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Bénoni BOITTIAUX (1873-1969)

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    Né le 15 janvier 1873 à Troisvilles (Diocèse de Cambrai).

     

    Entré aux Missions Etrangères de Paris le 7 juillet 1900.

     

    Promesse définitive le 21 novembre 1905.

     

    A passé toute sa vie au séminaire de Paris.

     

    Décédé le 31janvier 1969, après 69 ans de service.

     

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    Témoignage

     

    Allocution du P. Destombes, aux obsèques du Frère Boittiaux à la chapelle du Séminaire des Missions Etrangères, le 3 février 1969.

     

    Je recommande à vos prières, à votre souvenir au saint sacrifice de la messe, l’âme de M. Bénoni Maurice Boittiaux, frère coadjuteur de la Société des Missions Etrangères, rappelé à Dieu dans la 97e année de sa vie et la 69e de son appartenance à la Société.

     

    Cette assemblée de prières n’a pas besoin d’autres paroles que celles que la liturgie met sur nos lèvres dans sa supplication pour les défunts ; aussi bien l’âme discrète du Frère Boittiaux préférerait qu’on le laissât dans son effacement volontaire.

     

    L’Eglise, qui sait le poids du péché qui alourdit nos consciences, n’aime pas d’ailleurs qu’on s’attarde aux vertus des humains qui ne sont que des reflets de l’Exemplaire divin que nous devons imiter ; toutefois l’Eglise accepte qu’on parle des morts pour trouver dans leur vie un exemple et dans leur souvenir une leçon.

     

    Quelle est donc la leçon que nous laisse le cher Frère Boittiaux ?

     

    C’est d’abord une leçon d’unité et de stabilité. Entré au Séminaire des Missions Etrangères en 1900, il a vécu, sauf l’interruption imposée par la première guerre mondiale, 69 ans durant dans la même maison, consacrant as longue existence aux diverses tâches confiées par ses supérieurs, avec un invariable dévouement qui le faisait estimer et aimer de tous, avec une continuité sans défaillance jusqu’au jour, où âgé de plus de 90 ans, il avoua : « Ma vue commence à baisser ».

     

    On a l’impression de s’être trouvé devant un homme qui, ayant reçu une mission et s’étant fixé une règle de conduite, y a conformé ses actes avec une rigueur tranquille.

     

    C’est le signe d’une générosité authentique et c’est une leçon dont nous avons besoin.

     

    Dans la mobilité extrême que manifestent trop souvent les jeunes générations, et même celles qui ne le sont plus, le Frère Boittiaux nous laisse l’exemple d’une fidélité absolue, il a été de ceux qui, ayant mis la main à la charrue, ne regardent plus en arrière et n’ont qu’un souci : tracer droit leur sillon.

     

    Et voici l’autre leçon que semble nous indiquer l’existence du cher disparu. Au travail de chaque jour — et Dieu sait combien il fut rude à certaine époque — avec une fidélité qui dénote une austérité personnelle remarquable, le Frère Boittiaux unit toujours une vie de prière remarquable, centrée sur l’Eucharistie et la dévotion mariale. La messe, il l’aimait et il y croyait. Pendant toute la durée du Concile, il s’était imposé, malgré son âge, l’assistance quotidienne à trois messes matinales, après s’y être préparé par une oraison dès l’ouverture de la chapelle, à 6 heures.

     

    La messe, il la revivait au cours de ses visites régulières et prolongées au Saint Sacrement qui faisaient de cette chapelle, son lieu privilégié de rencontre avec le Seigneur.

     

    La Sainte Vierge, il la vénérait comme une Mère, il égrenait mime tant de chapelets en son honneur qu’il avouait un jour ne plus savoir combien il en récitait quotidiennement.

     

    De Jésus et de Marie, il ne dissociait pas le bon Saint Joseph ; il avait gardé dans sa piété une âme d’enfant et si les nouveautés liturgiques l’ont parfois un peu dérouté dans ses, habitudes de prière, elles ne l’ont jamais troublé dans sa foi profonde.

     

    Pour lui, Dieu fut toujours « le Bon Dieu », Celui qui sait ce qu’Il fait, Celui à qui il s’abandonnait en toute sécurité et confiance.

     

    « Comme le Bon Dieu voudra ! Quand Il voudra ! » répétait-il volontiers, et cela lui valut de tracer droit son sillon dans la vie et de regarder la mort en face avec la sérénité d’un vieillard qui a gardé, selon l’esprit évangélique, une âme d’enfant, à l’aise dans ses relations avec le bon Dieu et l’Assemblée des saints.

     

    Mes frères, après avoir rendu un juste hommage à notre défunt, il nous reste à prier pour que Dieu l’accueille comme un bon et fidèle serviteur et qu’Il permette à celui qui a tant aimé et servi les Missions, d’exercer en leur faveur le secours d’une amitié devenue toute puissante.

     

     

    • Numéro : 2862
    • Pays : France
    • Année : None