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Félix ÉVRARD (1844-1919)

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    M. Félix Evrard naquit à la Maxe-Thury, canton de Woippy, au dio­cèse de Metz, le 25février 1844. Lui dont la « fidélité » devait être la vertu dominante, fut fidèle d’abord à son pays natal ; toute sa vie il fut Lorrain premièrement, ce qui ne l’empêcha pas néanmoins de servir utilement et honorablement la France, comme nous le verrons.

    Au collège, dès le temps de sa jeunesse, il fut ce qu’il devait être toute sa vie ; le travail, le devoir, la règle, il ne connut rien autre chose ; et en fait de distractions, il ne paraît en avoir eu d’autres que celles de la famille. Toute sa vie il garda pour sa mère une vénération profonde, elle était son idéal vivant.

    Lorsque le désir vint à M. Evrard de devenir prêtre, il ne s’arrêta pas à moitié chemin, tout de suite son dessein fut formé d’aller porter la foi au bout du monde, d’être missionnaire et apôtre. Quand il arriva au Japon en 1867, cinq ports seulement, dans ce pays mystérieux, étaient ouverts aux étrangers : Nagasaki, Kobe, Yokohama, Niigata et Hakodaté. Dans chaque port ouvert, un quartier séparé désigné sous le nom de « concession », était assigné aux étrangers. C’est là seulement qu’ils devaient demeurer, sans pouvoir en sortir, ni entretenir avec les habitants du pays d’autres relations que celles autorisées par la police.

    Ce fut par le port de Nagasaki que M. Evrard commença. Deux ans avant son arrivée, avait eu lieu (17 mars 1865) la découverte à jamais mémorable des anciens chrétiens, descendants des Martyrs du Japon. Grande avait été la joie de cette découverte. L’année suivante, 1868, la persécution recommençait, les chrétiens connus étaient envoyés en exil, et les missionnaires obligés de se tenir cachés.

    Alors M. Evrard passa de Nagasaki à Niigata, presque à l’autre extré­mité du pays. Là aussi, comme partout, les étrangers étaient suspectés et tenus à l’écart. Pour se loger, le nouveau venu ne trouva pas même une maison à louer, il dut se contenter d’abord d’un méchant abri, que la légende transforma en étable. Il profita de sa retraite forcée pour se préparer à un avenir peut-être plus heureux. Rien ne le distrayant, il se mit tout entier à l’étude, et ce n’est pas peu dire. Sa journée de travail était de seize heures.

    Le matin ou plutôt la nuit, comme le bruit de son réveil ne suffisait pas à le tirer du sommeil, il avait recours à ce stratagème ; une ficelle était attachée par lui d’un côté à ses cheveux, de l’autre au marteau du réveil ; de cette manière, quand le marteau frappait il lui tirait les cheveux, et bon gré mal gré, l’éveillait. Ce fut grâce à cet acharnement que, même avec une mémoire ingrate, il réussit non seulement à savoir parfaitement la langue japonaise, mais aussi à lire et à écrire les caractères chinois, à peu près comme un lettré du pays.

    Dans le même temps, un autre genre d’épreuve vint mettre en relief l’énergie à peine croyable de M. Evrard. Un homme comme lui devait naturellement vivre d’économies. Afin de dépenser moins pour sa nourriture, il acheta un porc et le sala. C’était bien, mais les réserves du porc durèrent trop longtemps, elles se gâtèrent ; M. Evrard s’en aperçut-il, on n’en sait rien. Il continua d’en manger comme auparavant ; il en résulta une dysenterie affreuse qui le mit à deux doigts de la mort. Il n’en mourut pas cependant, il n’interrompit même pas ses études, et, à force de courage il finit par guérir. C’est à propos de faits semblables, car celui dont il est question ici n’est pas le seul, qu’un excellent ami des missionnaires disait : « Le P. Evrard n’est pas un homme comme un autre ; les influences terrestres n’ont pas de prise sur lui, il doit avoir un corps glorieux. »

    A la même époque vient se placer ce qu’on pourrait appeler l’événement épique de sa vie. Il savait maintenant la langue et pouvait commencer à « travailler ». Or à Niigata, endroit peu fréquenté, il n’y avait rien à faire pour lui. A Yokohama, au contraire, où les étrangers étaient beaucoup plus nombreux, la police moins inquiète et les relations avec les Japonais moins difficiles, peut-être y aurait-il moyen de faire quelque chose. Il reçut donc sa destination pour Yokohama. De Niigata, c’est un voyage de plus de deux cents lieues de France.

    M. Evrard aurait pu faire ce voyage par mer, il ne le voulut pas. Il décida de le faire par terre, à pied, à travers un pays inconnu et totalement fermé aux étrangers. Il voulait voir, connaître le Japon et les Japonais chez eux. Pour cela il se déguisa en Samurai, guerrier du pays, se fit raser la tête, depuis le front jusqu’à l’occiput, sur une largeur d’environ trois pouces. Avec cela le kimono japonais, les pantalons bouffants, avec large ceinture, et dans la ceinture les deux sabres traditionnels.

    Grâce à cette mise guerrière, à la pureté de son langage et à son air absolument assuré, il passa sans éveiller les soupçons, et, quand il arrivait dans une ville, imitant les envoyés officiels du Gouvernement, il faisait crier par son porteur : « Go yo, affaires d’Etat », et tout le monde s’écartait pour le laisser passer (à cette époque le télégraphe était encore inconnu au Japon). C’est ainsi que l’intrépide marcheur arriva enfin à Yokohama, sans accidents fâcheux, instruit, aguerri et expérimenté pour longtemps.

    A cette époque, les relations entre les Puissances Etrangères et le gouvernement Japonais étaient difficiles, compliquées ; les hommes connaissant à fond la langue et le pays étaient naturellement très rares. Comme secrétaire et interprète auprès de la Légation de France M. Evrard semblait l’homme tout désigné. M. le Ministre de la République lui demanda ce service, et M. Evrard le rendit, comme il faisait toute chose, avec un zèle et une application inlassable.

    Alors parut en lui une qualité que l’on n’avait pas encore eu l’occasion de remarquer, du moins à ce degré, savoir, une discrétion impénétrable. Par plaisanterie il fut bientôt passé comme en proverbe d’appeler la Légation le jardin fermé et M. Evrard lui-même la Fontaine scellée, de laquelle en effet, rien ne sortait, ni ne sortit jamais. Aux questions curieuses qu’on pouvait lui faire il n’avait qu’une réponse toujours la même : « Eh bien ! Voilà. » Après cela inutile d’insister, vous n’en aviez pas davantage.

    D’ailleurs impossible de peindre « le diplomate » mieux que ne le fit un spirituel confrère, dans une chanson humoristique, le jour où le Révérend Père célébra ses soixante ans d’âge :

     

    Il faut l’avouer, ça donne une attitude

    D’être piché sur un haut piédestal !

    Avec cela si l’on a l’habitude

    De parler peu, on ne dit pas grand mal ;

    On ne risque pas non plus de se faire pendre

    Les légations estiment ces gens-là ;

    Car les secrets, ils ne sauraient les vendre :

    Ils ont tout dit d’un mot : « Eh bien ! voilà. »

     

    Lorsque les Puissances Etrangères renouvelèrent leurs traités avec le Japon, la part qu’y prit M. Evrard fut si considérable que, pour reconnaître ses services, Sa Majesté l’Empereur du Japon le décora de l’Ordre du Soleil Levant (1882). Moins de dix ans après la dernière persécution contre les chrétiens, cette décoration d’un missionnaire par l’Empereur avait une signification profonde, elle était presque un événement. Le public Japonais l’entendit ainsi, les prévenus contre l’étranger, et ils étaient nombreux, voulaient absolument savoir quel était cet homme et pour quelle raison l’Empereur l’avait ainsi honoré. Le missionnaire, lui, était content, il rayonnait sous sa décoration et ses amis avec lui. Mais sur ce sujet, entendons encore un couplet de la chanson :

     

    Il fit merveille auprès des ministères :

    Son ton discret et son air grand seigneur ;

    Les qualités d’homme de caractère

    Jusqu’à la Cour lui gagnèrent des cœurs.

    France et Japon, Empire et République

    De son « serva » (service) se sont félicités :

    Comme Pontife-ès-affaires publiques,

    Ce fut sa main qui bénit les traités.

     

    Cependant il n’y a pas de lumière sans ombre. L’abbé Evrard comme on l’appelait, tenait beaucoup de place non seulement à la Légation de France, mais dans tout le milieu diplomatique et la Société distinguée de Tokyo. Ce n’était pas seulement le travail qui allait à lui, mais aussi l’estime et la confiance. Partout on parlait de l’abbé Evrard, et de beaucoup d’endroits on le consultait. C’était trop, il devait inévitablement être attaqué ; il le fut, n’insistons pas, c’est la chose la plus naturelle du monde.

    Pour reconnaître son mérite, le Ministre des Affaires Etrangères lui paya un voyage de congé en France. Après une absence de trente-six ans il put donc revoir sa chère Lorraine et sa vénérable mère qui vivait encore. Ce fut une des plus grandes joies de sa vie. A son retour au Japon, il reçut la croix de la Légion d’honneur ; et ainsi se trouva noblement couronné ce qu’on pourrait appeler sa carrière diplomatique.

    Dans cet homme étonnant, ce qu’il y a de plus admirable, c’est peut-être qu’après avoir fréquenté tous les jours pendant vingt-deux ans, la société décrite ci-dessus, il est sorti de là, au bout de vingt-deux ans, aussi sérieux, aussi austère ; aussi à la règle, en un mot aussi missionnaire qu’il y était entré. Qui n’a pas vu M. Evrard, dans la dernière partie de sa vie, vieillard glorieux et toujours solennel, au milieu de ses chrétiens et de ses petits enfants, vraiment n’a pas vu un homme heureux.

    Au premier abord il paraissait froid, on ne l’abordait qu’avec réserve, mais si on lui parlait avec confiance, le cœur n’était pas loin, on l’avait bientôt trouvé. Le moyen le plus sûr de lui être agréable et de s’en faire un ami, était de lui demander un service ; même quand il lui en coûtait du temps et de la peine, il ne refusait jamais ce qu’il croyait bien utile, quand il le pouvait. Inutile d’ajouter que certaines personnes non seulement usaient de son dévouement, mais quelquefois en abusaient.

    Sa manière à lui de témoigner aux autres de l’estime était de les traiter comme il se traitait lui-même. Or cette manière était quelquefois un peu austère, en voici un exemple. Une année la retraite des missionnaires avait eu lieu, avant la fin de l’été, les moustiques n’avaient pas encore disparu ; or il n’y avait pas de moustiquaires pour tout le monde. M. Evrard cette année-là était procureur de l’Archevêché. Après une nuit affreuse, où il avait été dévoré par les moustiques, un des missionnaires présents vient trouver le procureur et lui demande s’il n’aurait pas une moustiquaire de reste. Alors le Procureur, sur un ton de confiance absolue, lui répond : « Moi non plus je n’ai pas de moustiquaire ». — Alors comment faites-vous ? —  « Eh bien ! voilà, je me laisse piquer. » L’autre n’en demanda pas davantage, mais le mot n’a pas été oublié, il se répète encore : « Je me laisse piquer. »

    Tout était énergique dans cet homme ; même contre l’âge et la nature il protesta. En vieillissant il s’aperçut que ses épaules s’arrondissaient, que son corps se voûtait, que sa poitrine se resserrait, il résolut de réagir, pour cela il releva la tête, redressa ses épaules, se tint même légèrement arqué en arrière ; et pour ne pas oublier sa résolution, une photographie le représentant tel qu’il voulait être était sur sa table de travail et placée constamment sous ses yeux. Aussi ne fléchit-il pas jusqu’à la fin.

    De la part d’un tel homme on conçoit aisément ce que devait être son amitié et son attachement pour les autres. Même avec ses intimes il ne se fondait pas en formules d’affection ou de délicatesse, mais quand il vous avait assuré de sa persistante amitié vous pouviez y croire, il ne trompait pas.

    En 1917 il célébra ses cinquante ans de Mission. Il ne dit rien de son bonheur, mais, après une carrière remplie comme la sienne, il dut certainement être heureux. En cette circonstance solennelle, ses amis japonais ne voulurent pas rester en arrière de ses amis d’Europe. Sur la proposition du baron Motono, ministre des affaires étrangères, Sa Majesté l’Empereur fit remettre au célèbre missionnaire la décoration du Trésor Sacré. Cette décoration venait la cinquième, prendre la première place sur la poitrine du jubilaire. Cette fois il était vraiment à l’honneur.

    Telle vie telle mort, dit le proverbe. Ce fut aussi ce qui arriva pour M. Evrard. Il avait vécu on peut dire « tout d’une pièce », il tomba de même tout d’une pièce. Après avoir été successivement secrétaire de l’Archevêché, vicaire général, et supérieur par intérim de la Mission, son dernier ministère fut à Yokohama auprès des Dames de Saint-Maur et de leur nombreuse communauté. Et lorsque le poste japonais de Wakabocho à Yokohama fut devenu vacant en 1915, il assura en outre cette nouvelle charge imposée par la guerre. « Ne rien demander, ne rien refuser » était une des maximes qu’il se plaisait à répéter, après en avoir tout d’abord donné l’exemple. Il se laissait charger comme « il se laissait, piquer ».

    Sa mémoire avait sensiblement vieilli ; la manière méthodique et posée qui était dans ses principes aussi bien que dans son tempérament de Lorrain, avait quelque peu dégénéré en une lenteur consciencieuse de sa part, mais pénible parfois pour ceux qui assistaient à sa messe ou écoutaient ses sermons. Néanmoins on était toujours édifié de voir ce bon pasteur, affaibli par l’âge, faire face à ses multiples occupations, passer de longues heures au confessionnal, se mettre à la portée des enfants dans des catéchismes soigneusement préparés, et revenir épuisé, notamment pendant les chaleurs de l’été, de quelque tournée chez les malades ou d’une course à la recherche des brebis égarées de son bercail.

    Le 23 septembre 1918, au matin, comme il descendait de voiture à bras à la porte de la sacristie du couvent où il venait dire la messe comme d’ordinaire, il fit un faux pas et tomba. Malgré la douleur provoquée par la chute il se revêtit des ornements, et monta à l’autel, mais ses forces le trahirent, et il tomba de nouveau avant l’Introïbo. On dut la ramener à la Mission sur un brancard de l’hôpital. Le médecin constata une luxation grave de la cuisse droite.

    M. Evrard espérait en guérir, et il mit tout en œuvre pour se rétablir le plus promptement possible, car il souffrait, surtout, de se voir dans la pénurie de missionnaires où se trouvait la Mission de Tokio, relégué au rang des invalides. Il se soumit donc à des massages, à des applications douloureuses d’électricité durant lesquelles il ne proférait pas la moindre plainte, les crispations de son visage trahissant parfois involontairement ce qu’il souffrait.

    Pendant les sept mois qu’il dut garder la chambre, il ne se départit pas d’une admirable patience, luttant contre le mal et travaillant jusqu’à la dernière heure. Il s’occupait tour à tour des papiers d’administration qu’il collationnait, révisait, mettait à jour avec le soin minutieux dont il avait pris l’habitude à la Chancellerie de la légation française de l’étude des documents pontificaux et des dernières solutions en matière de théologie, ainsi que des idées nouvelles relatives aux œuvres et à la propagande religieuse que lui apportaient des revues diverses. Japonais et étrangers venaient souvent le voir, s’inspirer de ses directions et de son expérience, et c’était une consolation pour lui de pouvoir encore faire directement du bien aux âmes, et de suivre le mouvement religieux dans sa chère communauté et dans sa chère paroisse

    Lorsque vint le printemps, malgré le peu d’efficacité des remèdes auxquels il avait recours, il redoubla d’efforts pour vaincre le mal, et remettre sur pied l’ouvrier apostolique dont la Mission avait besoin. Il voulut s’habituer peu à peu à marcher avec des béquilles, et reprendre même la célébration du Saint Sacrifice. Pendant trois semaines, à partir du dimanche  de la Quasimodo 1919, il réussit, en s’appuyant sur des coussins, à pouvoir se tenir debout durant l’heure entière que durait sa messe. Ceux qui le voyaient s’épuiser lui conseillaient de ménager ses forces ; mais il demandait de son côté de lui laisser cette consolation. Pendant la semaine de la Quasimodo il se sentit tellement affaibli qu’il dut y renoncer. L’état de sa jambe semblait s’améliorer, mais il éprouvait dans la poitrine des douleurs aiguës que son médecin qualifiait de rhumatismales.

    Le dimanche du Bon Pasteur, il se leva comme d’ordinaire dans l’après-midi, et demeura jusqu’à cinq heures dans son fauteuil. Ce jour-là il parut à ses nombreux visiteurs d’un entrain et d’une gaîté qui leur firent bien augurer des progrès de sa santé. Le soir, après souper, il récita comme il le faisait d’ordinaire, la prière du soir en japonais avec la garde-malade dévouée qui le soignait. Vers neuf heures, celle-ci étant revenue dans la chambre du malade, l’entendit se plaindre de douleurs très vives dans la poitrine, et lui demander des frictions d’alcool camphrée ; elle allume la lampe et l’aperçoit le visage décomposé, respirant péniblement. Elle court en toute hâte prévenir Mgr l’Archevêque, qui se trouvait de passage à Yokohama, et le M. Lemoine qui avait remplacé M. Evrard au Couvent et à la paroisse. Le pauvre Père semblait avoir déjà perdu connaissance ; on n’eut que le temps de lui donner l’absolution, puis l’extrême-onction en toute hâte ; les dernières prières étaient à peine achevées qu’il rendait le dernier soupir.

    En cette soirée du dimanche du Bon Pasteur, le bon Dieu avait appelé au repos et à la récompense celui qui avait été vraiment un bon pasteur pour ses brebis et avait donné pour elles sans compter et ses forces et sa vie. C’était le 4 mai. Le mercredi 7 mai, l’inhumation solennelle avait lieu à l’église du Sacré-Cœur, présidée par Mgr l’Archevêque, entouré de tous les missionnaires de Tokyo, des délégués des Missions voisines et des Congrégations auxiliaires du diocèse. A côté des membres de la Légation de France et du Consulat général de Yokohama, on remarquait l’envoyé spécial du Président du Conseil de l’Empire, M. Hara Takashi, qui avait été jadis un des élèves de français du P. Evrard, d’autres notabilités japonaises et étrangères, avec un nombreux cortège de Français et des membres de la colonie européenne, de Japonais catholiques ou païens, de délégations du Couvent des Sœurs et du Collège Saint-Joseph de Yokohama.

    Le corps du vénérable et cher défunt fut conduit avec honneur au cimetière de la montagne qui domine la ville japonaise et le port. Là, une fois récitées les prières d’usage, le Consul Général M. Guérin, prononça un discours où, dans des accents émus, il rendit hommage au prêtre de haute vertu, au missionnaire zélé et savant, à l’homme foncièrement bon et dévoué que fut M. Evrard.

    Sa longue carrière de missionnaire laisse à ceux qu’il a quittés et à la Société des Missions-Étrangères, l’exemple du bon et vaillant soldat qui a consciencieusement rempli sa tâche jusqu’au bout. Et nous ne pouvons douter que du haut du ciel où Dieu lui a donné, après les hommages de la terre rendus à ses services, la seule récompense qu’il ait vraiment ambitionnée, il ne cessera d’être pour sa chère Mission du Japon un intercesseur et un protecteur.

    • Numéro : 949
    • Pays : Japon
    • Année : 1867