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Heni CHANAL (1876-1912)

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    A son arrivée en mission, M. Chanal jouissait d’une excellente santé, et paraissait devoir fournir une longue carrière. Dieu en a décidé autrement. Au bout de cinq ans à peine de vie apostolique, il était arrêté par une maladie implacable, qui le réduisit à l’inaction et finalement l’a emporté.

    M. Chanal était originaire de la paroisse de Fay-le-Froid (Le Puy, Haute-Loire). Il arriva dans la mission de Pondichéry, à laquelle il avait été destiné, sur la fin de 1900. Il exerça d’abord les fonctions de professeur de seconde au petit séminaire, puis fut envoyé dans le district de Pattiavaram. Plein de joie et d’ardeur, trop confiant dans la vigueur de son tempérament, il eut le tort de ne pas ménager ses forces, et de commettre des imprudences qu’il devait payer cher. Ses chrétiens étaient très pauvres, il se fit aussi pauvre qu’eux, vivant d’une manière très austère, parfois n’ayant même pas de domestique, et, à l’imitation du saint Curé d’Ars, faisant lui-même sa cuisine pour plusieurs jours à la fois. A un régime pareil, une santé, même plus forte que la sienne, n’aurait pas résisté longtemps. Ses forces diminuèrent, et, au retour d’une longue course, il fut pris d’un refroidissement et contracta le germe de la maladie de poitrine, à laquelle il devait succomber.

    Il arriva au sanatorium de Saint-Théodore en 1906, déjà très fatigué. Lui seul gardait l’espoir de se remettre, bien qu’il se jugeât gravement atteint. Il essaya de tous les remèdes, passa plusieurs hivers consécutifs à l’hôpital Sainte-Marthe de Bangalore, sans jamais éprouver d’amélioration bien sensible, et dut finalement se rendre à l’évidence : toute guérison était impossible.

    Lourde croix que celle de se voir réduit à l’inaction, lorsqu’on est encore jeune, et qu’on est rempli d’un désir ardent de travailler au salut des âmes ! Cette croix, notre confrère la porta sans se plaindre, mais non sans en ressentir le poids. On s’en apercevait, lorsque d’autres confrères, venus malades au sanatorium, s’en retournaient guéris : il se retirait tout ému à l’écart, son cœur saignait de ne pouvoir les suivre. Mais en dehors de ces circonstances il était toujours gai, animant la conversation de ses joyeuses réflexions, comme jadis au temps de son Séminaire.

    Lorsque ses forces le lui permettaient, il aimait à diriger ses promenades solitaires vers un petit village de briquetiers, presque tous païens ; il rassemblait les enfants, leur adressait quelques bonnes paroles, quelques petites exhortations, semant ainsi le bon grain dans la mesure de ses forces. A part certaines époques, où il était trop malade, il célébrait chaque jour avec piété la sainte messe, et faisait tout bonnement ses exercices de piété, se préparant ainsi à la mort.

    Telle fut l’existence de M. Chanal, pendant six années. Il se rendit pour la dernière fois, en octobre 1912, à l’hôpital Sainte-Marthe de Bangalore : c’est là qu’il s’est endormi dans le Seigneur, le 13 mai 1913. Jusqu’à la fin, il avait caché l’état de sa santé à ses parents, pour leur éviter de se tourmenter à son sujet : Ama nesciri et pro nihilo reputari, était une maxime qu’il goûtait fort et qu’il pratiqua jusqu’à la fin. Son acte de soumission à la volonté divine et son acceptation d’une mort prématurée ont dû lui coûter extraordinairement, mais il n’y a que Dieu qui le sache, car il ne parlait jamais de lui-même. Le bon Dieu a repris son fidèle serviteur, et nous avons la douce confiance qu’il a couronné, dans son beau ciel, les mérites et les grands désirs de ce vaillant missionnaire.

     

     

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    • Numéro : 2543
    • Pays : Inde
    • Année : None