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Célestin CLAUZIER (1883-1958)

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    Le P. Clauzier fit ses études à Ferrières, il aimait à en parler. C’est à cette époque qu’il fit un pèlerinage à la Louvesc, au tombeau de saint François Régis. Ce voyage fait à pied pendant les vacances, en compagnie de plusieurs camarades de collège fort épris de littérature et de poésie, sera plus tard un sujet de conversation fort récréatif ; les péripéties de la route abondaient, aussi gaies que bien dites. Le but de ce pèlerinage avait été la piété, mais un peu dans le genre du Poverello d’Assise : joie délirante.

     

    Après ses études à Ferrières, il entra au séminaire des M.E.P. En même temps que lui arrivaient à la rue du Bac plusieurs de ses condisciples : Villebonnet, Chizallet, Pradel, etc. Le diocèse de Lyon était alors grand fournisseur de recrues dans le monde aspirant missionnaire M.E.P. Ses études furent entrecoupées par le service militaire. Ordonné prêtre en 1906, il reçut sa destination pour le Tonkin Maritime (Phatdiem), fondé par Mgr Marcou.

     

    Dès son arrivée, notre confrère s’adonna, aidé d’un catéchiste ayant terminé ses études au petit séminaire, à l’apprentissage de la langue vietnamienne. L’étude de cette langue où les sons et les accents ont une place capitale fut assez ingrate pour le Père qui avait cassé sa voix en voulant chanter trop fort les louanges de Notre-Dame de Lourdes lors d’un pèlerinage qu’il avait fait comme brancardier ; il éprouva donc pas mal de difficultés, mais il sut les surmonter si bien qu’il put, au bout de deux ans, être nommé professeur au petit séminaire de la mission pour y enseigner la Troisième, plus tard, il enseignera même la Première. Cette maison, en effet, le reverra plusieurs fois pendant les 27 années qu’il passera dans le vicariat apostolique de Phatdiem ; entre temps, il occupera plusieurs postes dans le delta, et aussi dans la région frontière du Chau Laos. C’est en effet de Lahan qu’il sera rappelé à la mobilisation de 1914.

     

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    1. CLAUZIER Célestin, né le 20 janvier 1883 à Firminy (Loire) au diocèse de Lyon. Etudes primaires au pays natal, secondaires au petit séminaire de Verrières (Loire). Entré aux Missions-Étrangères en 1902 après quelques mois passés au grand séminaire St-Irénée à Lyon. Sous-diacre le 23 décembre 1905 ; prêtre le 22 septembre 1906. Parti pour la mission de Phatdiem le 28 octobre suivant. Passé à la mission de Thanh-Hoa lors de sa création en 1932. Décédé en France, à Voiron, le 10 août 1958.

     

     

    Venu en France avec le contingent des troupes coloniales, il fut, on ne sait trop pourquoi, affecté comme interprète dans l’élément chinois ; dans ce monde plutôt indiscipliné les difficultés ne firent pas défaut, plus d’une fois il y eut des luttes homériques entre les réservistes français et ses ouvriers non spécialisés, sujet qui alimentera les conversations du Père d’une façon pittoresque.

     

    A son retour en mission, il fut nommé dans la région de Thanh-Hoa. Vers 1930 il rentra en France pour soigner une sciatique qui le fera encore souffrir assez longtemps après son retour au Vietnam.

     

    Lors de la division de la mission de Phatdiem, le Père avec presque tous les missionnaires appartint à la nouvelle mission, Thanh-Hoa, confiée à Monseigneur De Cooman. Son Excellence le nomma chapelain du Carmel, il occupa ce poste jusqu’à ce que le P. Doucette, supérieur de la Providence de Hué, en quête de professeur, demandât à Monseigneur de le lui céder temporairement. Le Père accepta ce nouveau poste. Il avait les qualités requises pour cela et y resta deux ans, mais devenu aphone il fut obligé de donner sa démission et de rentrer en France soigner son larynx.

     

    Revenu à Thanh-Hoa incomplètement guéri, il ne put reprendre de ministère en paroisse et dut se contenter des fonctions de chapelain des Amantes de la Croix. Brusquement, après Noël 1946, il fut emmené avec tous les autres missionnaires du vicariat à Vinh et y demeura interné près de six ans par les vietminh.

     

    Pendant cette longue inaction, en résidence étroitement surveillée, le Père remplit cahiers sur cahiers de notes et plans de conférences qu’il espérait donner en France à son retour. Mais rentré au pays natal, il se rendit vite compte que son organe vocal, si diminué jadis en chantant la Vierge de Massabielle, ne lui permettrait plus de donner libre cours à son éloquence. Du reste, le docteur lui conseilla de s’installer sur les bords de la Méditerranée pour éviter les froids de l’hiver. Alors les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie cherchaient un aumônier pour leur maison de Bastia, le Père accepta avec plaisir de leur rendre service. Il y resta pendant cinq ans, jusqu’à la limite extrême de ses forces.

     

    En 1957 il vint dans notre maison de Voreppe, centre d’accueil pour les anciens missionnaires de Chine et d’ailleurs. Dès son arrivée, sa santé si ébranlée frappa tout le monde. Ceux qui l’avaient connu espéraient retrouver un Père Clauzier plein d’entrain, le si bon conteur que tous aimaient à écouter sans se lasser, même si les histoires avaient été entendues vingt fois déjà.

     

    Hélas, il n’était plus le charmant causeur de jadis. Il nous avait tant répété qu’il sentait ses membres s’ankyloser que nous n’y faisions plus attention. Mais cette fois ce fut bien une réalité tangible pour tout le monde. Il ne remuait plus guère que comme un bloc figé que l’on tourne et retourne en son entier. Il parlait encore, mais à voix basse, presque éteinte, en se penchant vers son interlocuteur. Il souffrait certainement beaucoup, mais jamais il ne se plaignait.

     

    Enfin, en juillet dernier, il se sentit tout d’un coup comme atteint de paralysie généralisée. Transporté à la clinique de Voiron, il devait y finir ses jours après de terribles souffrances. Lors d’une visite de Mgr De Cooman le Père lui dit : “Je n’aurais jamais cru qu’il fût possible de tant souffrir”. Mais il était doué d’une vitalité exceptionnelle, à tel point que le docteur et les Sœurs qui le soignaient furent étonnés de le voir survivre si longtemps à tant de souffrances.

     

    Le 10 août 1958 il quittait cette terre où il avait tant peiné pour aller à la maison du Père. Ses obsèques eurent lieu à Voreppe. La mission de Thanh-Hoa était représentée par Mgr De Cooman, le P. Poncet et le P. Réminiac. Sa sœur religieuse et un neveu prêtre ainsi que certains membres de sa famille venue de Firminy y étaient également présents.

     

     

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    • Numéro : 2898
    • Pays : Vietnam
    • Année : None