Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Jean CHAMAISON (1813-1880)

Add this

    M. Jean Chamaison naquit à Grizolles, au diocèse de Montauban, le 13 janvier 1813. Il était prêtre lorsqu’il entra au Séminaire des Missions, le 18 juillet 1839. Peu de temps après , le 15 janvier 1840, il partit pour la Cochinchine.

    A son arrivée dans le Vicariat, ce pays était encore sous le coup de la persécution . Thieu-tri n’avait révoqué aucun des édits de Minh-menh, son prédécesseur ; et la persécution , bien que ralentie, continuait de dévaster l’Église d’Annam. Aussi, ne fut-ce qu’après avoir couru les plus grands dangers, que M. Chamaison et ses deux compagnons de voyage, MM. Miche et Duclos, réussirent à aborder en Cochinchine, où il furent accueillis par leur évêque, le Vénérable Mgr Cuenot.

    Leur joie de se trouver réunis auprès du digne prélat fut de courte durée. La présence de tant de Missionnaires dans le même lieu offrait trop de dangers, il fallut bientôt se disperser. M. Chamaison dut s’embarquer de nouveau pour la province de Quang-nam, où il devait apprendre la langue du pays et exercer le saint ministère . Plus heureux que ses confrères, il réussit à échapper aux satellites envoyés à sa recherche ; et plus tard, en 1843, il fut l’instrument dont se servit la divine Providence pour la délivrance de plusieurs Missionnaires détenus dans les prisons de Hué et condamnés à la peine capitale.

    Voici à quelle occasion : La corvette l’Héroïne, étant venue mouiller au port de Touranne, son commandant, M. Lévêque, réclama la mise en liberté des Missionnaires que l’on disait prisonniers en Cochinchine. Sur la réponse qui lui fut faite qu’il n’y avait aucun Français en Annam, il se disposait à partir, lorsque M. Chamaison put lui faire parvenir un billet et lui annoncer que MM. Galy, Berneux, Charrier, Miche et Duclos étaient encore captifs à Hué, toujours à la chaîne et sous le coup d’une sentence de mort, qui pouvait d’un jour à l’autre être mise à exécution.

    Pendant les cinq ans qu’il passa en Cochinchine, M. Chamaison eut beaucoup à souffrir, obligé qu’il était de se cacher, exposé à toutes sortes de privations, miné par la fièvre. En 1846, il fut envoyé en France pour y remplir les fonctions de procureur de la Cochinchine et de Directeur au Séminaire de la rue du Bac. Il exerça cette double charge jusqu’en 1860. Désireux de retourner en Mission, il demanda de nouveau à partir. La maladie l’arrêta au port d’embarquement ; force lui fut d’ajourner l’exécution de son dessein.

    Ce ne fut qu’à la fin de 1871 que ses vœux purent être réalisés. Son âge avancé et l’état de sa santé ne lui donnant aucune espérance de se réacclimater en Cochinchine et d’y travailler avec quelque fruit, il partit pour le Japon où il demeura quatre ans, s’acharnant, avec un zèle digne d’un meilleur sort, à l’étude de la langue. Enfin, désespérant de se rendre utile à sa nouvelle Mission, il reprit le chemin de la France et se retira dans sa famille. C’est là que la mort est venue le frapper. Atteint d’une maladie d’entrailles, qui bientôt ne laissa aucun espoir, il supporta avec patience les douleurs les plus vives et se prépara saintement à paraître devant Dieu. Il reçut les sacrements avec de grands sentiments de foi, fit ses derniers adieux à sa famille, à tous ses confrères qui étaient représentés au chevet de son lit de mort par M. le Supérieur du Séminaire des Missions Étrangères, et le 26 juin il rendit son âme à Dieu, dans la 68e année de son âge.

     

    • Numéro : 456
    • Pays : Vietnam Japon
    • Année : None