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François Emile CALURAUD (1865-1936)

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    M. CALURAUD (Emile-François), né le 5 octobre 1865, à Bordeaux (Gironde). Entré tonsuré au Séminaire des Missions-Etrangères, le 3 septembre 1889. Prêtre le 2 juillet 1892. Parti pour le Sutchuen Occidental, le 31 août 1892. Mort à Chengtu, le 1er septembre 1936.

     

     

    Né à Bordeaux le 5 octobre 1865, M. Caluraud fit ses études secondaires au petit séminaire et sa philosophie au grand séminaire de cette ville. Entré tonsuré au Séminaire des Missions­Etrangères le 2 septembre 1889, il fut ordonné prêtre le 23 juil­let 1892 et reçut le même jour sa destination pour la Mission du Sutchuen Occidental (Chengtu). Il quitta la France le 31 août 1892 et arriva à Chengtu le 25 janvier 1893.

    Après avoir prêté les serments d’usage entre les mains de M. Durand, alors Supérieur de la Mission, et pris quelques jours de repos à I tong kiao, résidence épiscopale, il fut envoyé à Fen-­tcheou auprès de M. Parmentier pour apprendre les premiers élé­ments de la langue et se former aux us et coutumes chinois. Il fut ensuite nommé au poste de Tsi-toui-oua, et plus tard à ceux de Fen-tcheou et Iuen-tong-tchang réunis, où il bâtit dans cha­cun de ces deux derniers postes une église et une résidence. En 1898 il devint Supérieur du Probatorium jusqu’en 1907. A la place des vieilles masures qui tombaient de vétusté, il éleva un nou­veau bâtiment de pur style chinois et, sous sa main « mater­nelle », les jeunes élèves se livrèrent avec ardeur à l’étude des premiers éléments de la langue latine.

    En 1907 il fut chargé de Chefang, qu’il occupa jusqu’à sa mort et où il donna toute la mesure de son zèle apostolique : plus de mille baptêmes d’adultes, des centaines de filles de la Sainte-Enfance, bien instruites, et toutes devenues de bonnes mères de famille. Depuis une dizaine d’années, un vicaire le secondait dans son travail et ainsi il pouvait mener à bonne fin la construction d’une église, d’un presbytère et d’une école. Entre temps, il sur­veillait et dirigeait un groupe de sculpteurs de nombreux autels, lustres, chandeliers, etc, qui ornent diverses églises de notre Mis­sion sont le fruit de sa patience et de son sens artistique très développé.

    Il y a deux ans, l’inondation avait dévasté les rizières de plu­sieurs familles de ses néophytes ; par ses démarches et aussi par ses privations, il put réunir la somme nécessaire pour l’achat d’autres rizières et les distribua à ses chers enfants. Notre confrère avait subi, il y a quelques années, l’ablation d’un œil, et dans la suite, s’étant cassé une jambe, il fit un long séjour à l’hôpital. Combien il était édifiant de voir ce bon vieillard réciter pieusement son chapelet et offrir ses souffrances pour la conver­sion des païens !

    Il avait un très grand respect pour ses supérieurs et spéciale­ment pour son évêque. Lorsque de graves difficultés survenaient, et elles n’ont pas manqué ces années-ci, tant de la part de la solda­tesque chinoise, que des mauvais chrétiens imbus des doctrines communistes, sur quel ton ému et attendri M. Caluraud disait : « Pauvre évêque ! » Avec ses confrères, c’était le  « cor unum et anima una » dans sa plénitude. Il aimait à être taquiné, aussi les missionnaires mettaient souvent sa patience à contribution et si parfois il lui échappait une répartie un peu vive, il savait bien vite s’excuser avec humilité et simplicité de coeur !

    M. Caluraud tomba malade dans le courant du mois de juillet 1936 ; il fut d’abord soigné dans sa résidence de Chefang par M. Clavières accouru à son chevet et par un infirmier envoyé de notre hôpital de Chengtu. Un mieux s’étant produit dans son état, on transporta notre confrère à l’évêché de Chengtu afin qu’il pût recevoir plus facilement les soins du docteur et des reli­gieuses. Les injections d’huile camphrée semblèrent d’abord lui faire beaucoup de bien mais aucun remède ne put enrayer la diarrhée qui l’affaiblissait de jour en jour. Il fallut bien se rendre à l’évidence : la machine était usée et, d’un jour à l’autre un dénouement fatal pouvait survenir.

    Le 6 août, M. Poisson, provicaire, lui apporta le Saint Via­tique ; Mgr Rouchouse lui administra l’Extrême-Onction et lui donna l’Indulgence plénière in articulo mortis, que le malade reçut dans les sentiments de la plus vive piété, parfaite­ment soumis à la Sainte Volonté de Dieu. A partir de ce moment-là, il entra dans un sommeil si profond, qu’il était presque impossible de le réveiller. Nos dévouées religieuses le veillèrent jour et nuit. Le dimanche 30 août, notre confrère eut une forte crise et on crut le moment venu de réciter les prières des agonisants. Il revint cependant à lui, conservant de temps en temps toute sa lucidité d’esprit pour retomber ensuite dans  le sommeil. Le lendemain lundi, il fut plus agité et le mardi 1er septembre, à 5 h. 35, il s’éteignit doucement, après un séjour inin­terrompu de quarante-quatre ans en mission, assisté par Monsei­gneur, son Provicaire et deux Religieuses.

    Le jour de sa mort tous les prêtres de la ville offrirent le Saint Sacrifice pour le repos de son âme. Son corps fut revêtu des ornements liturgiques et exposé à l’église cathédrale où les chrétiens chinois vinrent nombreux réciter les prières des morts. Le jeudi 3 septembre M. Poisson célébra la Messe d’enterrement et S. Exc. Mgr Rouchouse donna l’absoute. La dépouille mortelle de notre très regretté confrère repose maintenant au cimetière de Mo-pan-chan, en attendant le jour de la résurrection. Les RR. Pères Ré­demptoristes et les Religieuses Franciscaines Missionnaires de Marie s’étaient joints nombreux à nous pour le conduire à sa der­nière demeure. Nous avons grande confiance qu’il a déjà reçu la récompense promise aux bons ouvriers et que, du haut du ciel, il continue à prier pour notre chère Mission de Chengtu.

     

     

     

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    • Numéro : 2000
    • Pays : Chine
    • Année : None