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Désiré BORDEREAU (1817-1888)

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    La belle âme du P. Bordereau s’est envolée versla patrie, le 10 septembre 1888. Au moment où ses confrères, réunis pour la retraite commune, à quelques pas de sa chambre, commençaient leur méditation du soir, ce digne prêtre partait pour l’éternelle contemplation du ciel.

    Né à Vilbert ( Seine-et-Marne), M. Désiré Bordereau fit ses études au petit séminaire de Meaux, et s’y fit remarquer par son application au travail et sa piété. Ordonné prêtre, il exerça le saint ministère pendant trois ou quatre ans dans le diocèse ; après quoi, il obtint de son évêque la permission de se rendre au Séminaire des Missions-Étrangères.

    Arrivé à Pondichéry, il employa ses premiers mois de séjour à l’étude de la langue, et fut ensuite envoyé dans l’intérieur du pays, pour y exercer le saint ministère. Après cinq ans, Mgr Bonnand le rappela à Pondichéry, pour y être employé comme professeur au collège colonial. Lorsque, après de longues années, la Société cessa pour un temps de diriger cet établissement, il fut appelé au Séminaire, et c’est là que la mort est venue le frapper. Il ne fut malade que quelques jours ; mais le danger avait  été vite reconnu ; de sorte qu’il se prépara avec pleine connaissance à l’appel de Dieu, reçut les derniers sacrements avec le calme et la sérénité d’une âme prête au grand voyge, et rendit son âme à Dieu, à l’âge de 71 ans, après 37 ans de mission.

    Le trait dominant de son caractère était l’amour du travail. Pendant plus de 30 ans qu’il passa dans l’enseignement, on le vit rarement en récréation ; le soin de la léproserie, les leçons gratuites aux jeunes gens qui les désiraient, la préparation de ses classes occupaient presque toujours le temps que les classes elles-mêmes ou les exercices de piété  laissaient à sa disposition.

    Son œuvre de prédilection a été le soin de la léproserie de Pondichéry. On ne saurait imaginer quelle affection il avait  pour ces pauvres infirmes. Son bonheur était d’être au milieu d’eux, de les consoler, de les soulager, de les instruire, de leur administrer les sacrements. Que de tristesses n’a-t-il pas adoucies, que d’âmes n’a-t-il pas sauvées parmi eux ! Non content de pourvoir à leurs besoins spirituels, il consacrait ses épargnes au soulagement de leur misère ; c’est à lui, c’est à ses aumônes et à celles qu’il a recueillies, en quêtant parmi les chrétiens et  parmi les païens eux-mêmes, qu’on doit plusieurs des améliorations a apportées à leur habitation, la construction de leur charmante petite chapelle. La laïcisation l’a récompensé des travaux de 15 années. Il fut obligé de se séparer de cette maison, où il avait  mis son cœur. Ce fut peut-être la plus grande tristesse de sa vie.

     

    • Numéro : 604
    • Pays : Inde
    • Année : 1851