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Gabriel ESPIE (1925-2012)

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    Gabriel Elie Espie est né à Resselves, dans la commune de Camjac (Aveyron), le 28 septembre 1925. Ses parents, Julien Espie et Adeline Segond, le firent baptiser le 11 octobre 1925 dans la paroisse de Camjac, dans le diocèse de Rodez. Ils étaient agriculteurs et ils eurent trois fils et une fille.

    Le jeune Gabriel fit ses études au Petit séminaire à Saint Pierre sous Rodez, puis au Collège de l’Immaculée Conception à Espalion. En 1942 il entre au Grand séminaire de Rodez En 1946 il est admis au Séminaire des Missions Etrangères. Le  supérieur du Séminaire de Rodez écrivait à son homologue du Séminaire des Missions Etrangères le 22 août 1946 : « Tout fait prévoir que vous avez reçu une excellente recrue avec l’abbé Gabriel Espie. Nous ne pouvons guère vous donner mieux. Né dans une famille d’agriculteurs très chrétienne, d’une région où l’esprit religieux est encore vivant. Au séminaire, il s’est toujours classé parmi les plus appliqués et les premiers de son cours. Conduite très régulière, piété sérieuse, séminariste estimé de tous ses confrères. Un autre de nos élèves se dirige vers vous. La tradition avec Rodez se trouve bien rétablie mais comme partout les vocations sacerdotales ont pour le moment une tendance marquée vers la diminution, cela ne favorisera pas plus votre œuvre que la nôtre ! ».

    Gabriel Espie est ordonné prêtre le 29 juin 1948. Il apprend le jour même qu’il est destiné à la mission de Quinhon, au Vietnam. De 1948 à 1950 il étudie à l’Université Grégorienne, à Rome, et y obtient une maîtrise de philosophie. Le 14 octobre 1950, le P. Espie s’embarque pour l’Indochine. Il apprend le vietnamien à Quinhon, puis à Tra-kiêu, puis, en 1953, il est nommé professeur au Grand séminaire de Saïgon.

    Rappelé en France en 1955, il est nommé professeur au Séminaire de Bièvres, où la Société des Missions Etrangères forme ses aspirants, ceux du premier cycle  (philosophie) jusqu’en 1960,  puis l’ensemble des deux cycles (philosophie et théologie) de 1960 à 1974. Au cours de cette dernière période, le P. Espie est professeur de philosophie dans le cadre du Centre d'Études et de Recherches Missionnaires, structure créée par plusieurs instituts missionnaires dont les Missions Etrangères pour former leurs candidats et dont le siège est à Chevilly-Larue.

    Parallèlement, le P. Espie enseigne la philosophie à l’Institut Catholique de Paris, à partir de 1971, et il exerce des responsabilités dans la formation permanente des confrères des Missions Etrangères. Animé d’un vrai esprit missionnaire et penseur exigeant, il dialogue avec des marxistes et va à la rencontre de personnes éloignées de l’Eglise. En 1974-1975 il prend une année sabbatique, il rend visite à plusieurs missions MEP et il est l’auteur de l’article « Karl Marx » du « Dictionnaire des religions » publié en 1974 par Mgr Paul Poupard. De 1980 à 1983, il dirige l’Institut d’Etudes Religieuses de l’Institut Catholique de Paris. Au cours de ses vingt années d’enseignement à l’ICP, plusieurs revues catholiques publient de ses articles de réflexion.

    Parvenu à l’âge de la retraite, le P. Espie cesse d’enseigner à l’ICP et se met au service du diocèse d’Evry-Corbeil-Essonne. De 1991 à 1993, il est curé in solidum du secteur paroissial de Savigny-sur-Orge, puis il part au Japon comme aumônier de la communauté catholique francophone de Tokyo.

    De retour à Paris en 1995, il continue d’apporter son aide et ses conseils à ses anciens étudiants et à divers groupes. Il rend également service aux prêtres asiatiques venus à Paris pour y faire des études supérieures de théologie qu’il côtoie dans le Séminaire des Missions Etrangères, rue du Bac.

    Le samedi 8 décembre 2012, le P. Espie est emporté en quelques heures par une hémorragie interne. Ses obsèques eurent lieu dans la chapelle du Séminaire, 128 rue du Bac 75007 Paris le mercredi 12 décembre, puis il fut inhumé au cimetière du Montparnasse.

    En prenant congé des paroissiens de Savigny-sur-Orge en juillet 1993, le P. Espie leur écrivait :

    « Tout changement comporte des souffrances. Un visage qui s’efface ou qui disparaît de notre environnement familier, surtout s’il est cher et s’il s’identifie à quelque chose d’essentiel comme celui d’un prêtre, et nous voilà inquiets et tourmentés. C’est alors qu’il importe de nous souvenir que la lumière de notre vie émane de Jésus-Christ, crucifié et ressuscité.

    Parents, vous avez donné la vie, vous suscitez des libertés qui inventeront un autre chemin que celui qui a été le vôtre. Jeunes, vos parents vous ont transmis tout autre chose que des modèles à reproduire, une neuve énergie, un sens que vous ne pourrez découvrir qu’en l’accomplissant. La foi reçue et transmise est démarche de liberté et ne peut qu’inventer avec l’Esprit toujours offert à qui veut l’accueillir les modes d’expression qui conviennent au temps des croyants. »

    • Numéro : 3845
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1950