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Antoine CHAIZE (1862-1931)

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    M. CHAIZE (Antoine), né à Saint-Maurice-sur-Loire (Lyon, Loire) le 13 septembre 1862. Entré sous-diacre au Séminaire des Missions-Etrangères le 14 septembre 1887. Prêtre le 3 mars 1889. Parti pour le Tonkin Occidental le 1er mai 1889. Mort à Phatdiem le 21 août 1931.

     

    Antoine Chaize naquit le 13 septembre 1862 à Saint-Maurice-sur-Loire au diocèse de Lyon. Il fit ses études secondaires au Petit-Séminaire de Saint-Jodard, ses études de philosophie à Mont­brison, puis passa quelques années au Grand-Séminaire de Lyon avant de se présenter comme sous-diacre au Séminaire des Missions-Etrangères de Paris. Ordonné prêtre le 3 mars 1889. ll par­tit pour le Tonkin Occidental le 1er mai et arriva à Hanoï vers la mi-juin de la même année.

    Suivant l’usage des Missions du Tonkin, il passa quelques mois à la résidence épiscopale de Keso, pour y apprendre les premiers éléments de la langue annamite. Il se mit à la besogne avec courage et assez de facilité, de sorte qu’on put l’envoyer bientôt dans la paroisse de Dông-Chua, province de Ninh-Binh. Là il se familiarisa davantage encore avec la langue et les mœurs du pays, et réussit au bout de quelques mois à faire des essais d’administration dans quelques chrétientés, si bien que Mgr Puginier n’hésita pas à le mettre à la disposition de M. Letourny, qui dirigeait alors le district de Ninh-Binh. C’est à ce moment qu’il fit connaissance avec les paroisses de Hieu-Thuân et de Cach-Tâm, que plus tard il devait revoir de plus près.

    En 1892, M. Chaize fut mis à la tête d’un district situé à l’ouest de la province actuelle de Hadông, et qui comprenait les paroisses de Ke-vôi, Ke-sô, Bai-vang et But-Dông. Là il travailla beaucoup mais à sa manière, c’est-à-dire sans faire de bruit. En 1897 il prépara l’établissement d’une paroisse à Yên-Lênh face à la ville de Hung-Yên. Quand tout y fut bien mis au point, il fit ce qui est tant dans l’esprit de la Société des Missions-Etrangères, il céda cette paroisse à un prêtre indigène, tandis que lui con­tinua à rayonner dans les diverses paroisses de son district.

    A la fin de 1901, le Saint-Siège détacha du Tonkin Occidental la Mission de Phatdiem ; M. Chaize fut affecté à la nouvelle circonscription ecclésiastique. Il y dirigea successivement, dans la province de Ninh-Binh, les districts de Hiêu-Thuân, Cach-Tâm, puis celui de Ninh-Binh (ville), enfin celui de Vô-Hôt-Phunhoquan, où il resta près de 20 ans, au moins en titre. Cette restriction est nécessaire, parce que, vers 1923, épuisé par une maladie de cœur déjà ancienne, il dut aller prendre un repos de trois ans au pays natal.

    Les soins que lui prodigua son frère suffirent à le rétablir quelque peu, assez, du moins, pour qu’il pût rentrer au Tonkin et y reprendre du service. Evidemment, il n’avait pas rajeuni, ni recouvré entièrement les forces d’antan. Il dut renoncer à la direction de son bien-aimé district de Vô-Hôt et se contenter de la petite paroisse de Tân-Hai, située au bord de la mer, dans un endroit très sain. C’est là qu’il continua à peiner pour le Divin Maître, jusqu’au jour où il se vit à bout de forces.

    C’était le dimanche 9 août, après la messe. Se sentent beaucoup plus fatigué que de coutume à la suite des fortes chaleurs de cette période de l’année, il se fit conduire à l’infirmerie de la Mission de Phatdiem. Il espérait encore que quelques jours de repos et les soins du médecin et des bonnes sœurs le remettraient sur pied. Hélas ! ce fut le contraire qui arriva. Le mardi soir 11 août, à 7 heures et demie, une estafette des Sœurs prévenait la Mission que le malade avait une syncope. Mgr Marcou se rendit aussitôt auprès du malade, qui, revenu à lui et en pleine connaissance, accepta volontiers de recevoir les derniers Sacrements. M. Barnabé coucha cette nuit-là dans la chambre voisine, afin de veiller le malade une partie de la nuit.

    Le lendemain matin il allait beaucoup mieux ; mais à partir de ce moment, il eut la conviction intime qu’il n’en avait plus pour longtemps.

    Par suite d’une excessive délicatesse de conscience, il paraissait gêné qu’on lui apportât tous les matins la sainte communion. Mais on n’eut pas de peine à  le convaincre qu’il pouvait en toute sûreté de conscience communier en viatique tous les jours. C’est ce qu’il fit à peu près régulièrement dans la suite.

    Du 11 au 19 août, la maladie continua son cours avec des alternatives d’amélioration et de rechutes. Le médecin indo-chinois, M. Thin, qui soigne avec le plus entier dévouement tous les malades de la Mission, venait le voir régulièrement et ne paraissait pas avoir perdu tout espoir. Le malade, au contraire, restait convaincu qu’il n’était pas éloigné de la fin et multipliait ses oraisons jaculatoires et ses actes de filial abandon à la sainte volonté de Dieu.

    Le mercredi soir, il disait à un confrère : « Ce sera pour demain matin. » Mais le jeudi matin, le mieux s’accentuait. Le lendemain vendredi, M. Chambonnier le trouva bien, et lui porta la sainte communion. Le malade tint à quitter son lit et à s’asseoir dans un fauteuil par respect pour le Saint-Sacrement. M. Cham­bonnier, rentrant à la Mission, nous dit que le malade allait aussi bien que possible. A peine avait-il annoncé cette bonne nouvelle qu’un serviteur de l’hôpital accourait disant que le Père était sans connaissance. En effet, son action de grâces terminée, le malade avait pris un peu de lait et manifesté ensuite le désir de se re-mettre au lit. A peine recouché, sa tête s’inclina sur l’oreiller et il rendit le dernier soupir. La chose avait été si rapide que les personnes présentes crurent à une syncope.

    La dernière heure de sa vie, le malade eut le bonheur de passer avec Notre-Seigneur et, quand le Divin Maître cesse d’être présent sacramentellement dans le corps du malade. Il emmena avec lui l’âme de son prêtre. N’y a-t-il pas là une délicate attention de Notre-Seigneur voulant attester la joie que lui donnent ceux qui, même malades, font tout ce qu’ils peuvent pour Le recevoir chaque jour ?

    Les obsèques eurent lieu le 22 août avec toute la solennité possible. Mgr Marcou chanta la messe pontificale, son coadjuteur Mgr de Cooman présida les funérailles, accompagné de tous les missionnaires des environs, de nombreux prêtres annamites et d’une foule fort recueillie de chrétiens.

    M. Chaize laisse deux belles églises qu’il a construites à Vô-Hôt et à Dông-Chua. A Tan-Hai, il s’apprêtait à en édifier une autre, en forme de croix latine. Il n’eut que le temps d’achever les fondations. Grâce à ces monuments qui parleront de lui longtemps, les chrétiens n’oublieront pas de sitôt le prêtre modeste qui travailla ainsi pour eux avec tant de dévouement simple et désintéressé.

     

     

     

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    • Numéro : 1827
    • Pays : Vietnam
    • Année : None