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Paul BOS (1887-1978)

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    Enfance et jeunesse

     

    Paul Bos naquit à Loudun le 11 février 1887 dans une famille modeste originaire d’Auvergne. Remarquons que Loudun est aussi la patrie du Bienheureux Charles Cornay, martyrisé au Tonkin le 20 septembre 1837. Le grand-père de Paul Bos était tailleur. Son père travaillait dans la passementerie. Il épousa une jeune fille de la région de Saint-Etienne et vint s’établir à Loudun. Trois enfants naquirent au foyer : Paul, notre futur missionnaire, Louise, restée célibataire, employée au Crédit Lyonnais à Saint-Etienne, puis Eugène, également célibataire.

     

    Paul Bos, ses études primaires terminées à Loudun, entra au petit séminaire de Montmorillon dont il suivit les cours jusqu’en troisième inclusivement. Pour une raison qui ne nous est pas connue, il interrompit ses études, et c’est en octobre 1910, donc à l’âge de vingt-trois ans, qu’il entra à l’Ecole apostolique de Saint-Lô pour y compléter ses études classiques Il n’y resta qu’un an, puisque le 21 mai 1911 il faisait sa demande d’entrée aux Missions Etrangères. Le Supérieur de cet établissement donna de bonnes notes, disant notamment : « J’ai toujours remarqué chez ce jeune homme une vraie piété, un parfait bon esprit et une grande application au travail. M. Paul Bos promet d’être un vaillant missionnaire. Je suis très heureux de pouvoir rendre de lui ce témoignage. » De fait, Paul Bos fut admis le 6 juin 1911 et entra à Bièvres le 13 septembre pour commencer sa préparation au sacerdoce. Ses études furent interrompues par la guerre. Il fut mobilisé de 1914 à 1919 comme sergent brancardier et plusieurs fois cité pour son dévouement. Ordonné prêtre le 12 mars 1921, il reçut sa destination pour la mission de Vinh que l’on appelait alors le Tonkin méridional. Parti le 26 septembre, il arriva dans sa mission le 8 novembre.

     

     

    En Mission

     

    Le centre de la mission est situé à Xa-Doai. C’est un gros village chrétien à une quinzaine de kilomètres au nord de Vinh. C’est là que se trouvent l’évêché, la procure, le grand et le petit séminaires. Cette localité est également renommée pour la qualité de ses oranges. Cela tient, dit-on, à la qualité du terrain légèrement salé. Pour l’étude de la langue, le P. Bos fut envoyé à Bao-Nham, chef-lieu d’un gros district, au nord-ouest de Xa-Doai, sur la route du Laos, cette route appelée plus tard : route de la reine Astrid. Nous n’avons pas de précisions sur le temps que passa le P. Bos à Bao-Nham. Son stage terminé, il fut alors nommé professeur au petit séminaire. C’est là qu’il passa tout le reste du temps où il demeura dans la mission de Vinh. Au témoignage d’un confrère, un peu plus jeune, mais qui l’a bien connu pendant qu’il était au petit séminaire, le P. Bos a toujours été très estimé car il était très charitable, toujours prêt à rendre service. Il avait même acquis une popularité de bon aloi dont certains étaient jaloux. Plus encore on fit courir sur son compte certains bruits qui ne reposaient sur rien. Le P. Bos en fut très affecté.

     

    Lors de son passage à Vinh en 1930-1931, Mgr de Guébriant lui demanda s’il n’accepterait pas d’aller à Béthanie (Hong Kong) comme infirmier, étant donné qu’il avait rempli cette fonction pendant la guerre. Le P. Bos ne pouvait refuser, mais il ne quitta pas sa mission tout de suite. C’est à l’occasion de son congé en 1933 qu’il fut transféré à Hong Kong, au mois de mars. Quelques mois plus tard il gagna son nouveau poste où il resta jusqu’en 1946, c’est-à-dire pendant toutes les années difficiles de l’occupation de la maison par l’armée japonaise. Cette période fut très dure pour lui. Son tempérament, plutôt ardent, s’accommoda très mal du voisinage des modernes « samouraïs ». Il eut avec eux des explications orageuses qui auraient pu mettre sa vie en danger. Vers le milieu de cette époque, il fut « prié » de déguerpir de sa chambre et de se retirer dans l’annexe de Béthanie. La capitulation du Japon lui permit de retrouver « sa maison » en assez bon état car elle avait échappé aux bombardements.

     

     

    En France

     

    Rentré en France au mois de juillet 1946, il fut nommé vice-supérieur à Montbeton en 1948. L’expérience ne fut pas très heureuse. Au bout de dix-huit mois, le P. Bos, malade, se retira dans sa famille et, une fois rétabli, il prit du ministère comme aumônier à l’hôpital de Billom, dans le Puy-de-Dôme. Pendant plus de treize ans, il se dévoua au service des malades et des religieuses dans cet établissement. Arrivé à soixante-quinze ans, il jugea qu’il était temps de céder la place à un plus jeune. Il se retira donc à Voreppe, puis gagna Lauris avec tous les confrères lors de l’ouverture de cette nouvelle maison.

     

    Dès lors, il mena la vie de communauté avec une régularité exemplaire, comme en témoigne le Supérieur de la maison, Il put célébrer la messe jusqu’au mois de novembre 1977. C’est alors qu’il cessa, surtout à cause de ses mains ankylosées, Il avait peur que se produise un accident à cause de cette infirmité. On célébrait la messe dans sa chambre chaque jour. Le dimanche 26 février, il assistait à la messe comme d’habitude ; il communia... et trois minutes après il s’affaissa sur sa chaise et rendit le dernier soupir, juste au moment où le célébrant disait l’antienne pour la Communion : « Qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif. Cette eau deviendra en lui source jaillissante pour la vie éternelle » (3e dimanche de Carême).

     

    Pour conclure citons simplement quelques mots d’un confrère qui a vécu avec lui à Béthanie : « Tous ceux qui ont eu la joie de fréquenter “son” Béthanie, celui du temps de paix comme du temps de guerre, ont certainement gardé du P. Bos le souvenir d’un homme droit, charitable, accueillant, très courageux et près du Seigneur. »

     

    • Numéro : 3215
    • Pays : Vietnam Chine France
    • Année : 1921