Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Armand Eugène CHERBONNEL (1862-1890)

Add this

    « M. Amand-Eugène Cherbonnel, écrit Mgr Puginnier, naquit à Bazouges-du-Désert, au diocèse de Rennes. Lorsqu’il eut terminé ses études de latin, désireux de se dévouer à la vie apostolique, il alla au séminaire des Missions-Étrangères, où il étudia la philosophie et la théologie. Ordonné prêtre en 1888, il fut envoyé dans la mission du Tonkin occidental, et il y arriva en janvier 1889.

    « Dès les premiers jours, il remplaça provisoirement dans les fonctions d’aumônier de l’hôpital militaire de Ha-noï, M. Boquel qui allait faire sa retraite et prendre en même temps un mois de repos. Il se livra ensuite à l’étude de la langue annamite à la mission de Ke-so. Bien qu’il fût dans un endroit sain, sa santé déja délicate fut souvent éprouvée. Le germe d’une maladie qu’il avait apportée de France se développait graduellement.

    « A la suite d’un mieux que nous pensions être réel, j’envoyai en août ce cher confrère dans la paroisse de Ké-tru pour s’y exercer au ministère apostolique. Avant son départ il fut pris d’une fièvre épidémique mais sans gravité, la dengue, qui régnait alors dans le pays. Lorsque, au bout de quelques jours, il fut guéri, il vint achever sa convalescence à Ha-noï pour se rendre ensuite de là dans son nou-veau poste.

    « Mais à la fièvre succéda une complication qui aggrava sa maladie. L’affection de poitrine, qu’il avait en germe, se déclara, et au bout de quelques jours, je dus le faire entrer à l’hôpital militaire de Ha-noï pour y recevoir un traitement qu’il n’aurait pu avoir chez nous. Son état ne lui permettait pas de supporter le voyage de Hong-kong pour aller au sanatorium.

    « Depuis le mois de septembre, M. Cherbonnel a reçu de la part des médecins et des sœurs de l’hôpital les soins les plus assidus. Sa maladie s’est aggravée progressivement jusqu’au moment de sa mort arrivée le 9 janvier dernier. Il a été veillé et assisté, le dernier jour de sa vie, par des missionnaires qui se remplaçaient à son chevet et lui ont administré tous les sacrements des mourants, qu’il a recus avec une grande foi.

    « M. Cherbonnel n’a pas eu occasion d’exercer son ministère de missionnaire. Il nous a dit plusieurs fois que, depuis son arrivée au Tonkin, il n’avait pas passé plus de quarante-huit heures sans souffrances. Mais en revanche il a montré un calme et une résignation admirables. Bien que jeune missionnaire il était déjà  formé, et, à  sa conversation, on aurait cru qu’il avait plusieurs années de mission.

    « M. Cherbonnel a fait une mort pieuse et très édifiante. Le Seigneur a voulu l’appeler à lui avant de lui avoir fait connaître les peines et les fatigues de l’apostolat. »

     

     

    • Numéro : 1811
    • Pays : Vietnam
    • Année : None