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Hippolyte Louis Auguste CADILHAC (1859-1930)

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    M. CADILHAC (Hippolyte-Louis-Auguste), né le 17 mars 1859 à La Cavallerie (Ro­dez, Aveyron). Entré tonsuré au Séminaire des Missions-Etrangères le 8 septembre 1879. Prêtre le 23 septembre 1882. Parti pour le Japon Septentrional le 8 novembre 1882. Mort à Tokyo le 19 novembre 1930.

    Notre regretté confrère M. Cadilhac naquit le 17 mars 1859 au village de La Cavallerie, près de Millau, le sixième d’une famille de douze enfants. De son père, Edouard Cadilhac il semblait avoir hérité une grande fermeté de caractère, de sa mère Marie Coulon, une vraie sensibilité, une exquise délicatesse, des deux une foi profonde, une foi de voyant. Ces heureuses dispositions suggérèrent aux parents de l’envoyer au petit Séminaire de Belmont. Il y entra à l’âge de douze  ans ; il s’y fit aimer et admirer de ses camarades par son caractère gai, sa bonne humeur, son entrain ; de ses maîtres pour sa franchise et sa loyauté. La première année ne fut pas sans espiègleries, sans quelques bons tours joués aux dépens de la discipline et de l’application au travail, mais dès la seconde année, ces petits défauts de l’âge disparurent : c’est que la perte d’un de ses frères enlevé accidentellement à l’affection de tous avait fait sur lui une impression profonde : on le vit désormais plus pieux, plus travailleur, plus sérieux.

    Vers cette époque remonte son premier projet de se consacrer aux Missions lointaines ; cette idée mûrit peu à peu et si bien qu’en rhétorique il était décidé à entrer sans plus tarder au Séminaire des Missions-Etrangères de Paris ; sur les instances de sa mère il consentit à différer cette grave démarche et à faire deux années au grand Séminaire de Rodez.

    Ces deux années écoulées, Hippolyte pressentant que son père refuserait de consentir à  son départ, partit un jour de grand matin sans lui dire adieu, accompagné seulement de sa mère qui le suivit assez loin sur la route de Millau. Au moment du lever elle était déjà de retour pour annoncer à tous le départ d’Hippolyte. Chez les enfants ce fut une explosion de sanglots ; le père en fut pour ainsi dire fou de chagrin ; comme Hippolyte n’avait pas encore 21 ans, il ne parlait de rien moins que de le faire revenir. Des amis s’interposèrent et parvinrent à le calmer. Mais pendant deux ans il refusa de lire les lettres de son fils, du moins en public.

    M. Cadilhac fut ordonné prêtre le 23 Septembre 1882 avec ceux qui devaient fournir la « troisième fournée des Martyrs ». C’était une magnifique phalange. On a dit que pendant la prostration le grand tableau de la chapelle des Missions-Etrangères était étrangement éclairé : la Vierge semblait sourire à ses enfants : légende sans doute, mais combien significative de la réalité invisible. Marie n’acceptait-elle pas d’avance le sacrifice de ces vies apostoliques ? sacrifice qui pour plusieurs devait être sanglant. Notre nouveau missionnaire fut destiné au Japon septentrional. Il alla embrasser une dernière fois son père désormais bien résigné à la suprême séparation, donna à tous rendez-vous au ciel, et s’embarqua le 8 novembre à Marseille pour arriver dans sa Mission le 26 Décembre suivant.

    Après quelques mois passés auprès de son évêque, il fut adjoint à M. Vigroux, un autre Ruthénois, et chargé avec lui de répandre ­l’Evangile dans un vaste district comprenant six départements. Cette collaboration dura huit années, et ces huit années le P. Cadilhac les a toujours considérées comme les plus belles de sa vie.

    M. Vigroux, tant au physique qu’au moral, était bien différent de son second. Mais malgré cela, et même peut-être à cause de cela, parce qu’ils se complétaient l’un l’autre et que leur zèle et leur désintéressement à tous deux étaient sans limite, ils vécurent dans une union et une entente qui ne se démentirent jamais. Entre eux tout fut mis en commun, l’argent d’abord puis les projets, l’activité, le courage et chose plus extraordinaire, même les vêtements, l’un prenant chez l’autre pour son usage ce qu’il trouvait à sa convenance !

    Quelle fut la vie de nos deux missionnaires ambulants à travers leur « immense territoire » ? Aujourd’hui que l’on peut voyager en toute liberté et par des moyens aussi rapides que faciles, que l’on trouve partout une nourriture à son goût, que les chrétientés sont établies, on ne peut se faire une idée de ce qu’était la vie du missionnaire il y a quarante à cinquante ans. Muni d’un passeport qui ne permettait pas de rester plus detrois ou quatre jours dans le même endroit, on allait presque toujours à pied, par tous les temps et en toute saison, de ville en ville, de village en village cherchant toutes les occasions de faire connaissance, de lier conversation. Parfois on se butait à l’hostilité des gens, on ne pouvait trouver un gîte pour la nuit ; ou bien c’étaient des séances jusqu’à onze heures ou minuit, assis sur une natte chez des gens plus accueillants ; on dormait mal ou peu, on mangeait par raison d’une nourriture à laquelle l’estomac s’habituait difficilement. Quelle somme de sacrifices, de privations, de patience, représentait un tel genre de vie mené à peu près d’une manière continuelle ! Aussi Dieu bénit visiblement le ministère des deux missionnaires : pendant ces deux années le nombre des baptêmes administrés par eux varia de 300 à 1.200.

    Au milieu de ces travaux, que d’aventures et d’anecdotes gaies ou touchantes, toujours édifiantes n’y aurait-il pas à citer ? M. Cadilhac part pour la première fois en voyage en compagnie d’un catéchiste qui a pour consigne de bien soigner « le jeune père. » Mais que faire ? il touche à peine à ce qu’on lui présente ; il trouve enfin un mets à peu près de son goût, mais désormais, trois fois par jour et jusqu’à la fin du voyage on ne lui servira pas autre chose. Il ne faut donc pas s’étonner si M. Cadilhac avant de quitter le centre de la Mission pour repartir en tournée, allait d’abord à l’église demander au divin Maître le « courage de manger ».

    Deux ou trois traits entre mille feront connaître le genre et la manière de faire de notre confrère dans son travail d’évangélisation apud paganos. Dans la grande ville d’Utsunomiya, il n’y a pas encore un seul chrétien. Comment y pénétrer ? Son catéchiste Shioyama y connaissait un certain Nakayama Tanjiro, un de ses anciens amis politiques, avocat et plus tard député : ils allèrent lui demander l’hospitalité. Deux de ses amis s’y trouvaient. Quoique le jeune missionnaire n’eût encore que deux ans de séjour au Japon, il dut subir de la part de ces avocats des discussions et des objections de toutes sortes ; l’une de celles-ci, la dernière, fut résolue par le missionnaire avec une politesse qui ne laissait rien à désirer, mais qui cachait une leçon plutôt dure à l’adresse de ces Messieurs. Le lendemain Nakayama reconduisant le Père, l’assura qu’il avait parfaitement compris ; déjà chrétien de cœur, il invita le missionnaire à loger chez lui chaque fois qu’il viendrait à Utsu­nomiya ; il fut baptisé dix-sept ans plus tard.

    Dans le département d’Ibari il n’y a pas non plus de chrétiens. M. Vigroux y envoie de confiance son compagnon avec le catéchiste Fujii. Ils restent cinquante jours à l’hôtel à Shishido. Pendant la journée ils parcourent la ville et surtout la campagne, s’arrêtent devant les maisons, font l’éloge de tout ce qu’ils voient, se font inviter à entrer, demandent si l’on ne peut pas leur prêter du feu pour cuire leurs gâteaux de riz ; et pendant que l’un d’eux grille les galettes, l’autre catéchise la famille. Le lendemain ils reviennent pour remercier, et font à leur tour une invitation à laquelle on répond généralement. La première famille baptisée en cette ville a toujours persévéré et donné à la mission de Tôkyô un de ses premiers prêtres.

    A Wakamatsu, département de Fukushima, les débuts furent plus laborieux que partout ailleurs. Là le curé et le vicaire surent unir leurs efforts. Pendant plusieurs semaines ils demeurèrent ensemble « heureux comme des princes » dans ce qu’ils ont somptueusement appelé leur palais Borghèse : c’était une chambre de trois nattes, avec un puits d’ordure à côté, un amas d’eau par dessous, des miasmes et des mouches à souhait. Ils y prirent tous les deux la gale dont ils eurent bien de la peine à se guérir. Ils tinrent bon cependant jusqu’à ce que, ayant enfin converti et formé un bon noyau de néophytes, ils achètent vers 1885 un vaste ter­rain, bâtissent maison et chapelle, « passent l’étole » à M. Lafon, et s’en vont pour ne plus revenir.

    En 1891, Mgr Osouf appela près de lui M. Vigroux qui dut dès lors laisser M. Cadilhac travailler seul dans son vaste district. C’est vers cette époque que l’esprit public se tourne du côté des intérêts matériels, et se désintéresse complètement des questions religieuses. Les missionnaires n’ont plus que difficilement prise sur l’élément païen. M. Cadilhac s’appliquera donc, désormais à visiter surtout ses néophytes pour les former à la vie chrétienne. Il établit son centre d’action à Utsunomiya et de là rayonne à travers les cinq départements qui forment son district. Il a quatre-vingt localités à visiter. C’est plus qu’un homme si actif qu’on le suppose ne peut faire. Ce district fut donc amputé en 1893 du Saî­tama, en 1908 du Gumma ; le département de Chiba en fut aussi détaché pendant 18 ans, mais en 1913, faute de personnel, M. Cadilhac dut s’en charger de nouveau. C’est dans le contact quotidien avec ses néophytes, au milieu de privations de tous genres, d’une vie dure, pauvre, mortifiée que se révèle M. Cadilhac, tel que l’ont connu les missionnaires de la présente génération. Sa vertu caractéristique fut certainement la pauvreté ; il aimait à raconter comment l’amour de cette vertu s’imposa à lui. Dans son village, en France, se trouvaient deux jeunes gantières qui travaillaient toute la journée et gagnaient péniblement leur vie. Malgré leurs fatigues, elles s’imposèrent chaque soir une heure ou deux de travail supplémentaire durant de longs mois dans le but de donner une offrande au nouveau prêtre quand il reviendrait au pays natal ; elles purent ainsi lui offrir la jolie somme de 250 fr., soit 1.250 fr. de notre monnaie actuelle. Le jeune missionnaire qui connaissait la misère de ses bienfaitrices ne voulut pas accepter, mais il dut céder devant leurs protestation : « Parce que nous sommes pauvres vous refusez », dirent-elles. A cette vue il ne put s’empêcher de pleurer et sa voix tremblait encore en racontant ce trait, puis il concluait : « Depuis ce jour-là je n’ai jamais dépensé inutilement un centime. »

    Cet esprit de pauvreté n’allait pas, on le conçoit, sans l’esprit de souffrance qui était chez lui universel ; souffrir en se refusant dans les habits et l’ameublement tout ce qui sent le raffinement et le confort ; souffrir durant de longues journées de marche, la lourde valise à la main, pour économiser le prix d’une voiture ; souffrir pour instruire et catéchiser durant les longues veillées suivies du coucher sur la dure, dans des habitations souvent délabrées, parce que le seul moyen de faire du bien aux âmes c’est de vivre en contact avec elles et de partager la vie pauvre et dénuée de tout bien-être de la plupart des fidèles : tels étaient ses principes.

    Quant au régime alimentaire, ce fut la pénitence de toute sa vie, la nourriture japonaise fatiguait son estomac ; ajoutons à cela ses jeûnes fréquents, et nous aurons quelque idée de cette vie si opposée à la recherche de ses aises ou aux occasions qui flattent la nature et respirent l’esprit mondain. La Providence d’ailleurs encourageait ici notre confrère : Dieu seul connaît les sommes d’argent dont il disposa pour acheter terrains et maisons, bâtir églises et presbytères à Wakamatsu, Utsunomiya, Maebashi, Mito, Chiba, Ashikaga, etc... et pour mettre encore de côté les fonds nécessaires à la construction d’une superbe « cathédrale ». Oui, il avait bien le droit de dire à la fin de sa vie : « Nous sommes des créateurs d’Eglises : « avec rien il nous faut faire quelque chose, et c’est dans la mesure où nous restons pauvres « que nous ressemblons le plus à notre divin Maître. »­

    M. Cadilhac a trouvé dès ici-bas la récompense de cet esprit de pauvreté dans un détachement absolu des biens de ce monde et dans le bonheur qui accompagne l’absence de tout désir. On peut dire qu’il a observé au pied de la lettre cette parole de Saint-Paul : « Habentes alimenta et quibus tegamur, his contenti simus. » Ce contentement il l’a véritable-ment éprouvé. « Père Cadilhac vous êtes le plus heureux des hommes, lui disait souvent Mgr Rey. » ― « J’en suis bien convaincu ; je n’ai envie de  rien, je ne désire absolument rien ». Devant un beau magasin ou quelque bel étalage, quelle était son impression ? « Cela ne me dit rien » avouait-il simplement.

    Indifférent devant les œuvres humaines, M. Cadilhac était sans cesse en admiration en face des œuvres du Créateur. Il voyait Dieu en tout, et dans toute créature une invite à tenir continuellement sa pensée élevée vers son divin Auteur. Il vivait dans le contact continuel avec la nature ; il l’aimait et c’est en elle qu’il puisait l’originalité de sa pensée ; la nature était pour lui une source inépuisable d’aperçus originaux dont il émaillait sa conversation et ses discours, ce qui en faisait le charme et l’intérêt. N’est-ce pas Gœthe qui a dit : « Il y a beaucoup d’échos mais peu de voix ! ». En écoutant le langage imagé du Père, on avait  l’impression si rare et si bienfaisante d’entendre une voix.

    Au reste il parlait beaucoup. Il profitait des moindres circons­tances pour prendre contact avec tous, et sans rien brusquer il trouvait toujours moyen d’aborder la question religieuse.  « Je ne sais pas causer d’autre chose, disait-il. Quand je parle à un Japonais, j’ai l’impression « de m’adresser à tout le Japon. » Il traitait son interlocuteur avec beaucoup d’amabilité, de politesse et de douceur. Que de fois pour lui une voiture publique ou la banquette d’un wagon se sont transformées en chaire à prêcher ! En marchant il instruit son compagnon ; s’il est  seul, il hâte le pas pour rejoindre un voyageur plus pressé et causer avec lui. Mais à ce métier sa voix finit par se casser, et dans les dernières années de sa vie, à son grand regret, il dut se contenter de prêcher autour du brasero japonais.

    Après la contemplalion de la nature, la source où le P. Cadilhac a puisé le trésor si riche de sa pensée ce sont les lectures : il fut un grand lecteur, lecteur de vieux livres ; les nouveaux pour lui valaient rarement la peine d’être lus. Après la Sainte-Ecriture, surtout les épîtres de Saint Paul dont il lui semblait revivre la vie apostolique, ses auteurs préférés étaient Rohrbacher et les Pères de l’Eglise. Chez lui, à ses moments libres et pendant ses insomnies il lisait Rohrbacher. Il assurait que cette lecture ne l’avait jamais lassé et qu’il l’avait relu dix fois en entier. En voyage il emportait toujours un volume de la collection des extraits des Pères par Hurter, qu’il possédait tout entière. Cette lecture faisait ses délices. Il aimait surtout Tertullien et S. Bernard. « Tertullien ne se serait jamais séparé de l’Eglise s’il s’était relu : « quelle force ! Saint Bernard, continuait-il, quand il dit du mal du prochain, on sent qu’il est « mû par la charité. Saint Jérôme c’est autre chose : mais combien intéressant lui aussi ! »

    La caractéristique de la piété de M. Cadilhac fut d’être animée d’un grand esprit surnaturel. Goûtant peu les nouveautés et la multiplicité des pratiques de dévotion, il préférait vivre sans cesse en la présence de Dieu, avoir de sa personne revêtue du caractère sacerdotal un respect souverain et remplir avec une foi vive tous ses devoirs d’état. Debout, même en voyage, dès quatre heures du matin, quand tout dort encore autour de lui, il est déjà en prière ; dans la récitation de l’office il « savourait » surtout les psaumes dont la lecture assidue des Pères lui avait appris à comprendre le sens profond ; sa piété au saint autel et le respect avec lequel il administrait les sacrements faisaient l’édification des fidèles. La dignité douce et aimable avec laquelle il traitait le prochain, son aspect même suffisait à inspirer la vénération.

    Cependant une vie si dure et si pénible devait finir par avoir raison de sa santé de fer. Déjà gravement malade et revenu comme par miracle des portes du tombeau en 1927, durant les années qui suivirent, les voyages lui devinrent réellement pénibles. Il continua quand même son travail ; le samedi-saint 1930, revenu exténué d’un enterrement, il se coucha pour ne plus se relever. Le médecin, un vieil ami païen, vint le voir. Après la consultation, le malade sut encore, malgré la fatigue, trouver le moyen de lui adresser quelques-unes de ces bonnes paroles dont il avait le secret.

    La maladie se prolongeant, pour éviter les visites obséquieuses et trop fréquentes de ses fidèles et être mieux soigné, M. Cadilhac fut amené au mois de Juin à Tôkyô, à l’archevêché. C’est là que dans la patience et la douceur, il s’est préparé tranquillement à la mort. « Je « voudrais vivre jusqu’à cent ans pour poursuivre mon labeur. Le bon Dieu ne le veut pas ; il « est donc temps de me reposer ; je suis dans un état de vrai bonheur. » A toutes les propositions de bons offices qui lui sont adressées : « Je n’ai besoin de rien, » telle était toujours sa réponse.

    Privé du bonheur de dire la messe, il y assiste et communie chaque jour. Le 27 septembre, il répond la messe que célèbre dans la chambre voisine M. Arai, premier prêtre sorti de la chrétienté d’Utsunomiya et nouvellement arrivé de France. Le 6 octobre, lui-même demanda l’Extrême-Onction qui lui fut administrée par M. Flaujac, vicaire général, son compatriote et ami. Après la cérémonie il bénit les présents et les absents : puis faisant apporter des verres et du vin : « Quand on se quitte, dit-il, on trinque comme au Séminaire des Missions-Etrangères. « Me voici prêt au grand départ pour le ciel, trinquons, au revoir là-haut. » Tout le monde pleurait, lui était heureux et content.

    Le malade alla s’affaiblissant de jour en jour jusqu’au 19 novembre. La veille au soir sa dernière parole avait été : « Je suis heureux. Là-haut je prierai beaucoup, beaucoup pour vous tous. » Vers une heure du matin il perdit connaissance et s’éteignit à six heures du soir, au son de l’Angélus, pendant qu’on récitait les prières des agonisants.

    Les obsèques ont été célébrées le 21 novembre à la cathédrale ; la messe a été chantée par Mgr l’Archevêque ; presque tous les missionnaires de Tôkyô et les représentants de toutes les communautés­ religieuses y assistaient ; leurs Excellences Mgr le Délégué Apostolique et Mgr l’Evêque d’Osaka avaient tenu à venir en personne aux funérailles.

    Après l’absoute le corbillard a pris le chemin d’Utsunomiya, où selon le désir du défunt et les vœux de ses chrétiens devait se faire l’inhumation. Le 22 à 10 heures du matin, devant une foule de chrétiens et de païens, M. Flaujac célébra la sainte messe. Puis le cortège se forma et se rendit au cimetière, les chrétiens récitant leurs prières à haute voix. Sur le parcours les païens s’arrêtaient et se découvraient : « C’est le shimpu sama, c’est le Père, » disaient-ils. C’est sous ce nom seulement qu’il était connu dans toute la ville. Ainsi M. Cadilhac, missionnaire ambulant jusqu’au bout, a fait son dernier sermont en allant à sa dernière demeure.

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    • Numéro : 1538
    • Pays : Japon
    • Année : None