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Hervé Roger CAMBON (1920-1984)

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    • Né le 24 décembre 1920 à Fontenay-sous-Bois, diocèse de Créteil, Val-de-Marne
    • Entré aux Missions Étrangères le 1er octobre 1940
    • Prêtre le 21 décembre 1946
    • Destination : Service des Procures
    • Parti le 17 décembre 1947
    • En service dans diverses procures : 1948-1963
    • Assistant de l’Économe général à Paris le 22 décembre 1963
    • Décédé à Montbeton le 19 avril 1984

    Obsèques à Montbeton le 24 avril 1984

     

     

    Enfance et jeunesse

     

    Roger Cambon naquit à Fontenay-sous-Bois, le 24 décembre 1920. Il fit toutes ses études au collège Albert-de-Mun, à Nogent-sur-Marne. Nous ne savons pas comment lui vint le désir de consacrer sa vie à l’apostolat en mission. Sur le conseil de son directeur, il vint d’abord prendre contact avec les Missions Étrangères, au cours du mois de juillet 1939. Il eut quelques entretiens avec le P. Destombes. Son impression fut favorable, puisque, le 30 juillet, il fit sa demande d’entrée. Admis quelques jours après, au début d’août, il partit heureux pour un temps de vacances dans le midi, se promettant bien de revenir à Paris pour la rentrée au mois de septembre. Les événements modifièrent ce plan. Avec la déclaration de la guerre, au début de septembre, et la mobilisation de certains professeurs, tout était désorganisé et la rentrée à Paris n’eut pas lieu. C’est pourquoi Roger Cambon fut admis, en tant qu’aspirant des Missions Etrangères, au grand séminaire de Montpellier. Il y passa une année scolaire. Pendant cette année 1939-1940, on avait réorganisé le séminaire de Paris. Aussi Roger Cambon rentra-t-il le 1er octobre 1940, à la Rue du Bac. Un peu plus tard, il fut obligé d’interrompre ses études pendant au moins six mois, pour cause de santé. Il quitta aussi le séminaire en 1944, pour échapper au STO, et passa une année dans la famille Henriot, dans le Doubs. La menace du STO dissipée, il revint à Paris, fut ordonné prêtre le 21 décembre 1946 et reçut sa destination pour le service des Procures. Ce n’était probablement pas ce qu’il avait rêvé. Comme les départs pour l’Extrême-Orient n’étaient pas possibles, le P. Cambon dut attendre jusqu’au 17 décembre 1947.

    En mission

    Toute la vie du P. Cambon s’est déroulée au service de la Société et des confrères dans les Procures. Arrivé à Hongkong le 14 janvier 1948, il fut envoyé à Shanghai, le 15 mars, comme adjoint au P. Amiotte. Il y resta quatre ans. Il y serait probablement resté plus longtemps s’il n’avait pas été expulsé par les communistes, le 23 février 1952.

    Après quatre mois passés à Hongkong, le P. Cambon reçut son affectation pour Saïgon, comme assistant du P. Moreau. Il y resta pendant deux ans. Puis l’économe général l’envoya à San Francisco, au début de 1955, pour aider le P. Arvin, titulaire de cette procure. Il y passa trois ans. Il fut ensuite envoyé à Toronto (Canada) pour assister le P. Tournier. Il serait volontiers resté à Toronto, mais pour des raisons particulières, on eut alors besoin de lui à Bangkok. Il fut détaché à Bangkok pour s’occuper des intérêts de la Société, de l’organisation et de la direction de la maison régionale. Tout en organisant cette nouvelle maison, il remplissait aussi les fonctions d’économe régional et local. Sa présence et son aide étaient hautement appréciées. Quand tout fut réglé à Bangkok, il rentra en France, le 24 juillet 1963, et prit un congé.

    C’est alors que le P. Peinaud, nouvellement nommé Économe général et résidant à Paris, exprima le désir d’avoir le P. Cambon comme assistant, chargé plus spécialement de la comptabilité et des travaux. C’est après son congé, au mois de novembre 1963, que le P. Cambon prit sa fonction à Paris. Il devait y rester jusqu’en 1983, jusqu’a sa maladie.

    En ce qui concerne la comptabilité, il examinait avec le plus grand soin les comptes des régions et des maisons communes. Il établissait un bilan remarquablement .soigné et clair que l’économe général présentait au Conseil permanent.

    Pour les travaux, il serait fastidieux d’énumérer tout ce qu’il a entrepris dans la maison de Paris et les autres maisons de France. Naturellement, il agissait toujours en accord avec les membres du Conseil permanent. Tous les projets et devis importants étaient soumis à leur approbation. Cela fait, il n’aimait pas que des changements ou des modifications interviennent en cours d’exécution. À ce sujet, il exprimait parfois son agacement. Dans la maison de la Rue du Bac, on peut dire que l’on a continuellement sous les yeux le résultat de tel ou tel travail réalisé sous la direction du P. Cambon. Une de ses œuvres les plus importantes fut la récente réfection de la crypte. Il y mit vraiment tout son cœur.

    En plus de la maison de Paris, le P. Cambon s’est beaucoup occupé de la maison de Montbeton. Il a surveillé la construction et l’aménagement du nouveau pavillon et réalisé de nombreuses améliorations dans la maison, pour un plus grand confort des confrères. Il a aussi rénové la chapelle. C’est pourquoi les confrères ont demandé qu’une plaque soit placée sur sa tombe en témoignage de leur reconnaissance. Le P. Cambon aimait beaucoup Montbeton. Il y allait à peu près tous les mois. Il quittait Paris en voiture vers 3 heures du matin, après avoir célébré la messe, pour arriver vers 10 ou 11 heures. Non seulement il surveillait les travaux en cours, mais son séjour lui procurait une détente. Il visitait les confrères et, à son retour, nous communiquait les nouvelles des uns et des autres.

    La maison de Lauris était aussi l’objet de son attention. Le P. Cambon savait estimer les ouvriers des diverses entreprises dont il employait les services ; il savait les apprécier, mais aussi les surveiller, n’hésitant pas à demander le changement de tel ou tel qui ne lui donnait pas satisfaction. À certaines périodes, il y eut des vols dans la maison, à Paris. Certains ne se gênaient pas pour dire : « Ce sont les ouvriers. » Le P. Cambon les défendait vigoureusement.

    Quand il allait à Lauris, il s’y rendait d’habitude en partant de Montbeton et gagnait Lauris par la route du midi. C’est précisément à Lauris, au soir d’un voyage, venant de Montbeton, qu’il eut sa première crise, pendant qu’il regardait la télévision. Le médecin diagnostiqua des troubles d’origine nerveuse. Après avoir subi de multiples examens et tests qui, d’ailleurs, ne donnèrent aucun résultat, le P. Cambon, se sentant en forme, regagna Paris seul, en voiture, sans incident. Tout en restant sous surveillance médicale, il reprit partiellement son travail. Au bout de quelques semaines, comme tout semblait calmé, il partit seul en voiture pour Montbeton. Le voyage se passa bien. Mais peu après son arrivée à Montbeton, les crises reprirent, avec un engourdissement d’abord, puis une certaine paralysie du côté droit. Il subit des examens poussés à Toulouse, sans qu’on puisse déceler la cause du mal. On lui conseilla alors de revenir à Paris, pour y subir de nouveaux examens. Les docteurs émirent alors l’hypothèse qu’il s’agissait d’un parasite que l’on chercha en vain. On finit par se rendre compte qu’il avait une tumeur au cerveau. Hospitalisé à la Pitié-Salpêtrière, il fut opéré. Dès qu’il fut capable de supporter le voyage, on le transporta de nouveau à Montbeton. L’opération ne fut pas inutile ; elle lui procura quelques semaines de soulagement. Mais bientôt le mal reprit de la virulence et le P. Cambon s’éteignit, le 19 avril 1984, au matin du Jeudi-Saint. C’est au ciel qu’il alla célébrer la fête du sacerdoce. A cause de la semaine sainte et des fêtes de Pâques, les obsèques n’eurent lieu que le mardi 24 avril.

    L’homme – Le prêtre

    À ceux qui n’ont vu le P. Cambon que du dehors, soit en passant, soit même au cours d’une longue cohabitation, il a sûrement paru très réservé et d’un abord plutôt froid. C’est un fait que le P. Cambon était peu communicatif. Mais cela tenait surtout à son tempérament timide et un peu renfermé. Aussi, certains qui le connaissaient mal avaient tendance à le juger assez sévèrement. Cela le faisait beaucoup souffrir. Étant timide, il pouvait être dur et sec dans ses réponses ou ses remarques.

    Mais lorsqu’on le connaissait bien, il était tout autre. C’était vraiment un confrère charmant, intelligent, au cœur d’or, acceptant bien la plaisanterie et toujours prêt à rendre service quand il le pouvait. À table, il aimait taquiner gentiment ses voisins ; il n’était plus du tout le P. Cambon que l’on pouvait croiser dans les couloirs et qui passait à côté de vous sans rien dire. On lit dans le compte rendu de Bangkok, en 1963, les lignes suivantes : « Les Pères de la Mission sont unanimes à reconnaître que l’arrivée du P. Cambon est un gain appréciable pour notre Communauté missionnaire. Tous, anciens et jeunes, trouvent à la Maison de Société un accueil chaud et réconfortant, le P. Cambon veillant avec un soin jaloux au bien-être de ses hôtes. Puisse son séjour parmi nous se prolonger longtemps. »

    L’un de ses collaborateurs dit au sujet du P. Cambon : « Il était précis dans son travail. Il avait horreur d’un travail bâclé, d’une lettre mal rédigée, d’un rapport peu soigné et mal présenté. Combien de fois n’avons-nous pas recommencé des rapports qu’il ne jugeait pas bien au point. »

    Il était franc : ce qu’il avait à dire, il le disait froidement, sans le moindre souci des conséquences : ce qui lui a valu plusieurs fois des ennuis, mais pour lui la vérité était la vérité pure et simple.

    C’était un homme dur au travail, ne perdant pas son temps à des bavardages inutiles. Il avait horreur des gens qui venaient le voir pour ne rien dire et, plus d’une fois, il l’a fait sentir aux importuns. C’était un homme de devoir qui souffrait de voir certains gaspiller leur temps en futilités qui n’avaient rien à voir avec ce qu’ils auraient dû faire. C’était un homme ordonné qui avait un plan bien étudié pour tout ce qu’il avait à faire.

    Inutile de revenir sur ses qualités de comptable. Mais il serait regrettable de ne pas souligner son habileté manuelle dans diverses branches, notamment la couture : il confectionnait lui-même ou ajustait ses vêtements : vestes, blousons, pantalons. Il avait récupéré une machine à coudre et il savait s’en servir habilement. De plus, il était bon cuisinier ; c’est à San Francisco, puis à Toronto, qu’il avait eu l’occasion de s’initier à cet art qu’il pratiquait volontiers pendant les vacances. C’est même en plumant un poulet, chez sa sœur, qu’il s’aperçut qu’il était allergique à la plume ! Comme il savait, par expérience, ce que c’était que de faire la cuisine, il fit tout le nécessaire à Montbeton pour alléger le travail de la cuisinière. Il remplaça le vieux fourneau à charbon par un appareil moderne à gaz et il dota la cuisine de divers appareils pour diminuer la fatigue de celles qui y travaillaient.

    Cette activité manuelle était aussi pour lui un dérivatif, car il ne pouvait pratiquement pas lire, du moins longtemps. Pour cette raison, il était dispensé de la prière du bréviaire. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne priait pas. Sur ce point, il était très régulier et très discret. Il se couchait tôt et se levait de bonne heure. Vers 5 heures 30, il célébrait la messe à la crypte. Voici ce qu’écrit l’ancien supérieur de Montbeton, au sujet du P. Cambon : « C’est pendant ses derniers jours surtout qu’apparut sa piété. Jusqu’au bout, presque jusqu’à son dernier jour, il a tenu à célébrer la messe ou au moins à recevoir la Sainte Commu­nion. Et jamais on ne l’entendit se plaindre ; pourtant à certains jours il souffrait beaucoup. » Et pour montrer son sens du devoir, le Père ajoute : « Même étant déjà en partie paralysé, il inspectait encore les travaux de ravalement qu’il venait de commander. »

    Pour terminer, relevons le témoignage de celui avec qui il a collaboré plusieurs années : « A mon avis, son départ prématuré est une grande perte pour notre Société. Il aurait pu faire encore beaucoup, si cette maladie inexorable ne l’avait pas arrêté ! Je m’habitue difficilement au départ d’un vieil ami, sincère et loyal, en qui j’avais une confiance absolue. Que le Seigneur l’accueille auprès de lui et qu’il jouisse du bonheur éternel réservé aux bons et fidèles serviteurs ! »

     

     

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    • Numéro : 3781
    • Pays : Chine Vietnam France
    • Année : None