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Joseph BULTEAU (1901-1951)

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    [3344]  BULTEAU Joseph, Constant, Baptiste, est né le 15 novembre 1901 à Les Brouzils, au diocèse de Luçon (Vendée). Après ses études secondaires au Petit Séminaire diocésain et sa philosophie au Grand Séminaire de Luçon, il entre aux Missions Étrangères de Paris le 12 septembre 1924, est ordonné prêtre le 29 juin 1927 et, destiné à la mission de Taegu (Corée), part pour Paris le 18 septembre 1927.

     

    Après quelques mois d'étude de la langue coréenne, il fait un séjour à l'hôpital de Taegu, puis est nommé responsable de la paroisse de Pusan-jin, en ville de Pusan, à l'extrême sud-est du pays, où il succède au Père Deslandes. À ce moment là, Pusan-jin est l'unique paroisse, non seulement de la ville portuaire de Pusan, mais encore de la partie est de la province du Kyong-sang méridional, et correspond à ce que sera le diocèse de Pusan à partir de 1966, une fois que le diocèse de Masan en aura été détaché. Le diocèse de Pusan lui-même à été créé en 1957. En 1929, le Père Bulteau lance la construction d'une école maternelle et d'une école primaire, où il reçoit bientôt une centaine d'élèves. En 1932, il se rend au Japon pour y visiter ses paroissiens qui ont émigré dans ce pays, et sa paroisse est divisée pour donner naissance à celle de Chong-hak-tong, dans l'île de Yong-do, là même où le Père Jozeau avait résidé en 1890-91, jetant les premières fondations de la chrétienté de Pusan. En 1933, il envoie deux jeunes paroissiens qui ont terminé leurs études secondaires à la Congrégation des Soeurs Franciscaines de Marie qui, à l'époque, n'ont aucune maison en Corée et qui ne s'y établiront qu'en 1958. En 1935, il entreprend la reconstruction de son église de Pusan-jin, qui ne sera terminée que l'année suivante. En 1935, il avait eu la joie de baptiser 150 adultes dans sa paroisse.

     

    En 1938, il se rend en congé en France, mais en 1939, il y est mobilisé pour la guerre et, fait prisonnier, sera libéré en 1941. Comme il lui est impossible de retourner en Corée, il prend du ministère dans le diocèse de Luçon et devient curé de Jars-sur-mer.

     

    En 1949 (1950 ?), il repart en Corée où il est affecté au nouveau vicariat apostolique de Tae-jon et nommé responsable de la paroisse de Kong-sé-ri, qui a été fondée en 1875 par le Père Devise, et où il succède au Père Jules Bertrand.

     

    Le 25 juin 1950, les troupes communistes de Corée du Nord envahissent la Corée du Sud, leur avance est foudroyante. En juillet, après la chute de la ville de Su-won (à 40 km au sud de Séoul), la police de la région où il se trouve se replie et invite le Père Bulteau à en faire de même, mais celui-ci refuse et reste à son poste pour protéger ses fidèles. Peu après, il est arrêté et conduit à Séoul où il rejoint en prison le Père Villemot, Mère Béatrice, provinciale des Soeurs de St Paul de Chartres et Soeur Eugénie, de la même Congrégation. Ceux-ci sont ensuite conduits à Pyong-yang, la capitale de la Corée du Nord, où ils rejoignent les Pères A. et J. Gombert et le Père Coyos et subissent de nombreux interrogatoires, de jour et de nuit. Le 5 septembre, il est mis avec ses compagnons dans un train qui le conduit à Man-po, au bord du fleuve Yalou qui sépare la Corée de la Chine, où il arrive le 11 septembre. Il a fallu 6 jours et 6 nuits pour faire un trajet de 350 km. Entre le 10 et le 21 octobre, tout le groupe des détenus est à Ko-san-jin, dans un camp situé près du Yalou, à 28 km en aval de Man-po. De là, ils sont menés, à travers des montagnes aux pentes abruptes, au petit village minier de Cho-an-ri, puis sont ramenés à Ko-san-jin, et de là à Man-po, où ils arrivent le 30 octobre. Le temps est glacial et la nourriture très insuffisante et de fort mauvaise qualité, et les détenus n'ont que leurs vêtements d'été.

     

    Commence alors la longue marche vers Choung-kang-jin. Le Père Bulteau soutient le Père Villemot (qui est âgé de 81 ans) presque constamment jusqu'au 3 novembre à midi; d'autres détenus prenant alors le relais. Le Père Bulteau aide le Père J. Gombert (73 ans) ensuite, et le groupe arrive à Cha-song le 4 novembre. Les vieillards et les femmes sont ensuite conduits en camion jusqu'à Choung-kang-jin, mais les Pères Bulteau, Cadars et Coyos, entre autres, poursuivent la route à pieds et arrivent à destination le 9 novembre. C'est là que vont mourir les Pères Villemot et A. et J. Gombert, dont le Père Bulteau s'était fait l'infirmier, les 11, 12 et 13 novembre.

     

    Une semaine plus tard, les rescapés repartent pour Ha-jang-ri, petit hameau à 8 km à l'est de Choung-kang-jin, véritable camp de la mort. Plusieurs centaines de déportés vont mourir là de froid, de faim, de manque de soins. Maintenant, le Père Bulteau se dévoue auprès du Père Cadars, qui souffre de la dysenterie et de la gangrène, pour essayer d'atténuer ses souffrances, mais le Père Cadars décède le 18 décembre. Les chefs du camps trouvent que le Père Bulteau n'a pas fait assez et l'envoient tourner la meule. Il y perd ses dernières forces et ne pourra plus se relever. Après avoir encore subi un interrogatoire le 2 janvier, il décline rapidement et meurt le 6 janvier 1951.

     

     

    • Numéro : 3344
    • Pays : Corée
    • Année : 1927