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Camille Jean-Baptiste CASTANIÉ (1865-1933)

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    M. CASTANIÉ (Jean-Baptiste-Camille) né à Golinhac (Rodez, Aveyron) le 1er novembre 1865. Entré tonsuré au Séminaire des Missions-Étrangères le 8 septembre 1887. Prêtre le 24 juin 1890. Parti pour Coïmbatore le 15 octobre 1890. Mort à Coïmbatore le 20 septembre 1933.

     

    Jean-Baptiste-Camille Castanié naquit à Golinhac, hameau de Bessoles (Aveyron), le 1er novembre 1865. Dieu plaça son berceau au sein d’une famille profondément chrétienne et partriarcale dans laquelle la religion et l’honneur tenaient la première place. Son père et sa mère, époux exemplaires, consacraient leur intelligence et leur cœur à l’éducation de leurs enfants dans la modeste condition de cultivateurs. Ils donnèrent le jour à douze enfants dont quatre montèrent au Ciel pour prendre place avec les anges peu de temps après leur naissance.

     

    Camille fut l’aîné des huit qui vécurent. De bonne heure il fréquenta l’école de son village où il devint le modèle de ses petits camarades, se faisant remarquer par sa piété, son amour de l’étude et sa bonté pour tous. Ses goûts simples et modestes lui faisaient trouver un réel plaisir à la garde des troupeaux qui occupait ses vacances ; il s’amusait à tracer avec son couteau des croix et des ciboires sur l’écorce des arbres qui entouraient les pacages, premier indice de sa noble vocation.

     

    Admirablement doué pour le travail manuel, à l’exemple de sa mère, il trouvait une distraction favorite dans le maniement de l’aiguille et du fuseau. Plus tard, quand il eut appris à se servir de la scie et du pinceau, il sculpta et décora une niche pour la Vierge, encore aujourd’hui accrochée aux murs de sa chambre. En lui s’alliaient heureusement l’humeur douce et aimable de sa mère et le caractère ferme et résolu de son père, faisant concevoir les plus belles espérances.

     

    Vers sa quinzième année, il entra, avec son frère Emile, au collège de Camonil, à Rodez. De là, il passa, en 1883, au petit séminaire de Saint-Pierre. Au début de l’année 1885, il fit connaître à ses parents le désir qu’il nourrissait dans son cœur d’aller continuer ses études au Séminaire des Missions-Étrangères, à Paris. Mais ses parents, qui avaient tout fait pour favoriser sa vocation sacerdotale et qui n’auraient reculé devant aucun sacrifice pour avoir un fils prêtre dans le diocèse, ne purent tout d’abord se résigner à la pensée d’une si douloureuse et définitive séparation.

     

    Le combat ne fut pas moins long et pénible dans l’âme du jeune Camille. Rien ne révèle mieux son état d’âme que sa correspondance du Séminaire des Missions-Étrangères, pieusement conservée dans les archives familiales. Et faisant allusion à son entrée au grand séminaire de Rodez en 1885, il écrivait : « J’ai dû retarder de deux ans mon départ pour le « Séminaire des Missions-Étrangères parce que je ne me sentais pas assez de courage pour « vous abandonner, tant mon cœur désirait vous faire plaisir. » Et il écrivait de Meudon en décembre 1887 : « J’ai dû, moi aussi, faire un grand sacrifice, verser d’abondantes larmes et « me faire violence pour me séparer de vous. »

     

    Une fièvre typhoïde qui le mit aux portes du tombeau le détermina à s’engager par vœu à se consacrer aux Missions si la divine Providence lui conservait la vie : « Le bon Dieu, écrira-« t-il plus tard à ses parents, a semblé me punir pour avoir résisté à l’appel qu’il me faisait en « m’envoyant une longue et périlleuse maladie. Mais tout cela devait servir à ma « sanctification et à la vôtre. Aussi, aujourd’hui quand je jette un regard sur le passé, je ne « puis m’empêcher de reconnaître la main de la Providence dans tout cela. Je suis heureux et « content au Séminaire des Missions-Étrangères parce que c’est bien le bon Dieu qui m’a « conduit ici, qui a tout arrangé et tout disposé pour ma vocation. En outre, je suis heureux et « content parce que je sais que maintenant vos cœurs généreux et chrétiens ont donné « entièrement à Dieu leur cher Camille et qu’ils sont fiers de voir leur fils aspirant « missionnaire. Je vous remercie, ô mon Dieu, de m’avoir donné de tels parents. Daignez les « récompenser de tout ce qu’ils ont fait pour moi. Faites que je ne sois pas indigne d’eux. « Soyez leur consolation et leur soutien à l’heure de la mort et bénissez-les dans leurs autres « enfants ».

     

    Toutes les lettres qu’il adresse à sa famille montrent combien il désire associer ses chers parents à son bonheur de se voir élevé par étapes successives à la dignité de ministre du Seigneur. Elles sont une préparation continuelle au généreux sacrifice qui doit en être le couronnement.

     

    Le 4 août 1890, il fait connaître à ses parents sa future destination pour la Mission de Coïmbatore, les invitant à dire avec lui : « Que la volonté de Dieu soit faite ; mon Jésus, je me « donne tout entier et j’accepte avec toute la générosité dont je suis capable les sacrifices que « vous me demandez. » Quelques jours après, il se rendait à Lourdes pour renouveler son sacrifice à la Sainte Vierge, et prier pour sa nouvelle Mission.

     

    Le jour du départ étant proche, il fit une dernière visite à sa famille. Ce fut une série de poignantes émotions où la joie fut mêlée à bien des larmes. Ses adieux à la paroisse de Golinhac furent touchants, et les témoins oculaires de cette cérémonie n’ont pas oublié le souvenir émouvant de cette inoubliable journée. M. Castanié n’est jamais revenu dans sa famille. Maintes fois du fond de l’Inde, il écrivit : « Dieu ne nous a séparés ici-bas que pour nous unir à jamais dans le Ciel. »

     

    Notre nouveau confrère arriva à Coïmbatore en décembre 1890. Sa merveilleuse santé faisait dire à Mgr Bardou qui le voyait pour la première fois : « Voilà un solide missionnaire qui fournira une longue carrière. » En effet, il eut pendant 42 ans la direction de différents districts et ce ne fut qu’un an seulement avant sa mort, que la maladie l’obligea à se reposer.

     

    Les premières années de sa vie de missionnaire se passèrent à Atticodoo, Erichambadi et Sainte-Marie d’Ootacamund où il put s’initier au ministère et étudier la mentalité indienne. A Erichambadi, surtout, il eut à souffrir du tempérament frondeur et entêté de ses chrétiens qui, sans s’en douter, donnaient à leur pasteur de nombreuses occasions d’acquérir les vertus de patience et de ténacité dont il donnera l’exemple pendant toute sa vie.

     

    Après ces quelques années d’une solide formation, il fut appelé à diriger l’imposante paroisse de Pallapalayam où il passa une vingtaine d’années. Homme essentiellement pratique, il ne se lançait point dans de vastes entreprises qui bien souvent se terminent en échecs décourageants ; mais il réfléchissait et, après un examen sérieux prenait ses décisions à bon escient, n’ayant en vue que le plus grand bien de ses chrétiens. La jeunesse surtout était le principal objet de son zèle, aussi préparait-il avec assiduité les enfants à la confession et à la communion. Convaincu de la nécessité de la prière pour atteindre son but, il établit dans la paroisse la Confrérie de l’apostolat de la Prière, et réussit ainsi à faire de Pallapalayam la meilleure paroisse du diocèse ; son dernier compte rendu en donnait une preuve éclatante : 5.921 confessions et 17.345 communions de dévotion pour une population de 1.434 chrétiens.

     

    Pendant sa longue et fructueuse vie d’apostolat, M. Castanié jouit toujours, nous l’avons dit, d’une bonne santé. Ce n’est qu’au début de 1932 qu’il sentit ses forces diminuer, et fut contraint d’aller se reposer quelque temps au Sanatorium de Saint-Théodore. L’air pur de la montagne sembla d’abord lui être favorable ; mais le cœur était atteint, et au début de la mousson, les docteurs lui conseillèrent de redescendre dans la plaine. Il eut été heureux de revenir à Pallapalayam pour assister un de ses enfants qu’il avait dirigés vers le sacerdoce et qui célébrait sa première messe dans cette paroisse, mais la faiblesse augmentant de jour en jour, cette douce consolation lui fut refusée. Eprouvant une très grande fatigue, il pressentit qu’il était « au bout de son rouleau. » Avec beaucoup d’esprit de foi, il se prépara à la mort, mit ordre à ses affaires temporelles, reçut les derniers sacrements et le 20 septembre 1933 il rendait son âme à Dieu.

     

    Les funérailles eurent lieu le lendemain ; de nombreux prêtres européens et indiens, les enfants des pensionnats et orphelinats et une foule considérable de chrétiens accompagnèrent notre regretté confrère au cimetière de Coïmbatore où il repose maintenant en attendant le jour de la résurrection. Son souvenir restera longtemps vivant chez les chrétiens de Pallapalayam et de Karumattampatti où M. Castanié passa quelques années. L’affection sincère des enfants pour leur Père, se traduisit par la demande de nombreuses messes pour le repos de son âme.

     

    Nous perdons en lui un bon confrère, modèle d’ordre et de régularité. Il a offert toutes ses souffrances et fait le sacrifice de sa vie pour sa chère Mission de Coïmbatore ; du haut du Ciel il ne cessera d’intercéder pour elle.

     

     

     

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    • Numéro : 1898
    • Pays : Inde
    • Année : None