despatures donna sa démission. A cette occasion, le diocèse de Mysore fut divisé et la partie nord fut érigée en nouveau diocèse de Bangalore, confié à un évêque indien. En 1941, le Père Feuga fut désigné comme premier évêque du nouveau diocèse de Mysore et fut sacré le 2 juillet 1941.

     

    Il avait une dévotion intime à Notre Dame. Sa devise était : « Aspice Mariam », et par Marie il envisageait d’achever de grandes choses dans son diocèse, comme il l’écrivit dans sa première lettre pastorale. Sa revue, « Le Messager de Ste-Philomène », était pleine de Marie qu’il désirait glorifier par une belle chapelle, celle de la Vierge des Pauvres, qu’il commença à construire près du collège Ste-Philomène.

     

    Le glorieux achèvement du bon évêque a été exprimé par la plume autorisée du Père Cappelle, vicaire général de Mysore, et collaborateur intime de Mgr Feuga. « Tout au long de cette longue vie missionnaire qui couvrit la moitié d’un siècle, Mgr Feuga s’occupa intensément du problème de la conversion des Indes. Comme évêque, il entreprit des visites pastorales régulières en long et en large à travers son immense diocèse, et, au cours de ses nombreux voyages, sa hantise était l’implantation de l’Eglise dans les régions qu’il traversait.

     

    Il fit des plans empreints de hardiesse, et il encouragea toutes sortes d’entreprises apostoliques. Durant son épiscopat, vingt nouvelles églises furent construites. Pour promouvoir la charité de l’Évangile et développer l’esprit social, il établit trente-cinq couvents qui, même dans les villages les plus reculés, ouvrirent écoles, hôpitaux et dispensaires. Un collège universitaire et dix-sept écoles secondaires sont le témoignage éloquent de son intérêt pour la cause de l’éducation du pays. Ce développement général des paroisses et des institutions devait justifier les divisions successives de Mysore en nouveaux diocèses, celui d’Ootacamund en 1955 et celui de Chickmagalur en 1963, tous les deux avec des évêques indiens.

     

    Très fatigué, il démissionna de sa charge le 20 novembre 1962 mais continua à administrer son diocèse pendant toute l’année 1963. Durant le dernier mois qu’il passa en Inde, avant de se rendre à Rome pour la deuxième session du Concile, comme prévoyant qu’il ne reviendrait pas, il se fit un devoir de visiter tous les districts de sa mission.

     

    Lors de sa démission, il avait été nommé évêque titulaire de Fornos. Après la deuxième session du Concile, la maladie le retint en France et il ne put revenir en Inde pour consacrer ses successeurs à Mysore et à Chickmagalur. Dieu le rappela à lui, à 78 ans passés, après 54 ans de sacerdoce et près de 23 ans d’épiscopat. Il était le dernier évêque MEP de l’Inde.

     

    En sa personne, le diocèse de Mysore a perdu un saint prêtre et un grand missionnaire.

     

     

     

     

     

    • Numéro : 3161
    • Pays : Inde
    • Année : 1913