Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Victor CAILLON (1906-1978)

Add this
    • Né le 18 juillet 1906 au Châtelier, Campbon, diocèse de Nantes, Loire-Atlantique
    • Entré aux Missions Étrangères le 23 septembre 1929 (laïque)
    • Prêtre le 29 juin 1932
    • Destination pour Hanoï
    • Parti le 9 septembre 1932
    • En Mission : Hanoï : 1932-1959
    • Expulsé en fin novembre 1959
    • Nhatrang : 1961-1975
    • Expulsé le 28 septembre 1975
    • En France : Ministère : 1976-1978
    • Retraite de Montbeton en 1979
    • Décédé à Montbeton le 15 avril 1983
    • Ihumé à Montbeton le 18 avril 1983

    Enfance et jeunesse

     

    Victor Caillon naquit le 18 juillet 1906, au Châtelier, village de la commune de Campbon, diocèse de Nantes. Ses études primaires terminées à Campbon, il entra d’abord au petit séminaire montfortain de Pontchâteau, puis au petit séminaire diocésain des Couets près de Nantes. Depuis longtemps, il désirait devenir prêtre. Aussi se dirigea-t-il, en octobre 1926, vers le grand séminaire de Nantes où il passa trois ans. Pendant ces années d’étude et de réflexion, sa vocation se précisa et s’affermit. Avec l’accord de son directeur et du supérieur du grand séminaire, il fit sa demande d’entrée aux Missions Étrangères, le 12 mai 1929. Ce n’est que le 30 août 1929 qu’il fut admis. Les notes données par le supérieur du grand séminaire étaient bonnes, mais l’obstacle venait du côté de l’évêque du lieu qui s’opposait systématiquement à tout départ de ses séminaristes. Il faut croire que cette difficulté fut surmontée ou plutôt contournée. En tout cas, Victor Caillon fut admis et entra à la Rue du Bac, le 23 septembre 1929. Il lui restait à faire trois années de séminaire. Ordonné prêtre le 29 juin 1932, il reçut sa destination pour la mission de Hanoï. Il quitta la France le 9 septembre, pour arriver à Hanoï dans le courant du mois d’octobre 1932.

    En mission : Hanoï (1932-1959)

    Il était de tradition, à Hanoï, d’envoyer les jeunes s’initier aux subtilités de la langue vietnamienne dans la petite chrétienté de Cô-Liêu, située tout à proximité du petit séminaire de Hoàng Nguyên. Ainsi le jeune étudiant n’était pas isolé et il pouvait recourir aux conseils éclairés de l’un ou l’autre des professeurs. Le P. Caillon, travailleur acharné, fit de rapides progrès et dès le mois de mai 1933, il reçut une nouvelle destination. Il alla rejoindre le P. Hébrard, à Thuong Lâm, pour y poursuivre l’étude de la langue et s’initier au ministère. Le P. Hébrard était un pasteur chevronné et le P. Caillon ne Pouvait trouver meilleur mentor. Stimulé par son curé, docile à suivre ses conseils, le jeune P. Caillon se lança dans le ministère paroissial tel qu’il était alors pratiqué au Viêt-Nam, avec la visite régulière des chrétientés, les catéchismes, les confessions, la visite des malades. Tout en exerçant le ministère, il enrichissait aussi naturellement son acquis en langue vietnamienne. Il garda toujours beaucoup de reconnaissance au P. Hébrard de l’avoir lancé et conseillé. Son séjour à Thuong Lâm dura plus de deux ans. Mais d’autres besoins se faisaient sentir à Hanoï même. Aussi le P. Caillon fut-il nommé vicaire à la cathédrale. Il ne devait y rester guère plus d’un an. Pendant ce laps de temps, en plus de son ministère, il se lança dans la réfection des orgues de la cathédrale. Il fallait pour cela trouver des fonds. Avec beaucoup d’ardeur, il réussit à mettre sur pied un grand concert musical avec la collaboration des meilleurs musiciens de la ville et le concours de l’orchestre de la Légion Étrangère. Ce fut un franc succès ; les auditeurs furent enchantés et ainsi le Père put recueillir une somme rondelette qui lui permit de mener à bien le travail qu’il rêvait et de rendre un peu de souffle à ce pauvre orgue asthmatique.

    En 1936, le P. Caillon, sans quitter Hanoï, reçut la charge de la paroisse de Notre-Dame des Martyrs, couramment appelée l’église de la Porte nord (Cua Bac). Elle se trouvait, en effet, en face de la Porte nord de la Citadelle, cette porte par laquelle étaient sortis tant de martyrs, notamment le bienheureux Théophane Vénard, pour aller au supplice sur le bord du Fleuve Rouge qui coulait non loin de là. Le P. Caillon devait déployer tout son zèle dans cette paroisse jusqu’au mois de juin 1949. Sous sa direction, la paroisse fut marquée par diverses nouveautés. Il ranima tout d’abord le culte des Martyrs qui était tombé dans une certaine désuétude. Dès la seconde année, il instaura un triduum avant la fête des Martyrs, au début de septembre. Ces jours de prières étaient suivis par de nombreux fidèles de toute la ville et des paroisses voisines. La fête était clôturée, le premier dimanche de septembre, par une messe solennelle, célébrée habituellement par l’évêque. Un laïc chrétien de la paroisse eut l’idée d’instaurer une fête en l’honneur de saint Christophe, patron des automobilistes. Dès la première fois, cette fête fut célébrée avec succès et les oboles recueillies permirent l’érection d’une statue de saint Christophe, œuvre d’un artiste de la ville. Le lycée Albert-Sarraut se trouvait sur le territoire de la paroisse. C’était toute une jeunesse à évangéliser. Le P. Caillon en eut le plus grand souci. La clinique Saint-Paul se trouvait aussi non loin et dépendait de la paroisse des Martyrs. Le P. Caillon faisait régulièrement la visite des malades et baptisait les enfants nés à la maternité quand les parents le demandaient.

    Sur le territoire de la paroisse se trouvait une chrétienté importante, dite la chrétienté du « Banc de sable ». Plusieurs années auparavant, l’évêché avait loué à la ville un vaste terrain sur le bord du Fleuve Rouge, pour y installer des chrétiens pauvres venus d’un peu partout. La chrétienté s’était développée et comptait près de 1.500 personnes. Il leur fallait une église. Le P. Caillon entreprit donc la construction de cette église dédiée à sainte Thérèse. Elle fut inaugurée le 1er novembre 1941. Le temps fut plutôt maussade. Cependant la joie rayonnait sur tous les visages et tout le monde félicitait le P. Caillon d’avoir mené à bonne fin ce projet important. Ce sont là quelques-unes de ses activités les plus marquantes. Mais à côté de cela, il y avait tout le ministère humble et quotidien avec les confessions, les visites, l’animation des divers groupes d’Action catholique. Il n’y a pas qu’en France que sont commis des vols dans les églises. Histoire d’agrémenter le récit, notons un petit fait que le P. Caillon racontait avec humour. Il s’était aperçu que l’on volait les ampoules électriques à l’église. Il fit le guet et surprit le voleur qui s’en allait rapidement. Il le rattrapa et le saisit par le col de sa chemise. Mais le voleur ne perdit pas son sang froid ; il se retourna et mit les deux ampoules dans les mains du P. Caillon. Prenant les ampoules, il lâcha le bonhomme qui court encore ! Le P. Caillon, racontant cet incident en riant, ajoutait : « J’en suis resté tout bête ! »

    Il aurait continué encore longtemps son ministère à la paroisse des Martyrs si n’était survenu un événement qui allait changer beaucoup de choses, à savoir le décès de Mgr Chaize, le 28 février 1949. En attendant la nomination d’un nouvel évêque, la Mission passa sous l’autorité du provicaire, le P. Vuilliard. Mais ce dernier était malade et presque incapable d’exercer sa charge. Il délégua ses pouvoirs au P. Caillon qui, de ce fait, devint chef de la Mission.

    Aussitôt après le décès de Mgr Chaize, un vote consultatif fut demandé à tous les prêtres du diocèse, pour le choix d’un nouvel évêque. Ces votes furent envoyés au Supérieur général, à Paris. Une « terne » fut établie et adressée à la Propagande. C’est alors que le Saint-Siège estima que la Mission devait être confiée au clergé vietnamien. Le nouveau Vicaire apostolique, Mgr Trinh nhu Khuê, fut nommé le 18 février 1950. La nouvelle ne fut diffusée que dans le courant du mois de mai 1950 et le nouveau chef du Vicariat ne prit possession de son siège que le 2 juillet 1950. Pendant toute cette période, c’est le P. Caillon qui resta chef de la Mission. D’ailleurs le P. Vuilliard était rentré en France et il devait mourir peu de temps après son retour au pays natal. Mgr Khuê fut sacré le 15 août 1950 et tout de suite il nomma le P. Caillon Vicaire délégué.

    Entre-temps, conformément à la nouvelle organisation de la Société, le P. Caillon avait été nommé Supérieur régional pour le Nord Vietnam. A ce titre, il participa à l’Assemblée générale de 1950. Ses interventions pertinentes furent souvent prises en compte dans les décisions de l’Assemblée.

    Peu après son sacre, Mgr Khuê vint en Europe et le P. Caillon fut son guide dans les divers voyages et pèlerinages que fit le nouveau Vicaire apostolique de Hanoï. Tous les deux rentrèrent à Hanoï, à la fin du mois d’octobre 1950.

    En annonçant à la Société des Missions Étrangères la nomination d’un Vicaire apostolique vietnamien, le Saint-Siège demandait aux missionnaires de rester à Hanoï et de continuer leur travail sous la direction du nouvel évêque. Il n’était donc pas question de partir. Mais alors se posa pour les missionnaires un double problème auquel fut confronté le P. Caillon en tant que Supérieur régional.

    Le premier problème concernait les biens de la Mission. Jusqu’alors, tous les biens étaient en indivis et légalement au nom du Séminaire des Missions Étrangères. Avec la nouvelle situation, il fallait arriver à un partage équitable. C’est le P. Caillon qui mena à bonne fin ces délicates tractations entre la Société des Missions Etrangères et le nouvel évêque avec son conseil. Ce n’est pas le lieu d’entrer dans plus de détails, mais il est sûr qu’il y eut des tensions. Par sa patience le P. Caillon put tout arranger. Le deuxième problème concernait le personnel missionnaire, c’est-à-dire les membres de la Société appartenant à la Mission de Hanoï. Où et dans quelles conditions travailleraient-ils ? Il fallait clarifier la situation afin d’éviter des difficultés éventuelles. Une idée germa dans l’esprit du P. Caillon : déterminer et délimiter un district dans lequel travailleraient de préférence les Pères des Missions Étrangères. La question fut étudiée très attentivement et l’on aboutit à un contrat précis concernant ce district qui était, de fait, une partie moins développée du Vicariat de Hanoï. Ce district était doté d’un quota financier bien déterminé et le P. Caillon était Vicaire délégué pour l’administration de ce district, sous tous les rapports, et responsable par devant le Vicaire apostolique. Cette formule était certainement viable, mais tout ou à peu près fut bloqué par la guerre et donc l’insécurité des lieux. Ce qu’il faut souligner, c’est que le mérite de cette organisation revient au P. Caillon. Tant qu’il fut possible de circuler, il s’en occupa très activement en allant visiter souvent les confrères et les prêtres vietnamiens travaillant dans ce secteur.

    Il faut ajouter aussi qu’il fut un conseiller dévoué et compétent pour Mgr Khuê. Chaque matin, il avait une entrevue avec lui pour examiner les problèmes qui se posaient. Il faut souligner encore que le P. Caillon gardait la plus grande discrétion sur toutes les affaires de la Mission qui ne regardaient pas directement les missionnaires des Missions Étrangères. Il ne faut pas oublier, non plus, son rôle de conseiller auprès des carmélites et des religieuses de Saint-Paul de Chartres.

    A la suite du désastre de Diên Biên Phu, furent conclus les Accords de Genève, le 21 juillet 1954, et le Vietnam fut partagé en deux zones : le nord jusqu’aux environs de Quang Tri (nord de Huê) fut laissé aux Viêtminh, le sud comprenant tout le reste. Les troupes communistes arrivèrent à Hanoï, le 11 octobre 1954. Pour les missionnaires, nous avions décidé qu’un groupe resterait à Hanoï. On verrait bien ! Le P. Caillon, naturellement, faisait partie de ce groupe. Nous nous attendions à être rapidement expulsés. En fait, on nous laissa à peu près tranquilles pendant presque cinq ans. Puis commencèrent les expulsions. Le P. Caillon fut prié de partir vers la fin de novembre 1959. Il arriva en France, le 9 janvier 1960, par bateau.

    Au mois d’août 1960, il prit part à l’Assemblée générale, en qualité de délégué des missionnaires du Nord Vietnam. Mais l’Assemblée terminée, le P. Caillon ne tenait pas à rester en France. Sur sa demande et d’accord avec Mgr Piquet, Vicaire apostolique de Nhatrang, il fut affecté à cette mission, le 20 septembre 1960. Parti pour Nhatrang, le 9 janvier 1961, il fut nommé curé de Phan Thiêt, poste qu’il occupa jusqu’au mois de juillet 1968. Tout évoluait et c’est à juste titre que fut nommé à Phan Thiêt un prêtre vietnamien.

    A cette date, le P. Caillon en profita pour venir se soigner en France. Il avait de plus en plus de difficulté à marcher. Opéré avec succès aux deux genoux, il repartit pour Nhatrang, en octobre 1970. On lui confia alors la petite paroisse de Hoa Tan, près de Hô Diêm. Il devait y rester jusqu’au 28 septembre 1975, date à laquelle il fut expulsé du Vietnam pour la seconde fois. Il arriva en France le 1er octobre 1975.

    Sa vie missionnaire au Vietnam était terminée, mais il entendait bien se rendre encore utile tant que ses forces le lui permettraient. Le 22 avril 1976, il fut nommé aumônier des religieuses dominicaines à Amillis, non loin de Coulommiers. C’était une maison de repos pour personnes âgées ou fatiguées et ce petit ministère lui convenait très bien. De temps en temps, on allait l’inviter et le conduire à Paris pour y passer quelques jours. Il se trouvait là quand la Supérieure générale des Petites Sœurs des Pauvres proposa aux Missions Étrangères d’accueillir, non pas comme aumônier, mais comme prêtre résident un Père de la Société. La proposition parut intéressante et on pensa au P. Caillon. Il quitta donc Amillis pour se rendre à la Tour Saint-Joseph, maison-mère des Petites Sœurs des Pauvres, non loin de Rennes. Il se rapprochait ainsi de sa famille qui réside en Loire-Atlantique. A cause de certaines difficultés, il dut partir en 1978. C’est alors qu’il se rendit à Montbeton où il arriva le 7 décembre 1978. Dans son idée, ce n’était pas pour y rester. Il aurait voulu trouver un autre petit poste pour se rendre encore utile. En fait, il ne trouva rien de commode pour lui, étant donné l’état de ses jambes. Il se résigna donc à rester à Montbeton.

    Dans cette maison de retraite, il lutta avec courage contre son handicap. Il s’obligeait à marcher dans le parc. Cette promenade quasi quotidienne était très pénible pour lui, mais il se l’imposait. Dans la maison, il s’ingéniait aussi à rendre service à l’un ou à l’autre, par exemple, en faisant la lecture pour les aveugles. Son ministère était réduit. Il entendait cependant les confessions de quelques personnes du voisinage, car c’est lui que l’on demandait. Quand il avait été désigné pour Nhatrang, il avait formellement demandé à rester missionnaire de Hanoï. De fait, aussi longtemps qu’il le put, il resta en relation avec son ancienne mission, apportant toute l’aide qu’il pouvait : colis, honoraires de messes.

    Malgré toute son énergie, il eut de plus en plus de mal à marcher. De plus, son cœur, déjà faible depuis longtemps, donna des inquiétudes. Pour le soulager, on lui mit une pile. Toutes ces misères n’étaient pas mortelles. C’est alors que tout le système urinaire se bloqua de plus en plus. C’était irréversible. Malgré les soins spéciaux et intensifs qui lui furent prodigués, aucune amélioration ne se manifesta. Aussi les médecins le renvoyèrent-ils à Montbeton pour qu’il puisse mourir au milieu de ses confrères. De fait il mourut le 15 avril 1983, dans la matinée. Pour ses obsèques qui eurent lieu le 18 avril, ses parents vinrent très nombreux de Loire-Atlantique pour unir leur prière à celle des confrères de la maison. A la messe des obsèques, l’homélie fut prononcée par le P. Pierre Gauthier, le voisin du P. Caillon, au diocèse de Nhatrang.

    Le P. Caillon repose dans notre cimetière de Montbeton avec plusieurs autres confrères de la Mission de Hanoï. La nouvelle de son décès fut communiquée à Hanoï. Une messe fut célébrée à la cathé­drale de Hanoï pour le repos de son âme.

    Telle fut, en résumé, la vie sacerdotale et missionnaire du P. Caillon. Il est toujours difficile et délicat de tracer le portrait moral de quelqu’un. Essayons toutefois, non pas de porter un jugement sur sa vie et son action, mais de noter quelques caractéristiques de sa personnalité.

    Le P. Caillon fut toujours un homme de devoir, un prêtre zélé, mais en même temps prudent dans ses initiatives, sachant, comme dit l’Écriture « s’asseoir » pour prier et réfléchir avant d’agir. Par ailleurs, sans en avoir l’air, il était de tempérament timide. Poussé par son zèle, il lui arrivait parfois de réagir vite et de faire des observations ou des remarques qui n’étaient pas toujours agréables. On ne peut pas dire qu’il était imbu de son autorité, mais il savait la faire respecter et quelquefois de façon un peu raide. Cependant, il faut le dire très clairement, jamais il n’a fait de remarques d’une façon rude. Il se rendait compte de cette tendance. Très certainement, il faisait tout pour se maîtriser, mais parfois le succès ne répondait pas à ses efforts.

    Pendant un an environ, il a dirigé la Mission de Hanoï avec sagesse et prudence. Ensuite, depuis 1950, il fut l’un des conseillers de Mgr Khuê. Son départ laissa certainement un grand vide et causa une peine profonde au Vicaire apostolique et à tous les prêtres vietnamiens qui l’estimaient beaucoup.

    Toute l’action du P. Caillon était inspirée par une vie de prière régulière et profonde, mais sans ostentation.

    Ses qualités lui ont permis de bien réaliser sa vocation sacerdotale et missionnaire et d’être l’homme de la situation dans bien des moments importants, pour le bien de tous, dans la Mission de Hanoï.

    ~~~~~~~

    • Numéro : 3461
    • Pays : Vietnam
    • Année : None