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Ludovic BLAISE (1881-1964)

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    Le Père BLAISE est un inconnu pour la moitié des missionnaires de Pondichéry ; il y a en effet presque un quart de siècle qu’il a quitté sa mission, à la suite d’un accident. Mais cela ne l’a pas empêché d’avoir une carrière apostolique de 36 ans en Inde.

     

    Ludovic BLAISE est né à Orange, dans le diocèse d’Avignon, le 31 juillet 1881. De 1887 à 1898, il fit ses études au lycée St-Charles, dont l’aumônier, un Père Capucin, l’orienta vers les Missions Etrangères de Paris, ce qui ne dut pas être difficile puisque Ludovic avait un oncle missionnaire aux Indes. il entra au séminaire de la rue du Bac le 9 septembre 1899 et en sortit prêtre le 26 juin 1904. Affecté à la mission de Pondichéry, il quitta la France le 17 août 1904 et fut accueilli à sa descente du bateau par son oncle, alors professeur au collège Saint-Joseph de Bangalore.

     

    Pour ses débuts, il fut nommé professeur au petit séminaire-collège, alors dirigé par le Père Pierre ESCANDE ; il devait y rester jusqu’en 1924. Il se montra bon enseignant, et la première année qu’il fit les classes du brevet, tous les élèves furent reçus. Ce fut aussi un grand sportif ; la société « Le Nid », fondée au petit séminaire par le Père DENIAUD, devint très florissante sous l’impulsion du Père BLAISE, menant de front les sports et l’étude des ques­tions religieuses et sociales. il ne quitta son poste que pour un congé en France, en 1910, et fut atteint par la mobilisation, de juillet 1916 à mai 1919 : il devait resté attaché à l’armée anglaise comme interprète et comme aumônier.

     

    En 1924, il fit un peu de ministère à Nellitope, puis fut affecté comme vicaire à Notre-Dame des Anges. Il y demeura jusqu’en 1939 tantôt comme vicaire, tantôt comme curé sans en avoir jamais le titre. En 1925, soufflant de la malaria qu’il avait attrapée à Salonique durant la guerre, il prit un congé en France jusqu’en mars 1926.

     

    Comme vicaire, il s’occupa surtout des jeunes. A Notre-Dame des Anges il trouva une société sportive créole qui végétait : l’«Amicale ». il transféra alors à la paroisse « Le Nid » du petit séminaire et l’unit à l’ « Amicale ». Et sous sa forte impulsion, le nouveau groupe sportif connut beaucoup de succès.

     

    Lorsqu’il exerça les fonctions de curé, ses qualités d’orateur et d’écrivain lui attirèrent la sympathie de bien des Français. Il sut faire vibrer des foules par ses sermons patriotiques. Il fit revivre le bulletin « Le Semeur », auquel il donna un cachet moderne. La plupart des articles, publiés sous des noms différents, étaient écrits par lui. En 1930, il établit le premier cinéma pour enfants ; en 1932, il fit construire la salle « Jeanne d’Arc », qui devint par la suite la salle de cinéma paroissiale.

     

    En 1939, il fut accidenté en revenant de Bangalore ; transporté à Madras, il dut alors être amputé du bras droit. Au début de 1940, il rentra en convalescence en France. De mai à novembre 1941, il passa quelque temps à la Procure de Marseille. Puis, ne pouvant songer à rentrer aux Indes par suite de la guerre, il prit la charge d’une maison de jeunes travailleurs et étudiants, qui était sous la dépendance du Comité de l’ensemble des œuvres de l’abbé Fouque. De nombreux Pondichériens de passage trouvèrent toujours bon accueil près de lui.

     

    Le Père se dévoua à cette œuvre, car il aimait la jeunesse. Il aimait aussi les sports et les voyages. Pendant longtemps il assista avec ardeur aux matches de football. Dès qu’il était libre, il participait à des excursions en autocar ; il prenait régulièrement ses vacances en montagne ; peu avant de mourir, il rêvait encore d’une croisière en mer.

     

    Il avait de bons rapports. avec le clergé de Marseille, mais n’avait d’autre activité religieuse que sa messe du matin à la paroisse de la Sainte-Trinité et quelques confessions. Il était fort connu dans le quartier, car son infirmité même attirait l’attention sur ce vieillard qui chaque jour faisait son marché ; il était aussi célèbre par... la férocité de ses chiens, qui lui valut plusieurs difficultés et quelques procès-verbaux. Il avait une prédilection pour les Pères Capucins et se rendait régulièrement chez eux. Ses relations avec la Procure de Marseille étaient bonnes, mais on l’y voyait rarement en dehors du 6 janvier. Il restait toujours très sociable et même gai.

     

    Le Père BLAISE est décédé le 4 février 1964, à l’âge de 83 ans. R.I.P.

     

    • Numéro : 2794
    • Pays : Inde France
    • Année : 1904