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Pierre Jean CHATELLIER (1868-1929)

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    M. CHATELLIER (Pierre-Jean-Marie), né à Sautron (Nantes, Loire-Inférieure), le 16 octobre 1868. Entré tonsuré au Séminaire des Missions-Etrangères le 11 septembre 1888. Prêtre le 5 juillet 1891. Parti pour le Tonkin Occidental le 2 septembre 1891. Mort à Hanoï le 23 mai 1929.

     

    Notre regretté confrère M. Chatellier Pierre-Jean-Marie naquit à Sautron, diocèse de Nantes, le 16 octobre 1868, d’une famille profondément chrétienne, qui entoura sa jeune âme d’une atmosphère de religion et de charité. Il racontait parfois que, chaque jour, il fallait se lever de bonne heure pour aller à la messe : une distance de trois kilomètres n’était pas une excuse suffisante pour qu’il en fût dispensé, et cela hiver comme été. Le soir avait lieu la prière en commun ; plus d’une fois l’enfant s’endormait, mais la sœur aînée se chargeait de le réveiller, et la maman elle-même de dire : « Ah bien, si tu fais jamais un curé, toi ! » Et pourtant, en dépit de l’algarade maternelle, l’enfant pensa de bonne heure au sacerdoce, et ce désir ne le quitta jamais.

    M. Chatellier, après de bonnes études primaires, fit ses humanités au Collège des « Enfants Nantais », croyons-nous, et à la fin de ses classes, obtint le baccalauréat ès lettres. C’est là qu’il con­nut Aristide Briand, plus âgé que lui de quelques années, et qui déjà se faisait remarquer par une belle intelligence et une facilité de travail bien au-dessus de l’ordinaire. Ses études terminées M. Chatellier entra au Grand Séminaire de Nantes pour y faire son cours de philosophie et y recevoir la formation sacerdotale ; il garda de ce séjour au Grand Séminaire un souvenir profond, et en emporta dans l’intime de sa conscience les règles et maximes d’une vie digne de son saint état, et que, toujours fidèle à la direction reçue alors, il devait observer toute sa vie.

    C’est à cette époque qu’il ressentit de l’attrait pour la vie apostolique, et qu’il demanda son admission au Séminaire des Missions de la rue du Bac. Ce qu’il y fut, il ne nous l’a jamais laissé deviner, mais nous sommes autorisés à penser qu’il y fut un aspirant excellent, et, comme il fut en Mission, un travailleur acharné ; les connaissances théologiques qu’il possédait, et le goût qu’il eut toujours à lire les Revues ecclésiastiques et de spiritualité,ne nous permettent pas de penser autrement. Il fut ordonné prêtre le 5 juillet 1891, et reçut sa destination pour la Mission du Tonkin Occidental, où il arriva en octobre 1891, âgé de vingt-trois ans.

    Robuste, jouissant d’une belle santé, M. Chatellier était déjà tel que nous l’avons connu, et tous, sans distinction, apprécièrent vite ce jeune prêtre au visage toujours accueillant, au sourire sympathique, d’une belle gaieté, et d’une simplicité si touchante, discret, zélé et d’une piété sincère. Il commença l’étude de la langue annamite à Keso, et quelque temps après fut envoyé à Keset, paroisse des environs de Hanoï, où il pourrait progresser plus rapidement ; il se mit de tout cœur à ce labeur, et le succès couronna son ardeur : il fut dans la suite l’un des meilleurs annamitisants des Missions du Tonkin. Au mois d’août 1893, on eut besoin d’un professeur pour le Petit Séminaire de Phucnhac, Mgr Gendreau jeta les yeux sur M. Chatellier : il entra donc dans l’enseignement, non sans appréhension toutefois, et devint professeur de rhétorique, sous la ferme et aimable direction de M. Ravier. Ce fut l’époque des beaux jours, disait-il plus tard, il eût voulu rester professeur toute sa vie ; en compagnie de MM. Deux et Ravier, il achevait sa formation, et acquérait une connaissance plus pleine des hommes et des choses ; son jugement droit, sa volonté ferme, son esprit souple, tout l’aidait dans l’accomplissement de sa tâche, et il réussit complètement auprès de ses élèves. Plus tard, il reprendra ce même ministère : en 1899, durant le séjour de M. Bessière à Hongkong, il sera supérieur par interim du Petit Séminaire de Ha-Thach dans la Mission de Hunghoa, et en 1917, lors de la mobilisation de M. Quioc, ce sera encore à lui que Mgr Ramond confiera la direction de ses séminaristes.

    En 1895, eut lieu la division de la Mission du Haut-Tonkin. M. Chatellier fut désigné pour cette nouvelle Mission. Il quittait l’enseignement pour prendre la direction d’un important district, celui des paroisses de Yen-Tap, Du-Bo, Chieu-Ung, à quelque trente kilomètres de Hunghoa ; il devait y rester jusqu’à sa mort, et s’y montrer missionnaire dans toute la force du terme. Que furent ces trente-quatre années d’apostolat ? Dieu seul le sait. Quel dévouement inlassable, de jour et de nuit à ses chrétiens ! Quelle abnégation, quel labeur, que don complet de soi-même ! Que de courses, la plupart de temps à pieds, par monts et par vaux, pour aller administrer les malades, ou visiter quelque groupe perdu de nouveaux chrétiens ! Que de longues séances au saint tribunal, après de longues heures de catéchisme ! Que de soucis, que d’affaires de toutes sortes à régler ! Et toujours il resta le même, prêtre de foi et de piété exemplaire, de jugement surnaturel et de sage conseil, de charité et de dévouement à toute épreuve.

    L’onction sacerdotale avait infusé en son âme un remarquable esprit de foi, qui lui rendait Dieu comme présent constamment. Humble et doux, sans morgue, sans prétention aucune, délicat de cœur et de conscience, il était surnaturel dans ses vues, et ne désirait que le témoignage de Celui dont il était le prêtre, et à qui il avait voué sa vie sans réserve, Notre-Seigneur Jésus-Christ.

    Jusqu’au dernier jour, il resta fidèle aux exercices du séminaire. Sa piété, tendre et confiante, était simple, nourrie des seules grandes dévotions de l’Eglise, et il la communi-quait autour de lui, en même temps qu’il mettait en garde contre la sentimentalité et contre ce qu’il appelait les « coups du cœur », accès de ferveur qui ne durent pas. A son école, on apprenait vraiment à aimer Notre-Seigneur, la Sainte Vierge, et l’Eglise. Qui ne se souvient des visites au Saint Sacrement, qu’il faisait régulièrement à l’heure de la sieste, assis à terre auprès du marchepied de l’autel, dans le silence et l’ombre du sanctuaire ? qui ne l’a vu égrener alors son gros chapelet, seule prière qui, disait-il, lui permettait de dire quelque chose au bon Dieu ? et, pendant les retraites, c’était la même chose, il ne connaissait que le chapelet ; et certainement les nombreux rosaires qu’il récita lui auront valu une protection spéciale de Marie à l’heure de la mort.

    Que dire de son jugement, il était surnaturel, c’est du point de vue de Dieu qu’il observait tout, les hommes et les choses, et qu’en définitive il les jugeait. Et puis, durant les nombreuses années de son ministère, il avait vu se présenter, il avait dû dénouer souvent des situations bien compliquées, et il lui en était resté une réelle aptitude à trouver, à proposer les solutions les plus heureuses, qui s’appuyaient à la fois sur un jugement sagace et sur l’expérience.

    Aussi, par cet ensemble de qualités, par sa franchise et sa loyauté, par son bon sens et sa parfaite droiture, M. Chatellier gagna-t-il la confiance de tous : celle de son Evêque, qui trouva toujours en lui un conseiller discret et sincère, préoccupé exclusivement de ce qui pourrait être utile à la Mission ; celle de ses­ confrères qui, presque tous, furent formés par lui au début de leur apostolat, et dont il fut le confident, le guide éclairé et délicat ; celle des prêtres annamites et des catéchistes, qui tous recouraient à lui, et qu’il savait relever et encourager aux heures difficiles ; celle des chrétiens, qu’au saint tribunal il dirigea avec tant ­de zèle et de sage prudence. Aussi bien n’était-on jamais déçu quand on allait le consulter ; les réponses qu’il faisait, les directives qu’il conseillait, étaient toujours empreintes de modération, d’équilibre et de sagesse, et personne ne regretta jamais de l’avoir écouté.

    Mgr Ramond, qui le connaissait si bien, lui confiait la formation des nouveaux missionnaires, et il les savait en bonnes mains. Notre confrère avait sa manière, toujours paternelle et ferme, d’avertir de ce qui était défectueux, d’habituer aux mœurs annamites, d’enseigner la langue et de préparer à l’exercice du ministère. Pour l’étude de la langue, il voulait surtout le travail régulier et suivi, des exercices de lecture, de conversation, de diction-naire, bref l’enseignement théorique et pratique sous sa direction et en sa compagnie. Même chose pour les exercices de prédication ; le jeune missionnaire avait beau s’excuser, il fallait s’exécuter, et le professeur, si tenace et si pressant pour obtenir le sermon redouté du novice, n’avait plus que de la joie pour le féliciter après coup de son acte de courage. Le moment venu, le jeune confrère était jeté à l’eau : il n’était pas, pour autant, abandonné de son éducateur, celui-ci le surveillait discrètement, allait se rendre compte de la marche de son disciple, redresser les erreurs ­inévitables au début d’un ministère tout de pratique et d’expé-rience. Cette formation rendit les plus grands services à ceux qui surent en profiter ; lui-même d’ailleurs était content de profiter du séjour des nouveaux auprès de lui, car, n’étant pas laudator temporis acti, il ne pensait pas a priori que les idées ou les projets de ses jeunes confrères fussent nécessairement dépourvus de bon sens,

    Parce qu’il aimait Dieu de toute son âme et de toutes ses forces il s’était consacré tout entier à son service et au service des âmes. De ses deniers personnels, il contribua pour la plus grande partie à la construction de trois églises paroissiales, afin que ses chrétiens pussent  honorer Dieu et la Sainte Eucharistie ­plus dignement. Son amour pour le prochain était sans bornes : vieux chrétiens, catéchumènes et néophytes, pauvres et malades, tous ont connu sa main grandement ouverte pour répandre les bienfaits. Il savait que l’existence ne vaut que par le bien que ­l’on sait y accomplir ; il avait voué à ses ouailles une affection paternelle, et ne voulait laisser aucune inquiétude sans espoir, aucune misère, sans soulagement, aucun deuil sans consolation. De son district il ne s’éloigna presque jamais, sinon pour aller, par ordre, travailler ailleurs, en prêchant des retraites, ou en accompagnant son Evêque aux visites pastorales ; une seule fois, en 1928, un confrère put, sans l’avoir prévenu, lui faire accomplir une petite randonnée de dix jours au mois de juillet, alors que le repos est permis ; au bout de deux ou trois jours, notre brave confrère était déjà fatigué de ce congé ; il ne comprenait pas qu’on pût se promener ainsi en auto ou en chemin de fer sans rien faire, et si longtemps ! Il jura qu’on ne l’y reprendrait plus.

    Les aumônes qu’il fit sont incalculables, et beaucoup abusèrent souvent de son excessive charité ; il ne savait rien refuser, et il ne voulait pas qu’au delà du tombeau il lui fût reproché d’avoir abandonné une infortune ou une misère. On savait qu’il venait de lui arriver des piastres : aussitôt quémandeurs d’accourir, chacun avec les meilleures raisons du monde :  comment refuser ? aussi était-il toujours à bout d’argent. Lors de la construction de ses églises, le confrère architecte et entrepreneur exigeait la garde de l’argent de la bâtisse, sans quoi le coffre-fort eût été constamn­ment à sec ; une fois entre autres, on put empêcher par là un « virement de fonds », et éviter une perte relativement importante et sans profit pour qui que ce fût.

    Que dire du détachement de notre regretté confrère ? car, libéral à autrui, il était fort peu regardant pour ce qui le concernait personnellement. Il suffisait d’entrer dans sa chambre pour s’en rendre compte, ou encore de le rencontrer sur les chemins de son district. Dans sa chambre, un lit de camp, ordinairement sans moustiquaire, deux malles françaises, ses malles de départ, quelques caisses annamites, servaient de meubles, ou de coffre-fort, et voisinaient avec une petite table, amas de paperasses et de poussière, tantôt lavabo, tantôt bureau. Son vestiaire était réduit à la plus simple expression ; avait-il d’aventure un chapeau neuf, une soutane neuve, on pouvait être sûr que l’article lui avait été imposé par le procureur, acte d’autorité nécessaire depuis longtemps, et approuvé unanimement par tous. On cite encore l’hist­oire de cette belle paire de souliers neufs, cadeau d’un bon confrère, qui dura une demi-heure aux pieds du récipiendaire : les chemins de la forêt sont si mauvais, expliquait-il, et puis il y avait l’humidité..! d’ailleurs ils étaient trop beaux pour lui, ce qui veut dire qu’il les aurait donnés, car il donnait tout. Un autre confrère lui fit confectionner deux pantalons de bourre de soie, et fut bien ébahi quelques jours après de retrouver l’un dans l’accoutrement d’un brave homme de paysan ; et quant à l’autre, on ne vit jamais M. Chatellier le porter. Il y a encore l’histoire de la musette : tout entrait dans cette musette don d’un ancien poilu, vêtements, remèdes, papiers d’affaires, tabac, boîtes de conserves, souliers, et par-dessus le Bréviaire, un gros Totum ; il reçut bien une belle valise, mais c’était bien compliqué, et cela ne valait pas la musette !

    De sa nourriture il ne se préoccupa jamais ; à sa résidence, il avait un vieux « frère », attaché à son service, et Dieu sait les diverses mixtures préparées par ce digne homme ! Dans ses visites de chrétiens, il acceptait ce qu’on lui apportait, et souvent ce n’était pas bien lourd ! Pour relever et améliorer son ordinaire, Mgr Ramond lui donnait de temps en temps un secours spécial, avec ordre formel d’en  user uniquement  pour lui, et cela sous peine de restitution ; il est certain qu’il n’a jamais restitué : peut-on affirmer qu’il a observé la consigne... ?

    Dans de pareilles conditions de vie, les santés les plus robustes s’usent vite. Il en fut ainsi pour M. Chatellier ; depuis plusieurs années il ne pouvait dissimuler à nos yeux inquiets les marques d’une fatigue trop réelle ; il ne pouvait plus ni prêcher, ni parler en public, les cordes vocales lui refusaient pour ainsi dire tout service ; lui, jadis si bon marcheur, se trouvait vite fatigué des courses qu’il avait à faire de-ci de-là ; plus tard ce furent des coliques hépatiques qui l’obligèrent, malgré lui, à faire un séjour à Béthanie, ou à recourir chaque année aux bons soins des Sœurs de l’hôpital de Yen-Bai ou de la clinique Saint-Paul à Hanoï. Pour lui procurer quelque réconfort en améliorant un peu son ordinaire, Mgr Ramond avait coutume de le prendre avec lui la visite pastorale, et notre confrère, tout en faisant de bon travail, reprenait à chaque tournée de nouvelles forces. Mais de retour chez lui, les forces diminuaient à nouveau. C’est ce qui arriva en avril 1928. Après la tournée du Carême, et les fêtes de Pâques, il accompagna Sa Grandeur à Hanoï, pour y rendre visite au nouveau Délégué Apostolique ; il paraissait bien portant, fut très gai, personne ne pouvait soupçonner que quel-ques semaines plus tard il reviendrait à Hanoï pour mourir.

    Rentré à Yen-Tap, M. Chatellier voulut faire la visite de quel­ques familles chrétiennes isolées dans la région montagneuse de cette paroisse, à cinq ou six heures de marche. Déjà, les premières chaleurs, si pénibles au Tonkin, se faisaient sentir, et le séjour d’une quinzaine, qu’il fit dans cette région malsaine, le fatigua beaucoup ; le voyage de retour fut très laborieux et acheva de l’épuiser. Le dimanche 12 mai, donnant le salut du Saint-Sacrement dans l’église de Yen-Tap, il s’évanouit durant la cérémonie, et dut être ramené dans sa chambre. Le lendemain, un de ses vicaires le trouvant sans forces, le conduisit à Hunghoa. Il vomissait continuellement, se plaignait de douleurs aigües au ventre ; il ne pouvait rester en place, ni le jour ni la nuit ; il ne connaissait à peine son Evêque et les confrères présents, sa conversation était sans suite aucune. M. Vandaele conduisit aussitôt le malade à la clinique Saint-Paul à Hanoï ; ce devait être son dernier voyage ici-bas. Durant huit jours que dura son séjour à la clinique, son état resta stationnaire : fièvre, agitation continuelle, délire ; à peine reconnut-il M. Dronet qui lui administra les derniers sacrements ; Mgr Gendreau et les confrères qui le visitèrent ne furent pas non plus reconnus, et ne reçurent aucune réponse aux paroles qu’ils lui adressèrent.

    Le jeudi 23 mai, Mgr Ramond quittait Hunghoa pour aller assister aux obsèques de Mgr Ruiz, Evêque de la Mission de Haiphong. M. Chabert l’accompagnait, et la première visite de Sa Grandeur arrivant à Hanoï fut pour le bon M. Chatellier qui, hélas ! ne reconnut ni l’Evêque ni le missionnaire. C’était la fin, nul espoir n’était plus permis. Le soir à 9 heures, notre cher confrère nous quittait pour un monde meilleur. C’était la veille de la fête de Notre-Dame Auxiliatrice, et la bonne Mère qu’il invoqua si souvent, en l’honneur de laquelle il avait récité tant de pieux rosaires, aura été, nous en avons la douce confiance, son avocate au moment de sa mort.

    Les funérailles eurent lieu le samedi 25 mai à la cathédrale de Hanoï. Son Exc. Mgr Dreyer, Délégué Apostolique, et Mgr Chaize, Coadjuteur de Mgr Gendreau, y assistaient ; M. Robin, Résident-Supérieur du Tonkin, qui avait, trente ans auparavant, connu et apprécié M. Chatellier dans la région de Du-Bo, s’était fait représenter par son Secrétaire particulier. Après la messe solennelle de requiem, Mgr Ramond donna l’absoute, au milieu de l’émotion générale, et nous accompagnâmes ensuite notre regretté confrère jusqu’au cimetière de la Mission de Hanoï ; il y repose non loin de M. Girod son vieil ami de toujours. Et ainsi, sans bruit, sans presque que l’on s’en aperçoive, disparaît un missionnaire qui réalisa beaucoup de bien, et dont la mort a fait dire à ceux qui l’avaient connu : Quelle perte pour la Mission de Hunghoa !

    En janvier 1929, après une fervente retraite que nous prêcha le vénérable fondateur de la Trappe de Notre-Dame d’Annam sur ce sujet : « l’amour de Dieu », M. Chatellier nous manifestait le bonheur qu’il avait eu d’entendre ces instructions, et la joie qu’il aurait d’aller au plus tôt « aimer le bon Dieu pour tout de bon, au ciel », et quelques jours avant sa mort, une des dernières paroles qu’il prononça fut celle-ci : « Mais c’est curieux comme il est difficile de faire un vrai acte d’amour de Dieu ! » Or, toute sa vie, que fut-elle, sinon un acte continuel d’amour de Dieu s’affirmant dans une fidélité à toute épreuve, dans l’acceptation de tous les devoirs, même les plus pénibles, avec une générosité sans réserve ?­

     

     

     

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    • Numéro : 1956
    • Pays : Vietnam
    • Année : None