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Jean Louis CHERRIÈRE (1869-1934)

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    M. CHERRIÈRE (Jean-Louis) né à Lasale, commune de Monceau (Tulle, Corrèze) le 2 novembre 1869. Entré diacre au Séminaire des Missions-Étrangères le 16 septembre 1893. Prêtre le 1er juillet 1894. Parti pour le Tonkin méridional le 29 août 1894. Mort à Vinh le 5 décembre 1934.

     

    M. Cherrière naquit à Lasale, commune de Monceau, diocèse de Tulle, le 2 novembre 1869. Il fit ses études secondaires et théologiques, dans les séminaires du diocèse. Après son ordination au diaconat, il demanda et obtint son admission au Séminaire des Missions-Étrangères, où il entra le 16 septembre 1893. Ordonné prêtre le 1er juillet 1894, il fut désigné pour la Mission du Tonkin méridional et quitta la rue du Bac le 29 août 1894.

     

    A cette époque, les missionnaires partant pour le Tonkin devaient passer à Hongkong pour parvenir dans leur Mission. Ce long détour et un fort typhon qui sévit peu de jours après le débarquement à Hongkong, ne permirent au jeune missionnaire d’atteindre son cher pays d’Annam que le 25 octobre.

     

    Peu de temps après son arrivée à Vinh, M. Cherrière ne tarda pas à  payer largement son tribut au dur climat de cette région. Une très forte fièvre, qui dura plus de 15 jours, parut d’abord mettre ses jours en danger. Il en triompha, grâce à Dieu ; et ce ne fut qu’au mois de décembre 1895, que Mgr Pineau put l’envoyer étudier la langue à Mai-huong, sur les bords de la mer. A peine était-il arrivé dans ce poste, la fièvre reparaissait, aussi forte qu’en novembre. On dut de nouveau le ramener à 1’évêché de Xa-Doai, où il reçut tous les soins que nécessitait son état, et y resta jusqu’en mai 1895.

     

    Notre jeune confrère paraissant suffisamment rétabli, Mgr Pineau jugea bon de l’envoyer à Son-La continuer l’étude de l’annamite tout en s’initiant à la vie de missionnaire, sous la direction de M. Adolphe Klingler. Il fit de rapides progrès et put rendre à son chef de district des services appréciés, travaillant tous deux à la pacification de la région encore très troublée par de nombreuses bandes de pirates installés dans les montagnes voisines de leur résidence.

     

    En mars 1897, M. Cherrière fut nommé professeur de philosophie et de dogme au grand séminaire de Xa-Doai. Il n’y resta que quelques mois ; car à la fin de cette année, il fut de nouveau repris de la fièvre, cette fois doublée d’un commencement de tuberculose. Le médecin déclara heureusement que l’affection n’était pas incurable. C’est pourquoi Mgr Pineau fit prendre à notre cher confrère le premier bateau en partance pour Hongkong. Quelques mois de repos et de soins au Sanatorium de Béthanie suffirent pour remettre sur pied le jeune missionnaire et écarter tout danger de phtysie. A son retour à Xa-Doai en juillet 1898, il fut nommé professeur au petit séminaire et occupa ce poste jusqu’au mois d’août 1903. A cette époque, Mgr Pineau le plaça à la tête de l’important district de Dong-Thap, qu’il dirigea jusqu’à sa nomination de procureur de la Mission en 1906.

     

    Cinq ans plus tard, en 1911, M. Cherrière quittait la procure pour prendre la direction du district de Vinh-Phuoc, région située à environ 30 kilomètres au sud de la ville de Hatinh. Enfin en 1917, le district de Van-Hanh devenant vacant, par suite de la maladie très grave de M. Roux, il fallait un nouveau titulaire à ce poste ; ce fut M. Cherrière qui en fut chargé. Il y travaillera jusqu’à sa mort. Grâce à son savoir-faire et à son exquise amabilité il sut gagner bien vite la sympathie de tous les Français de la province ; ses excellentes relations avec les autorités françaises lui valurent une grande considération auprès des fonctionnaires indigènes et lui permirent de reprendre de grands services aux chrétiens de la province de Hatinh, empêchant certaines injustices et faisant respecter les droits de la population catholique, droits si souvent contestés par les païens. Ces bons rapports avec les fonctionnaires, ne cessèrent pas après le départ de ceux-ci. Plus tard, s’ils eurent l’occasion de traverser la province de Hatinh, ils firent volontiers un détour de 2 kilomètres pour aller saluer M. Cherrière.

     

    Pendant dix-sept ans notre confrère put faire du bon travail dans ce district, malgré la faiblesse de sa santé. Miné par le diabète, il dut pendant les dernières années de sa vie, suivre un régime sévère. Il pensait bien que ce malencontreux compagnon finirait par ­avoir raison de lui ; mais ne se doutait pas que sa fin fut si proche.

     

    Vers la fin du mois de novembre, un petit bouton lui vint à la lèvre supérieure. Au début, il n’y prêta qu’une médiocre attention, mais au bout de quelques jours, éprouvant une certaine lourdeur à cet endroit, il se résigna à consulter le docteur de Hatinh ; celui-ci prescrivit des pansements humides qui ne produisirent aucun effet, Le bouton paraissait plutôt augmenter. Le 1er décembre, un européen de cette région étant allé faire une visite à notre confrère, lui conseilla de voir à nouveau le docteur. M. le Résident de la province, mis au courant, se rendit de suite à Van-Hanh où se trouvait le Père et pria le malade de l’accompagner chez le docteur. Celui-ci convaincu de la gravité du mal, insista pour que M. Cherrière se rendit immédiatement à l’hôpital de Vinh. Le Père demanda à retarder son départ jusqu’au lendemain 2 décembre qui était un dimanche afin de faciliter à ses nombreux chrétiens l’assis-tance à la messe ; mais le docteur prescrivit à notre confrère de partir sans tarder, lui faisant comprendre que le lendemain il serait peut-être trop tard. M. le Résident de Hatinh voyant le Père en danger et n’écoutant que son cœur d’ami dévoué, pria le malade de remonter dans l’auto qui l’avait amené, et tous deux partirent pour Vinh.

     

    Le soir, notre cher confrère entrait à l’hôpital. Les docteurs se rendirent compte aussitôt de la gravité du mal : anthrax de très mauvaise apparence, avec complication de diabète. Ils appliquèrent immédiatement les remèdes appropriés, qui ne donnèrent aucun résultat satisfaisant. En effet, quelques heures après son entrée à l’hôpital, la fièvre augmenta sensiblement et persista pendant toute la journée du dimanche. Mgr Eloy alerté, pria M. Laygue, compatriote du malade et procureur de la Mission de se rendre auprès de M. Cherrière, et le lendemain à la première heure, M. Laygue était au chevet de son ami. Il le trouva en pleine possession de ses facultés ; son état ne lui causa pas d’abord de grandes inquiétudes ; mais après avoir interrogé les docteurs qui ne lui cachèrent pas la gravité du mal, il n’hésita pas à préparer doucement le cher malade à paraître devant Dieu. M. Cherrière, d’abord surpris, car jusque là il ne s’était pas cru en danger, se prépara aussitôt à recevoir les derniers sacrements. Il les reçut, en effet, en pleine connaissance dans la soirée ; le lendemain matin 4 décembre, il était dans le coma, et peu après minuit, notre cher malade rendait le dernier soupir.

     

    La cérémonie des funérailles eut lieu le 6 décembre, à Xa-Doai, à laquelle prirent part tous les Français des deux provinces de Hatinh et de Vinh, voulant ainsi donner un dernier témoignage de sympathie au missionnaire qu’ils avaient si souvent rencontré, qu’ils avaient toujours trouvé aimable, et qu’ils considéraient comme un véritable ami.

     

    Notre regretté confrère repose maintenant dans le cimetière de la Mission, à Xa-Doai, à côté de nombreux missionnaires et prêtres annamites du Vicariat de Vinh.

     

     

     

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    • Numéro : 2117
    • Pays : Vietnam
    • Année : None