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Lucien ESCALÈRE (1888-1953)

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    [3152]  ESCALÈRE Lucien, Daniel, Aurélien, est né le 13 mars 1888 à Saumur, en la paroisse St Pierre, dans le diocèse d'Angers (Maine et Loire). Mais il sera incardiné dans celui de Poitiers (Deux-Sèvres), ayant fait ses études à Angoulême, avant d'entrer au Grand Séminaire de Poitiers, où il recevra l'ordre de Portier, le 29 juin 1907. Il entra aux Missions Étrangères le 19 septembre 1907, où il reçut la prêtrise le 8 mars 1913. Désigné pour la mission de Cochinchine orientale, il partit pour Qui-Nhon le 14 mai 1913.

    Il faisait ses débuts dans le district d'An-Son, quand la 1ère guerre mondiale lui valut d'être mobilisé et rappelé en France, de 1916 à 1918. De retour dans sa mission le 22 août 1919, il reprit son ministère à An-Son, dont il dirigea le district et où il bâtit une belle église; il dut néanmoins quitter ses huit chrétientés et leurs 939 fidèles pour aller enseigner au Petit Séminaire de 1922 à 1926. Il dut alors remplacer le Père Sanctuaire à Cu-Va, dans la province de Quang-Ngai (27 juil. 1926). Là, il prit en charge les 1286 chrétiens vietnamiens; en outre, il réussit à contacter et convertir quelques montagnards Moï de la région dont il avait appris la langue. Il chercha alors à remédier à leur instabilité, en fondant, pour eux, un centre situé auprès d'un village chrétien vietnamien.

    Le 25 décembre 1931, il put rencontrer Mgr. de Guébriant, en visite à Qui-Nhon et, le 28 septembre 1932, il assista à la bénédiction du Grand Séminaire. En 1934, nommé chef du district de Kim-chau, il eut à faire face aux destructions qu'un typhon y avait produit en 1933. Pour cela, il imagina un procédé de quête, intitulé "les cailloux Vishera Krishna", visant à la restauration simultanée des ruines archéologiques et des oratoires chrétiens. S'étant mis en relation avec l'École Française d'Extrême Orient, il fut invité à y donner des cours et à faire des conférences au Musée Finot de Hanoï (en 1935-36), sur le Binh-Dinh et le Cha Pan historiques et archéologiques et cela, en qualité de missionnaire, autant que de chercheur. Il rejoignait de la sorte les efforts dans le même sens des RR.PP. Maximilien et Henri de Pirey, du Père Durand ainsi que des Pères Cadière et Savina.

    L'année 1937 marqua un tournant dans la carrière missionnaire du Père Escalère. En effet, sur la proposition de Mgr. de Guébriant, en réponse à une démarche du ministère de la Marine, le Père Escalère devint aumônier des Forces Navales d'Extrême Orient, sur le navire-amiral, le croiseur de "La Motte Picquet" pour un temps indéterminé (en fait, de 1936 à 1946).

    C'est à ce titre qu'en janvier 1938, il se trouva à Tourane et à Hué, accompagnant l'Amiral Bigot. À Hué, eut lieu une grande réception au bord de la Rivière des Parfums, en présence de l'Empereur Bao Dai et du Révérend supérieur Graffenil, avec démonstration d'hydravion (1 )sur la rivière.

    Dans une autre circonstance, celle de ses noces d'argent sacerdotales, fêtées à Qui-Nhon en mars 1938, c'est en hydravion qu'il regagna le "La Motte Picquet", après avoir rencontré les deux prédicateurs des retraites, Matès et Labiaurse, et avoir effectué une rapide visite à son ancien district de Kim Chau.

    Le 23 août 1938, toujours à bord du navire-amiral, le Père Escalère participa, à Singapore, à une cérémonie officielle, en l'honneur de l'Entente cordiale. Celle-ci fut célébrée en commun par les soldats anglais et les marins français, devant le cénotaphe des Morts de la 1ère guerre mondiale. Dans de telles circonstances, le Père Escalère revivait les années de guerre où l'ancien sergent qu'il était, avait mérité d'être cité à l'Ordre du jour de son régiment.

    En 1939, du 6 au 13 mars, l'aumônier de la marine obtint de l'Amiral Bigot l'autorisation de venir suivre la retraite prêchée aux missionnaires de Qui-Nhon, par le Père Valensen S.J. Quant au service officiel pour les Morts du sous-marins "Phenix", coulé en baie de Cam-Ranh, c'est sur la plage-arrière du "La Motte Picquet" que le Père Escalère célébra la messe, pour le repos de leurs âmes.

    Tout à son service, le Père Escalère ne faisait que de brèves apparitions à terre (fév. 1946 pour quelques jours de repos à Qui-Nhon, en juil. et août 1940, à l'occasion d'escales, ainsi qu'en juin 1941). Cela le mènera jusqu'à l'époque douloureuse du "coup de force" japonais (9 mars 1945) qui marquera la disparition du "La Motte Picquet", coulé par un bombardement japonais, dans les eaux de la rivière de Saïgon (2 ). L'aumônier de la marine resta au milieu de ses marins, jusqu'au jour où il fut rendu à son ministère, dans la mission de Qui-Nhon.

    En novembre 1948, le Père eut un grand accroc de santé, dont il sortit grâce à la pénicilline. Il reprit courageusement son ministère, comme curé de la cathédrale de Qui-Nhon. Sa notoriété était considérable, dans tous les milieux, soit comme Président de l'Association des Anciens Combattants, soit comme correspondant de l'École Française d'Extrême Orient, ou tout simplement grâce aux relations diverses qu'il avait nouées, au cours de sa carrière.

    Au mois d'août 1949, une maladie assez grave l'obligea à rentrer en France à l'âge de 82 ans. Revenu au pays natal, dans les Charentes, il reprit du service, comme vicaire d'un de ses oncles, lui-même octogénaire.

    C'est dans son village natal de Manot (Charentes), que le Père Escalère mourut subitement le 5 février 1953. Ses obsèques y furent célébrées en présence du Médecin général de la Marine, Tabet, qui fit l'éloge de l'ancien aumônier militaire.

     

    Références bibliographiques

    AME 1913 p. 216. 217. 1915-16 p. 160. 1935 p. 89. 1936 p. 185. 1937 p. 186. 275.

    CR 1913 p. 311. 1916 p. IX. 123. 1919 p. 80. 1921 p. 84. 1922 p. 105. 106. 1931 p. 343. 360. 1935 p. 144. 1937 p. 145. 1940 p. 85. 1953 p. 52. 80.

    BME 1924 photo p. 685. 1926 p. 513. 635. 1928 p. 760. 1929 photo p. 464. 1932 p. 214. 1933 p. 67. 1934 p. 876. 1935 p. 275. 297. 896. 1936 p. 300. 468. 553. 634. 694. 1937 p. 287. 299. 365. 579. 1938 p. 196. 266. 408. 782. 1939 p. 284. 577. 1940 p. 283. 626. 702. 1941 p. 270. 564. 1948 p. 102. 1949 p. 117. 1950 p. 569. 1953 p. 221. 228. 295. 394.

    EC1 N°  352. 472. 533.

     

    Bibliographie

     

    "Le Bouddhisme et les Cultes d'Annam". 246 pages. Zikawei, Shanghai, 1937.

     



    1 Cet hydravion provenait de la "Jeanne d'Arc" et était piloté par le Commandant Yves Durand de St Front. (note du Père Lefas dont les parents se trouvaient à cette réception).

    2 Détail certifié par Marc Lefas, ex-officier de marine expéditionnaire.

    • Numéro : 3152
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1913