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Henri FAYET (1872-1951)

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    Le P. Fayet naquit le 13 décembre 1872 à la Besseyre-Saint-Mary, au diocèse du Puy. Son père était fonctionnaire à Paris. Henri fit ses études secondaires au petit séminaire Saint-Nicolas, puis il entra au Séminaire Saint-Sulpice où il reçut la tonsure. Mais voulant réaliser son ardent désir de consacrer sa vie au salut des infidèles en pays de mission, il demanda son admission au Séminaire des Missions-Étrangères de la rue du Bac où il poursuivit ses études de théologie jusqu’au sacerdoce.

     

    Ordonné prêtre le 27 juin 1897, il reçut sa destination pour la Mission du Kweichow. La décision de ses supérieurs le combla de joie; il allait enfin se dévouer corps et âme à l’évangélisation des Chinois qui l’attendaient là-bas et qui devenaient déjà, par le fait, ses enfants de prédilection. Arrivé à Kweiyang le 18 décembre 1897, il commença tout de suite l’étude des premiers éléments de chinois. Trois semaines plus tard, le P. Fayet fut nommé vicaire du P. Lamy à Ganchouen, chargé en même temps du district de Kianglong, en remplacement du P. Ménel qui s’était retiré dans les montagnes du Kouyhoua, afin de mieux suivre ses néophytes et ses catéchumènes.

     

    Quatre ans plus tard, le Supérieur de la Mission lui confia la direction du grand séminaire, qu’il garda jusqu’en 1939. Jusqu’à cette époque, les entrées aux grand et petit séminaires n’étaient pas régulières, et par le fait, les ordinations ne l’étaient pas non plus. Pour remédier à cet état de choses, le P. Fayet demanda l’établissement d’un probatorium ; et, deux ou trois ans après, cette école était fondée. Ainsi, chaque année de nouveaux élèves étaient admis et, finalement, les cours des deux séminaires devinrent normaux. Cette nouvelle institution ne tarda pas à donner d’excellents résultats. En effet, en 1902, le clergé chinois ne dépassait pas la dizaine, et en 1950, la Mission avait soixante prêtres.

     

    Plusieurs fois, durant son supériorat, le P. Fayet dut quitter provisoirement le séminaire pour aller rétablir sa santé fortement ébranlée par suite de surmenage. En 1920 notamment, il passa quelques mois à notre sanatorium de Béthanie, à Hongkong, puis revint au séminaire où il reprit ses cours de dogme et de morale. En 1938, perclus de rhumatismes, le Père était obligé de faire ses classes dans sa chambre, allongé sur une chaise longue. Mgr Larrart pensait à décharger notre confrère de la direction du séminaire et à lui donner un successeur. Mais sur ces entrefaites, par suite d’un refroidissement, le Père fit de la congestion qui donna de graves inquiétudes. Croyant que la fin était proche, il demanda lui-même à recevoir les derniers sacrements et se prépara à paraître devant le divin Juge. Ce n’était pas encore l’heure de Dieu ; le malade surmonta la crise et devint peu à peu convalescent. Monseigneur se vit obligé de lui donner un remplaçant, il le fit venir à l’évêché où il pouvait encore rendre service par ses bons conseils.

     

    En 1928, le P. Fayet fut nommé provicaire ; il remplit cette charge très judicieusement, notamment en 1930, lors du voyage en France de Mgr Séguin à l’occasion de l’Assemblée générale.

     

    Pendant ses premières années de mission, le P. Fayet avait un caractère très tranchant, tenace dans ses opinions et décisions, rude parfois avec ses confrères. Mais peu à peu, d’année en année, ces défauts de jeune missionnaire disparurent complètement pour faire place à des sentiments de bonté et de charité. Cette heureuse transformation est due à une piété très profonde et au contrôle sévère qu’il exerça sur lui-même. Levé à trois heures et demie, il faisait ses exercices spirituels jusqu’à la messe de communauté à six heures et demie. Il la célébrait avec un respect, une dignité et une dévotion qui faisaient l’admiration des élèves et des fidèles. La souffrance n’a-t-elle pas été aussi une des raisons de ce changement radical? Car le Père était éprouvé par de douloureuses infirmités ; rhumatismes, sciatiques et varices.

     

    En 1951, le P. Fayet refit le voyage de Hongkong. À peine arrivé à Béthanie, il contracta une broncho-pneumonie et les soins dont il fut l’objet ne purent avoir raison de la maladie. Les derniers sacrements lui furent administrés, et le 27 décembre, son âme entrait dans son éternité.

     

     

     

    • Numéro : 2290
    • Pays : Chine
    • Année : 1897