Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Eugène BURGER (1900-1982)

Add this

     

    Enfance et jeunesse

     

    Eugène Burger naquit à Breitenbach, le 29 décembre 1900, dans une famille pauvre où le nécessaire manquait parfois. Ses parents eurent 15 enfants. Après ses études primaires (en allemand) à l’école communale, il se mit au travail pour gagner sa vie, Il entra dès 1915 à l’ancien hôpital, rue des Clés, à Colmar, où il resta jusqu’en 1919. Il était garçon de cuisine. A cette époque, au cours de ces quatre années, il sentit naître en lui le désir d’être prêtre et missionnaire. Il s’en ouvrit à l’aumônier, l’abbé Lehmuller, qui lui donna quelques leçons de français et de latin, mais « très peu » dit-il lui-même. N’oublions pas, en effet, que l’on était en pleine guerre et que l’Alsace était sous le régime allemand. Tous les enfants ne parlaient qu’allemand et faisaient leurs études en allemand. Nous n’avons aucun renseignement sur la manière dont il entra en relation avec les Missions Etrangères. Toujours est-il qu’il fut admis comme « postulant » et envoyé à l’Ecole apostolique de Saint-Lô pour acquérir suffisamment de français et de latin, avant d’entrer éventuellement au séminaire. Il écrit lui-même : « J’ai bûché ferme jusqu’en 1921, puisque j’avais acquis alors suffisamment de français et de latin pour être admis comme aspirant aux Missions Etrangères. » De fait, il fit sa demande le 18 mai 1921 et fut admis le 23 mai, sur bonne recommandation du Supérieur de l’Ecole de Saint-Lô qui écrivait : « Eugène Burger a fait d’étonnants progrès et il pourra par la suite faire ses études de philosophie et de théologie, une fois son service militaire accompli. » Entré aux Missions Etrangères le 23 août 1921, il passa sans doute une partie de ses vacances à Sainte-Même, près de Dourdan, avec les aspirants et, en septembre, il entra à Bièvres pour quelques semaines, car il devait accomplir son service militaire, il fut affecté à Dijon, à la 8e section d’infirmiers. Il y passa deux ans, du mois d’octobre 1921 au mois de septembre 1923. Ce séjour à la caserne ne lui fut pas inutile, car il acquit ainsi quelques notions de médecine qui lui servirent plus tard en mission. En septembre 1923, nous le retrouvons donc à Bièvres pour trois ans ; après quoi il entra au séminaire de la rue du Bac pour les trois dernières années de théologie. La coutume d’alors était qu’un « aspirant-prêtre » allait à Bièvres pour y célébrer la messe des dimanches ordinaires. Les fêtes étaient réservées aux Directeurs. C’est pourquoi Eugène Burger fut ordonné plus tôt avec un de ses confrères. Il reçut l’ordination sacerdotale le 23 février 1929. Pourquoi lui ? Il semble que l’on suivit l’ordre alphabétique des noms, car le nom du confrère ordonné en même temps que lui commençait aussi par la lettre B. C’était le futur Mgr Bazin, archevêque de Rangoon. Bien qu’ordonné en février, le jeune P. Burger ne fut pas autorisé pour autant à aller en famille pour y célébrer sa première messe. Il dut attendre, comme tous les autres le mois de juillet. C’est le 29juin 1929 qu’il reçut sa destination pour la mission du Yunnan, en même temps que tous ses confrères du même cours. Après ses adieux à sa famille et ses préparatifs terminés, il quitta la France le 8 septembre pour gagner sa mission du Yunnan par Haïphong et Hanoï.

     

     

    En mission

     

    Arrivé à Kunming le 31 octobre 1929, il se mit tout de suite à l’étude du chinois. Après la retraite annuelle, au début de 1930, il reçut sa première affectation pour le Bas-Yunnan, au nord-est de la Mission. Cette partie de la Mission était ainsi désignée, car cette région située sur le bord du Fleuve Bleu était beaucoup moins élevée que la capitale Kunming. Parti de Kunming le 4 mars 1930, ce n’est qu’à la fin d’avril qu’il arriva dans son poste. C’est un exemple de la difficulté et de la longueur des voyages dans cette mission du Yunnan. Les mêmes difficultés d’ailleurs se retrouvent dans les autres missions de Chine. C’est le P. Noë1 Hamon qui était titulaire de ce poste de Tchen-fong-chan. Quelques semaines plus tard, le jeune P. Burger écrivait qu’il espérait bien faire de rapides progrès sous la direction d’un maître aussi compétent que le P. Hamon. Ce fut sans doute le cas, car dès 1932, le P. Burger prend la charge de 3 districts : Long-Ki, Tchen-fong-chan et Fou-kouang-tsen ; en effet, le P. Hamon avait été rappelé à Kunming pour prendre la direction de l’école des catéchistes. D’élève, le P. Burger devient maître, car il a à son tour a diriger la formation du P. Magnin récemment arrivé. Tous les deux continuent à assurer la visite des chrétientés et l’enseignement des catéchumènes. Mais le Vicaire apostolique, Mgr de Jonghe, mûrit un projet : c’est de demander l’érection de cette partie du Bas-Yunnan en mission autonome confiée au clergé chinois. Le projet présenté à la S.C. de la Propagande et fortement appuyé par Mgr de Guébriant, Supérieur général de la Société des Missions Etrangères, est favorablement examiné et il y a bon espoir pour que la division aboutisse dans un avenir prochain. De fait la Préfecture apostolique de Chao-Tong fut érigée le 8 avril 1935. Seul le P. Guyomard resta dans cette région pendant quelques mois avant de rejoindre Kunming, laissant au clergé chinois tout le soin de l’apostolat.

     

    Etant donné la proximité prévisible de la division, le Vicaire apostolique demanda aux PP. Burger et Magnin de venir à la retraite au début de 1934 en apportant tous leurs bagages : ce qui signifiait qu’ils allaient recevoir une nouvelle affectation.

     

    De fait, au mois de mars 1934, le P. Burger est nommé curé de Y-Leang, un poste situé sur la ligne de chemin de fer qui relie Kunming à Hanoï. Tout en assurant le soin des chrétiens, le P. Burger est chargé de surveiller la construction du probatorium, c’est-à-dire de l’école préparatoire au petit séminaire. Mais son séjour ne fut pas de longue durée dans cette paroisse. Une fois les bâtiments et l’aménagement du probatorium terminés, le P. Burger est transféré à Kunming et nommé curé de la cathédrale Ste-Thérèse. Il s’y installe le 16 juillet. Le chroniqueur, dans le Bulletin de Hongkong, fait remarquer que le P. Burger a solennellement « pendu la crémaillère ». C’est, dit le chroniqueur, un signe de « stabilité » qui laisse prévoir que le P. Burger restera longtemps dans ce poste. Cette paroisse comprend des chrétiens chinois, vietnamiens et français. Le P. Burger est efficacement aidé par des vicaires, car il doit faire face à de multiples occupations, en plus de la charge de la paroisse.

     

    Les « autorités ecclésiastiques » ont décidé de construire un nouvel évêché près de la gare. Le P. Burger qui a donné les preuves de ses capacités à Y-leang est chargé de cette nouvelle construction. Il va la mener à bien en 8 mois et le nouveau bâtiment, bien conçu et bien aménagé, est béni au mois de septembre 1935. L’ancien évêché est alors transformé pour devenir le grand séminaire dirigé par les Pères Sulpiciens arrivés vers la fin de l’année 1934. Une fois ces constructions terminées et ces aménagements bien au point, le P. Burger s’accorde un petit congé pour se reposer en voyageant. Il reprend la route du Bas-Yunnan où il a fait ses premières armes et, pendant environ deux mois, il visite les divers postes dont il a eu la charge jusqu’à la fin de l’année 1933.

     

    À son retour, le voilà de nouveau lancé dans les constructions. En effet, les Sœurs  Franciscaines de Marie ont accepté de faire une fondation à Kunming. Il s’agit de leur préparer un « couvent » et un dispensaire. Pour cela le P. Burger est chargé de transformer une maison déjà existante afin qu’à leur arrivée les Sœurs aient un pied à terre au moins provisoire. Mais ce n’est pas tout : le Vicaire apostolique désire avoir un carmel. Il s’adresse au carmel de Phnom-Penh, au Cambodge, qui accepte de faire une fondation au Yunnan. Un carmel n’est pas une maison quelconque. Cette construction comporte un plan précis et a ses exigences ! Une fois le plan bien au point et agréé par les Carmélites, le P. Burger se met à l’ouvrage et en quelques mois tout est terminé ; les carmélites peuvent venir. Les religieuses en prennent possession le 22 novembre 1939 ; la chapelle est solennellement bénite par Mgr Yu-Pin. Quant au P. Burger, il se retire à l’évêché en attendant de prendre son congé en France.

     

    De Kunming, le P. Burger gagne Hanoï par chemin de fer et, quelques semaines plus tard, s’embarque pour la France. Il est heureux de revoir son Alsace natale et de reprendre contact avec ses parents et amis. Mais six mois de congé sont vite passés. Aussi il repart pour le Yunnan le 27 octobre 1939 et arrive à Kunming le 9 décembre. En attendant un poste fixe, il aide le P. Degenève à la cathédrale, car ce dernier est sérieusement handicapé par des rhumatismes. Mais c’est une situation tout à fait provisoire. Dès le début de janvier 1940, il est nommé curé de Machang dans le nord-ouest de la mission. Il va rester dans cette région jusqu’à son expulsion en 1952.

     

    Parti de Kunming le 15 février 1940 en compagnie du jeune Père Belmont, nos deux voyageurs arrivèrent à Machang le 25 après un voyage normal d’une douzaine d’étapes, à cheval, car il n’y a aucune route carrossable dans cette direction. Tout de suite le P. Burger se met au travail, tandis que le P. Belmont continue l’étude et la pratique du chinois. En 1947, le P. Burger reçoit de l’aide en la personne du P. Le Du. Après avoir reconstruit l’école des filles à Machang, le P. Burger envisage de laisser le P. Le Du à Machang et d’aller relever le poste de Hua-Pin, une ville assez importante située à environ 35 km de Machang. Il y avait eu dans cette ville une chrétienté ; il restait encore une église en très mauvais état, une maison pour le missionnaire, elle aussi toute délabrée. En 1884-85, une persécution sévère avait sévi contre les chrétiens de cette localité. Le mandarin de l’époque avait fait graver des croix sur les pavés de la route qui conduisait à l’église de façon à obliger les chrétiens à fouler aux pieds la croix. En 1948, ces pavés existaient encore. La Mission possédait aussi un autre terrain. C’est sur ce terrain que le P. Burger décida de construire la nouvelle église et la nouvelle résidence pour le prêtre. Il refit aussi la résidence de Lo-Hé ; il y avait des familles chrétiennes dans ce village situé à 15 km environ de Hua-Pin ; il yen avait aussi quelques-unes au marché voisin de Hsin-Chouang. Tout allait à peu près bien quand les autorités locales confisquèrent les biens d’un certain nombre de chrétiens. Après les avoir défendus sur place sans succès, le P. Burger Partit pour Kunming en pleine saison des pluies et franchit les dix étapes le plus rapidement possible. Reçu favorablement par les autorités provinciales, il réussit à obtenir à peu près ce qu’il demandait pour réparer les injustices et tracasseries causées aux chrétiens par les autorités locales. Pendant ce temps, les constructions en cours sont poussées activement et presque terminées à la fin de 1948. Hélas ! la paix n’allait pas durer longtemps. Les communistes de Mao Tsé-Toung accentuent leur avance ; les troupes gouvernementales leur résistent plus ou moins. En tout cas, c’est un va-et-vient de soldats des deux bords pas plus honnêtes les uns que les autres. Au mois de septembre 1949, le P. Burger signale qu’il ne peut quitter sa résidence, car il risquerait de ne plus pouvoir rentrer chez lui ; à peu près sûrement sa résidence serait occupée pendant son absence. Le travail ne lui manque pas, car à longueur de jour il soigne de son mieux les malades et les blessés. Les semaines s’écoulent et les événements se précipitent. Le 10 décembre 1949, le chef de la province du Yunnan se rallie officiellement aux communistes. Les troupes gouvernementales réagissent et encerclent la capitale de la province. Mais à l’arrivée des troupes communistes à Kunming, le 10 février 1950, les troupes gouvernementales s’empressent de décrocher et de prendre la direction du sud. Dans l’intérieur du pays éclatent des troubles un peu partout. Dans le nord-ouest les troupes communistes venant de Li-Kiang arrivent à Hua-Pin en mars 1950. Elles envahissent l’église, pillent les médicaments du P. Burger et l’obligent à soigner malades et blessés dans l’église transformée en hôpital. Défense lui est faite de s’éloigner à plus d’un kilomètre de sa résidence, d’enseigner le catéchisme et de réunir les chrétiens à l’église. Pratiquement le P. Burger est gardé à vue. Mais les choses ne vont pas en rester là. Plus les semaines s’écoulent et plus augmentent les difficultés.

     

    Un confrère voisin du P. Burger et son compagnon d’infortune a bien voulu résumer les événements tragiques de cette période. « Les deux ans et demi passés sous le régime de Mao furent pour le P. Burger une période d’épreuves, de vexations et de souffrances sans nombre.

     

    L’église qu’il venait de bâtir fut fermée au culte et réquisitionnée comme hôpital et pour les interminables séances d’endoctrinement marxiste : un immense portrait du « Grand Timonnier » remplaça crucifix et images saintes. Comme nous venons de le dire, les médicaments que possédait le P. Burger furent confisqués et le dispensaire dut fermer ses portes alors que dans cette ville de Hua-Pin il n’y avait ni hôpital ni vrai médecin. Mais le comble ce fut l’impôt exorbitant imposé quand même sur ce dispensaire : tout ce que la mission possédait en riz, maïs et en biens divers fut pris pour payer cette somme colossale et comme cela ne suffisait pas, le P. Burger fut traîné en jugement populaire et ensuite incarcéré avec les prisonniers de droit commun.

     

    Mais il est difficile, pour ne pas dire impossible, de décrire et de faire comprendre à ceux qui ne l’ont pas vécue l’atmosphère de terreur et de souffrance établie par les marxistes dans les campagnes chinoises en ces années terribles 1951-1952. Fréquemment nous parvenaient des nouvelles de nos chrétiens emprisonnés, torturés, mis à mort. La population avait été divisée en cinq classes sociales pour organiser la lutte des classes, des gens défavorisés contre les propriétaires et les paysans prétendus riches : lutte impitoyable utilisant la haine, la calomnie et la délation systématique.

     

    À Machang, les jugements populaires avaient lieu devant la grotte de Notre-Dame de Lourdes édifiée par le P. Burger. Un jour, une femme païenne que l’on torturait atrocement se mit à hurler de douleur en implorant la pitié de la Sainte Mère. Le lendemain les soldats vinrent renverser la statue de la Vierge Marie et après l’avoir souillée, la brisèrent en mille morceaux !

     

    Souvent nous étions conduits entre des soldats en armes à d’inter­minables interrogatoires et, comme nous voulions rester coûte que coûte au milieu de nos chrétiens et de toute cette population qui nous connaissait bien, ce fut la pression et le chantage pour essayer de nous amener à demander, par écrit, un visa de sortie de Chine. Cette demande serait ensuite montrée contre nous à nos chrétiens. Comme le chantage ne réussissait pas, des soldats, mitraillette au poing; vin­rent nous lire un ordre, venu de la capitale provinciale, leur enjoi­gnant de nous conduire sous bonne garde jusqu’à Kunming. C’est le 7 janvier 1952 que commença ce long voyage. Après 7 jours de mar­che à pied à travers les montagnes, nous étions à Li-Kiang, aux portes du Thibet. De là nous fûmes conduits à Tali, Kunming puis à Chung-King ; et de là à Wuhan, puis Canton et finalement le 12 mars, après une dernière fouille et quelques vexations finales, nous fûmes dirigés vers le pont de Lo Wu pour passer de la Chine au Territoire de Hong­kong ! Le P. Burger souffrit tout particulièrement pendant tout ce voyage. En effet, il s’était cassé une jambe et l’accident avait été réparé par les moyens du bord, plutôt mal que bien. Voilà donc le P. Burger à Hongkong le 12 mars 1952. Après quelques semaines de repos, il s’embarqua sur l’« André Lebon » et arriva en France le 22 avril. »

     

     

    En France

     

    Quelque temps après son arrivée en France, le P. Burger subit une intervention chirurgicale pour remettre sa jambe à peu près en place. Il lui fallut plusieurs mois pour retrouver la liberté de ses mouvements. A 52 ans, il aurait pu repartir en mission dans un autre pays pour continuer son apostolat parmi les Chinois. Mais les circonstances en décidèrent autrement. Mgr Brault, évêque de Saint-Dié, cherchait un aumônier pour l’hôpital de cette ville. On proposa le poste au P. Burger qui accepta. C’est ainsi qu’il entra en fonction le 29 décembre 1952. Il allait poursuivre son apostolat près des malades pendant 25 ans.

     

    Sa vie à l’hôpital allait prendre un autre rythme et exigeait de sa part beaucoup de régularité et de dévouement. Ce sont les deux qualités qui ont marqué la vie du P. Burger pendant les 25 ans qu’il a exercé sa charge d’aumônier. Venant de son appartement situé à quelque distance, il entrait à l’hôpital à 6 h 50 pour célébrer la messe et il la célébrait avec un grand recueillement. Après son action de grâce et un petit déjeuner frugal, il commençait la visite des malades vers 8 h 30 et la poursuivait jusqu’à 11 h 30. A ce moment-là, il prenait son déjeuner puis regagnait son appartement pour un temps de repos jusqu’à 14 h. De nouveau il venait à l’hôpital et poursuivait la visite des malades. Il aimait bien plaisanter avec eux ; il faisait parfois des calembours avec certains noms de famille ; il avait toujours un mot aimable pour chacun, aussi bien les malades que le personnel.

     

    Un jour, on dut lui amputer le gros orteil. Après l’opération on le transporta encore endormi dans une chambre particulière où il devait rester quelques jours. L’infirmière qui le surveillait voyant que tout se passait bien et qu’il se réveillait normalement, le quitta quelques instants pour se rendre au chevet d’autres malades qui l’avaient appelée. Quand elle revint dans la chambre, quelle ne fut pas sa stupéfaction de voir le lit vide ! Le P. Burger avait tout simplement décidé de rentrer dans son appartement sans prévenir personne !

     

    C’est donc avec dévouement et régularité qu’il remplit sa charge d’aumônier, mais comme il approchait de 80 ans, il se sentit vraiment fatigué et donna sa démission à la fin de l’année 1977. Il resta encore quelques jours avec son successeur et le 2 janvier 1978, il partit pour Sélestat dans l’intention de vivre sa retraite chez sa sœur. Mais au bout de quelques mois, il ressentit tous les inconvénients de cette situation et il demanda à Mgr Vilnet de bien vouloir l’autoriser à venir à Saint-Dié, à la Maison de retraite Saint-Pierre-Fourier. C’est là qu’il vécut ses dernières années dans le calme et la prière avec les autres prêtres du diocèse de Saint-Dié retirés dans cette maison. Il occupait une chambre au 2e étage et c’est là que le 2 juin au matin on le trouva inanimé. Ce fut une surprise pour tout le monde, car la veille encore il avait concélébré avec les autres prêtres de la maison et partagé leur repas du soir comme d’habitude sans manifester une fatigue particulière. Malgré tous les soins qui lui furent prodigués à l’hôpital Saint-Charles où on l’avait transporté immédiatement, il ne put surmonter cette crise cardiaque.

     

    Son corps fut ramené à la Maison de retraite. Les obsèques eurent lieu dans la petite église Notre-Dame de Galilée, tout près de la cathédrale. Elles furent présidées par le Vicaire général entouré d’une vingtaine de prêtres dont sept confrères des Missions Etrangères.. C’est le P. Le Du, ancien compagnon d’apostolat du P. Burger au Yunnan, qui donna l’homélie. Il retraça les dernières années du P. Burger cri Chine, toutes les souffrances qu’il endura avant d’être arraché à son poste de Hua-Pin et rappela un dernier geste touchant : au départ, la route gravissait une colline ; arrivé au sommet de cette colline, le P. Burger se retourna pour regarder une dernière fois la ville et donner sa bénédiction à ce peuple qu’il quittait pour toujours !

     

    Selon sa volonté, son corps fut transporté à Breitenbach, sa paroisse natale où il repose dans le caveau de famille.

     

     

    • Numéro : 3379
    • Pays : Chine
    • Année : 1929