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Étienne BROSSARD (1874-1928)

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    Etienne Brossard naquit le 12 octobre 1874 au hameau de Piers, paroisse de Saint-Victor-sur-Arlanc, dans cette partie du département de la Haute-Loire qui appartenait autrefois à la province d’Auvergne. Sa famille était l’une des plus en vue dans la région, pour l’aisance et pour l’esprit franchement chrétien.

    Son enfance se passa à la ferme paternelle ; il y fournit sa part de travail, il y puisa l’amour de la terre et des grands bois : une de ses dernières recommandations à son unique sœur fut de ne pas vendre les sapins.

    Au Petit Séminaire de la Chartreuse, pépinière de missionnaires, sa vocation à l’apostolat s’affermit, et il entra au Séminaire des Missions-Etrangères de Bièvres le 12 septembre 1894. Ses études furent interrompues par le service militaire, et par la mort de son père : cette dernière circonstance l’obligea à passer plusieurs mois à Piers. Durant son service militaire, il se fit apôtre, et je me rappelle avoir entendu un missionnaire de Canton, décédé depuis, me raconter que c’était à M. Brossard qu’il devait sa vocation ; ce sont en effet ses entretiens avec M. Clauzet alors élève du Grand Séminaire de Saint-Flour, qui décidèrent ce dernier à se faire missionnaire.

    Ordonné prêtre le 10 mars 1900, Etienne Brossard reçut sa destination pour la Mission de Malacca. Toute sa vie de missionnaire devait s’écouler parmi les Chinois, dont il apprit la lan-gue sans bien grandes difficultés, grâce à son intelligence et à son excellente mémoire. Quelques mois passés à Singapore, vicaire de M. Bès à Buket-Mertapjam, de M. Catesson à Seremban, curé de Kajang, de Bukit-Mertajam, puis de nouveau à Kajang, puis à Batu-Gajah et enfin à Kuala-Lumpur, voilà les différentes étapes de la vie apostolique de notre confrère. Dans ces différents postes, il fit preuve d’un esprit d’organisation remarquable. Il bâtit à Matang-Tinghy presbytère et église ; à Kajang il sut mettre le poste sur un bon pied, au point de vue matériel, en utilisant le terrain qui environne l’église. Le temporel ne lui faisait pas négliger le spirituel : même durant les dernières années de sa vie, alors qu’il avait bien de la peine à se tenir debout, il ne cessa pas les visites régulières qu’il faisait ordinairement aux annexes aussi bien qu’à l’hôpital des lépreux.

    Notre confrère avait bien un tempérament et un caractère tout à fait à lui. Sa mine quelque peu rébarbative, et une tenue quelque peu négligée dont on ne put jamais le corriger, auraient peut-être à première vue éloigné de lui. Mais pour ceux qui le connaissaient, son bon cœur, son affection pour ses confrères ne faisaient pas le moindre doute.

    M. Brossard paraissait solide comme les sapins de son village natal. Mais à partir de 1915, sa santé déclina, et jusqu’à la date de sa mort, on peut dire qu’il fut constamment malade. Un séjour à Hongkong et à Dalat, un voyage en France, semblaient l’avoir remis sur pied, mais cette amélioration ne devait pas durer. Comptant beaucoup trop sur son tempérament d’Auvergnat, il négligeait de se soigner.

    À bout de forces, il se décida au mois d’août 1928 à entrer à l’hôpital de Kuala-Lumpur. Grâce aux bons soins du docteur et des infirmières, son état semblait s’améliorer, et il faisait des plans pour aller revoir ses sapins et surtout sa sœur Jeanne, quand son état empira : notre confrère nous quittait le 28 août, après avoir reçu les derniers sacrements.

    Le bon Dieu, et la Sainte Vierge envers laquelle il avait une grande dévotion, lui auront fait bon accueil, et accordé de bonne heure, nous l’espérons, la récompense promise à ceux qui ont tout sacrifié pour servir et faire connaître le Divin Maître.

     

     

    • Numéro : 2483
    • Pays : Malaisie
    • Année : 1900