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Jérémie CETTOUR (1867-1962)

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    En la personne du Père CETTOUR, le diocèse d’Osaka vient de perdre, avec le doyen de la Société, qui, à 95 ans, comptait à son actif 66 années de présence ininterrompue en mission, le dernier maillon qui le rattachait directement aux pionniers qui ont rouvert le Japon au Catholicisme dans la seconde moitié du XIXe siècle. Sa longue vie lui a permis d’abord d’être l’un de ces missionnaires des Missions Etrangères de Paris qui ont parcouru tout le pays pour établir des bases de départ et construire les premiers postes, – puis de participer à la phase d’organisation des paroisses, – et enfin, lorsque l’âge, malgré sa perpétuelle jeunesse de cœur, l’a obligé à abandonner le ministère actif, rempli de travaux apostoliques, de le prolonger d’une façon féconde, dans le silence, par la prière et le sacrifice.

     

    Les premières années

     

    Le Père CETTOUR est né le 23 décembre 1867 à Bonnevaux, petite commune de la Haute Savoie. Il est le fils aîné d’André et de Victoire Cettour, modestes cultivateurs, pauvres des biens de ce monde, mais riches de foi chrétienne. Le lendemain, dès la pointe du jour, malgré le froid et la neige de l’hiver, il est porté à l’église pour y recevoir le baptême sous le nom de Jérémie. Ce prénom n’est pas, que je sache, très commun, même parmi les Savoyards ; mais ce qui est sûr c’est que Jérémie CETTOUR s’en montrera digne durant toute sa vie missionnaire. Du prophète il aura, durant sa jeunesse, l’intrépidité qui ne recule devant aucune difficulté pour porter partout la parole de Dieu ; de Jérémie il héritera, pendant sa vieillesse, la flamme intérieure qui sait réchauffer les âmes les plus tièdes pour qu’elles restent fidèles à la voix de Dieu.

     

    En 1870, la famille vient s’établir dans le village d’origine de la maman, au Corbier, qui dépend de la commune du Biot, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Thonon-les-Bains. C’est à l’école publique qu’il fait ses études primaires. Cette paroisse est riche en vocations, et Jérémie entend lui aussi l’appel divin. Pour y répondre, il entre au collège de La Roche-sur-Foron en octobre 1880, et de là passe au petit séminaire de Mélan, près de Tanninges, pour étudier la Rhétorique et la Philosophie. En 1889, à 22 ans, il franchit les portes du grand séminaire d’Annecy ; et c’est là qu’il reçoit le sous-diaconat, le 27 mai 1893, puis le diaconat, le 29 mai 1894. Il pose alors sa demande d’admission au séminaire des Missions Etrangères de Paris. Cette société missionnaire est bien connue à Annecy ; rien qu’entre 1884 et 1898, une quinzaine de prêtres originaires du diocèse partiront de la rue du Bac pour l’Extrême-Orient. Seuls ses intimes ont pu connaître le secret de sa décision ; mais il n’est pas téméraire d’y déceler sa certitude de pouvoir partir en mission, sans esprit de retour, comme c’est alors la règle commune dans cette société.

     

    Il est accueilli à la rue du Bac en octobre 1894 par le vénéré Père DELPECH. Le 30 juin suivant, il est ordonné prêtre dans la chapelle du séminaire par Mgr Jourdan de la Passardière, évêque auxiliaire de Paris. Le 3 décembre, en la fête de S. François Xavier patron des Missions et apôtre du Japon, il reçoit son affectation pour la mission d’Osaka. Il s’embarque à Marseille le 8 décembre et arrive à destination le 16 janvier 1896 ; et c’est dans l’allégresse la plus vive, en chantant l’Alleluia, qu’il pose le pied sur le sol japonais, dans le port de Kobé.

     

     

    Le ministère actif

     

    LA MISSION D’OSAKA

     

    Le premier essai d’évangélisation du Japon date de S. François Xavier ; il fut couronné de succès, mais brutalement interrompu par les persécutions, dont la plus violente fut celle de 1597. Quelques missionnaires réussirent à se maintenir un certain temps dans le pays ; mais, en 1620, tout apostolat avait cessé. En 1680, le Japon fut placé sous la juridiction de Mgr Laneau, administrateur général des missions d’Indochine ; mais ce n’est qu’en 1831 qu’il fut confié à l’apostolat de la Société des Missions Etrangères, qui ne put d’ailleurs y introduire ses premiers missionnaires qu’en 1844. Le premier vicariat apostolique fut créé en 1846 ; il était établi exclusivement dans le sud du pays ; et c’est là qu’à Nagasaki, en 1865, fut rétabli le contact avec les descendants des premiers chrétiens. A partir de 1860 le Japon ouvrit ses ports aux puissances occidentales ; et il fut plus facile aux missionnaires de porter l’évangélisation vers le nord. En 1867, le vicariat fut dédoublé ; il y en eut un pour le Japon méridional, et un pour le Japon septentrional. En 1888, date de la proclamation de la liberté des cultes, le Japon méridional fut de nouveau divisé, et ainsi fut créé le vicariat apostolique du Japon central qui, en 1891, devint le diocèse d’Osaka.

     

    A cette époque, les quelques confrères des Missions Etrangères présents au Japon se partagent presque à eux seuls l’évangélisation de tout le pays. On comprend qu’en une telle période de prospection apostolique ils soient dispersés un peu dans toutes les directions et fort éloignés les uns des autres. La plupart ne se rencontrent qu’une fois par an, à l’occasion de la retraite, sauf entre voisins, pour la confession de quinzaine.

     

    Telle est la situation au moment de l’arrivée du P. Cettour : c’est dans une mission toute neuve, où tout est à faire, qu’il va avoir à exercer son apostolat.

     

     

    LES DÉBUTS

     

    Le lendemain de son débarquement, le jeune P. CETTOUR voit arriver son évêque, Mgr VASSELON, venu le chercher pour l’emmener à l’évêché. Dûment muni du passeport que lui a délivré le consul de France à Kobé, il se rend à Osaka, la Venise japonaise, qui est ouverte aux Français depuis 1868.

     

    C’est chez lui que Mgr Vasselon se charge d’apprendre personnellement au jeune missionnaire à parler japonais. Le P. Cettour voudrait bien étudier aussi les caractères, afin de pouvoir utiliser les livres scolaires ; mais l’évêque, persuadé qu’avant dix ans le Japon aura adopté l’alphabet romain, l’en dissuade ; ce serait du temps perdu. Les leçons quotidiennes sont hélas ! bien vite interrompues. Le 7 mars, au cours de sa répétition, Monseigneur se sent soudain défaillir ; c’est une hémorragie cérébrale qui l’emporte en quelques minutes. Désormais voici le jeune étudiant sans professeur et sans livre pour apprendre. Il n’en continue pas moins à travailler à l’évêché, comme il peut, en se faisant aider par le P. DARIDON, curé de la cathédrale.

     

    Le 24 avril, il livre ses premières impressions à un de ses anciens confrères d’Annecy : « Hélas ! nous n’avons plus le Japon vierge de S. François Xavier. C’est une nation fabriquée par le philosophisme occidental, où, au milieu d’un paganisme éhonté, se battent tous les systèmes scientifiques de notre vieille Europe ; d’où résultent la défiance à l’égard des missionnaires, une foule d’objections, une licence de mœurs que le paganisme ignorait, un orgueil qui n’a d’égal que la méconnaissance des problèmes religieux. Avec cela, toutes les sectes protestantes imaginables. On n’a pas idée du travail qu’il y a à faire pour pénétrer chez un païen. Mon unique préoccupation. pour l’instant, est l’étude de la langue, et c’est quelque chose d’incroyable. »

     

    Cette langue, il va aller la perfectionner à Okayama, à 180 kilomètres, à l’ouest d’Osaka, où, en octobre 1896, le nouvel évêque, Mgr CHATRON, l’envoie en même temps que son curé. Les élèves des religieuses, auxquelles il enseigne le catéchisme, lui font faire des progrès assez rapides, puisqu’en 1897, c’est lui qui prêche pour la pose de la première pierre d’une église que le P. RELAVE est venu construire. Il faut croire que son coup d’essai est un coup de maître et qu’il est jugé capable de voler désormais de ses propres ailes, car, en octobre 1897, il est nommé au poste de Yamaguchi, à 300 km plus à l’ouest, par delà la ville de Hiroshima.

     

     

    YAMAGUCHI

     

    Fondation du poste

     

    Yamaguchi est une grande ville universitaire, qui possède de florissantes écoles, mais subit par contre-coup l’influence de l’athéisme. Située dans le rayon d’action du célèbre P. VILLION, elle a éveillé son zèle apostolique, d’autant plus que S. François Xavier y avait établi une de ses résidences principales dans un temple que lui avait donné le seigneur de l’endroit en 1551. Cet ardent missionnaire est resté longtemps à l’affût pour saisir l’occasion de s’y installer et d’en commencer l’évangélisation directe. Un jour on l’avertit qu’une chance lui est offerte d’acquérir un pied-à-terre ; c’est un petit temple shintoïste, tout flambant neuf, dédié au fondateur de l’empire. Par suite de malversations de la part des constructeurs, il est si peu digne de sa destination qu’il n’attire aucune clientèle et que le gardien, par crainte d’être réduit à la famine, faute d’offrandes, l’abandonne, obligeant les souscripteurs à s’en défaire. L’occasion est magnifique ; le P. Villion réussit à en négocier sous main l’achat, et, un beau matin, à la stupéfaction générale, on voit briller la croix du Christ sur le faîte de l’ancien temple.

     

    C’est cette résidence qui est offerte au jeune Père CETTOUR, pour qu’il en fasse un grand centre de rayonnement évangélique : tout juste huit nattes (environ 15 m²) pour se retourner. A mesure que passent les années, il essaye bien d’améliorer son installation pour rendre son habitation et son oratoire plus convenables ; n’empêche que les gens rient de voir un Européen si mal logé. Aussi guette-t-il l’occasion de s’agrandir. Mais ce n’est qu’après 20 ans d’attente qu’un jour il apprend qu’un terrain d’une quinzaine d’ares, attenant à sa résidence, est à vendre à d’excellentes conditions. Quelle belle affaire ! surtout qu’il pourrait se procurer en même temps les matériaux provenant d’un vieux temple qu’on est en train de démolir. Vraiment l’occasion est trop belle ; et le P. LUNEAU, vicaire général, en l’absence de l’évêque, l’encourage à ne pas la laisser passer, mais sans pouvoir lui octroyer les moindres crédits. Alors il fait appel à quelques bienfaiteurs et acquiert le terrain. Il arrive ainsi à construire une nouvelle résidence plus digne de la chrétienté qu’il a fondée.

     

    Entre temps, il parvient, en 1903, à acheter un lopin de terre pour y établir un cimetière catholique. Il veut par là prouver au public la fausseté de l’accusation répandue au Japon que les chrétiens abandonnent leurs morts. En 1906, le cimetière est achevé ; il est entouré d’un grand mur percé d’un magnifique portail en fer. Il y fait transporter les restes des chrétiens jusque là disséminés un peu partout, et pense bien s’y réserver une place pour ses vieux os. Ensuite il demande à ses compatriotes de Savoie de bien vouloir lui fournir ce qui lui manque pour le service des sépultures ; ainsi les païens verront comment les Catholiques savent, eux aussi, honorer dignement leurs défunts.

     

    De ce poste central qu’il consolide avec les ans, le P. CETTOUR essaye d’essaimer partout où il perçoit quelque espoir. C’est ainsi que de 1897 à 1905 il s’efforce de prendre pied solidement à Shimonoseki, ville de grand avenir, située à une soixantaine de km à l’extrême pointe occidentale de la mission. Il assure aussi le service religieux de quelques chrétientés dispersées dans quelques villes côtières. Mais tous ces postes secondaires apportent au Père moins de consolation parce que, faute de contacts fréquents, ils subissent moins l’influence du zèle apostolique du missionnaire, de ce zèle qu’il nous reste a voir en action.

     

    Le travail apostolique

     

    C’est le P. VILLION qui a préparé la place au P. CETTOUR à Yamaguchi. On peut dire également que c’est lui qui l’a initié à l’apostolat en l’associant à toutes ses campagnes apostoliques ; l’un soutenant l’autre, ils font entendre partout la parole de Dieu opportune et importune. C’est ce que reconnaîtra humblement le P. CETTOUR : « Dieu m’a fait une grande grâce en me donnant pendant vingt-cinq ans un mécène ou plutôt un ange gardien, qui a pris à cœur la pénible tâche de me former, de veiller sur moi. Ce qu’a été Paul pour Timothée, le bon Père VILLION l’a été pour moi ; comme Paul a suivi, dirigé son cher Timothée ; ainsi le P. VILLION m’a suivi et dirigé pendant les années que j’ai passées à Yamaguchi. »

     

    A son arrivée dans cette ville, il n’a pour paroissiens que son catéchiste et un policier. Il lui faut donc commencer par semer, s’il veut voir lever la moisson. Et comme il faut toujours s’adapter aux conditions du milieu, il exploite l’habitude des Japonais de se réunir le soir autour d’un « hibachi » (sorte de brasero), pour parler de tout et de rien. Lui, il parle de religion, d’abord avec ses voisins, puis devant des auditoires plus larges qu’il rassemble, au début, dans des locaux loués en ville ; deux fois la semaine il donne ainsi des conférences religieuses qui durent ordinairement jusqu’à minuit. Quand les chrétiens deviendront plus nombreux, c’est chez eux a tour de rôle que se tiendront les réunions.

     

    Mais cela ne lui suffit pas. Il profite de tout rassemblement, et même des fêtes païennes, pour présenter le message divin ; il n’hésite pas, lorsqu’il le faut, à porter la contradiction. C’est ainsi qu’un soir de 1904 il se rend à une conférence, annoncée à grand renfort de propagande, où un bonze doit « pulvériser » le christianisme en le montrant comme une religion antipatriotique et antijaponaise : le Japon est alors en guerre contre les Russes, qui sont chrétiens. Or la religion catholique demande qu’on pardonne aux ennemis et même qu’on présente la joue gauche à celui qui vous a frappé sur la droite. L’arrivée du Père qui, avec un confrère de passage, vient se mettre au premier rang, commence par enlever au conférencier sa belle assurance. Et lorsqu’il demande à prendre la parole à son tour, le bonze, après l’avoir injurié, lui refuse tout droit de réponse. Mais ce n’est pas du goût de l’auditoire qui se faisait déjà un plaisir d’assister à une joute oratoire. Et le conférencier, qui n’a convaincu personne ni pulvérisé le christianisme se retire la tête basse, n’ayant réussi qu’à attirer un bienveillante attention sur le Père.

     

    Pour entrer en contact avec les fonctionnaires, les professeurs et autres personnes plus difficiles à atteindre, il fonde, en 1903, une société. Cette « société de gens qui causent en buvant le thé » prévoit de petites réunions à heures et à jours fixes où l’on peut parler de tout, sauf de politique. Pour la première réunion, il envoie deux cents invitations ; 67 y répondent par leur présence ; parmi eux le maire et son adjoint et plusieurs personnalités de la ville ; d’autres, comme le préfet, se font excuser, mais promettent d’assister à la réunion suivante. Quelques années plus tard, il organise une conférence mensuelle pour les élèves de l’Ecole Normale : une centaine de ceux-ci, presque tous païens, y viennent régulièrement, manifestant ainsi le désir de s’informer sur la religion catholique.

     

    Non encore satisfait de ces auditoires de la ville, il va faire des conférences un peu partout dans son district, et même chez les confrères voisins, en particulier chez le P. VILLION, qui d’ailleurs le lui rend bien. Mais cette préoccupation de porter la parole de Dieu dans tous les milieux païens ne le fait pas abandonner le soin de ses néophytes, pour lesquels il institue un catéchisme de persévérance qui est très suivi et qui lui donne, surtout à Yamaguchi, beaucoup de consolations et d’espoirs car ses chrétiens se montrent fidèles à la pratique des sacrements et manifestent une charité conquérante, faisant preuve d’un esprit de prosélytisme qui n’a d’égal que celui de leur pasteur.

     

    Des nouveaux chrétiens, il en a en effet. Ses patients labeurs sont peu à peu récompensés ; les conversions se multiplient à un rythme régulier. En 1902 il n’enregistre encore que 7 baptêmes à Yamaguchi ; il en compte 12 en 1909. En 1911 leur nombre s’élève à 24 et se maintient ensuite à la moyenne d’une trentaine par an. Ces chiffres paraissent bien minimes ; ils représentent pourtant, vu l’époque et les circonstances, une moisson enviable. Les conversions au Japon ne sont jamais amorcées par des avantages matériels ; tout au contraire, chaque conversion représente une certaine part d’héroïsme, dont le moindre est de triompher des railleries de l’entourage, mais qui va parfois jusqu’au sacrifice de l’héritage et des puissants liens de la famille. Comme aime à le dire le P. CETTOUR, le pêcheur d’hommes au Japon ne peut être qu’un pêcheur à la ligne.

     

    Et cependant on peut dire que par ses conférences multipliées le Père a atteint toutes les couches de la société. En 1909 il a la joie de baptiser le fils d’un général et une ancienne dame de la cour. En 1911, il est l’heureux témoin de la conversion éclatante d’un catéchiste presbytérien, très connu et fort estimé, et d’un jeune bonze. Grâce à son influence le Catholicisme pénètre dans tous les milieux malgré les nombreuses difficultés suscitées par les bonzes pour contrecarrer l’action du missionnaire, mais qui n’ont pour effet que de la décupler.

     

    La bicyclette, instrument d’apostolat

     

    Toute cette activité apostolique pour porter partout le message de l’Evangile exige de nombreux voyages, et par suite, au début surtout, beaucoup de temps et de fatigues, car les moyens de communication sont encore rudimentaires. Aussi ne tarde-t-il pas à faire venir de France une bicyclette. C’est une des premières au Japon. Quels services ne rend-elle pas, permettant même au Père d’accomplir de véritables prouesses ! Un soir, au sortir d’une conférence chez un confrère, il apprend qu’un de ses chrétiens est mourant ; il célèbre la sainte messe peu après minuit ; à 2 heures, il est à bicyclette, et après avoir parcouru 15 lieues il arrive à 8 heures nu chevet du malade. En hiver, il se rend tous les mois à Yagi, où réside le P. VILLION, à une trentaine de kilomètres au nord de Yamaguchi. Il n’est pas rare qu’il ne parte de chez lui qu’après la réunion du soir et qu’il n’y revienne le lendemain soir qu’après avoir donné sa conférence chez son confrère. Le but du voyage n’est d’ailleurs pas la conférence, mais la confession de quinzaine, pour laquelle ils se rendent à tour de rôle l’un chez l’autre. Pendant les beaux jours de l’été, ils font chacun la moitié du chemin, lui à bicyclette, le P. VILLION à cheval ; la rencontre se fait dans une auberge de village bien tranquille. C’est pour eux une bonne journée de repos et de réconfort moral, où ils font provision de joie apostolique, où le jeune attise son ardeur près de son aîné, comme le faisait Timothée aux pieds de Paul.

     

    Le départ

     

    Nous voici arrivés en 1922. Après 25 années d’épreuves, de travaux pénibles et d’inlassable patience, le poste de Yamaguchi est solidement établi, et les résultats deviennent tangibles. L’avenir apparaît « ensoleillé d’espérance » et le Père commence à goûter les joies du ministère apostolique. Cela veut dire pour un défricheur qu’il a rempli son rôle et qu’il n’a plus qu’à quitter les lieux pour aller recommencer ailleurs.

     

    Justement une décision romaine vient de créer, en 1921, la nouvelle mission d’Hiroshima qu’elle a confiée aux Pères Jésuites allemands. Yamaguchi en fait partie. Et le P. Cettour, après avoir installé son successeur en septembre 1923, se rend à Kishiwada, sur la rive sud du golfe d’Osaka, face à Kobé. C’est là que Mgr CASTANIER, qui a remplacé Mgr CHATRON en 1917, lui demande d’aller occuper provisoirement la mission, qui a perdu son titulaire. Il n’y reste que très peu de temps, jusqu’à la nomination du P. Puissant, en avril 1924. Alors il est envoyé fonder un nouveau poste à Sakai, à mi-chemin entre Osaka et Kishiwada.

     

     

    SAKAI

     

    Sakai est une grande ville industrielle, qui tend de plus en plus à n’être qu’un faubourg d’Osaka. Autrefois c’était le grand port de la région ; il fut visité et évangélisé par S. François Xavier. A cause de la proximité d’Osaka et de la pénurie de personnel, la Mission Catholique n’y a pas encore fondé de poste, alors que neuf sectes protestantes y sont déjà en plein travail. Cependant il est urgent de le faire, car on pourrait y trouver une centaine de catholiques qui sont venus s’installer dans la ville ou les environs.

     

    Installation du poste

     

    L’ordre épiscopal est de trouver une maison convenable et de s’y installer pour le 1er mai. Le P. CETTOUR arrive et commence par louer un pauvre logement. Il convoque quelques chrétiens, car, pour trouver quelque chose de convenable, mieux vaut recourir à l’entremise d’un Japonais ; un étranger comme lui serait quasi assuré d’essuyer un refus, poli mais catégorique. Un chrétien habile et dévoué, accepte de tenter sa chance. Il s’y dépense pendant 15 jours, mais sans succès. Comme le 1er mai approche, le Père, en désespoir de cause, a la pieuse idée de recourir à S. Joseph, et 3 jours avant l’échéance il célèbre une messe en son honneur. Ce jour-là, le chrétien se sent comme irrésistiblement conduit vers une grande fabrique de caisses, qui vient d’être abandonnée et se trouve justement à louer. Ainsi au jour fixé, le Père a la joie d’offrir le saint sacrifice dans cet immense hangar, que Mgr CASTANIER va faire réparer et aménager : le catéchiste occupera l’étage ; le reste du personnel habitera le rez-de-chaussée et le Père s’installera dans une chambre de deux mètres sur trois. C’est là qu’il passe les six premières années. Comme à Yamaguchi les privations, les fatigues et les difficultés de toutes sortes sont quotidiennes. Ces années ne seront pas les moins méritoires ni les moins fécondes de sa vie de missionnaire. Mais le Père a atteint la soixantaine et sa résistance est moindre qu’autrefois dans son premier poste. Aussi est-il bientôt obligé d’aller prendre un peu de repos à Tokyo.

     

    A son retour sa préoccupation majeure est de remplacer son hangar de fortune par une installation définitive sur un terrain plus vaste et mieux situé. Il réussit à intéresser Mgr CASTANIER à son projet. L’évêque fait acheter un terrain rectangulaire d’une trentaine d’ares, dont la moitié appartenait à un chrétien de la paroisse. Bientôt surgissent de terre le presbytère, une maison pour le personnel et enfin une charmante chapelle « rayonnante de lumière et de piété », et, lui faisant suite, une magnifique salle de réunion qui lui permettra enfin de donner de belles conférences. Cette fois des subsides lui sont accordés par la Mission ; mais lui-même y dépense sans compter toutes ses ressources personnelles. Les constructions sont à peine terminées que le préfet lui rogne une partie de son terrain pour laisser le passage à une large route nationale. Mais cette perte est compensée par l’avantage qu’elle donne à l’ensemble paroissial d’une situation idéale, en bordure d’une avenue qui prendra de plus en plus d’importance. Un tel emplacement privilégié exige qu’un clocher surmonté d’une croix signale de loin l’église catholique. Le Père le fait élever pendant la visite à Rome de son évêque : c’est une simple tour carrée et massive, dépourvue d’élégance, mais du haut de laquelle une claire petite « savoyarde » annoncera les heures de la prière. A son retour Mgr CASTANIER est invité à venir admirer le chef-d’œuvre. « Oh, quel emplâtre m’avez-vous mis là ? » s’exclame l’évêque. « Monseigneur, rétorque le Père, vous pouvez l’enlever ; mais il figure déjà sur les cartes parmi les monuments de la ville. » L’argument est péremptoire ; et le clocher est toujours debout, symbolisant l’indomptable persévérance de celui qui l’a élevé.

     

    Le travail apostolique

     

    A son arrivée à Sakai, le Père CETTOUR recommence son apostolat par les conférences. Mais le milieu industriel est plus dur à entamer par cette méthode, et les débuts sont pénibles. La population semble moins évoluée qu’à Yamaguchi, et plus réfractaire à l’évangélisation. D’abord il multiplie les visites à domicile pour rassembler les chrétiens dispersés ; il espère atteindre par eux les païens. Au bout de quelque temps son église groupe 125 catholiques et trois ou quatre ans plus tard son petit troupeau compte 200 néophytes. Jamais il ne cessera ses conférences et nous avons vu qu’un de ses premiers soins a été de bâtir une grande salle de réunion dans cette intention.

     

    Mais ne faudrait-il pas songer à une autre méthode d’apostolat, plus moderne et plus adaptée à son nouveau milieu ? La vogue est alors aux jardins d’enfants, et ce n’est pas sans raison puisque le Japon est le paradis des bambins. Et c’est une méthode pleine d’espérance, car celui qui prend l’enfant par la main a des chances de prendre ses parents par le cœur. Or justement il n’y a encore rien de pareil dans le voisinage. Le Père a son projet en tête, lorsque Mgr de GUEBRIANT, au cours de sa visite aux Missions d’Extrême-Orient, vient le voir à Sakai. « Votre terrain est magnifique, fait-il remarquer, mais il est vide ; il faudrait des œuvres. » Des œuvres ? Bien sûr, mais... Monseigneur devinant la difficulté demande : Combien vous faut-il ? » – « Oh ! mille yens suffiraient ». Et le visiteur lui en remet généreusement cinq mille. Le projet prend corps aussitôt. Un plan, dressé par un entrepreneur, est envoyé à la Préfecture d’Osaka, qui l’approuve immédiatement. Mais de là à obtenir l’autorisation de commencer les travaux, il y a de la marge ! Toute la marge qu’y met une bureaucratie pointilleuse, exigeante lorsqu’il s’agit d’étrangers, surtout quand on nourrit à leur égard une sournoise antipathie. Pendant qu’il multiplie les démarches, la municipalité, mise au courant des projets du Père, aménage dans les plus brefs délais une salle d’école du voisinage pour en faire un jardin d’enfants. Néanmoins le Père finit par obtenir la permission de construire. Mais son école maternelle est à peine inaugurée qu’il apprend que la municipalité a décidé la création d’un second jardin à 1 km du sien. Pour éviter l’encerclement, il envoie une protestation véhémente au conseil municipal : « Si vous n’avez en vue que l’intérêt de la population, je vous serais reconnaissant, et la ville aussi sans doute, de bâtir votre nouveau jardin dans un quartier où le besoin s en fait réellement sentir ». Cette lettre suscite une opposition au sein du conseil ; et surtout tous les journaux de la ville s’emparent de l’affaire. C’est la meilleure réclame qui puisse être faite. L’inspecteur primaire et les directeurs de tous les jardins de la ville demandent au Père de bien vouloir faire partie de la fédération des écoles enfantines. La partie est gagnée. Si à l’ouverture du jardin, en pleine année scolaire, il n’y a que 6 enfants pour 2 maîtresses, à la rentrée suivante il y en a une trentaine, et dès la troisième il doit en refuser et se décider à agrandir ; il ajoutera même un petit ouvroir pour jeunes filles.

     

    Au début, il confie la direction à des laïcs, parce qu’il trouve que des religieuses, embrigadées dans leur règlement, n’auraient ni la facilité, ni les loisirs suffisants pour travailler à l’apostolat direct auprès des familles, et particulièrement des mamans qui lui confient leurs enfants. Cependant sur les instances de son évêque il finit par céder la direction de l’œuvre aux sœurs de la congrégation japonaise « Caritas ». Mais il veille jalousement à ce que son jardin soit vraiment un instrument d’apostolat. Chaque mois il réunit les mères de famille pour leur parler de la religion, et souvent il fait venir des prêtres japonais pour ces conférences mensuelles.

     

    Enfin le Père a une triste occasion de faire connaître au public tous les trésors de son cœur. Le 21 septembre 1934, survient un typhon d’une violence inouïe. Il s’occupe sans compter des sinistrés, leur distribuant vivres et vêtements. Il ouvre même la mission à certains de ceux qui sont sans abri, et adopte 27 familles. Ces actes de miséricorde répandent le bon renom de la mission catholique à travers la ville.

     

    Tout ce travail apostolique ne reste pas sans résultat. S’il a été encore plus pénible qu’à Yamaguchi, il semble qu’il ait été aussi plus fécond. Sa chapelle qui, en 1930, abrite quelque deux cents catholiques, en accueille 36 nouveaux en 1932. La création de son jardin d’enfants fait naître autour de la mission une ambiance de sympathie, et en 1934 la paroisse compte 250 fidèles, alors que les trois maîtresses de son école s’affairent autour de leurs 95 enfants. En 1935 le Père atteint son chiffre record avec cinquante baptêmes, dont vingt-cinq d’adultes. En 1937 il n’inscrit sur ces registres que 27 adultes nouveaux, mais cinq familles au complet demandent à se convertir. A la veille de la seconde guerre mondiale, il a encore la joie de baptiser une quarantaine de catéchumènes.

     

    Sous la protection de S. Joseph

     

    Pendant la guerre, les bombardements n’épargnent pas la ville de Sakai, qui est presque entièrement dévorée par l’incendie. Le Père et son personnel doivent littéralement se faire un chemin à travers les flammes pour fuir le danger, abandonnant tout à la Providence. Dans sa détresse, il se tourne encore une fois vers S. Joseph, son protecteur de toujours : « C’est vous qui m’avez trouvé un terrain et une maison, qui m’avez aidé en toutes circonstances ; alors gardez moi l’église intacte jusqu’à la fin de la guerre. » Quelqu’un vient alors annoncer que le feu se propage à l’école maternelle. Le Père, son personnel et des voisins dévoués se précipitent et arrivent à maîtriser le feu ; les dégâts sont relativement faibles. Quant à l’église, elle n’a pas été touchée et elle restera intacte jusqu’à la fin. Aussi en reconnaissance de cette protection particulière, S. Joseph est-il intronisé Patron de la paroisse, et sa statue mise en place d’honneur.

     

    Nouveau départ

     

    Le premier but de la Société des Missions Etrangères est de former, en chacune des régions qui lui sont confiées, un clergé autochtone, afin de pouvoir, le moment venu, lui transmettre toutes les œuvres et tous tes postes qu’elle a pu y créer. L’heure a déjà sonné pour le clergé japonais de prendre le relais, et en 1948 le moment est arrivé pour le P. CETTOUR de laisser à ses heureux successeurs son poste de Sakai, solidement établi et plein de promesses, avec un enclos paroissial magnifique, une école enfantine très prospère et un noyau d’excellents néophytes. Une fois de plus, fidèle à la tradition, il fait le sacrifice de ce qui a été sa raison de vivre pendant vingt-cinq ans ; mais cela ne l’empêche pas d’en ressentir la pénétrante morsure ; il a le cœur navré, parce qu’il espérait bien finir ses jours sur ce cher terrain de son apostolat.

     

     

    Les dernières années

     

    En septembre 1948, le Père a 81 ans. Ce n’est pas qu’il soit vieux, mais il se sent trop âgé pour accepter de nouveau la charge d’une paroisse.

     

    L’aumônier du Carmel

     

    Il accepte donc de mener une vie semi-contemplative, comme aumônier du Carmel de Nishinomiya. C’est pour lui une grâce de la petite sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qu’il puisse ainsi se préparer à répondre en bon et fidèle serviteur à l’appel du Maître, et, en attendant, de soutenir de ses prières les efforts des jeunes missionnaires.

     

    Cependant sa retraite n’est que relative ; il a encore des forces à dépenser ; il se plaît à instruire les catéchumènes et à administrer les quelques fidèles qui vivent à l’ombre du couvent. Ne voulant pas limiter la proclamation de la parole de Dieu à quelques minutes hâtives, il prépare ses sermons et les rédige avec autant de soin que pendant sa jeunesse.

     

    Les religieuses lui gardent une reconnaissance profonde pour le témoignage qu’il leur donne d’une vie de piété exemplaire et de rigoureuse régularité. En retour elles savent s’y prendre pour le faire accepter toutes leurs gâteries. C’est chez elles que, le 30 juin 1956, il célèbre dans l’allégresse ses soixante ans de sacerdoce et d’apostolat missionnaire ininterrompu.

     

    L’hôte des Frères de S. Jean de Dieu

     

    Cependant, malgré son désir, le Carmel ne sera pas le dernier abri de ses vieux jours. En 1958, ne pouvant plus assurer son service d’aumônier à cause de ses infirmités, il accepte de s’en remettre aux soins des Frères de S. Jean de Dieu, qui viennent de construire une maison de repos à Suma, dans le quartier ouest de Kobé. Entouré de soins filiaux, il va y passer quatre années de silencieuse retraite, ne vivant plus que de sa messe, son bréviaire et son chapelet. Installé dans une chambre confortable, dans un site de verdure avec vue splendide sur la mer, affectueusement traité, il se trouve dans des conditions idéales pour attendre l’heure du Seigneur.

     

    Ne comptant plus que sur la couronne que Dieu réserve à ses bons serviteurs, il est tout étonné d’apprendre que le gouvernement français va le décorer à l’occasion du centenaire du rattachement de la Savoie à la France. « 63 ans passés sans interruption au Japon, mais c’est tout naturel, puisque, grâce à Dieu, ma santé a toujours été excellente ! »

     

    La remise de la décoration est fixée au 16 décembre 1960. Mais peu s’en faut qu’il ne la reçoive pas, car, huit jours avant, il fait une chute qui inspire les plus graves inquiétudes et est extrémisé. Heureusement sa robuste constitution lui permet de prendre le dessus. Au jour dit, dans le salon de l’hôpital des Frères, le consul de France à Kobé, représentant l’Ambassadeur, épingle sur la soutane de notre vétéran la croix de la Légion d’Honneur : « Vous avez été au Japon à la fois le bon ouvrier de l’Evangile et l’image vivante de notre pays dans ce qu’il a de meilleur. Le Gouvernement s’honore en reconnaissant l’œuvre que vous avez accomplie avec une modestie et une persévérance exemplaires. » Dès le lendemain, les grands journaux japonais, dont certains tirent à plusieurs millions, publient, avec la photographie du Père, un compte rendu élogieux.

     

    Ce qu’il accepte dans cette distinction, c’est la reconnaissance publique du travail des missionnaires. Tout en rejetant scrupuleusement toute intention politique ou patriotique concernant son pays d’origine, il admet que si les mauvais exemples de certains de ses compatriotes font mal juger de leur patrie, il soit juste qu’une longue vie de dévouement et d’abnégation soit tout à son honneur, et il s’en réjouit. Mais personnellement il a l’impression qu’il va se présenter devant Dieu les mains vides. « Si j’avais eu le courage d’imiter le bon P. VILLION, avec lequel j’avais si bien commencé, mon passé serait plus consolant ; et les fruits, les résultats, combien plus beaux ! C’est le regret de ma vie. Cependant cette humilité est jointe à une confiance d’enfant qui lui donne une grande sérénité, qui ne manque pas de frapper ceux qui le visitent dans sa retraite. Il aime à méditer cette pensée de la petite Thérèse de Lisieux : « Quand j’aurais accompli toutes les œuvres de S. Paul, je me croirais encore son serviteur inutile ; mais c’est justement ce qui fait ma joie, car, n’ayant rien, je recevrai tout du Bon Dieu... L’amour, un don infini, ne peut reposer que dans des mains vides. »

     

    Le 18 décembre, deux jours après cette manifestation, il éprouve une joie bien plus douce, celle de pouvoir remonter au saint autel, très peu de temps en somme après sa chute. C’est qu’en effet il a encore bien solidement les deux pieds sur terre. Mais il perd de plus en plus la notion du temps et des choses. Il doit progressivement faire le sacrifice de sa messe, puis de son bréviaire, qu’il continue cependant à feuilleter, car c’est un vieil ami qu’il ne peut oublier. Dans les dernières semaines, on le voit encore se promener dans les couloirs, le chapelet à la main, espérant que quelqu’un viendra l’aider à réciter les « ave » qui ont de la peine à monter jusqu’à ses lèvres.

     

    « Pourquoi le Bon Dieu ne me rappelle-t-il pas chez Lui ? Mais il faut attendre son heure. » Cette attente lui paraît peut-être longue, mais elle est pour tous un témoignage de la paix tranquille que le Seigneur accorde à ceux qui se sont donnés à lui sans réserve et sans reprise. Enfin le 12 septembre 1962, l’heure est arrivée et le P. CETTOUR s’éteint tranquillement, sans maladie, simplement usé par une longue vie de labeurs et de marches apostoliques.

     

    La messe d’enterrement est chantée le surlendemain par le P. DELBOS, supérieur régional, dans l’église du Sacré-Cœur de Nakayamate, à Kobé, en présence de LL. EE. Mgr TAGUCHI, évêque d’Osaka, qui donne l’absoute, et Mgr FURUYA, évêque de Kyoto. Le R.P. NISHIMURA, vicaire général, fait revivre, devant une assistance recueillie dans un religieux respect, les étapes de la vie missionnaire de notre patriarche. Il repose maintenant au cimetière des étrangers, sur la montagne qui domine la ville de Kobé, au nord.

     

    Nous ne sommes pas prêts d’oublier le P. CETTOUR à la personnalité si forte avec sa foi solide de montagnard, vigoureuse et ardente dans son expression, simple et claire, comme celle d’un enfant, dans son cœur si délicat, toujours humblement consciente des limites des forces humaines. Defunctus adhuc loquitur.

     

     

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    • Numéro : 2196
    • Pays : Japon
    • Année : None