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Joseph BOUSSEAU (1872-1935)

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    Joseph Bousseau est né en Vendée, à Saint-Hilaire-de-Loulay, le 4 novembre 1872, d’une excellente famille chrétienne. Une de ses sœurs, fille de la Sagesse, devint plus tard Supérieure de l’Hôtel-Dieu à Nantes. De ses premières années, nous ne savons à peu près rien. Il fit ses études de latin au petit séminaire de Luçon. Les relations qu’il garda jusqu’à la fin avec plusieurs de ses anciens condisciples montrent que ceux-ci l’avaient en grande estime. Au Séminaire des Missions-Étrangères où il entra le 19 février 1895, il demeure ce qu’il a toujours été : un élève sérieux et intelligent. Désigné pour le Cambodge, il arriva dans sa Mission en 1896 et fut aussitôt envoyé dans une paroisse annamite pour s’y livrer à l’étude de la langue durant un an environ.

     

    À cette époque, la France songeait à faire rendre au Cambodge par le Siam les trois provinces du nord, dont celui-ci s’était emparé; c’est pour cette raison qu’un poste de soldats français fut établi au centre de Pursat. Mgr Grosgeorges ne voulut pas laisser ses compatriotes sans leur donner le moyen de rencontrer de temps en temps un missionnaire, et M. Bousseau fut nommé à Bung-Khranh, petite chrétienté annamite non loin de Pursat. Le début du ministère de  notre jeune Missionnaire fut assez dur : grande brousse, chrétiens peu nombreux, assez peu fervents et de caractère difficile. Le char à bœufs ou la barque étaient alors les seuls moyens de locomotion ; et, lorsque les eaux étaient trop basses, il n’était pas rare que notre confrère dût traîner lui-même sa pirogue sur le sable. Puis vinrent des jours meilleurs.

     

    En 1902, une chaire de théologie se trouvant vacante au séminaire de Culaogien, M. Bousseau, dont on connaissait la science solide, y fut appelé et remplit ses fonctions à la grande satisfaction de ses élèves. Aussi furent-ils tous unanimes à regretter son départ du séminaire, lorsque, sur sa demande, il voulut goûter de nouveau de la vie de paroisse. Son Supérieur l’envoya au chef-lieu de province de Soairieng où se trouve un groupe important d’Annamites et dont dépendent plusieurs annexes également annamites. Il passa là plusieurs années, jetant la bonne semence dans un terrain plutôt ingrat.

     

    En 1914, le poste de Sadec, en Cochinchine, était vacant ; ce fut M. Bousseau qui y fut envoyé. Homme d’ordre et de savoir-faire, il organisa avec goût son district. Avec le peu de ressources dont il disposait, il agrandit et embellit son église, construisit une école de garçons. Tout près de l’église, il édifia une grotte de Notre-Dame de Lourdes, où les chrétiens de Sadec vinrent nombreux témoigner leur amour et leur confiance envers la Sainte Vierge. Tout en voulant mettre de l’ordre dans sa paroisse au point de vue matériel, M. Bousseau s’ingénia à donner à ses enfants une vie plus spirituelle en créant différentes associations : celle des Mères chrétiennes ; un groupe de jeunes gens, tous fidèles aux réunions du dimanche ; la Confrérie des Enfants de Marie sous la direction des Sœurs ; les hommes n’étaient point oubliés. Aussi à chaque fête et à chaque premier vendredi du mois, le plus grand nombre de ses chrétiens s’approchaient des sacrements.

     

    En 1927, Mgr Bouchut le nomma Supérieur du grand séminaire de Phnom-Penh à la place de M. Duquet parti pour la France. Malheureusement sa santé commençait déjà à décliner. Il continua cependant de se montrer dans ses nouvelles fonctions l’homme d’ordre qu’il a été par le passé et s’ingénia à trouver les fonds nécessaires pour la construction de la chapelle du séminaire qui n’existait pas encore. Deux ou trois ans après, il dut aller demander au climat de France le rétablissement de sa santé. Malheureusement, un séjour de trois ans dans la Mère-Patrie ne réussit pas à le rétablir complètement. A son retour parmi nous, son Supérieur lui confia son ancien poste de Sadec, où il pourrait facilement suivre un régime approprié à son état de santé et continuer à développer ses anciennes œuvres. Un jour, revenant d’un voyage, il fut pris de la fièvre typhoïde. Les progrès de la maladie furent si rapides que le docteur jugea bon de l’envoyer à la clinique de Saïgon, dernière chance de salut, pensait-il. Ce voyage de 200 kilomètres en auto-ambulance fut très pénible. Il eut la joie d’y trouver son Vicaire Apostolique qu’il reconnut et salua de quelques mots seulement. Mgr Herrgott donna lui-même le Saint-Viatique et l’Extrême-Onction au cher malade. Le lendemain, 24 août, M. Bousseau s’éteignit doucement en récitant l’Ave Maria.

     

    Mgr Herrgott célébra la messe des funérailles entouré de plusieurs missionnaires et de nombreux chrétiens qui accompagnèrent notre regretté confrère à sa dernière demeure. Plus de 60 de ses paroissiens de Sadec étaient venus dire adieu à leur bien-aimé père qu’ils auraient tant désiré revoir au milieu d’eux. Il repose maintenant dans le cimetière d’Adran à côté des autres confrères de la Mission. Puisse-t-il déjà avoir reçu la récompense de ses travaux et de là-haut obtenir pour  notre Vicariat de bons et pieux ouvriers apostoliques.

     

     

    • Numéro : 2268
    • Pays : Cambodge
    • Année : 1896