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René BEYLS (1882-1946)

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    La carrière apostolique du P. Beyls fut très variée. Bien qu’il ne fut spécialisé dans aucune branche de l’apostolat, il remplit avec beaucoup de compétence, de sens pratique et de dévouement les divers postes qui lui furent confiés. Son caractère énergique et un peu personnel le prédisposait aux initiatives hardies, mais non téméraires.

     

    Arrivé à Coïmbatour en 1905, il se mit résolument à l’étude de l’anglais d’abord, et du tamoul ensuite, selon la coutume en vigueur dans la Mission. Après un séjour de quelques mois à l’évêché, Mgr Roy confia le jeune missionnaire au P. Tignous, curé et chapelain militaire de Wellington, aux Nilgiris. Celui-ci sut mettre en valeur les qualités de son nouveau vicaire l’initia à l’administration des chrétiens et lui communiqua son zèle pour la conversion des Badagas et autres païens. Il lui laissait d’autant plus de latitude qu’il était lui-même souvent immobilisé par la fièvre.

     

    Après deux ans environ de vicariat et de préparation apostolique, le P. Beyls était qualifié pour être chef de district ; il fut envoyé à Erode, grande ville où les chrétiens sont peu nombreux et les conversions de païens difficiles. Il se mit à l’œuvre avec ardeur, mais il ne resta pas dans cette cité assez longtemps pour pouvoir obtenir des résultats sensibles. Après trois ans passés dans ce champ aride, il fut nommé supérieur de l’orphelinat Saint-Michel à Coïmbatour et, en même temps, assistant du P. Perrin, alors directeur de l’école industrielle Saint-Joseph où la plupart des enfants étaient employés comme apprentis. Le P. Beyls et le P. Perrin rivalisaient de dévouement pour le bien spirituel et temporel des orphelins et veillaient avec soin au progrès de leur apprentissage ; l’esprit d’initiative de l’assistant dépassait parfois celui du directeur lui-même, qui pourtant n’en manquait pas.

     

    Vers 1913, le P. L. Boulanger, de passage à Coïmbatour, à son retour d’une visite en Extrême-Orient, proposa au P. Beyls d’aller à Hong-Kong comme assistant du P. Monnier, directeur de notre imprimerie, avec la perspective de lui succéder, le cas échéant. Le P. Beyls accepta et, avec l’assentiment de Mgr Roy, il partit pour Hong-Kong ; malheureusement, il ne put s’y acclimater et, quelques mois après, il rentra en France où il fut atteint par la mobili-sation dès les premiers mois de la guerre 1914-1918.

     

    Les hostilités terminées, il revint en Mission fit un court séjour à Kotagiry, aux Montagnes Bleues ; il fut rappelé à Coïmbatour en 1922 comme directeur de l’école industrielle ; là il se retrouvait dans son élément et pouvait donner libre cours à son esprit d’initiative. Il agrandit les chantiers, organisa le travail des ouvriers et des apprentis sur un nouveau plan, bâtit une vaste construction où il installa ses bureaux, afin de faciliter la surveillance. Le travail ne chômait pas. En même temps, il venait indirectement en aide au curé de la cathédrale, en procurant du travail à ses catéchumènes pour leur permettre de gagner leur vie.

     

    Soudain en 1924, des affaires de famille le rappelèrent en France. Mgr de Guébriant, alors Supérieur général, profitant du séjour du P. Beyls au pays natal, et connaissant ses aptitudes techniques, l’envoya à Rome pour organiser le pavillon des Missions-Étrangères à l’exposition du Vatican en 1925. Cela valut à notre confrère la médaille « Bene Merenti ».

     

    De retour en Mission à la fin de 1930, il fut nommé curé de la paroisse du Sacré-Cœur à Ootacamund ; il enjoliva l’église de deux belles tours avec les fonds recueillis par son prédécesseur, le P. Langlet. Il venait de terminer cette importante construction, quand Mgr de Guébriant lui demanda de l’accompagner pendant sa visite des Missions de l’Inde et de la Birmanie en 1931.

     

    En 1932, Mgr Tournier, successeur de Mgr Roy, le nomma procureur de la Mission. Dans ses nouvelles fonctions, le P. Beyls se montra digne de la confiance de son évêque. En étroite collaboration avec lui, il travailla avec beaucoup de dévouement aux intérêts de la Mission. Il mit tout son talent d’architecte à bâtir la nouvelle église du Christ-Roi à Coïmbatour. Cette construction fut cependant l’occasion d’un procès retentissant. Le contracteur réclamait, en règlement de comptes, un surplus de 80.000 roupies. Ce procès inique causa au P. Beyls beaucoup de soucis. La cour de justice décréta qu’un supplément de 4.000 roupies devait être payé au contracteur. Le Père se consola en pensant qu’il avait gagné le procès, en ce sens, que la somme était minime en comparaison de celle que réclamait le plaignant. Tous ces travaux et tracas, ajoutés à ses préoccupations ordinaires, contribuèrent à augmenter sa tension artérielle déjà très forte depuis quelque temps ; et, malgré le mauvais état de sa santé, il continua vaillamment son travail.

     

    Après le transfert du diocèse de Coïmbatour au clergé indigène en 1940. Mgr Feuga, évêque de Mysore, lui demanda de garder les fonctions de procureur et de bâtisseur dans la nouvelle Mission. Il accepta volontiers et alla à Mysore. Il se mit à la besogne avec une nouvelle ardeur, mais peu à peu ses forces le trahissant, il se vit obligé de demander un poste de demi-repos. Il fut nommé aumônier du Collège Saint-Joseph à Coonoor. Il y resta six mois, et en 1944, il se retira chez son voisin et ami, le P. Capelle, curé de la paroisse Sainte-Marie. N’ignorant pas le danger qui le menaçait, il se prépara au grand départ dans le calme et la prière, tout en rendant encore quelques services à la paroisse. Atteint subitement d’une angine de poitrine, il reçut les derniers sacrements avec piété et mourut le 20 juin 1946 à l’âge de 64 ans.

     

     

    • Numéro : 2838
    • Pays : Inde Hongkong France
    • Année : 1905