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Charles BOURDON (1834-1918)

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    Charles, Arsène BOURDON naquit le 1 mai 1834, à Caligny diocèse de Séez, département de l'Orne. Il fut ordonné prêtre le 2 juin 1860 et nommé vicaire à Billom.

     

    Le 1er août 1862, il entra au séminaire des Missions Etrangères. Il reçut sa destination pour le Vicariat Apostolique de Birmanie, qu'il partit rejoindre le 16 août 1863.

     

    En 1863, M. Charles Bourdon fut nommé curé de la paroisse de l'Immaculée Conception à Rangoon. Il resta à ce poste jusqu'en 1872.

     

    En 1870, la Birmanie du Nord qui, pendant quinze ans encore, devait rester indépendante politiquement, fut détachée de la Birmanie Anglaise. Alors fut préparée la création de la Mission de la Birmanie Septentrionale. Par Bref du 28 juin 1870, l'ancienne mission de Birmanie fut divisée par le St. Siège en trois nouveaux vicariats apostoliques auxquels on donna les noms de: Birmanie Méridionale, Birmanie Septentrionale, et Birmanie Orientale; les deux premiers vicariats restèrent confiés à la Société des Missions Etrangères de Paris, et le troisième remis à la Société des Missions Etrangères de Milan.

     

    Le 1er octobre 1872, Mr. Charles Bourdon fut nommé évêque de Dardanie, et premier vicaire apostolique de la Birmanie septentrionale, avec résidence à Mandalay. Il fut sacré le 5 janvier 1873, à Rangoon.

     

    L'un des premiers actes de Mgr. Charles Bourdon fut d'envoyer des missionnaires chez les peuplades demi-sauvages des frontières: Chins, de la vallée de Chindwin, Shans de la frontière chinoise, et Catchins de la région de Bhamo. Il développa ce dernier poste, fondé en 1870 par M.Lecomte, et ce, en vue de l'ouverture d'une voie nouvelle qui semblait promettre une pénétration missionnaire plus facile et plus rapide vers Ta-li-fu, le Yunnan et la Chine.

     

    Mais la région de Bhamo, terriblement meurtrière à cette époque, fut le tombeau de cinq jeunes missionnaires, en dix ans. Ecrivant à M. Péan, le 6 juin 1874, Mgr. Charles Bourdon déclarait :.."Si je juge sévèrement Bhamo, que tant d'autres exaltent, je prétends bien laisser à chacun son opinion. Mais il est bon qu'après avoir entendu Mgr. Chauveau parler si élogieusement de Bhamo qu'il n'a jamais vu, et Mgr. Bigandet d'une ville dont il n'a peut-être pas vu tous les inconvénients pratiques, vous ayez aussi le sentiment d'un homme qui a vu et essayé…" Mais sur les instances de Paris, Mgr. Bourdon maintint le poste de Bhamo, au prix de quelles difficultés.

     

    En effet, en mars 1874, deux jeunes capitaines français MM. Fau et Moreau tentèrent d'ouvrir la route de la Birmanie vers la Chine par le pays Shan. Cette expédition mal préparée, leur coûta la vie. L'expédition anglaise de MM. Brown & Margary partie vers le Yun-nan, en août de la même année fut aussi un échec.

     

    En 1876, cependant, l'expédition anglaise Grosvenor réussit à traverser la Chine depuis Shanghai jusqu'à Bhamo, mais la route n'en était pas ouverte ni sûre pour autant. Cependant, des deux côtés de la frontière sino-birmane les missionnaires faisaient des travaux d'approche. En juillet 1882, M. Vial missionnaire au Yun-nan, servant de guide à deux voyageurs anglais, arriva à Bhamo où il séjourna quatre mois, s'occupant à lancer la mission chinoise. Mgr. Bourdon permit à M. Jean Simon en poste à Bhamo, d'accompagner son confrère de retour dans sa mission du Yun-nan. M. Jean Simon adressa à son évêque, en 1883, un récit détaillé de son voyage.

     

    Mgr. Charles Bourdon dut faire face à de graves épreuves qui le blessèrent profondément. La famille du capitaine Moreau ayant fait un legs important à la mission de Mandalay, un conflit mettant en cause la probité de l''évêque, éclata entre le vicaire apostolique qui proposa sa démission, et le provicaire M.Lecomte, qui, ayant reconnu son erreur, présenta ses excuses.

     

    Rentré en France, en 1877, pour y refaire sa santé, Mgr.Charles Bourdon était de retour dans sa mission, fin octobre 1878. Pendant ce temps de repos, ayant fait un court séjour dans un presbytère, un prêtre coupable, pour masquer sa faute, et, par l'intermédiaire de sa complice, calomnia le vicaire apostolique de Mandalay qui souffrit un vrai martyre. Puis, dans sa mission, trop confiant dans l'honnêteté d'autrui, un certain nombre de graves déboires financiers empoisonnèrent ses jours, surtout en 1882 et 1885.

     

    En Juin 1885, Mgr. Charles Bourdon fêta ses noces d'argent sacerdotales, mais peu après, survint l'invasion anglaise de la Haute Birmanie. Alors, des bandes rebelles, appelées Dacoïts, saisirent cette occasion pour mettre le pays à feu à sang. Plusieurs stations missionnaires furent totalement annéanties.

     

    Ces tracas de toutes sortes avaient agi sur le moral et la santé de Mgr. Charles Bourdon. N'y tenant plus, en mars 1887, il partit se soigner à Hong-Kong. Arrivé à Rangoon, et sans prendre conseil, il envoya à Rome et à Paris des lettres officielles de démission de sa charge de vicaire apostolique.

     

    À Hong-kong, sa santé s'améliorant, et saisi par l'ennui de l'inaction, il regretta cette décision précipitée; espérant toutefois que sa démission ne serait pas acceptée, il écrivit à Rome dans ce sens. Mais ce fut trop tard. Léon XIII avait déjà accepté sa démission présentée par la Propagande. Les consultations d'usage, en vue du choix d'un successeur avaient commencé. Le 24 février 1888, M.Jean Simon était nommé vicaire apostolique de la Birmanie Septentrionale, et, le dimanche 24 juin 1888, il fut sacré évêque à Mandalay, par Mgr.Bigandet.

     

    Mgr. Charles Bourdon, prétextant des affaires urgentes à régler à Mandalay quitta Hong-Kong, et, sans avoir prévenu, débarqua dans sa ville épiscopale, le 18 décembre 1887. Mais on lui signifia alors que sa présence était inopportune dans le vicariat. Il partit alors à Singapore où Mgr. Gasnier, évêque de Malacca le reçut avec bienveillance. Débarassé de sa lourde charge, il récupéra vite la santé; en 1889, il travailla à la cathédrale du Bon Pasteur à Singapore. En 1890, il s'occupa spécialement de communautés religieuses, du personnel et des malades des hôpitaux militaires et civil, tout en assurant le service de chapelain militaire de la garnison de Singapore.

     

    En 1895, dans le district de Johore, il confirma 75 chrétiens; Le 30 novembre 1895, délégué par Mgr.Gasnier, malade, il se rendit à Malacca pour la confirmation, puis, pour célébrer, le lendemain, les noces d'argent du P. de Souza âgé de 71 ans, et présider la fête de Saint-François-Xavier.

     

    Le 6 mars 1896, il donna le sacrement des malades à Mgr. Gasnier, évêque de Malacca. Le 9 janvier 1898, à la fin de la retraite spirituelle des missionnaires, entouré de la population catholique de Singapore, et avec la présence de Mgr. Zaleski, délégué apostolique des Indes Orientales, il célébra ses noces d'argent épiscopales. Le 25 juillet 1895, à Saïgon, il remplit les fonctions d'évêque assistant, lors de la consécration épiscopale de Mgr. Jean-Marie Depierre, vicaire apostolique de.la Cochinchine Occidentale. Le 21 novembre 1906, il fut présent au sacre de Mgr. Foulquier nouveau vicaire apostolique de la Birmanie Septentrionale. Le dimanche 18 septembre 1910, il célébra à Singapore ses noces d'or sacerdotales.

     

    Mgr. Charles Bourdon était fort estimé en raison de sa charité sans limite; doué d'un excellent jugement, chez lui, le cœur l'emportait sur la volonté. Devant de graves décisions à prendre, il hésitait, devinant à l'avance, les souffrances qu'il allait imposer à ses subordonnés. Très cultivé, maniant avec aisance la langue anglaise, il publia maints articles dans "The Indo-European Correspondance". Il fit paraître en birman une traduction de "L'Imitation de Jésus-Christ", et écrivit maints articles dans les "Annales de la Propagation de la Foi et de la Ste Enfance" ainsi que dans "Les Missions Catholiques".

     

    Le 3 octobre 1918, Mgr. Charles Bourdon, doyen des évêques de la Société, s'éteignit doucement à Singapore. Le lendemain, Mgr. Jean-Marie Mérel, retiré en Malaisie depuis 1914, vint d'Ipoh, et présida la cérémonie des obsèques, devant une assistance nombreuse et recueillie.

     


    Références biographiques.

    AME 1898 p. 87, 1906 p. 237, 1912 p. 144, 1917 p. 93, 1919 p. 60, 1934 p. 130, 1937 p. 108.

    CR 1874 p. 9-12-31, 1876 p. 38, 1877 p. 39, 1878 p. 44.74, 1879 p. 59sq.81, 1880 p. 78, 1881, p. 89sq.131, 1882 p. 88sq. 1883 p. 102.-112, 1884 p. 127, 1885 p. 114-65, 1886 p. 117sq, 266, 1887 p. 163-68-70, 1889 p. 190, 1890 p. 152, 1891 p. 193, 1892 p. 204-330-32, 1893 p. 346-47, 1894 p. 308sq, 1895 p. 251-52, 1896 p. 258-344-45, 1897 p. 233, 1898 p. 199-202-79, 1900 p. 320, 1902 p. 221-22, 1904 p. 222-301-85, 1905 p. 292, 1907 p. 246-336, 1909 p. 318-63, 1910 p. 4-225, 1911 p. 197, 1916 p.187-240,  1918 p. VI-94-95-137.,199+, 1919 p. 162-63, 1930 p. 322-24, 1935 p. 349, 1938 p. 196, 1947 p. 157.

    BME 1928,p. 316, 1956 p. 732-34-37-39-56-57-844-48-50-52-56-57-60-61-62-65sq, 70-923-1026.

    • Numéro : 838
    • Pays : Birmanie Singapore
    • Année : 1863