Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Joseph FAISANDIER (1877-1932)

Add this

    M. Joseph-Albert Faisandier eut le bonheur de naître à Saint-Germain-la-Prade (Haute-Loire), en 1877 au sein d’une famille d’agriculteurs aisés et foncièrement catholiques. Il était le troisième sur 8 enfants : 4 garçons et 4 filles. Joseph et Auguste devinrent prêtres de la Société des Missions-Étrangères de Paris, et une de leurs sœurs se fit religieuse ; ainsi se continuaient les traditions d’une famille qui avait déjà donné à l’église un autre missionnaire illustre, S. Exc. Mgr Faisandier, évêque de Trichinopoly, de la Société de Jésus, oncle paternel de nos deux confrères. Au sein d’un foyer si chrétien, Joseph dès son jeune âge ne vit que d’excellents exemples de piété et de vie religieuse. Après avoir fréquenté l’école communale, il fut à l’âge de 8 ans, envoyé au Pensionnat de  Notre-Dame de France du Puy, dirigé par les Frères des Ecoles Chrétiennes. Cet établissement, jouit à juste litre d’une glorieuse réputation dans la Haute-Loire, réputation fondée sur l’excellente éducation qu’y donnent les Religieux de Saint Jean-Baptiste de la Salle aux fils des meilleures familles de la région.

     

    Sous la direction de tels maîtres, Joseph, pendant les 4 années qu’il resta dans cette institution, dut faire de sensibles progrès clans la science et dans la piété. C’est là, croyons-nous, qu’il fit sa première communion et qu’il entendit les premiers appels du Divin Maître, car ce ne fut que vers l’âge de 12 ans qu’il entre au petit séminaire de la Chartreuse pour y commencer ses études de latin.

     

    Cet établissement a été justement appelé une pépinière de vocations apostoliques, religieuses et sacerdotales. A l’époque dont nous parlons son Supérieur était M. le Chanoine Bringer, prêtre remarquable par sa science, sa piété et son zèle extraordinaire pour les œuvres des Missions. Il fut un vrai recruteur de missionnaires qui mérita d’être appelé par le vénéré M. Delpech « de pourvoyeur des Missions-Étrangères ». Il n’est donc pas étonnant que les désirs d’apostolat du jeune Joseph aient été soigneusement encouragés et développés par ce prêtre dont la grande ambition était d’envoyer le plus grand nombre possible d’ouvriers apostoliques vers les plages lointaines pour y travailler au salut des âmes. Sa rhétorique achevée, M. Faisandier entrait comme aspirant missionnaire à la rue du Bac en 1898 ; il y passa quatre années, pendant lesquelles il se forma dans la prière à la carrière apostolique et à  la pratique des vertus d’humilité, de patience, de régularité et d’amour du travail.

     

    Ordonné prêtre le 22 juin 1902, il partit le 23 juillet pour le Maïssour, Mission voisine de Trichinopoly, où son oncle Jésuite travaillait déjà depuis longtemps.

     

    Peu après son arrivée à Bangalore, il fut envoyé à Mysore pour étudier le tamoul et s’initier à la vie apostolique sous la sage direction de M. Le Tohic. Trois ans après, il devint vicaire de M. Briand à Bangalore City où il ne fit qu’un court séjour de six mois. Jugé apte à voler de ses propres ailes, M. Faisandier fut nommé curé de Tayeepalayam, paroisse située à 15 kilomètres environ au sud de Bangalore. C’est là qu’il devra mettre en pratique les vertus acquises au séminaire, à Mysore et à Bangalore City, car les chrétiens de ce nouveau poste jouissaient d’une réputation bien méritée de turbulence et d’opiniâtreté proverbiale.

     

    Afin de mieux comprendre ses ouailles qui ne parlaient qu’imparfaitement le tamoul, il se mit résolument à l’étude de leur langue, le canara ; et, pour gagner aussi leur affection et préparer l’avenir, il donna tous ses soins au développement des écoles où l’enseignement des prières et du catéchisme avaient largement leur part, s’efforçant ainsi d’éclairer l’ignorance de ses fidèles et de les initier à une vie plus chrétienne.

     

    Fils d’agriculteur lui-même, notre confrère s’intéressait aux travaux champêtres de ses chrétiens, les aidant de ses conseils et souvent de sa bourse à améliorer leurs méthodes de travail. Tout en s’occupant de leurs intérêts matériels il ne négligeait nullement leurs âmes. Il sut par sa douceur et sa patience, faire cesser les querelles et rancunes trop fréquentes parmi eux, et pendant les 12 années qu’il passa dans ce poste, il fut respecté et aimé des chrétiens qui, jusqu’à son arrivée dans la paroisse, s’étaient montrés très revêches à l’action des missionnaires

     

    En février 1920, Mgr Teissier lui confia la direction de la procure de la Mission, fonction qui demande beaucoup de tact et de patience, mais M. Faisandier avait toutes les qualités d’un bon procureur. Son esprit méthodique et sa puissance de travail lui permirent de tenir ses comptes d’une façon admirable et de gérer les biens de la Mission à la satisfaction de tous. Doué d’un caractère éminemment charitable, il recevait ses visiteurs avec la plus grande amabilité sans jamais manifester la moindre impatience. Aussi gagna-t-il l’estime et l’affection de tous.

     

    À ce travail de procure déjà absorbant s’ajoutaient pour lui les fonctions d’aumônier du Couvent des Sœurs de Saint Joseph de Tarbes. Tous les matins il allait célébrer la messe dans leur chapelle et le soir à 5 heures et demie on le voyait se diriger vers le couvent pour y remplir ses devoirs d’aumônier. Ce n’était pas petite besogne, car cet Etablissement comprend une communauté de Sœurs européennes et indiennes, un internat de jeunes filles, un orphelinat et plusieurs écoles pour externes ; il ne rentrait à la procure que vers sept heures du soir après de longues séances au confessionnal. Après le repas, il travaillait encore fréquemment jusqu’à onze heures pour mettre sa comptabilité à jour. Malgré ce travail écrasant, il ne prit jamais un seul jour de congé pendant les 12 années qu’il géra la procure. Mais les forces humaines ont une limite.

     

    Le 23 septembre 1932, en effet, se sentant très fatigué, il se décida à aller se reposer quelques jours à l’hôpital Sainte Marthe avant de rejoindre son frère à Yercaud où il espérait se rétablir complètement. Pendant son séjour à Yercaud, au cours d’une promenade, il fut surpris par un orage, et ne pouvant retrouver son chemin, par suite d’une absence de mémoire, il se réfugia dans une grotte où il fut trouvé par son frère et quelques coolies partis à sa recherche. Ramené à la maison, son frère lui prodigua tours les soins dont il était capable et on espérait que cette fâcheuse aventure serait sans conséquences regrettables. Quelques jours se passèrent et l’état du malade donna de nouvelles inquiétudes. Ramené à Bangalore, il fut immédiatement hospitalisé à l’hôpital Bowring, une hémiplégie se déclara et il fut jugé prudent de lui administrer les derniers sacrements. Sa santé s’étant quelque peu améliorée, il fut, sur son désir, de nouveau transporté à l’hôpital Sainte Marthe. Mais le 21 novembre, son état s’aggrava soudain ; dans l’après-midi de ce même jour le cher malade perdit connaissance et le surlendemain soir notre confrère rendait sa belle âme à Dieu entre les bras de son frère Auguste.

     

    Les funérailles eurent lieu à la cathédrale le 24 novembre devant de nombreux chrétiens venus témoigner leur estime et leur affection à celui qui, pendant sa vie leur avait donné un si noble exemple de vertus sacerdotales. La messe fut célébrée par Mgr Despatures en présence de Leurs Excellences Mgr le Délégué et Mgr Prunier, évêque de Salem.

     

    Nous avons la ferme confiance que Saint Joseph, le glorieux patron de notre regretté confrère, aura accueilli au paradis l’âme de celui qui pendant toute sa vie s’efforça d’imiter ses vertus d’humilité, de patience, de bonté, d’effacement et de fidélité au devoir.

     

     

     

    • Numéro : 2634
    • Pays : Inde
    • Année : 1902