Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Barthélémy BRUGUIÈRE (1792-1835)

Add this

    [356]. BRUGUIÈRE, Barthélemy, premier vicaire apostolique de la Corée, vint au monde à Raissac d’Aude (Aude) le 12 février 1792. Il fit ses études à Narbonne­ ; son diplôme de bachelier-ès-lettres porte la date du 30 octobre 1812. Ses études théologiques achevées au grand séminaire de Carcassonne, il fut, presque au lendemain de son ordination sacerdotale qui eut lieu le 23 décembre 1815, nommé professeur dans cet établissement­ ; il y enseigna la philosophie pendant quatre ans, puis la théologie.

    Entré au Séminaire des M.-E. le 17 septembre 1825, il partit pour le Siam le 5 février 1826. Tout en étudiant la langue du pays, il s’occupa du séminaire de Bangkok, et, dès qu’il sut à peu près se faire comprendre, il ajouta à l’enseignement l’exercice du ministère.

    En vertu d’un bref du 5 février 1828, son évêque, Mgr E. Florens, l’ayant en 1829 choisi pour son coadjuteur, il reçut le titre d’évêque de Capse. Sacré le 29 juin de la même année à Bangkok, il se fixa dans l’île de Pinang, vint à Singapore en 1831, et fit connaître aux prêtres portugais de Malacca le décret de la Propagande, du 22 septembre 1827, unissant Singapore à la mission du Siam. Cette décision fut difficilement acceptée. Les Portugais réclamèrent, et continuèrent leurs réclamations pendant longtemps­ ; nonobstant, les missionnaires du Siam s’établirent à Singapore.

    Sachant que la Corée se trouvait sans prêtre depuis longtemps, Bruguière offrit de s’y dévouer. Le Saint-Siège accepta, et, le 9 septembre 1831, un bref lui confia la Corée, qu’un autre bref Ex debito pastoralis (Jus Pont. de Prop. Fid., v, p. 20), daté du même jour, avait érigé en vicariat apostolique. Dès qu’il connut la décision de Grégoire XVI, il fit ses préparatifs de départ, et s’embarqua le 12 septembre pour gagner sa nouvelle mission, qui fut bientôt régulièrement acceptée par la Société des M.-E. De Macao, il passa au Fokien et se rendit, au prix de bien des fatigues et à travers mille périls, dans la Tartarie­ ; le 8 octobre 1834, il était à Sivang où l’attendait un de ses missionnaires, P.-P. Maubant.

    Il eut encore plus d’une épreuve à subir, et il lui fallut échanger bien des messages pour décider les Coréens à le recevoir, car un prêtre chinois, peu digne de son caractère sacerdotal, les poussait à refuser tout missionnaire français, sous prétexte que la présence de l’un d’eux provoquerait des persécutions. Son ignorance de la langue et des coutumes chinoises compliquait encore les difficultés de son voyage. Néanmoins les derniers obstacles finirent par être aplanis, et il quitta Sivang le 7 octobre 1835 pour se rendre en Mandchourie. Mais il était épuisé­ ; le 20 du même mois, il succomba, presque subitement, à Pie-li-keou. (Dans un article des M. C., xlv, 1913, p. 95, le P. Kervyn appelle Makiatzen le lieu de sa mort). On inhuma sa dépouille mortelle sur le versant méridional de la montagne voisine. Bruguière était humble, mortifié, capable des plus grands sacrifices, mais doué d’un esprit plus théorique que pratique.

     

    Armes

    — Croix latine rayonnante, chargée du sigle du Christ, accostée de celui de la Sainte Vierge et d’un navire, avec au bas M.-E., initiales des Missions-Etrangères.

    Devise

    — Euntes docete omnes gentes.

     

    Notes bio-bibliographiques

    A. P. F., iii, 1828-29, pp. 114, 234­ ; Ib., Voyage à Quedah et à Ligor en 1827, p. 242­ ; Ib., pp. 254, 260­ ; iv, 1830-31, pp. 200, 203, 207, 215­ ; v, 1831-32, p. 38­ ; Ib., Sur la faune et la flore de l’Indo-Chine, p. 63­ ; Ib., Mœurs et coutumes des Siamois, p. 149­ ; Ib., Notice sur la langue siamoise, p. 206­ ; Ib., p. 355­ ; vi, 1833-34, pp. 537, 538, 590­ ; vii, 1834-35, p. 268­ ; viii, 1835-36, pp. 58, 166, 405­ ; ix, 1836-37, pp. 110, 111­ ; Ib., Relation de son voyage à travers la Chine, pp. 196 et suiv.­ ; Ib., pp. 207, 274, 312, 318, 325, 331­ ; x, 1837-38, pp. 78, 79.

    M. C., xlv, 1913, p. 95.

    A. M.-E., 1914, p. 72.

    Bull. Soc. Géog. [Paris], 2e sér., vii, 1836, Résumé de son voyage en Corée, p. 211. — Nouv. Ann. des voy., lv, 1832, Lettre sur le royaume de Siam, p. 223­ ; lvi, 1832, Lettre sur le royaume de Siam (suite), p. 314. — Chinese Rep., xiii, 1844, april, Notice of the religion manners, and customs of the Siamese. Translated from the A. P. F. by W. Dean, p. 169.

    Hist. Egl. de Corée, ii, pp. 8, 11 et suiv.­ ; Ib., Brefs, pp. 19, 20­ ; Ib., pp. 23 et suiv., 89, 105. — Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. — Lett. à l’év. de Langres, pp. 309, 393, 472 et suiv. — Le sec. Emp. en Indo-Ch., pp. 218, 240. — Descrip. du roy. Thai, ii, p. 288. — An anecd. hist., Tab. alph.

    Collect., 31 août 1834­ : n° 913.

    • Numéro : 356
    • Pays : Thailande Corée
    • Année : 1826