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Jean-Marie BOULO (1889-1915)

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    M. Jean-Marie Boulo naquit à Férel (Vannes, Morbihan), le 1er jan­vier 1889. Entré tonsuré au Séminaire des Missions-Etrangères le 31 juil­let 1908, il fut ordonné prêtre le 7 mars 1914, et partit pour Séoul le 15 avril suivant. Il est mort au champ d’honneur le 23 avril 1915 à la tête de ses zouaves.

    Le cher M. Boulo nous a été plutôt montré que donné, écrit Mgr Mutel. En effet, il était arrivé à Séoul le 3 juin 1914, et la mobili­sation nous le reprenait dès le 9 août suivant.

    Parmi nos chers mobilisés, il n’en est sans doute pas un à qui il en ait tant coûté de s’éloigner de sa mission. Il s’était déjà donné de tout cœur à la Corée. Dès le lendemain de son arrivée, M. Boulo se mit avec ardeur à l’étude de la langue, et la grande chaleur de l’été ne ralentit pas un seul instant son zèle et son application ; à tel point que son maî­tre de langue était parfois obligé de lui demander grâce.

    Pendant le voyage de retour en France, il nous écrivit des lettres, où percent à chaque ligne son amour pour la mission de Séoul, son regret de s’en éloigner et son désir de la revoir bientôt. Du front, où il est envoyé de suite, ses billets courts, écrits au crayon, ne parlent pas d’autre chose :

    Vous me dites que vous pensez à nous jour et nuit, je le crois bien volontiers et j’en suis touché. Vous dire, à mon tour, que je pense à la Corée et à vous tous… j’aime mieux ne pas insister, car les larmes me viennent aux yeux.

    Si je tombe dans cette terrible guerre, ce sera pour défendre le royaume de Marie, mais aussi, et avant tout, pour la Corée. J’espère toujours la revoir : mais, pour cela, il n’y a pas « trop de vos prières. Je ne crois pas que le bon Dieu permette que je sois allé en Corée, seulement pour donner deux baptêmes et faire la connaissance de si aimables confrères. Je compte bien y retourner pour les aider dans leur pénible tâche.

    Il écrit le 19 avril, quatre jours avant sa mort...  Au revoir, Monseigneur ; je salue tous les confrères qui travaillent à vos côtés, espérant bientôt les revoir.  Et il signe :  L’un des vôtres, brûlant d’envie de revoir le clocher de votre cathédrale.

    Dans des notes intimes, trouvées après sa mort et écrites à l’époque de son sous-diaconat, je lis que M. Boulo avait non seulement le pres­sentiment, mais la certitude de verser son sang au témoignage. D’où que lui vînt cette assurance, si on lui eût dit que son oblation serait consommée en France et pour la France, il en eût été sans doute beaucoup surpris. Mais l’offrande de soi et le sacrifice de sa vie sont les mêmes et de même mérite devant Dieu.

     

     

     

     

     

    • Numéro : 3180
    • Pays : Corée
    • Année : 1914