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Marius BRAY (1919-2001)

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    Marius, Louis, BRAY, fils de Germain, Cyrille et de Louise, Félicité, Isabelle COLLADANT, naquit le 8 novembre 1919, à La Ferté-Imbault, canton de Salbris, dans le département du Loir-et-Cher. Il fut baptisé le 23 mai 1920, en l'église paroissiale de La Ferté-Imbault, diocèse de Blois. Il eût comme parrain son frère William et comme marraine sa sœur Louise. Ses parents exerçaient la profession de boulanger à la Ferté-Imblault ; la famille comptait 6 enfants dont 4 garçons et 2 filles.

    Nous ne savons que bien peu de choses sur le cursus des études primaires et secondaires de M. Marius Bray. Lorsqu'en 1938, il présenta sa demande d'admission au séminaire des Missions Etrangères, Monsieur le Supérieur du Grand Séminaire de Blois, dans une lettre du 2 avril 1938, donnait, à son sujet, les renseignements suivants : .."M. Marius BRAY est effectivement un de nos élèves du cours de vocations tardives qu'il suit depuis trois ans. A la rentrée d'octobre nous l'aurions admis à suivre les cours de philosophie.

    Sans doute sa formation littéraire restera un peu élémentaire, mais c'est un jeune homme intelligent, laborieux, consciencieux qui cherche à s'instruire.Il pourra certainement suivre utilement les cours de philosophie.

    Au point de vue moral et pratique, on peut dire, sans exagérer qu'il est une petite perfection. Très pieux, très bon, beaucoup de bon sens, beaucoup de savoir faire. Sa famille est très honorable…et l'avait laissé volontiers venir au séminaire. Son père est boulanger, et, pendant les vacances, le jeune Marius Bray continue à aider sa famille en portant le pain aux clients. Il est très sympathique à tous ses compatriotes…. Je crois que vous pouvez l'accepter sans aucune espèce d'appréhension . C'est un sujet de valeur…"

    Ainsi recommandé par son supérieur, M. Marius Bray fut admis, sous le N° 2 de cette année là, au séminaire des Missions Etrangères où il entra le 14 septembre 1938. La guerre perturba probablement le cours de ses études. Il semble que son temps de service militaire ou équivalent ait été assez long. Le 15 novembre 1941, il posait une demande écrite en vue de "participer à l'ordination de la tonsure", puis, le 27 avril 1943, il sollicitait "l'honneur d'être admis aux Ordres Mineurs" ; le 7 mai 1946, il adressait à Mr. Le Supérieur des Missions Etrangères, sa demande "en vue de son admission au derniers ordres mineurs à l'ordination du 29 juin". Sous-diacre, au Quatre-Temps de Noël 1946, diacre le 29 juin 1947, il fut ordonné prêtre le 7 octobre 1947 et reçut sa destination pour le service du vicariat apostolique de Bangkok, (Thaïlande) qu'il partit rejoindre le 30 avril 1948, après avoir été agrégé à la Société des Missions Etrangères, le 1er avril 1948.

     

    Le 20 mai 1948, depuis Singapore où il avait débarqué et fait une courte escale, M. Marius Bray arriva à Bangkok par avion. Après quelques jours de repos à la procure de la Mission, il fut envoyé à la paroisse chinoise du Calvaire, placée sous le patronage de N.D. du Rosaire, à Bangkok, où il se mit avec ardeur à l'étude de la langue chinoise, dialecte de Swatow.

     

    Le 7 novembre 1949, pour aider au développement de la mission du Nord-Thaïlande, Mgr. Louis Chorin nomma M. Marius Bray vicaire à Chiengmai (Xieng-Mai) et lui confia la charge de s'occuper des groupements catholiques chinois établis en cette ville et de ceux disséminés un peu partout dans la partie nord du pays, plus particulièrement à Lampang, une ville à environ une centaine de kms au sud de Chiengmai. Dans ce district, travaillaient aussi Mgr. René-Marie Perros, ancien vicaire apostolique de Bangkok,qui y avait pris sa retraite, en 1948, et M. René Meunier, responsable de ce poste, où il était arrivé en 1932 pour seconder M. Lucien Mirabel

     

    Dès son arrivée à Chiengmai, M Marius Bray loua, en 1950, la maison de l'ancien consulat de France, pour en faire un "Centre d'Information" à l'intention du monde chinois. Il y créa une bibliothèque ouverte à tous, avec prêt gratuit de livres; il y aménagea une salle de lecture agrémentée de belles photos, avec revues en langues chinoise, thai, et anglaise, et une autre pièce pouvant servir de salle de conférence avec projections. Un petit oratoire pourrait y avoir sa place. Dans son compte-rendu de 1950, dans lequel il fait part à son évêque de ses nombreux projets, et de ses activités, il écrit :".. Mais, ce qui manque surtout à Chiengmai, c'est l'installation de quelques familles chinoises ferventes. C'est pourquoi j'ai l'intention d'en faire venir de Bangkok qui rémoigneront du Christ devant leurs frères païens..." Dans ce même document, il expose ensuite la situation qu'il a trouvée à Lampang, ville peuplée de nombreux chinois, et dont il a la charge spirituelle. Pour l'instant, dit il, on n'y trouve pas de noyau chrétien fervent, alors que faire ? Y créer un "Centre d'Information", y implanter de bonnes familles chrétiennes, et voici son projet: "L'église de Lampang possède deux hectares de terrain que cultivent des jardiniers chinois, tous païens. En les remplaçant par des chrétiens, on pourra, je l'espère, former une petite communauté chrétienne, sinon, l'église de Lampang risque de végéter encore longtemps…"

     

    En 1951, le district de Lam-pang totalisant alors une soixantaine de chrétiens en y englobant ceux établis dans les annexes de Phrë, Muâng-Ngao, et Nân lui fut confié. Mais en juillet de cette même année, il remonta vers le nord, prit en charge le district de Chiengmai, où il remplaça M. René Meunier qui se préparait à prendre un congé en France. Aux œuvres déjà existantes, il ajouta un pensionnat et une école paroissiale très prospère.

     

    En février 1954, M. Paul Destombes, vicaire général de la Société, fit la visite des missions confiées à la Société en Thaïlande ; le 18 mars 1954, il était à Chiengmai où il rencontra MM.Marius Bray, Jean Bacon, un ancien missionnaire de Chine, et quelques missionnaires Bétharramites. Le 21 mars 1954, tous assistaient à l'inauguration de la première maison des Pères du Sacré-Cœur de Bétharram dans ce district dont ces derniers allaient prendre la responsabilité. Cependant, il faudra attendre juin 1960, pour que toute cette partie nord du vicariat apostolique de Bangkok soit érigée en Préfecture Apostolique et, sous la direction de Mgr. Lacoste, soit confiée officiellement aux Pères du Sacré-Cœur de Bétharram. Chiengmai en deviendra le centre.

     

    Le 26 septembre 1954, après avoir remis Chiengmai, et son district, entre les mains d'un nouveau curé, le P. Londaïtzbéhère, Betharramite, M.Marius Bray quitta définitivement cette province du nord, gagna Bangkok où il resta une huitaine de jours, puis s'en alla prendre son nouveau poste à Korat, ville située à mi-chemin entre Bangkok et Oubone. Korat (Nakon Ratchasima), la troisième ville de Thaïlande par le chiffre de sa population, dépendait alors, au plan écclésiastique, du vicariat apostolique de Oubon. Cependant, suite à un accord conclu entre les deux vicaires apostoliques, cette paroisse était administrée par la mission de Bangkok, ville plus proche et plus accessible, en attendant le jour où il serait possible de demander au Saint- Siège d'y ériger une Mission autonome.

     

    Comment se présentait la chrétienté dans ce district ? Laissons la parole au chroniqueur de Bangkok: "..Au point de vue religieux, elle (Korat) n'a fait, par la force des choses, que végéter jusqu'à présent. A peu près tout est à faire dans ce domaine, mais tous les espoirs sont permis et la nomination du Père.Bray ne fait que les renforcer. A Korat, le deuxième dimanche d'octobre (1954), il exposait son plan d'action dans une déclaration trilingue (siamois, chinois et anglais) qui fit quelque bruit. En entendant ces paroles de chef, l'auditoire vibrait tout entier ! Que N.D. de Lourdes à qui l'église de Korat est confiée, n'abandonne pas son petit soldat dans la mêlée !.."

    Le 15 août 1955, par délégation de son évêque empêché, M. Marius Bray, eût l'honneur de bénir, dans la paroisse de Banpeng, dirigée par M. Jubin, une cloche toute neuve pesant 170 kgs, dédicacée en thaï, nommée "Immaculée Conception" puis, il procéda à l'érection d'un nouveau chemin de croix réalisé grâce aux talents d'un artiste peintre et d'un fin travailleur sur bois, tous deux, originaires de cette paroisse.

     

    L'un des grands projets prioritaires de M. Marius Bray était la création d'un Centre scolaire, à Korat. A cette fin, en novembre 1955, il obtint de la Mère Provinciale des Sœurs de Saint Paul de Chartres en Thaïlande, la promesse d'une prochaine fondation. Ainsi, dans un vieux bâtiment, avec les moyens du bord, on aménagea de coquettes salles de classes, capables d'accueillir 270 élèves. Les familles de Korat se précipitèrent pour y faire inscrire leurs enfants. Les cours débutèrent le 17 mai 1956, avec le concours de trois sœurs de St. Paul de Chartres venues de Bangkok, dont l'une possédait tous les diplômes exigés officiellement pour la direction d'un établissement scolaire. C'était une étape préparatoire à l'ouverture dans les années à venir, d'une future école secondaire pour les jeunes filles.

     

    Que serait il possible de réaliser pour les garçons ? Le 17 juin 1957, M. Marius Bray servait de guide à quatre Frères de St.Gabriel, venus visiter Korat ; il espérait que prochainement ces derniers viendraient s'y installer définitivement. Il lui faudra attendre dix ans pour que son projet devienne réalité. En effet, en mai 1967, il eût la joie d'accueillir à Nakhon-Ratchasima les deux premiers frères de St.Gabriel, l'un français, l'autre thaï . Ils venaient y ouvrir un collège de garçons dont l'effectif atteignait plus de 400 élèves, dès la première année scolaire. C'était l'aboutissement des nombreuses démarches faites par lui, dans ce but, depuis bien des années.

     

    Dans l'après midi du 5 juillet 1958, se présentait au presbytère de Korat, le chroniqueur de la mission de Bangkok ; ce dernier heureux de passer la journée du dimanche en compagnie de son confrère, curé du lieu, dans un cadre fleuri et souriant, nous raconte :  "Situé sur le bord de la grand-route Korat-Bangkok, en face d'une gare flambant neuve, par où passent et repassent, nuit et jour, des trains de voyageurs et de marchandises, en provenance ou à destination de Bangkok, d'Oubone, et d'Oudone, le terrain de l'église de Korat, naguère quelque peu écurie d'Augias et cour du roi Pétaud, se transforme de plus en plus, et jure de moins en moins avec son admirable situation, dans cette grande et cosmopolite ville de Korat. Le P.Bray est venu, et peu à peu, les aveugles ont vu clair, les sourds ont entendu raison, les muets ont dit "oui", les contrats boiteux ont été redressés, les hôtels borgnes ont disparu, les maisons lépreuses ont fait peau neuve, les chemins tortueux ont filé droit, d'autres ont été condamnés…Bref, tout sera bientôt rentré dans l'ordre. Sur les cendres d'un passé récent, s'élèvent déjà une école de cinq cents élèves (primaire complet et secondaire amorcé), un pensionnat de quarante quatre élèves (qui atteindra son maximum de soixante, l'an prochain, et un dispensaire tout neuf, près de la porte d'entrée ! Mary clinic !.."

     

    Ce dispensaire "Mary Clinic" fut inauguré le 24 juillet 1958, par le gouverneur de la province de Nakhon Ratchasima, résidant à Korat ; ce dernier était entouré de douze missionnaires, de dix-huit sœurs de Saint Paul de Chartres, de nombreux chrétiens de Bangkok, de tous ceux de Korat, des pensionnaires et de quelques externes de l'école paroissiale, des fonctionnaires et des personnages les plus en vue de Korat, dont le docteur attaché au nouveau dispensaire. Le P. Perray en assura la bénédiction religieuse.

     

    Le 21 janvier 1959, M. Marius Bray quittait Korat pour prendre son congé régulier en France où il arriva le 23 février suivant. Après un temps de repos, il  s'embarqua à Marseille, le 7 octobre 1959, à bord du paquebot "Laos", et retrouva la ville de Korat (Nakhon-Ratchasima) "porte du Nord-Est de la Thaïlande", son district avec sa commuauté chrétienne d'environ 340 catholiques.

     

    En 1961, la courtoisie bienveillante du gouvernement thailandais à l'égard des diverses confessions religieuses permettait à l'Eglise catholique, malgré le petit nombre de ses fidèles –seulement 0,45% sur une population de plus de 25 millions d'habitants- d'affirmer sa présence dans ce royaume, et d'y exercer son action bienfaisante surtout dans le domaine de l'enseignement et de la santé. M. Marius Bray profita de ces dispositions favorables pour ouvrir, en plein milieu non chrétien, une nouvelle école à Klangdong, où il y avait un petit noyau chrétien. Cette ville se situe sur la grande artère dite "route de l'Amitié" reliant Bangkok à Khorat. Ainsi, cela lui permettait, tout en s'occupant de cette jeune communauté chrétienne qu'il avait fondée, d'avoir un contact suivi avec les parents de ses élèves, et de donner à ces derniers une sérieuse éducation.

     

    En 1963, son activité pastorale est intense principalement dans le monde des jeunes, le domaine de l'enseignement, et le soin des malades. La clinique "Sainte Marie" accueille en une année, quelques dix mille consultants. Le 14 février 1963, un "Centre d'information" dû à son initiative, ouvre ses portes. On y assure des cours d'anglais, de français, d'allemand, ce qui permet de nombreux contacts avec les non-chrétiens, et de guider vers le christianisme ceux qui le désirent. La grande école secondaire tenue par les religieuses de St. Paul de Chartres, fréquentée par 1.300 élèves et réputée pour le sérieux et la qualité de son enseignement, crée un courant de sympathie en faveur de l'église catholique. En 1964, profitant du fait que l'instruction reste un domaine qui retient l'attention du gouvernement, il agrandit son école secondaire de filles dont l'effectif atteindra 1.402 élèves l'année suivante.

     

    En plus de Khorat, M.Marius Bray desservait les chrétientés annexes de Klangdong fondée par lui, (34 catholiques en 1964) et de Banhan. En 1965, malgré de sérieux problèmes de santé, il eût la joie de baptiser 20 adultes, chiffre le plus élevé dans les statistiques de la mission, pour cette année là. Mais il avait déjà conscience de certains changements qui commençaient à affecter les communautés chrétiennes. En effet, dès 1962, un plan de développement général du Nord-Est de la Thaïlande avait été mis en route. De plus, en raison des évènements militaires et de la situation politique dans les pays de l'ancienne Indochine, et sur l'invitation du gouvernement Thaï, des bases militaires américaines importantes s'installaient en Thaïlande et dans la région de Nakhon-Ratchasima, carrefour des voies de communication de Bangkok avec l'est et le nord est du royaume. L'implantation de ces camps militaires favorisait et développait pour un temps, l'embauche d'un personnel local nombreux bien rémunéré. Mais le traditionnel rythme vie dans les villages chrétiens ou non s'en trouvait modifié peu à peu. Un meilleur état des routes facilitait les déplacements des missionnaires et aussi des villageois vers la ville. Il était plus facile de venir en consultation au dispensaire. Il y en eût plus de 100.000 à "Ste Mary Clinic" en 1966. L'état sanitaire s'améliorait.

     

    Le 22 mars 1965, le P. Alain Van Gaver, 44 ans, curé de la paroisse de l'Immaculée Conception à Bangkok, fut élevé à la dignité épiscopale, et nommé à la tête du nouveau vicariat apostolique de Nakhon-Ratchasima, détaché du vicariat d' Oubon. Il reçut la consécration épiscopale des mains de Mgr. Claudius Bayet, dans la cathédrale de Bangkok, le 22 juillet 1965. Ensuite, l'établissement de la hiérarchie écclésiastique sur toute l'étendue du royaume de la Thaïlande, le 22 décembre de la même année, fit de ce vicariat, un diocèse, suffragant de l'archidiocèse de Tharé-Nongseng . Ses limites : le Cambodge et le diocèse de Chantaburi au sud, les diocèses d'Udon au nord, d'Ubon à l'est, de Bangkok à l'ouest. Un territoire égal aux deux tiers de la superficie de la Belgique et des Pays-Bas réunis, avec environ 2500 catholiques et 9 prêtres des Missions Etrangères, sur une population totale estimée à environ 2.500.000 habitants.

     

    En juillet 1965, Mr. Marius Bray, dont l'état de santé avait donné quelques inquiétudes, pendant plusieurs mois, reprit son poste de curé de Khorat, mais il demanda d'être relevé de la responsabilité de la chrétienté de Klang-Dong. En 1966, le Conseil de la Mission ayant donné son accord pour la construction d'un évêché-procure sur le terrain que possédait la mission en face de Vat-Pho, il réussit à faire évacuer les lieux par ceux qui y avaient installé leur maison. Il fut alors possible d'envisager le commencement des travaux dans le courant de l'année en cours.

     

    Après un congé en France du 13 février 1969, au 23 novembre de la même année, il regagna Nakhon Ratchasima (Khorat), et ajouta à ses responsabilités de pasteur, la charge de vicaire général. En 1970, le nombre de naissances croissant, la population chrétienne de sa paroisse était en augmentation ; durant cet exercice, il célébra aussi quelques baptêmes d'adultes, surtout des femmes mariées à des soldats américains, mais celles-ci quittaient la paroisse pour se rendre aux Etats-Unis. Il encouragea le zèle des membres de la Légion de Marie, et de la Conférence de Saint Vincent de Paul et les associa activement à son ministère :."…Les visites dans un hospice de vieillards, écrit-il, sont très appréciées des vieillards eux-mêmes et des autorités de l'établissement.." Par contre, le catéchisme chinois par correspondance ne rencontrait que peu d'intérêt. Dans les locaux de la paroisse, transformés en "centre culturel", il organisait des expositions de dessins, de peintures, et d'œuvres d'art diverses, en collaboration et avec le concours des diverses écoles de la ville.

     

    Le 30 avril 1975, le Sud Viêtnam et la ville de Saïgon tombaient entre les mains du "Viêtcong"; dans le même temps, le Cambodge vivait des évènements dramatiques, sous la férule des "Kmers Rouges". La situation politique et militaire était tout aussi préoccupante au Laos. La Thaïlande traversait une période de crise au plan de sa stabilité gouvernementale, quelques militants communistes actifs contrôlaient un certain nombre de villages, créant des "zônes d'insurrection" ; à l'extérieur, le Royaume de Thaïlande se voyait contraint à revoir ses relations avec les Etats d'Indochine, la Chine, et les Etats-Unis après leur défaite au Viêtnam.

     

    Cette situation fit que de 1973 à 1976, le gouvernement des diocèses de Thaïlande passa rapidement sous la responsabilité d'un épicopat thaï. Pour en accélérer le processus, les évêques d'origine européenne, et appartenant à divers instituts missionnaires, présentèrent spontanément leur démission au Saint-Siège. En 1976, seul le diocèse de Surat-Thani avait encore à sa tête un ordinaire européen. Ainsi, en 1977, Mgr. Joachim Phayao Manisab prit la direction du diocèse de Nakhon-Ratchasima. Il succédait à Mgr. Alain Van Gaver démissionnaire. Ce dernier prit en charge le district de Nong Bua Deng. Quant à M. Marius Bray, en 1978, il quitta le district de Nakhon-Ratchasima, (Khorat) pour prendre la responsabilité de celui de Pakchong.

     

    Dans cette sous-préfecture, nous dit le Compte-Rendu de 1982, .." le Père Marius Bray se trouve à la tête d'une grande école de 1.700 élèves, fondée voici 22 ans par le P. Louis Nicolas. Il retrouve aussi l'école et le poste de Klangdong qu'il avait fondé lui-même, lorsqu'il était curé de Khorat. Sa communauté chrétienne compte maintenant plus de 300 chrétiens alors qu'il n'y en avait aucun quand le P. Nicolas avait commencé. Le nombre des catéchumènes est encore peu élevé, mais on peut faire confiance au Père Bray pour le sérieux de la formation qu'il offre à ceux qui se présentent. L'énergie et le temps qu'il consacre à l'instruction et à la formation des élèves dans son école sont à la fois un atout pour aider les enfants à affronter leur vie d'adultes et aussi une première approche de l'Evangile. Avec l'aide de quatre religieuses de Saint Paul de Chartres, le P. Bray édite aussi une revue mariale qui compte déjà plus de 5.000 abonnés.."

    Nous le trouvons toujours dans ce même poste en 1985; il continue à faire paraître sa revue mariale bimestrielle : "Notre Dame des Temps Nouveaux"; mais, ajoute ce compte-rendu : ".. Il a une allure d'ascète, il suit un régime sévère pour éviter les attaques d'un vieux diabète. La paroisse dont il est curé, a son centre dans l'enceinte d'une école.."

    Après un congé en France du 28 avril 1985 au 22 septembre de cette même année, il regagna Pakchong ; puis, en 1986, il prit une retraite active en assurant l'aumônerie des Sœurs de Saint Paul de Chartres à Saint Roch. Sa revue mariale qui obtient toujours le même succès, et est très appréciée des catholiques de Thaïlande, occupait une partie de son temps; en outre, malgré le régime sévère que lui imposait son état de santé, et qu'il suivait strictement, il animait un centre marial dédié à la Médaille Miraculeuse.

     

    Le 23 novembre 2001, à l'hôpital Sainte Mary de Nakhon-Ratchasima (Khorat) M. Marius Bray s'en retournait vers la maison du Père..

     

     

     

    • Numéro : 3812
    • Pays : Thaïlande
    • Année : 1948