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François Marie-Thérèse CHERBONNIER (1848-1886)

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    M. François Marie-Thérèse Cherbonnier naquit à Champtoceaux, au diocèse d'Angers, le 15 octobre 1848. Il reçut une éducation pro­fondément chrétienne, au sein de sa famille, qui a eu l'insigne hon­neur de donner trois prêtres à l'Église. L'un d'eux, de qui nous tenons ces détails sur les premières années de notre confrère, nous écrit : Ayant à peindre le fils, je devrais retracer l'image de la mère. Avant la naissance de mon frère, ayant lu la vie de saint François-Xavier, elle avait résolu que, si le bon Dieu lui donnait un autre fils, il porterait le nom de François. » La promesse fut tenue. Le jeune François grandit donc sous l'œil vigilant et ferme de ses parents. Le vénérable curé de Champtoceaux l'avait en singulière affection à cause de sa franchise et de son bon cœur. A douze ans il manifesta l'intention d'imiter ses deux aînés, désirant être prêtre comme eux. Après quelques études faites au presbytère de la paroisse, de pieux et généreux bienfaiteurs, M. le comte et Mme la comtesse de Pimodan lui facilitèrent le moyen d'entrer au Petit-Séminaire. Là encore, il sut se faire aimer par son caractère franc et enjoué. En 1866, il roula fortement dans son esprit le projet d'entrer dans le corps des zouaves pontificaux, mais Mgr Angebault, qui le lui avait permis d'abord, retira sa parole en considération de son jeune âge ; il n'avait que dix-huit ans. Il continua avec succès ses études à Mongazon et obtint à la fin de sa philosophie son diplôme de bachelier.

    Vers la fin de 1868, il entra au Grand-Séminaire d'Angers, mais au bout de quelques mois, sa vocation pour les missions le décida à entrer au Séminaire des Missions Étrangères. En 1870, l'investisse­ment de Paris le força d'interrompre ses études, il se retira dans sa famille; mais dès que la fin de la Commune lui permit de rentrer, il revint achever sa préparation à l'apostolat. On peut dire que le trait saillant de son caractère et de sa vie, c'est le dévouement pour les autres et l’oubli de soi. En janvier 1873, au moment de dire à sa famille le suprême adieu. « Je vous écrirai souvent, dit-il, mais je désire beaucoup que vous ne communiquiez pas mes lettres aux journaux.»

    Destiné à la mission de Birmanie Méridionale, le P. Cherbonnier fut à ses débuts placé près du P. Zahm alors chargé de la paroisse de Mayangoon de Moulmein. Il se mit avec ardeur à l'étude de l'anglais et de la langue birmane. En quelques mois il fut à même de comprendre et d'être compris en conversation. Au bout d'un an, il fut envoyé dans la partie méridionale de la mission, sur la côte de Tennassérim. « Il y a là, écrit Mgr Bigandet, trois petites chrétientés échelonnées le long de la côte. La plus au sud est celle de Mergui, ville située à l'embouchure du fleuve Tennassérim. A 25 ou 30 milles au nord, il y a une chrétienté composée de Karians, et plus au nord encore, la ville de Tavoy. C'est dans ces trois localités que notre confrère a exercé son zèle. Sa résidence principale était à Mergui, mais il allait, chaque année au moins deux fois, visiter ses autres chrétientés. Les chrétiens avaient pour lui l'affection d'enfants pour un père bien-aimé, c'est que lui, le premier, il les aimait tendrement. Dans leurs maladies, il les soignait avec le dévouement le plus absolu. Rien ne lui coûtait, ni peine ni fatigue ni dépense, pour venir à leur aide.

    « Notre confrère n'a jamais eu une bonne santé, mais le pire, c'est qu'il ne savait pas se soigner. Au commencement de l'année, il s'était senti indisposé; il était à peine remis de sa fatigue, qu'il voulut, contre l'avis de ses paroissiens de Mergui, partir dans son bateau pour aller visiter le poste Karian de Kaday. Il paraissait gai comme à l'ordinaire; il voulut lui-même prendre le gouvernail du bateau. Le 12 janvier, vers les trois ou quatre heures du matin, il entra dans la cabine pour se reposer. Au point du jour, le bateau ancra à l'embou­chure de la rivière, attendant la marée pour remonter jusqu'au village. Vers six heures, son domestiqué qui avait préparé une tasse de café, vint pour l'éveiller. Il l'appelle, mais en vain. Il s'aperçut alors qu'il était mort. Ainsi donc, notre cher confrère a succombé subitement à une maladie du cœur. Quelle désolation parmi les gens du bateau ! Ils se hâtèrent de revenir à Mergui, où la nouvelle de cette mort subite et inopinée se répandit en un instant parmi les chrétiens. Ce n'étaient que cris et lamentations qui retentissaient dans tout le quartier. Nous, ses confrères, nous avons été consternés et atterrés par cette terrible nouvelle. Nous l'aimions tous comme un vrai confrère et ami, sa mort laisse parmi nous un grand vide. Que le bon Dieu daigne le récompenser de tout ce qu'il a fait pour sa gloire ! Son souvenir restera toujours vivant au milieu de nous. »

     

    • Numéro : 1149
    • Pays : Birmanie
    • Année : None