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Edme BÉLOT (1651-1717)

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    Edme Belot, né le 10 mai 1651 à Avallon en Bourgogne, a fait ses études au collège des jésuites de Roanne, où il était congréganniste, avant de venir étudier la philosophie et la théologie à Paris (journal 1717, 659 f178). Il est ordonné prêtre en 1678 et part de France la même année comme missionnaire apostolique. Arrivé au Tonkin en 1680 sur un vaisseau français, il ne peut y rester qu'en se joignant à François Deydier et Jacques de Bourges qui vivent à Hiên sous l'habit d'employés d'une compagnie de commerce (Bourges 22.12.1680, 679 f87). Son nom tonkinois sera Lót et pour les mandarins et les officiers publics il sera "le commis Lót" (tài Lót) (annales 1706, 662 f324). Voué comme ses deux compagnons à une existence sédentaire et recluse, il connaît bientôt assez bien la langue (Deydier-Bourges 3 et 19.1.1683, 651 f223) pour être en mesure de les assister dans l'enseignement des jeunes gens préparés par petits groupes à devenir catéchistes et prêtres (témoignage élogieux de J.de Bourges: 12.1.1686, 680 f346, 353), ainsi que dans les relations avec les prêtres en district. Il semble avoir été nommé provicaire très tôt ("provicaire depuis onze ans" écrit de lui un post-scriptum du journal de 1693 : 681 f590-69). Il rédige les "Annales de la mission du Tonkin" à partir de 1666 (Belot 3.9.1701, 683 f100-101; Belot 15.9.1703, 683 f404; Bourges-Belot 15.11. 1704, 684 f65), et probablement, de plus en plus souvent, le "journal" annuel de la mission après la mort de Mgr Deydier en 1693. Au sujet du programme d'études des futurs prêtres tonkinois, il rompt des lances par lettre, vers 1694, avec son confrère M.Pocquet, professeur au collège de Siam (653 f353-359). A quarante-quatre ans, Edme Belot est déjà "blanc comme un cygne" (Braud 7.11.1695, 682 f230). En 1696, la maladie, peut-être aussi son état psychique ("J'ai eu deux grandes maladies et des peines d'esprit qui sont au-dessus de tout ce que je pourrais vous dire", lettre à sa soeur 15.10. 1696, 653 f306), l'amènent à se soigner à la ville royale (annales, 658 f30). En 1700, Edme Belot qui relève d'une maladie qui a duré près de six mois (lettre 9.9.1700, 652 f424), est nommé évêque de Basilée et coadjuteur du vicaire apostolique du Tonkin occidental (journal, 683 f37). Mgr de Bourges ne sera en état de l'ordonner que le 8 janvier 1702 (Bourges 15.10.1702, 683 f230).

    En 1712, arrêté avec Mgr de Bourges et François Guisain, il comparaît devant le conseil souverain qui les condamne tous trois au bannissement. Mgr Belot est "jeté dans une prison infecte et très puante à cause du voisinage des lieux communs du corps de garde, chargé de doubles fers fort pesants, et où un grand nombre de soldats faisaient jour et nuit un bruit et un tintamarre qui l'empêchait de reposer" (Guisain - qui a partagé la même épreuve - journal 1717, 685 f338). Après le départ en janvier 1713 de M. d'Auren banni du royaume du Tonkin, Mgr Belot devient le vicaire apostolique avec tous les pouvoirs (Belot, journal 1715, 685 f194) et prend les dispositions nécessaires pour poursuivre clandestinement sa tâche dans la province du Nghê An. "Etant sujet depuis vingt ans à des maladies de six mois entiers" qui le "mettent à deux doigts de la mort", il supplie le pape de lui donner M. Guisain pour coadjuteur (Belot 14.11.1713, 685 f112). Il donne un aperçu de son esprit dans sa réponse aux directeurs de Paris qui ont trouvé qu'il s'était montré pleutre devant le conseil royal (journal 1715, 685 f185bis-192bis). Selon son compagnon M.Guisain,  "sa vertu dominante est un grand zèle" (15.11.1715, 685 f171-5), zèle qu'il exerce dans d'épuisantes tournées de confirmation. Il meurt le 2 janvier 1717 à l'âge de soixante-six ans.

    "Il était savant, se plaisait à l'étude et y employait tout le temps qu'il pouvait prendre sur ses autres occupations. Il avait le don de la parole et  possédait la langue en perfection". M.Guisain ajoute que son confrère a servi l'Eglise "par ses prédications, ses conseils, son expérience et les ouvrages de piété et de morale qu'il faisait dans le loisir que lui donnaient les persécutions, ouvrages très utiles pour notre clergé et les chrétiens... Il a aussi fait les annales du Tonquin, c'est-à-dire l'histoire de l'Eglise du Tonquin depuis son commencement jusqu'à la fin de l'année 1716" (journal 1717, 659 f179-180). Au sujet de ces annales, un autre témoin estime que "l'exactitude était une des vertus favorites de M. de Basilée" (Néez 22.11. 1718, 655 f117).

    Notes A. Marillier

    • Numéro : 62
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1678