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Henri FAUTRAT (1843-1879)

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    Mgr Puginier nous écrivait le 13 septembre dernier : « Le Seigneur continue à nous éprouver , et j’ai encore , pour la troisième fois depuis trois mois , à vous annoncer la mort d’un Confrère : M. Henri Fautrat nous a été enlevé le 10 courant , au momnet où nous y pensions le moins .

    « M. Fautrat , né à Sablé (diocèse du Mans) le 17 septembre 1843 , fit ses premières études dans un collège de la Mayenne . Son esprit brillant et son amour pour le travail le placèrent toujours au premier rang parmi ses condisciples . Encore jeune , il avait connu Dom Guéranger et plusieurs autres Bénédictins de Solesmes , qui lui témoignèrent toujours de l’intérêt  et ne contribuèrent pas peu à développer la générosité naturelle de son cœur .Il n’avait aucun attrait pour le ministère en France , il fallait à cette âme généreuse une vie de  sacrifices et de dévouements continuels .

    « Entré sous-diacre au Séminaire des Missions Étrangères le 29 septembre 1865 , notre Confrère y fut ordonné prêtre le 22 décembre 1866 ; il partit le 15 février 1867 pour le Tong-King occidental , où il arriva au mois de juillet avec M. Gélot , son compagnon de voyage . Sur les côtes du Tong-King , ils essuyèrent un typhon terrible dans lequel péritent toutes les jonques  chinoises qui voyageaient avec eux ; la barque qui les portait était heureusement entrée dans une baie , et se trouvait en sûreté . Quelques minutes de retard , et ils auraient péri dans la tourmente ; mais le bon Dieu veillait sur ses apôtres et ils échappèrent à ce danger .

    « À peine arrivé dans sa Mission , M. Fautrat se livra avec ardeur à l’étude de la langue annamite ; et au bout de trois mois , il commença à prêcher et à entendre les confessions . Il accompagna Mgr Theurel dans une tournée pastorale que Sa Grandeur fit à la fin de 1867 . Peu de temps après , il fut placé au collège de Hoang-Nguyen , et il y professa la rhétorique pendant neuf ans . Dans cette position , outre le grand nombre d’élèves qu’il a contribué à former et dont plusieurs sont déjà prêtres , M. Fautrat a encore rendu à la Mission d’éminents services , en composant des cours de rhétorique  , d’histoire , de géographie , et d’autres livres classiques qui ont été imprimés et qui sont encore aujourd’hui à l’usage des élèves .

    « Au mois de juillet 1878 , M. Fautrat placé à la tête d’un vaste district , situé au nord de la Mission , dont M. Charrier et les Vénérables Schoeffler et Néron avaient été chargés , et où ils ont été arrêtés pour la foi . Ce district renferme six paroisses subdivisées elles-mêmes en une centaine de chrétientés ; le nombre des fidèles s’élève à 12,000 . Pendant l’année qu’il y a passée, le cher défunt a visité cinq paroisses qu’il a évangélisées . Tout en s’occupant des âmes , il étudiait le pays et en faisait une carte assez exacte , que , malheureusement , il n’a pas eu le temps d’achever . Sa mort prématurée prive la Mission d’un  sujet capable et très vertueux , au moment même où il pouvait nous rendre encore de très grands services . »

    M. Landais nous donne sur la mort et les funérailles de M. Fautrat , les détails suivants : «Notre Confrère arriva à ma résidence le 20 août ; il était atteint de la petite vérole . Un médecin annamite fut aussitôt appelé et lui donna ses soins . Les diverses périodes de la terrible maladie se succédèrent régulièrement . Tout le monde le croyait guéri , lorsqu’il fut pris de la fièvre typhoïde , qui devint , hélas ! autrement cruelle , puisqu’elle , nous l’a enlevé le 10 septembre à cinq heures et demie du soir . C’est moi-même qui ai administré au malade les derniers sacrements et qui ai reçu son dernier soupir .

    « Les obsèques de notre Confrère ont eu lieu le 12 . Elles furent aussi solennelles que possible . M. le Consul de France et presque tous les officiers , ainsi que près de quatre-vingts soldats du poste français , vinrent rendre les derniers devoirs à notre cher défunt.

    « Une coïncidence bien remarquable : son ancien catéchiste , le P. Vân , qui lui avait toujours été très dévoué et auquel il était très attaché , est mort le matin du même jour ,  10 septembre . Ce digne prêtre indigène  venait d’être nommé curé de Kè-Vin , près de Nam-Dinh.»

     

     

    Beati mortui , qui in Domino moriuntur .

    Amodo jam dicit Spiritus ut requiescant a laboribus suis :

    Opera enim illorum sequuntur illos . (Apoc. XIV , 13)

     

    • Numéro : 931
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1867