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Jean-Marie BESNIER (1882-1911)

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    Jean-Marie-Pierre Besnier était né à Saint-Germain-du-Pinel (Ille-et-Vilaine), le 21 juin 1882.

    Ordonné prêtre le 29 juin 1907, et destiné à Kouang-Si, il dut retarder son départ, pour assister Mgr Lavest, qui, tout en s’occupant de refaire sa santé, adressait un appel à la charité publique pour assurer l’avenir d’œuvres importantes qu’il venait de fonder.

    Le jeune missionnaire accompagna son vénérable Supérieur dans ses voyages à travers la France, et, durant près d’une année, il lui prêta, avec autant de tact que de dévouement, une assistance extrêmement utile. Auprès du pieux Prélat, dans les intimes tête-à-tête de leurs conversations, il puisa une affection profonde pour sa Mission et une connaissance sérieuse des difficultés et des travaux qui l’attendaient.

    Les grandes qualités d’esprit et de cœur de M. Besnier faisaient espérer qu’il ne tarderait pas à devenir un ouvrier précieux. Il était bon, simple, pieux, d’une grande énergie de caractère sous une apparence de réserve mélancolique. De belle taille, large d’épaules, bien musclé, aimant le mouvement et la marche, il semblait doué d’une robuste santé. Cependant, son estomac le faisait souvent souffrir et des douleurs fréquentes l’empêchaient de prendre le repos qui lui était nécessaire. La Providence nous a privés de ce bon Missionnaire, après trois ans d’apostolat.

    À son arrivée au Kouang-Si, en juillet 1908, il fut placé au Grand Séminaire, où il enseigna la philosophie pendant un an et quelques mois. Il remplit sa charge avec courage, rêvant peut-être d’un apostolat plus actif, s’y préparant, en même temps, par l’étude de la langue et des mœurs chinoises.

    Aux environs de Pâques 1910, étant lui-même assez fatigué, il accompagna au Sanatorium de Hong-Kong Mgr Lavest, que la maladie avait saisi de nouveau. Il y assista à la longue agonie de son Evêque.

    Rentré au Kouang-Si au commencement de 1911, il s’en alla occuper le poste de Ou-Tchéou. Dans cette grande ville, centre de la propagande protestante, l’apostolat rencontre de multiples difficultés. Ne pouvant que très peu travailler à la conversion des âmes, il fut de tout cœur au service des Missionnaires, envers lesquels il devait remplir les fonctions de procureur. Il était déjà aimé et apprécié de tous, quand la mort est venue le ravir à leur affection.

    Dans les derniers jours de septembre, un télégramme, adressé à Nan-Nin, annonçait que M. Besnier était très gravement malade, et, le 29, arrivait la nouvelle de son décès que rien ne pouvait faire prévoir.

    Une lettre de M. Séosse, qui l’assista à ses derniers moments, fournit sur la mort de notre cher Confrère de consolants détails.

    « Souffrant d’une très forte fièvre, M. Besnier fut transporté à l’hôpital anglais. Le médecin crut reconnaître une fièvre typhoïde avec congestion pulmonaire.

    Le 28 septembre, la fièvre augmenta considérablement. Le mal faisait de rapides progrès. Le docteur et le directeur de la mission protestante, dont relève l’hôpital, ne quittaient pas le malade, lui donnant les soins les plus assidus.

    Je lui proposai l’Extrême-Onction, ajoute M. Séosse : « Oh ! oui, répondit-il ; bien volontiers ! Je ne crains pas la mort : ce que Dieu voudra, comme il voudra et quand Il voudra ; je ne veux que sa Volonté ! »

    Quelques instants plus tard, il reçut très pieusement la sainte communion. Il semblait encore avoir toute sa connaissance, et il récitait avec moi les invocations pieuses que je lui suggérais. Mais, bientôt, il s’affaiblit visiblement, et il tomba dans un état de prostration qui ne le quitta plus jusqu’à la fin.

    Dès que la nouvelle de sa mort fut connue, le Consul d’Angleterre fit mettre en berne le drapeau britannique, et aussitôt les bateaux du port battant pavillon anglais imitèrent son exemple. Tous les Européens de la ville s’associèrent au deuil de la Mission catholique.

    Notre cher Confrère repose à côté de Mgr Chouzy, sur une des collines désertes et nues qui entourent la ville. Leurs tombes seront saluées par tous les Missionnaires qui entrent au Kouang-Si. Les noms du vaillant Evêque, mort après un glorieux apostolat, et celui de l’humble Missionnaire, décédé à l’aurore de sa carrière, seront unis dans un même souvenir.

     

     

    • Numéro : 2984
    • Pays : Chine
    • Année : 1908