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Pascal BOSSARD (1832-1881)

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    M. Pascal Bossard naquit au Puy-Saint-Bonnet, dans le diocèse de Poitiers, le 15 septembre 1832. Il était prêtre et il exerçait le saint ministère depuis quatre ans, lorsque, se sentant appelé à l’apostolat, il entra au Séminaire des Missions Étrangères le 7 janvier 1863. Il 1e quitta le 14 février de l’année suivante, et partit pour la Cochinchine orientale.

    Nous reproduisons la notice qui nous a été envoyée de Cochinchine sur le cher défunt.

     

    La vie en Mission de M. Bossard a duré un peu plus de 16 années. Cette période, relativement bien longue dans un pays où les Mission­naires s’usent si vite, a été pour notre cher défunt une série non interrompue de travaux divers, accomplis au milieu de difficultés de

    tous genres.

    Dans les commencements, il fallait compter avec les exigences et les vexations fréquentes encore, d’un gouvernement naguère persé­cuteur et cruel. Le Père Bossard se montra toujours ferme en face du danger qui le menaçait, lui et ses chrétiens.

    Il ne reculait ni devant le travail, ni devant les préoccupations et les fatigues, lorsqu’il s’agissait de défendre leurs intérêts. Il eut successivement la direction de deux vastes districts. Ce fut dans le second qu’il s’occupa de la construction d’une église monumentale pour le pays, la plus belle et la plus vaste de la Mission. Il commença l’œuvre, et l’acheva heureusement. Plus tard, il dut travailler à la formation du clergé indigène, et faire le cours de théologie. – Lors­que Mgr Charbonnier fut contraint par la maladie d’entreprendre le voyage de Saïgon en 1878, le Père Bossard l’accompagna et eut l’honneur et la douleur de l’assister à ses derniers moments. Fatigué lui-même, et voyant sa santé sérieusement ébranlée, il dut se rendre au Sanatorium de Hong-Kong, pour y reprendre des forces. Grâce aux bons soins qu’il reçut, et à la salubrité du climat, la santé du cher Père se rétablit bientôt, et après quelques mois, il était de retour au collège dont il avait la direction.

    C’est de là qu’un an après, il partit pour fonder le nouveau poste d’An-Khê, sur la frontière d’Annam et des pays sauvages. Il avait désiré et sollicité ce poste difficile et périlleux. Il se mit à l’œuvre aussitôt, et de tout coeur. Mais il ne lui fut pas donné de voir longtemps le fruit de ses travaux. Huit mois après son arrivée, il fut pris pour la seconde fois de la maladie terrible qui devait l’emporter, la fièvre des bois. Il avait résisté aux premières atteintes. La seconde attaque fut plus sérieuse.

    Un Confrère, parti en toute hâte pour le secourir, jugea néces­saire de transporter le malade à Lang-Song, centre de la Mission, pendant qu’il était temps encore. Le voyage se fit en grande partie en barque. Au collège, où le cher Père avait été supérieur, rien ne fut négligé de la part de Mgr Galibert, pour rétablir la santé du malade. Tout le monde rivalisa de zèle pour lui prodiguer des soins. Le docteur français de la concession de Qui-Nhon, se montra d’un dévouement bien digne d’éloges, et vint faire plusieurs visites.

    Mais le bon Dieu voulait rappeler à lui son fidèle serviteur. Les espérances que l’on avait conçues d’abord, ne se réalisèrent pas. Vers la fin de novembre, l’état du malade empira, et le 30 de ce mois, au soir, on fut bien surpris de constater les rapides progrès du mal. La dernière heure du bon Père était arrivée. Monseigneur lui renou­vela l’absolution, lui conféra l’indulgence plénière (car il avait déjà reçu les sacrements en pleine connaissance), et fit la recommandation de l’âme. Ces prières étaient à peine achevées, que le Père rendait son âme à Dieu. Il était dix heures du soir. Six Confrères se trouvaient présents alors pour lui rendre les derniers devoirs. Les funé­railles solennelles eurent lieu le 2 décembre.

     

    Parmi les vertus qu’on a le plus remarquées dans M. Bossard, dont la piété était ardente et bien exemplaire, on peut citer la pureté d’intention. Il suffisait qu’une chose à faire, un but à atteindre lui semblassent devoir procurer un plus grand bien et la plus grande gloire de Dieu, pour qu’il en poursuivît immédiatement l’exécution. Aucune considération ne pouvait influer sur sa volonté comme celle du devoir ou du bon plaisir de Dieu. Bien souvent aussi, on a admiré sa patience à supporter les croix nombreuses que la Providence lui a ménagées, difficultés de tous genres, obstacles au bien des âmes, etc.

    Cependant, dès ce monde, le bon Dieu a voulu couronner ses travaux et ses peines par une immense consolation qu’il lui a accor­dée peu de temps avant sa mort. Le Père Bossard a pu introduire dans le bercail de l’Église 150 catéchumènes qu’il avait préparés c’étaient les prémices de la terre d’An-Khê.

    Puissent les exemples de notre cher défunt ne point demeurer stériles, mais servir d’encouragement à ceux qu’il laisse après lui !

     

     

     

     

     

     

    • Numéro : 843
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1864