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Félix BERNARDOT (1912-1943)

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    M. Félix-Louis Bernardot fit ses études secondaires à Beaupréau, puis entra en 1928 au grand séminaire d’Angers. En 1934, il fut admis aux Missions-Étrangères de la rue du Bac ; il y reçut la prêtrise le 21 décembre 1935 et sa destination pour le Vicariat apostolique de Kirin où il parvint le 30 juin de l’année suivante.

     

    Après quelques jours passés à la procure de Changchun, M. Bernardot se rendit à Kirin. Pendant plusieurs mois, à l’ombre de la cathédrale, il étudia la langue chinoise tout en s’initiant à la pratique du ministère. Très heureusement doué et appliqué à l’étude, le jeune missionnaire fit de rapides progrès ; aussi dès le 24 février suivant, Mgr Gaspais n’hésita pas à lui confier l’intérim de la paroisse Sainte-Thérèse de Changchun, dont le titulaire, M. Perrin, partait en congé. A Changchun, le zèle de M. Bernardot, sa simplicité, son entier dévouement à ses chrétiens eurent vite fait de lui gagner tous les cœurs. Quinze mois plus tard, M. Perrin rentrait en Mandchourie et reprenait ses fonctions de recteur de la paroisse.

     

    M. Bernardot ne quitta Sainte-Thérèse que pour la retrouver ailleurs. A cette époque en effet, un nouveau centre chrétien venait d’être établi dans le faubourg ouest de la ville de Kirin, sous le patronage de cette Sainte. Sur le vaste terrain acquis par la Mission, une chapelle et une résidence avaient été aménagées. A l’automne de 1937, six Religieuses, Filles du Saint-Esprit, prenaient possession d’un magnifique bâtiment dans lequel elles ouvrirent un dispensaire. Le moment était venu d’ériger en district séparé cette portion de territoire qui, jusque-là,, faisait partie de la paroisse de la cathédrale ; M. Bernardot en fut nommé le premier titulaire. Il employa tout son zèle à travailler à l’organisation et au développement de la jeune chrétienté, qui comprenait en outre le poste de Tch’a-lou-heu, situé à 55 kilomètres au sud-ouest de Kirin. Volontiers, il y serait resté longtemps, mais il ne devait y passer qu’une année. Le 26 mai 1939, il fut envoyé au Japon pour y étudier la langue dont la connaissance était à cette époque très utile aux missionnaires de Mandchourie.

     

    En cette même année 1939 eut lieu, dans la Mission de Kirin, un événement qui allait changer l’orientation de la carrière de M. Bernardot. Nommé évêque-coadjuteur, M. Lemaire, Supérieur du petit séminaire, recevait la consécration épiscopale à Kirin, le 25 novembre, des mains de Mgr Gaspais. La charge du nouvel élu paraissait peu compatible avec les fonctions de Supérieur du séminaire. M. Bernardot malgré son jeune âge, fut choisi pour le remplacer. Revenu du Japon le 17 février 1940, il se donna tout entier et  sans tarder à sa nouvelle tâche.

     

    Le Supérieur, étant en même temps professeur, devait fournir une somme de travail considérable pour assurer la direction générale de l’établissement, faire ses cours, corriger les devoirs, veiller au maintien de la discipline et du bon esprit, présider par ses lectures spirituelles à la formation de ces jeunes âmes espoir de l’avenir. Avec son esprit de foi habituel, M. Bernardot se consacra corps et âme aux multiples devoirs de son office, gagnant vite l’estime et l’affection de ses élèves.

     

    Malheureusement, dès la seconde année de son supériorat, il éprouva des douleurs au ventre qui ne persistèrent pas longtemps. Notre confrère semblait guéri, lorsque le mal reparut au printemps de 1943 et ne tarda pas à dégénérer en péritonite. Ni les soins qu’il reçut d’abord au séminaire, puis à l’hôpital où il avait dû être transporté, ni le dévouement dont l’entourèrent les Religieuses ne parvinrent à le soulager, et le 17 avril, M. Bernardot rendait son âme à Dieu, au séminaire où il avait été ramené. Il a édifié tout le monde au cours de sa maladie par son admirable patience et son entière résignation à la volonté de Dieu. Il était âgé seulement de 31 ans dont sept de mission.

     

    M. Bernardot travaillait sans bruit, ne cherchant nullement à paraître, mais ni sa profonde modestie ni la simplicité de ses manières ne parvenaient à dissimuler ses solides vertus. On a trouvé dans ses papiers les notes suivantes écrites à l’occasion de sa retraite du mois de février 1943, donc un mois avant le début de sa maladie : « Mon but à atteindre doit être de faire mourir le moi sensuel et orgueilleux, afin que le Christ vive en moi. La mortification et l’humilité me sont donc nécessaires : aussi, je prends comme résolution : 1º d’accepter les croix et les humiliations en union avec celles de Jésus-Christ et par amour pour Lui, de connaître, aimer Jésus sur La croix. Unir ces humiliations à ma messe ; 2º en désirer, en demander d’autres ; 3º en provoquer d’autres. Nécessité de ne point me laisser absorber par les occupations matérielles. Il vaut mieux qu’elles en souffrent, mais ne point sacrifier ou diminuer mes exercices de piété, surtout quand j’ai des ennuis... »

     

    La piété et les vertus de M. Bernardot s’alimentaient donc dans un esprit surnaturel qu’il s’efforçait de rendre chaque jour plus intense. Aussi est-ce à bon escient que Mgr Gaspais, au début de la retraite qui suivit la mort de M. Bernardot, le proposait à notre imitation comme un modèle de vie sacerdotale.

     

     

    • Numéro : 3556
    • Pays : Chine
    • Année : 1936