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Joseph CASANAVE 1860-1930

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    DIRECTEUR  AU  COLLÈGE  GÉNÉRAL  DE  PENANG

    M. CASANAVE ( Joseph) né le 29 novembre 1860, à Escot, diocèse de Bayonne ( Basses-Pyrénées). Entré minoré au Séminaire des Missions-Etrangères le 29 février 1884. Prêtre le 27 septembre 1885. Parti pour le Collège général de Penang le 18 novembre 1885. Mort à Escot le 16 janvier 1938.

     

    M. Joseph Casanave naquit à Escot, dans le diocèse de Bayonne, le 29 novembre 1860. il appartenait à une nombreuse famille dont trois des enfants s’étaient déjà consacrés au Bon Dieu. La mère mourut assez jeune, mais après avoir donné à ses enfants l’exemple d’une vie toute vertueuse ; le père, instituteur très chrétien, leur inculqua les principes d’une grande charité fraternelle qu’ils observeront toute leur vie.

    Joseph Casanave fit ses études au collège d’Oloron, auquel il resta toujours très attaché, puis passa quelque temps au grand séminaire diocésain avant d’entrer aux Missions-Etrangères. L’impression que conservèrent de lui ses confrères de Bayonne et de Paris est qu’il était foncièrement pieux, d’une piété communicative ; cependant il n’était connu intimement que par quelques amis seulement ; c’est à eux qu’il manifestait ses projets d’avenir en leur laissant entrevoir combien profond était en lui le désir d’aller convertir les païens.

    Il fut ordonné prêtre le 27 septembre 1885 ; quelque temps après il se rendit au pays natal pour dire adieu à son père et à ses autres parents et amis ; et à cette occasion M. Casanave voulut faire une dernière visite à ses anciens directeurs au grand séminaire de Bayonne où l’on remarqua son visage pâle, indice d’une santé délicate, qui, pensait-on, devait résister difficilement au climat d’Extrême-Orient.

    Le 18 novembre de la même année, il quitte Paris pour le Collège général de Penang auquel il était destiné et y arrive la veille de Noël. Sans plus tarder, il se met au travail avec beaucoup d’ardeur malgré son état de santé qui dès le début réclame des soins spéciaux. Pendant une année environ, il enseigne sans trop de peine le latin aux petits séminaristes ; mais bientôt un repos prolongé lui est nécessaire. Il s’embarque donc pour Hongkong le 28 mars 1887 ; le médecin du sanatorium l’examine sérieusement et déclare qu’il est impossible à M. Casanave d’enseigner. « La poitrine, dit-il, est tellement faible par suite de la constitution débile et anémiée du malade, que l’effort nécessaire pour parler à haute voix chaque jour le conduirait rapidement à l’épuisement complet et le forcerait de suspendre absolument tout travail. » Il se soumet aux prescriptions du médecin et demeure au sanatorium de Béthanie ; ce n’est que le 8 février 1888 que, sur sa demande instante, il revient à Penang. A son retour au Collège il lui semble avoir retrouvé suffisamment de forces pour enseigner une petite classe de latin ; hélas, l’essai ne fut pas heureux car il dut cesser tout travail.

    Dans le courant d’octobre 1888, le médecin conseille un retour d’urgence en France :  « Peut-être, pense-t-il, un séjour très prolongé en Europe pourra-t-il rétablir une santé aussi anémiée qu’est celle de M. Casanave ; cependant, même si la guérison devait être complète, il serait tout à fait imprudent qu’il revînt dans ces pays tropicaux, trop débilitants pour une aussi faible constitution ». Il fallut bien se soumettre à cette déclaration catégorique du médecin. Le 20 octobre 1888, après avoir passé trois ans à peine en mission, dont 10 mois au sanatorium, M. Casanave retourna définitivement en Europe.

    Il ne serait pas juste de dire que l’activité missionnaire de notre confrère se termina avec son retour en France ; à côté de l’apostolat par la parole, il en est un autre, plus obscur sans doute, mais non moins efficace, celui de la souffrance. Or il vivait en la présence continuelle de Dieu et dans le souvenir du Christ souffrant avec lui : « il était heureux, disait-il, d’offrir sa totale impuissance pour sa chère Société des Missions-Etrangères et pour le salut des païens ». Pendant 49 ans, M.Casanave ne cessa de porter généreusement sa croix pour aider ses confrères qui travaillent dans les missions !

    La vie de ce missionnaire, retiré ainsi à l’âge de 28 ans dans sa paroisse natale, fut une vie toute de souffrances physiques et morales : la plus grande assurément fut celle de ne pouvoir jamais retourner en mission. Pour ceux qui le connurent particulièrement, pour ses deux sœurs en particulier, qui l’ont soigné avec dévouement, il fut un sujet d’édification ; les curés voisins d’Escot considéraient volontiers la maison de M.Casanave comme une véritable Béthanie ; accablés d’ennuis par les soucis de leur ministère, ils aimaient à y venir chercher les consolations surnaturelles. L’un d’eux n’hésita pas à dire, le jour de ses obsèques : « Bénissons le Seigneur de nous avoir procuré la société et l’intimité d’un saint ».

    Ainsi s’écoula la vie de M. Casanave, vie obscure, vie de sacrifice et de prière. Pendant la dernière année, il fut dans l’impossibilité de célébrer la sainte messe, ce qui fut pour lui une grande privation, car la façon dont il avait coutume de s’y préparer montre combien il avait en haute estime la grandeur du divin sacrifice. Cependant de Bon Dieu ne voulut pas l’en priver complètement, puisque chaque semaine, un prêtre du voisinage venait célébrer dans son oratoire particulier.

    Lorsque la mort vint le 16 janvier 1938, elle ne surprit pas notre confrère ; il l’attendait depuis longtemps, et s’y préparait tous les jours. Elle arriva tout doucement, sans aucune secousse ; il garda une parfaite lucidité d’esprit jusqu’au dernier instant, et c’est en pleine connaissance qu’il put répéter ces quatre mots qu’il a réalisés toute sa vie : « Pater, fiat voluntas Tua ».

     

     

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    • Numéro : 1677
    • Pays : Malaisie
    • Année : None